Sous réserve que les peuples aient besoin d’être gouvernés - si la démocratie n’est pas la meilleure forme de gouvernement, que proposez vous de mieux ?
« L’Homme est rationnel et aucun endoctrinement ne lui fera prendre le plomb pour l’or » : hélas, cela relève de la croyance, ou du voeu pieu, dans le meilleur des cas.
Enfin, tout espoir de changement n’est pas supprimé parce qu’au siècle dernier l’idéologie marxiste a révélé ses limites...
Dans une certaine mesure, vous avez raison, c’est un peu comme si l’on disait que les français ont l’esprit cartésien. Et c’est ce que semblent croire les chinois, qui dans leur langue principale (le mandarin), désignent la France comme « le pays de la méthode ». Alors que vu d’ici, nous savons bien que la plupart des français se montrent généralement plutôt irrationnels (sourire).
« L’empire de la poudre au yeux », voilà un titre qui résumerait assez bien notre chère contrée, ces derniers temps - quoique Empire date un peu, historiquement. Dommage que votre lien ne renvoie en fait qu’à une présentation succinte sur deux pages.
« Le suicide est la première cause de mortalité des 15-34 ans » Même observation ici. Nos 2 pays ont sans doute plus de points communs que ne le pensent leurs habitants respectifs...
« N’est-il pas logique et légitime dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l’éducation religieuse, bien qu’a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale ? »
Parler d’intolérance concernant le premier, c’est une litote. Puis en matière de malhonnêteté intellectuelle, c’est lui-même un maître, donc on peut le croire (sourire). Plus sérieusement :
« Henri LABORIT a écrit : « Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais.(...) Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! »
Il a sans doute raison, mais il faut bien voir que stricto sensu, ces propos ne concernent pas seulement l’éducation religieuse, mais l’éducation tout court, en tant qu’elle est dispensée comme un endoctrinement. C’est l’exercice d’un pouvoir sur l’esprit qu’il faut mettre en question, et s’interroger sur la légitimité de son exercice dès lors qu’il sort du champ de la raison. Or à ce titre, l’éducation laïque n’a rien à envier à l’éducation religieuse. On passe trop souvent son temps, dans nos écoles, à farcir la tête - outre de connaissances très utiles (= l’instruction) - de préjugés, d’idées reçues, puis à induire des comportements déterminants : de compétition, de soumission, de consommation, de crainte, etc.
La liberté n’est une illusion que dans la mesure où l’on enseigne pas (ou très peu) l’autonomie, la responsabilité, et plus largement les principes qui guident la raison. C’est pourquoi l’enseignement philosophique de Krishnamurti peut se révèler d’une grande richesse pour qui s’intéresse aux moyens concrets de dépasser le stade des conditionnements, qu’ils soient culturel, social, voire pulsionnel.
« Et, vous ne le saviez sans doute pas, mais le 4 novembre 2003, nous avons même failli perdre nos chaînes de télévision (...) la puissance de la flamme (...) a été l’équivalent des éruptions cumulées de 5000 soleils calmes (...) Si le lieu de l’éruption avait été différent (...) les téléphones portables auraient été réduits au silence, les GPS transformés en écran noir, et pire, toutes les centrales électriques auraient pris feu, y compris les nucléaires (...) »