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Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer

(Guillaume le Taciturne)


Tableau de bord

  • Premier article le 14/07/2008
  • Modérateur depuis le 13/10/2008
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Derniers commentaires



  • wesson wesson 28 février 2016 00:28

    @JMBerniolles


    A votre première question, je répondrait qu’il ne faut pas croire qu’il y ait quelque part plus de facilité à obtenir des documents officiels potentiellement sensibles. 
    Exemple : voici ce que l’Europe a donné lorsque on lui a demandé de rendre compte des discussions de la commission avec le lobby du tabac. Et pourtant, la transparence, le droit à l’information et tout et tout, c’est bel et bien inscrit dans leurs règles. Mais quand ça les emmerdent, ils s’en foutent. C’est pareil partout, en France comme aux USA comme en Europe.

    A la seconde question, je réponds sans hésiter non. 
    Je peux me baser sur l’exemple historique de la couverture médiatique de la chute de Caucescu en Roumanie. Non seulement la presse avait été en dessous de tout, en annonçant un nombre de mort ridiculement élevé (jusqu’à 70.000 morts pour Timisoara, en réalité 93, et moins de 1000 pour l’ensemble du pays). Mais elle était allé encore plus loin dans l’immonde, prêtant à Caucescu un comportement de vampire « se faisant changer tout le sang une fois par semaine grâce à du sang prélevé sur des opposants, pour soigner sa leucémie » oui oui, ils ont osé écrire ça.

    Ont-ils fait amende honorable après ? pas vraiment.

    Guillaume Durand «  Le bilan est satisfaisant professionnellement. Si les éditorialistes assis dans leurs fauteuils cherchent la bagarre, ils vont l’avoir. » (L’Evénement du jeudi, 15/3/1990)

    Jacques Julliard (répondant à une critique sur cette couverture calamiteuse) « Nous n’avons que faire, je le dis hautement, de ces réquisitoires de procureurs et de pions ; de ces tonitruants discours de tranche-montagnes, entrecoupés des gémissements de tous les déçus de l’Histoire. Nous sommes de bonne volonté. Mais si l’on nous cherche, on nous trouvera. »(Le Nouvel Observateur, 20/4/2000)

    Entre temps, la crédibilité de la presse n’as fait que s’empirer.


  • wesson wesson 27 février 2016 23:27

    Même si je n’adhère pas à tout votre propos, j’ai trouvé votre article très intéressant et apporte un point de vue nouveau.


    En particulier, vous citez cet article du Boston Globe, dont vous ne donnez hélas pas la source, ce à quoi je me propose de remédier.

    Le Boston Globe, ce n’est pas la feuille de chou alternative qualifié de conspirationniste, mais bel et bien une pièce importante du mass média Américain. Et cet article est une rareté. ça fait des années que je n’ai rien vu de tel dans la presse internationale.

    Dès l’introduction, on est dans le lourd :

    « COVERAGE OF the Syrian war will be remembered as one of the most shameful episodes in the history of the American press. Reporting about carnage in the ancient city of Aleppo is the latest reason why. »

    On se rappellera de la couverture de la guerre en Syrie comme l’un des épisode les plus honteux de l’histoire de la presse Américaine. Et les récits sur les carnages dans l’ancienne cité d’Alep en sont l’illustration la plus récente.

    La suite est dans le même ton, avec une étonnante lucidité et franchise sur ce que la presse est devenue :

    Under intense financial pressure, most American newspapers, magazines, and broadcast networks have drastically reduced their corps of foreign correspondents. Much important news about the world now comes from reporters based in Washington. In that environment, access and credibility depend on acceptance of official paradigms. Reporters who cover Syria check with the Pentagon, the State Department, the White House, and think tank “experts.” After a spin on that soiled carousel, they feel they have covered all sides of the story. This form of stenography produces the pabulum that passes for news about Syria.

