« deux questions : 1/ pourquoi ce serait une nécessité ? 2/ quel impact sur les émissions de CO2 va avoir cette taxe ? 3/ Si vous arrivez à déterminer 2/ , quel impact cela aura sur les émissions globales à effet de serre ? 4/ si vous arrivez à répondre à 3/, quel impact cela aura sur le changement climatique ? »
Votre quiz comporte 4 questions, et non 2 (sourire)
1/ C’est une nécessité pour limiter les émissions polluantes dans l’atmosphère, avec leurs effets nocifs dont on commence enfin à se préoccuper ; cela parce que d’autres générations viendront après nous, et qu’il faut leur laisser un monde pas trop dégueulasse.
2/ Une taxe a généralement un effet prohibitif sur la consommation. Ca risque donc vraisemblablement d’être le cas, et de provoquer mécaniquement une baisse de celle-ci.
3/ Cela aura donc un effet de diminution de l’émission globale des gazs à effet de serre, puisque le CO2 en fait éminemment partie (avec, entre autres, cet autre gros contributeur qu’est le méthane) ; et que la diminution d’une partie d’un ensemble réduit proportionnellement l’ensemble (sauf cas éventuel de transfert de charge d’une partie à l’autre, donc pas là, en l’occurrence).
4/ J’ignore absolument si cela aura effectivement un effet mesurable sur le changement climatique, du moins suffisamment rapide pour que je puisse l’observer de mon vivant. Ce qui est quasi-certain, c’est que la croissance continue des émissions passées, depuis 60 ans et plus, ont provoqué une modification aujourd’hui observable (puis que la terre n’est pas plate). Et qu’à l’inverse, une décroissance pourrait peut-être encore à terme limiter la casse (il faut l’espérer, sans quoi nos petits-enfants nous maudiront).
Bien entendu, si vous attendez un pronostic précis, je n’en suis pas capable. Sachez cependant qu’une évaluation se réalise a posteriori, avec de possibles bilans intermédiaires sur la durée... ce que font d’ailleurs les scientifiques pour déterminer sans ambiguïté l’influence de l’activité humaine sur l’évolution accélérée du climat.
« Rien n’indique que la taxation du carbone rende plus attractive des produits décarbonés »
Certainement, mais elle ne vise pas à cela, seulement à limiter la consommation de carbone !
« La dynamique serait par contre bien plus efficace par l’adoption de normes de conception restrictives sur le bilan carbone. Il y aurait certe une augmentation des prix, mais avec une réduction des émissions à la clé. »
Tout à fait d’accord, or l’un n’empêche pas l’autre. La recherche d’efficacité consiste plutôt à combiner les moyens complémentaires.
« Que les intégristes de l’écologie se soucient un peu de la majorité de la population qui tire le diable par le queue... » (Pour ma part, je ne suis intégriste de rien, ni de l’écologie, ni de la bagnole) (sourire)
D’abord ce n’est pas la majorité de la population. De plus, connaissant de près les milieux les plus démunis, je peux vous dire que la plupart des foyers en difficulté n’ont pas de voiture, faute de finances, et louent des logements équipés au moindre coût par les bailleurs, c’est à dire chauffés à l’électricité (80 % nucléaire, donc très peu CO2), pour une dépense prohibitive, ce qui contribue d’ailleurs à les endetter davantage : ce ne sont donc pas eux qui paieront la taxe carbone.
« (...) les inégalités de richesses croissante sont une des causes de la sur exploitation de l’environnement »
Ne mélangeons pas tout : cela, c’est surtout vrai dans les « pays en développement », où les problèmes se posent en termes de choix de survie. Ici, indépendamment des inégalités qui existent, ils se posent bien plus souvent en termes de choix de confort : vous admettrez (je l’espère) que ça n’a rien à voir.
Très bon article qui ne fait pas l’économie de la nuance, mais je crains que, particulièrement sur un tel sujet, il soit percu comme trop littéraire pour pouvoir être apprécié à sa juste valeur (sourire)
Vous avez parfaitement raison de souligner que l’intérêt personnel et immédiat des consommateurs essentiellemnt préoccupés par leur pouvoir d’achat - auquel j’ajouterai leurs habitudes de consommation (en l’occurrence la voiture ou la moto) tellement conditionnantes qu’il leur semble hors de portée d’imaginer en changer, même progressivement - cet intérêt personnel s’oppose à l’intérêt collectif des citoyens, qui est de prendre en compte le bien commun à long terme, et donc la préservation d’un environnement viable.
Or l’efficacité de l’endoctrinement culturel par la société de consommation est tel, et la raison si peu présente, chez nombre de nos concitoyens, que le seul principe d’une taxe carbone paraît inconcevable à beaucoup (voire délirant aux réfractaires les plus aliénés).
Au demeurant, s’il est certain que les critères de mise en oeuvre d’une telle mesure devraient viser à l’équité - ce qui, on le sait, est le dernier souci du gouvernement actuel - en revanche le principe de limiter les émissions de CO2 par la taxation, faute de diminution spontanée, apparaît aujourd’hui comme une nécessité, dans l’esprit de responsabilité qui doit guider les décideurs politiques.