Très
bon article, qui résume bien la situation en Syrie.
Une
chose me frappe au sujet des plans des USA : s’ils envisagent
vraiment de se servir de l’Irak pour continuer leurs opérations en
Syrie, l’hostilité à laquelle ils font face dans ce pays risque de
leur être très problématique pour mener à bien cette fin. Les
appels à leur départ se multiplient, les forces irakiennes les
menacent régulièrement. À plusieurs reprises, l’agence iranienne
ParsToday a même annoncé que ces dernières avaient bloqué des
patrouilles états-uniennes et les avaient forcées à repartir :
Il est certain que la situation s’envenime, je pense qu’à terme, sans
doute court, les USA ne pourront pas éviter de se retirer, ils
perdraient rapidement une guerre qu’ils engageraient afin d’assurer
leur maintien.
A
vrai dire, la situation de l’article est maintenant complètement
nouvelle, et son contexte dépassé. E. J Magnier livre une synthèse
des dangers qui suivent le retrait annoncé des USA de Syrie,
notamment celui posé par la Turquie, si le YPG et les FDS ne
reviennent pas à la raison (c’est à dire, si ce retrait se fait
réellement et si une nouvelle attaque sous faux drapeau ne vient pas
y mettre fin) :
Trump
ouvre derrière lui une trappe pour la Russie, la Turquie et l’Iran
en Syrie
Posted
on 25/12/2018 by Elijah J Magnier
Par
Elijah J. Magnier : @ejmalrai
Traduction
: Daniel G.
L’ordre
exécutif prévoyant le retrait de la Syriea été signé aux USA, ce
qui indique que le président Trump est résolu à rappeler les
quelques milliers de militaires américains se trouvant en Syrie. Il
est bien connu que les troupes régulières sont beaucoup plus
vulnérables pendant les opérations de retrait qu’au combat ou
lorsqu’elles prennent position. Par conséquent, le retrait annoncé
qui, semble-il, ira de l’avant malgré le scepticisme généralisé
en Syrie et en Irak, va probablement prendre moins de temps que les
cent jours prévus. Le commandement militaire des USA garde les dates
secrètes pour éviter les pertes. Bien que le départ des USA soit
fort bien accueilli par toutes les parties en Syrie et autour
(exception faite des Kurdes), Trump laisse intentionnellement
derrière lui une situation très chaotique au Levant, en ouvrant une
trappe mortelle pour la Russie au premier chef, mais aussi pour
l’Iran et la Turquie.
À
en juger par ce que les présidents Trump et Erdogan se sont dit
pendant leurs dernières conversations téléphoniques, il y a lieu
de croire que l’administration américaine a décidé de laisser la
Syrie aux mains de la Turquie. C’est loin d’être innocent. En
effet, le Pentagone a délibérément poussé plusieurs milliers de
combattants de Daech dans le secteur qu’il contrôle sur la rive
orientale de l’Euphrate, face à l’armée syrienne et ses alliés
sur le front de Deir Ezzor. Cela signifie qu’en cas de retrait en
coordination avec la Turquie, les troupes d’Ankara pourront se
déployer dans la province kurdo-arabe d’Hassaké, à partir
peut-être de Manbij ou Tal Abiad,sans rencontrer de résistance de
la part de Daech tout simplement parce Daech n’a aucune présence
dans le secteur. Les deux villes sont à des centaines de kilomètres
de la zone contrôlée par Daech le long de l’Euphrate à Deir
Ezzor.
En
cas d’une attaque soudaine de la Turquie, les forces kurdes des
Unités de protection du peuple YPG (le PKK syrien) devront se
précipiter devant les troupes turques en progression pour tenter de
les ralentir en attendant l’aide du gouvernement syrien et pour
permettre aux civils de quitter la zone vers des secteurs contrôlés
par Damas ou de fuir en direction du Kurdistan irakien. Pareil
mouvement aurait des conséquences sur la relation
turco-russo-syrienne. Moscou a déjà averti la Turquie contre une
avancée au nord-est de la Syrie. Toute avancée, y compris par les
mandataires djihadistes de la Turquie en Syrie, qui sont massés à
la frontière des provinces contrôlées par les Kurdes, va entraîner
un chamboulement dans les relations entre Moscou et Ankara et entre
Moscou et Damas. Pareil réalignement ne peut être évité que si le
président Erdogan résiste à toute tentative d’invasion et adhère
à l’optique de la Russie, qui préfère que le départ des USA
soit suivi de discussions à propos de l’avenir de la région.
D’après
des sources bien informées en Syrie, la Turquie songeait déjà à
annexer le nord de la Syrie plutôt qu’à l’occuper. Toute
occupation du territoire syrien entraînera des complications sur le
plan international en l’absence de reconnaissance par les autres
pays. Cependant, le nord de Chypre a appris à la Turquie qu’une
annexion peut continuer pendant des décennies, parsemée de quelques
réactions sporadiques de la communauté internationale. L’annexion
de la Crimée par la Russie pourrait avoir créé un précédent.
