FAUX. Mais figurez-vous un peu la logique de ce que vous dites !
Vous partez du principe que le front de gauche sera minoritaire, d’une part. De l’autre, vous niez totalement toute volonté propre au front de gauche, son rôle tout bête de force politique alternative pour l’avenir.
D’abord le font de gauche peu l’emporter, sinon en 2012, ce peut être en 2017. En vertu de quelle boule de cristal ignorer cette hypothèse ? Le rôle du front de gauche pourquoi ne serait-ce pas de prendre un jour le pouvoir ?
On a pas le droit de ne pas être d’accord avec le PS et de proposer un autre projet ? C’est fini, on a pas le droit ?
Vous ne pouvez pas d’une part vous plaindre de l’offre politique des partis dominants, et crier au rabatteur dès que des gens tentent autre chose ! c’est quand même incroyable. « Plus le front de gauche sera fort, plus le PS sera fort ». Mais ça sort de quel chapeau ça ?
La principale réserve du front de gauche se situe dans les plus de 40% d’indécis. C’est la stratégie assumée et affichée du front de gauche, et l’objet précis de son travail de terrain. La deuxième réserve du front de gauche se situe dans l’aile gauche du PS. Regardez la ligne de Montebourg. Vers qui se tourneront ceux qui ne supporterons pas le choix de Hollande ? Vous avez l’exemple d’un militant PS, soutien de Montebourg et auteur sur Avox qui a clairement exprimé ce point de vue. Plus le front de gauche démontera l’orientation centriste du PS, ce qu’il fait sans relâche au point d’avoir été taxé d’allié objectif de Sarko, plus le PS sera faible. Donc votre théorie souffre de sérieuses lacunes.
Par ailleurs, il est clair que Mélenchon et la majorité des gens de gauche, préféreraient le PS à l’UMP (sans parler du FN). Vous croyez quoi ? que c’est de la folie ? non. Le PS vaut mieux que l’UMP. Mais le PS doit comprendre qu’il aura beaucoup de mal à l’emporter sur sa ligne actuelle, et que nous ne nous plierons pas à ses injonctions de vote utile : on est pas d’accord, alors qu’ils changent ou aillent se faire voir. Car même si le PS vaut mieux que l’UMP, ça reste de la merde.
« Le FN a volé ses voix au PC ». D’abord combien fait la Marine dans les sondages bidons avec lesquels on nous pompe l’air ? 20%. Soit le pourcentage correspondant à peu près à la somme des voix d’extrême droite lors des élections présidentielles 2002. Donc il y a une stabilité, perturbée par l’illusion de 2007, où une partie des débiles mentaux qui votent FN ont cru en Sarkozy.
Mais cette stabilité est quantitative. Dans le détail, le vote FN a une proportion croissante de gens « plus éduqués ». La proportion d’ouvriers qui votent FN n’est PAS celle qui grandira le plus, et elle semble très stable depuis des années. Encore une fois, ce n’est pas là que ce joue la bataille. La bataille se joue sur les indécis, ceux qui sont très peu politisés et commencent à se dire qu’il va falloir s’occuper de politique pour arrêter de se faire enculer.
Sur ces millions d’indécis et de désabusés, le FN a un coup d’avance. Mais la bataille se joue exactement là dans l’opposition FN/gauche de la gauche. La gauche de la gauche est d’ailleurs handicapée de ce point de vue, puisque les gens de sensibilité de gauche qui ne votent pas, c’est souvent par conviction, ou parce qu’ils sont anarchistes. Les gens de sensibilité plutôt de droite sont plus faciles à mobiliser parce qu’ils n’ont pas ce type de convictions anti-autoritaires. Il ne s’agit que d’un schéma bien sûr.
Le front de gauche a encore un autre handicap majeur, qui est la division de la gauche de la gauche, alors que le FN n’a pas de concurrence à sa droite.
Le FN a déjà récupéré les débiles qui se sont égarés à l’UMP en 2007, déçus de ce que finalement, Sarko ne soit pas un VRAI fasciste qui éventre les immigrés et mange des bébés bougnoules au petit dej. De son côté, le front de gauche a une énorme bataille à mener pour rallier à lui l’aile gauche du PS, et c’est pas gagné.
Le tableau que vous peigniez en caractérisant le « rôle » du front de gauche comme un rôle de débroussailleur pour le PS, affaiblir le FN pour le faire passer, est encore une fois fondé sur rien, sauf un parti pris peu sensible à la réalité des faits.
PS : j’ai oublié pour répondre à un intervenant sur la création sans opposition du PG. La bonne blague ! Mais vous réfléchissez avant de parler ou c’est juste une manie de dire des conneries ? D’abord la sortie du PS arrangeait bien les autres qui y voyaient un soulagement : qu’il se casse ce casse-couilles. Voilà ce qui se disait, mais surtout, le PS était largement occupé à ses querelles internes, et ses magouilles de vote truqué ou pas et autres conneries. Par la suite, dès que le front de gauche a commencé à être menaçant, dès que le PC a montré que le front pourrait constituer une formation solide, le déchaînement a commencé.