    Sous intense pression financière, la plupart des journaux Américains, des magazines et des télévisions ont drastiquement réduit le nombre de leur correspondants à l’étrangers. Les actualités internationales les plus importantes viennent maintenant de reporters basés à Washington. Dans cet environnement, l’accès aux informations et à la crédibilité dépendent de l’acceptation de la parole officielle. Les journalistes qui couvrent la Syrie authentifient leurs informations avec le pentagone, le département d’état, la maison blanche et les « experts » de think tank. Après avoir fait le tour de ce sale manège, ils ont l’impression d’avoir toutes les facettes de l’histoire. Cette forme de sténographie produit les légendes qui passent pour de l’information sur la Syrie

    et un petit dernier extrait pour la route :

    Inevitably, this kind of disinformation has bled into the American presidential campaign. At the recent debate in Milwaukee, Hillary Clinton claimed that United Nations peace efforts in Syria were based on “an agreement I negotiated in June of 2012 in Geneva.” The precise opposite is true. In 2012 Secretary of State Clinton joined Turkey, Saudi Arabia, and Israel in a successful effort to kill Kofi Annan’s UN peace plan because it would have accommodated Iran and kept Assad in power, at least temporarily. No one on the Milwaukee stage knew enough to challenge her.

    Inévitablement, cette forme de désinformation a débordé sur la campagne présidentielle Américaine. Au dernier débat dans le Milwaukee, Hillary Clinton a prétendu que les efforts de paix de l’ONU en Syrie étaient basés sur « un accord que j’ai négocié en Juin 2012 à Genève ». C’est l’exact contraire qui est vrai. En 2012, la secrétaire d’était Clinton s’est joint à la Turquie, à l’Arabie Saoudite et à Israël dans un effort couronné de succès, pour tuer le plan de paix de Kofi Annan car il ménageait l’Iran et aurait conservé Assad au pouvoir au moins temporairement. Pas un journaliste sur cette scène du Milwaukee n’en savait assez sur le sujet pour corriger cela.

    Voilà, l’article vaut vraiment le coup pour une fois. Quand j’ai lu ça, j’ai cru tomber de ma chaise.

    A quoi reconnait-on que les Russes ont réussi une opération : lorsque la presse change de ton, et commence à parler d’elle même avec franchise. Que l’on se rassure : ça ne dure qu’un temps, et la presse redevient très vite comme d’habitude, c’est à dire foncièrement malhonnête.


  • wesson wesson 27 février 2016 16:21

    Sur le fond, votre démonstration ne me parait guère convaincante. Le journaliste a ramassé 2 photos de twitter sans en vérifier sérieusement le contexte et l’authenticité, ce à quoi vous répondez avec une interprétation différente mais en réalité pas plus étayée. 


    La femme aux cheveux multicolore dansait ou faisait un salut nazi, hypothèses invérifiable l’une comme l’autre. 
    Les KKK en fait du BLM ? Peut-être, en attendant le chef du KKK soutient Trump, même si il n’existe pas de photo caricaturale pour le démontrer.

    Bref, l’ensemble du propos est peu convainquant.

    Sur la forme, tout ceci dénote la faiblesse structurelle d’une information basée sur Twitter, quelle que soit l’interprétation que l’on souhaite en donner. En réalité, la multitude d’informations auxquelles on a accès n’ont pas contribué à améliorer la qualité de celle ci, mais permettent maintenant à n’importe qui de se construire une information qui va parfaitement s’inscrire dans le sens de ses propres préjugés. Il est tout particulièrement dommage d’ailleurs de constater que la presse mainstream s’est également engouffré dans cette brèche, croyant probablement faire des économies substantielles en terme de correspondance, et ont largement surestimé le modèle économique du passage en ligne. 

    Au fond c’est cela la véritable information de votre papier : les médias ne font plus d’information mais du militantisme.



  • wesson wesson 25 février 2016 21:06

    Bonsoir Pat, 


    bon je crois que vous avez mis dans le mille : les statistiques de ce mois puent allègrement le tripatouillage des chiffres, et plus particulièrement ceux des radiations. 

    De ce que j’ai pu en lire rapidement, on s’oriente vers un « bug » d’une des officine privée qui est chargé de l’informatisation du traitement des chômeurs. Et évidemment pour l’instant, ça ne reconnait que la « singularité » statistique, mais pas l’erreur.

    Bref, il faudra voir dans les 2-3 prochains mois quels seront les chiffres. Ces patouillages ne peuvent pas durer bien longtemps, et se traduisent à assez court terme par un rattrapage tout aussi sévère. Donc à voir.