Si
Erdogan ne se synchronise pas avec la Russie et l’Iran, le front
d’Idlib s’ouvrira. Les prétextes ne manquent pas, puisque les
djihadistes n’arrêtent pas de violer le cessez-le-feu convenu à
Astana. Une invasion turque amènera l’armée syrienne à attaquer
Idlib et sa région rurale sous contrôle djihadiste, ainsi que Daech
sur l’Euphrate afin d’obtenir une victoire rapide.
Tout
massacre et toute attaque possible de Daech dans les provinces
contrôlées par les Kurdes donnera une légitimité morale
rétroactive à l’occupation américaine du territoire syrien ces
dernières années. Les experts et les responsables de
l’administration américaine diront au monde comment la présence
illégale des USA en Syrie a permis de combattre le terrorisme
(Daech).
Les
négociations se poursuivent à Damas, où les Kurdes et les
représentants du gouvernement s’entendent mieux sur la façon de
combattre ensemble Daech une fois que les USA retireront toutes leurs
forces, ce qui devrait se faire en moins d’un mois.
Une
coordination est nécessaire pour créer un passage sûr de façon à
prendre Daech en tenaille sur plusieurs fronts le long de l’Euphrate
avant que le groupe armé ne s’étende dans la vaste région
d’Hassaké. Cette bataille décisive pour éliminer la présence de
Daech nécessitera le soutien de l’armée de l’air russe, des
forces spéciales syriennes, des forces terrestres alliées de l’Iran
et du Hezbollah, ce que n’ont pas eu le temps de faire les USA
pendant les dernières années de leur occupation de ce même
secteur.
Poutine
n’est probablement pas prêt à lâcher l’Iran, mais de toute façon,
il fait se méfier de toutes ces affirmations hâtives au sujet du
retrait du Hezbollah ou des forces iraniennes du sud de la Syrie. Le
Hezbollah avait peut-être déjà commencé le rapatriement de ses
soldats. Cela est possiblement prématuré, tout comme le serait la
réduction annoncée des forces russes, qui avait déjà eu lieu par
le passé et avait du être annulé parce que les gredins
néo-colonialistes en avaient profité pour relancer leurs
offensives. Mais si Poutine n’est pas toujours si malin, il faut se
garer de conclusions trop hâtives au sujet de sa soumission aux
dictats israéliens :
Cette
interprétation des faits est totalement contredite par les milieux
proches du Hezbollah. Ceux-ci précisent que depuis la reprise par
les forces du régime syrien du contrôle de la région de Ghouta
autour de Damas et d’une grande partie du désert jusqu’à la
frontière des provinces du nord-est du pays, le Hezbollah a rappelé
de Syrie la plus grande partie de ses combattants.
Ce
retrait s’est fait dans la discrétion, mais il est dicté par une
seule raison : le fait que l’armée syrienne n’a plus besoin de
renforts. Les mêmes sources affirment ainsi que l’armée du régime
a repris son système de permissions accordées aux soldats qu’elle
avait suspendu depuis 2011 et elle a même allégé ses effectifs de
11 000 soldats de réserve qui sont revenus récemment à la vie
civile. Toujours selon les mêmes sources, la situation sur le
terrain syrien n’exige plus en effet une grande mobilisation et le
nombre de fronts ouverts s’est considérablement réduit, rendant
inutile une participation consistante du Hezbollah et même des
autres forces alliées.
@Massada sioniste : « je veux récupérer mes terres volés par les conquêtes musulmanes » pour
votre info l’Islam n’est pas né sur cette terre, il a été imposé par
l’épée dans cette région par des colons arabes. Alors les colonisateurs
musulmans dehors ..... Ah oui comme vous etes
très ignorant de l’histoire d’Israel, sachez que ce sont des juifs
athées qui ont fondé Israel. Alors vos histoire de dieu, vous pouvez
vous les mettre ... vous savez où
Mais
s’ils étaient athées, alors ils n’étaient plus juifs...
Je
chipote, ce qui ne veut pas dire que la remarque ne soit pas
pertinente. Mais je remarque que vous vous référez tantôt à la
légitimité religieuse, tantôt à la « sioniste athée »
selon ce qui vous chante. Pas très sérieux. Il reste que la seule
identité « culturelle » que l’on peut assigner au fait
d’être juif, c’est l’affiliation religieuse. Et que la seule
« légitimation », aussi biaisée et extravagante soit-elle,
que l’on peut trouver à la présence sioniste et donc israélienne
en Palestine, c’est la religion par le biais du texte biblique (ou
plutôt de la Torah).
De
toute façon, essayer de justifier la possession de la Palestine par
des royaumes vieux de plus de deux mille ans, c’est du délire.