Mélenchon a été traîné dans la boue, amalgamé au front national, insulté, par tout le PS à l’exception d’Emmanueli. Même Hamon, que Méluche soutenait, lui a craché dessus. La calomnie a été jusqu’à ce que le PS fasse circuler en interne et tout pleind e militants le mail calomnieux qui prétendait que Mélenchon touchait 20 000 euros par mois en cumulant tout et n’importe quoi. C’est super suspicieux en effet... il a vachement fait son truc tranquille sans qu’on le fasse chier. C’est clair, c’est encore un complot. C’est marrant, y en a pas mal, dès qu’il ont évoqué l’hypothèse d’un complot ils se sentent tout de suite plus intelligents. Marrant, mais pathétique surtout. En fait, vous dites ce qui vous passe par la tête, et comme on pouvait s’y attendre, votre « flair » ne va pas beaucoup plus loin que le bout de votre nez.
fiez vous à votre odorat, cela ne renforcera pas vos arguments qui n’en sont pas. aussi, vous affirmerez des choses creuses, et j’y répondrai par des arguments construits, et tout le monde y trouvera son compte.
Mélenchon n’est pas du tout mon idole, c’est juste mon allié objectif dans cette période. Il a un tas de défauts et ce sont eux qu’il faut pointer et critiquer (ce que je ne manque pas de faire sur la Lybie ou l’euro par exemple, où j’ai trouvé et trouve ses positions quelque peu naïves). Par ailleurs il a des tas de qualités auxquelles je suis, et d’autres avec moi, sensible. J ne crois pas à l’homme providentiel, et la motivation de mon vote est à 50% la constituante qui verrait le jour, et une république enfin libérée du joug présidentiel. Mélenchon, président sans pouvoir, ça m’ira très bien : je compte sur les assemblées, et le cheminement vers une démocratie directe.
Vous dites que je joue sur les mots, mais c’est faux. Je précise la situation. En disant qu’il est le candidat du PC, vous occultez toute la particularité de la construction du front de gauche. Cette particularité renferme la signification de cette réalité. Vous ne pouvez pas comprendre en disant « c’est le candidat du PC », car le PC, le parti de gauche, la gauche unitaire et les autres, n’ont pas de candidat : ils font tous front autour d’une candidature, par pour le candidat, mais pour peser, et pour tenter de gagner. Sans compter que le PC d’aujourd’hui n’est pas le PC du temps de l’OCI. Vous ne dites rien de bien consistant quand vous dites « un ancien Troskyste candidat du PC, c’est savoureux ». Rien puisque Mélenchon n’a pas adhéré intellectuellement au Troskysme justement. Il y est passé, et c’est à l’intérieur qu’il a compris qu’il n’était pas Troskyste, que ce courant ne correspondait pas à ses convictions et à sa sensibilité. Cela montre justement qu’il n’y a rien de bien croustillant à cette situation de ce point de vue, surtout lorsqu’on considère que le PC est aujourd’hui un parti tout ce qu’il y a de plus républicain, de même que Mélenchon. Donc non, il n’y a rien de bien savoureux, sauf à jouer sur les mots précisément, ce que vous faites. Vous mettez « Trotskyste » et « PC » à côté et vous vous en amusez. Certes, mais la bouffonnerie reste de la bouffonnerie.
je vous en pris, le scepticisme est des plus sains, surtout quand il s’interdit d’être grossier et affine les analyses.
Mélenchon n’est pas le candidat PC mais front de gauche, cela ne signifie pas la même chose. N’employez pas des mots qui vous font plaisir, mais plutôt des mots justes.
Mélenchon ancien Trotskyste, c’est facile à dire comme ça, mais bon sang, le fait qu’il ne soit pas resté plus de 3 ans à l’OCI (autour de ses 20 ans...) ne vous dit rien sur son affinité au Trotskysme ? Ca s’appelle le parcours de jeunesse de quelqu’un qui cherche son identité politique, et ça me paraît beaucoup plus sain qu’un gars qui trouve sa voie à 15 ans sans dévier du moule.
Mélenchon est un homme de gauche et un républicain, dont les convictions ont évolué avec l’histoire. Cela parce qu’il a l’esprit ouvert et sais reconnaître ses erreurs. Sa déception vis à vis de l’Europe et le regard durci qu’il y porte désormais, son éveil à l’écologie il y a maintenant 10 ans... Cet homme est loin d’être parfait : faites lui donc les procès qu’il mérite. Pour le couplet sur les manoeuvres politiciennes, il faudra apporter du biscuit, un peu plus épais que les allusions vagues et creuses.