    Autre indication : En cas de chiffres bons, le gouvernement qui en dispose bien avant ne manque jamais de se féliciter de ses bons offices. Là, ça a été silence radio. Un peu comme si ils n’avaient pas confiance en ces si bons chiffres. 

    C’est vraiment à se demander pourquoi : la politique sociale de ce gouvernement est tellement exemplaire !


  • wesson wesson 24 février 2016 01:35

    @Fergus


    Bonsoir Fergus, 

    Assad n’est certes pas exempt de reproches, et ce n’est pas peu dire, mais au final je crois que on lui a quand même trop chargé la barque, comme à tant d’autres. 

    Certes je ne prétends pas que ses scores à la soviétique reflétait la réalité de son approbation dans le pays, mais je reste convaincu que à tout instant Assad a été un leader largement populaire auprès d’une majorité de la population. La réalité de l’opposition lorsqu’elle s’est levée contre Assad est qu’elle était ultra minoritaire, mais que très très vite cette dernière s’est mise à tirer sur les forces de l’ordre Syriennes pendant que les armes affluaient de l’étranger.

    Divertissons-nous avec quelques exemples de propagandes sur les méchants dictateurs : 

    * Caucescu, accusé de centaines de milliers de morts : vous vous rappelez peut-être de cette histoire du « charnier de timisoara », ou les médias compterons jusqu’à 70.000 morts à cet endroit, et allant jusqu’à accuser Caucescu de « vampirisme » (TF1, l’événement du Jeudi). Résultat : en fait même pas un millier de morts sur toute la Roumanie.

    * Saddam Hussein. Vous parlez d’Amnesty International : lorsqu’ils ont authentifié l’histoire des couveuses koweïtienne dans leur rapport du 19 décembre 1990, ils ont à mes yeux définitivement perdu toute crédibilité.

    * Kadafhi, accusé de violations massives des droits de l’homme lors de la rébellion en 2011, notamment d’avoir fait bombarder par son aviation les civils libyens. Tout ceci s’est depuis révélé faux, la majeure partie du mensonge médiatique ayant été mené de main de maître par Al Jazeerah, la télévision Qatarie.

    Et je pourrais même aussi évoquer MSF, et le jeu étonnant qu’ils jouent en Syrie, comme je l’explique dans le détail lors d’une précédente contribution. Pourquoi opèrent-ils pratiquement exclusivement en zone rebelle, soutenant des « structures de santé » sans même prendre la peine d’en avertir ou d’en donner la position aux autorités légitimes du pays ?

    Ceci et tant d’autres exemples faisant que Es qualité de « conspirationniste », j’ai pour ma part remis en cause la quasi totalité des récits médiatiques sur les dictateurs et sur les conflits contemporains. L’histoire n’est effectivement écrite que par ceux qui gagnent les guerres, et dès lors que l’on s’y intéresse un peu sérieusement, ça n’en devient que trop évident.

    Pour en revenir au sujet Syrien, les Russes ne sont pas attachés aux personnes mais aux institutions. Ce qu’ils ont refusé pour la Syrie, c’est un effondrement de l’état séculier, promis à être remplacé par une pouponnière à Djihadiste qui auraient tôt fait de se retrouver dans le Dagestan ou en Tchétchénie pour poser des bombes partout. C’est cela que les Russes protègent en Syrie, mais pas Assad. 

    Sur l’accord Russo-Américain, il est clairement favorable aux Russes. Les Américains, veulent surtout éviter d’avoir à choisir entre aller au conflit direct avec les Russes, ou laisser tomber les Turcs, Saoudiens et Qatari. En décidant ce cessez-le-feu, ils bloquent de facto les Turcs derrière leur frontière, et leur indique clairement que si il leur prends l’idée de la traverser, ils seront seuls et l’OTAN ne les suivra pas.

    Et d’ailleurs, on a une sorte de confirmation de ceci par le fait que les USA ont commencé à livrer aux Kurdes des Javelin, qui sont des missiles anti-tanks clairement destiné à contrecarrer les tanks Turcs y compris les versions modernisées pour leurrer les traditionnels BGM-71 (le missile anti-tank favoris des rebelles).

    Pour résumer, cet accord de cessez-le-feu est en fait une tentative de mise au pas des Turcs dont le comportement inquiète objectivement l’OTAN. 


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