• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Analis

Cet auteur n'a pas encore renseigné sa description

Tableau de bord

Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 0 641 0
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Derniers commentaires



  • Analis 12 décembre 2016 11:24

    @Fifi Brind_acier

    La Commission européenne ne respecte pas la séparation des pouvoirs.

    Elle cumule l’initiative des lois et leur application.

    Mais c’est exactement la même chose avec le gouvernement en France, qui a de façon identique l’initiative et l’application des lois ; et c’est même pire, car il existe en France ce qu’on appele un pouvoir réglementaire propre, c’est à dire en fait un véritable pouvoir législatif qui permet à l’exécutif de légiférer dans de nombreux domaines sans contrôle du parlement.

    Les anti-européens, quand ils critiquent l’UE, ce n’est qu’une histoire de l’hôpital qui se fout de la charité ; ils ne font en fait que se regarder dans un mirroir.

    Le Parlement européen n’a qu’un rôle consultatif.

    Cela est entièrement faux. Le parlement vote bel et bien les lois, de concert avec le Conseil des Ministres, qui est l’équivalent d’un sénat.

    On peut lui reprocher de suivre trop souvent l’avis de l’exécutif, ce qui est contestable, mais de toute façon il en irait de même de tous les parlements des pays membres ; et particulièrement du français, sans doute le plus godillot de tous. Là encore, les anti-UE voient la poutre dans l’œil du voisin et pas la poutre dans le leur.



  • Analis 11 décembre 2016 13:50

    @Fifi Brind_acier

    La France ne fait que copier le fonctionnement anti démocratique de la Commission européenne, 80% de nos lois sont d’origine européenne. Quand on lit les compétences de la Commission, on constate qu’elle est à l’initiative des lois et chargée de les appliquer, là non plus il n’y a pas séparation des pouvoirs.

    "La théorie de Montesquieu établissait trois pouvoirs à l’application de l’autorité étatique : judiciaire, exécutif et législatif. Or, la coexistence des différentes institutions européenne ne recouvre pas la traditionnelle dichotomie entre pouvoirs exécutif et législatif."

    Parce que cette dichotomie n’est violée que par l’UE ? Et pas par ses pays membres, vraiment ? Mais dans beaucoup d’entre eux, sinon la totalité ou quasi-totalité, l’exécutif est maître de l’ordre du jour parlementaire et a l’initiative de la plupart des lois, et est en outre chargé de l’application de ces lois, qu’il peut bloquer en ne passant pas de décrets. Cela est particulièrement vrai en France. Pire, non seulement le gouvernement y contrôle complètement l’ordre du jour législatif, à un point qui n’est dépassé nul part ailleurs et y est rarement égalé, non seulement il dispose de la possibilité d’interrompre la navette parlementaire et d’imposer des votes bloqués (par le biais du 49-3), mais il dispose en plus d’un pouvoir législatif propre, appellé avec pudeur pouvoir réglementaire propre, mais qui est bien purement législatif, car il ne consiste pas à signer des décrets d’application de lois, ni même à passer des décrets-lois provisoires en situation d’urgence ou en attendant une confirmation parlementaire, mais bien à légiférer en première et dernière instance, sans que le parlement puisse intervenir en quoi que ce soit. Rappelons d’ailleurs qui a mis en place cette brillante disposition : Charles De Gaulle, l’homme qui trouvait que le vrai pouvoir devait être mis dans les mains de l’exécutif et que le parlement ne faisait que le gêner. C’est bien à l’homme d’État le plus anti-européen qu’on doit cette superbe construction d’inspiration autoritaire.

    C’est bien la peine de critiquer l’Union Européenne quand chez soi on fait bien pire. À ce que je sais, Asselineau n’a aucune envie de corriger les immenses défauts de la constitution française, où la notion de séparation des pouvoirs n’est qu’une farce au profit du pouvoir personnel.

    Mais j’ai peur que sous peu, on va accuser l’UE d’être responsable de la soit-disante entrave à l’indépendance de la justice commise par Valls, indépendance qui n’a de toute façon jamais existé et qu’il pouvait ainsi difficilement entraver.



  • Analis 6 décembre 2016 10:21

    Bon, eh bien maintenant qu’on sait que le non l’a emporté plus largement que les sondages le prédisaient, il est temps de revenir sur ce que les analyses « de gauche » qui présentaient la réforme comme « pro-européenne » avaient de simplistes, pour ne pas dire de surréalistes. D’abord, la plus grave erreur était de supposer que l’UE cherchait là à poursuivre son plan visant à affaiblir les États membres par le biais des régions, en veillant à augmenter leurs pouvoirs, rengaine ressortie complaisamment par les souverainistes de tout poil. Or la réforme constitutionnelle n’était pas du tous en faveur des régions, au contraire elle cherchait à les affaiblir nettement. Renzi est un jacobin pur sucre, une tradition qui n’a pas disparu en Italie et essaye régulièrement de refaire surface, en dépit du discrédit mussolinien.

    Des leçons assez similaires doivent être tirées des tentatives incluses dans la même réforme de rabaisser le parlement et d’instaurer un mode de gouvernement reposant sur la primauté de l’exécutif, au nom de l’ « efficacité du gouvernement ». Si elles peuvent paraître à raison aller dans le sens des desiderata de certaines élites de l’UE, le rabaissement du parlement est d’abord une invention française, réalisée dans ce pays et portée à un point plus achevé qu’ailleurs par le dirigeant le plus anti-européen de l’après-guerre ; à savoir, Charles De Gaulle en personne. Dans les autres pays européens, les parlements, s’ils ont été confrontés à une érosion de leur influence, se portent mieux qu’en France – et mieux qu’on ne le dit en France. Renzi voulait certainement en venir à un modèle jacobin de pouvoir moniste, à tendance autoritaire et élitiste, il y avait une certaine logique entre sa volonté de centralisation tant au niveau central qu’à celui des relations entre centre et périphérie. Indiscutablement, la tentative de la réforme constitutionnelle de compliquer l’accès au référendum allait dans le même sens ; tout comme la réforme électorale qui devait la suivre, et qui aurait abouti à évacuer toute représentativité du parlement, rompant avec une tradition qui assurait un minimum de scrutin proportionel – réforme qui est laissée maintenant suspendu dans le vide. C’est bien l’inspiration du modèle français et souverainiste qui en a pris un coup et a été rejetée par les électeurs italiens, qui ont gardé un souvenir vivace du mussolinisme.

    C’est certes dommage pour la tentative de réforme générale de l’Italie, qui partait de bonnes intentions, et initialement Renzi s’était réellement attaqué à de sérieux intérêts parasites, notamment de certains élus. Mais il était allé trop loin, et en avait profité pour tenter d’identifier sa lutte contre ces privilèges avec celle en faveur de sa conception autoritaire.


    À vrai dire, ce n’est pas la première fois que le discours simplificateur des souverainistes s’emmêle les pinceaux. Ainsi, ils avaient ressorti leur antienne au sujet de la promotion des régions par l’EU aux ordres des USA et de l’OTAN (affirmation qui constitue une autre vedette de leur grille d’analyse simpliste) sur le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, alors que tant les USA que l’OTAN étaient clairement opposés à cette indépendance. Le Brexit allait aussi à l’encontre de leur doxa, en ce que le Royaume-Uni avait toujours été présentée par cette dernière comme étant le cheval de Troie de l’influence des USA en Europe. Or ce sont clairement les pro-états-uniens et les pro-OTAN de tout poil, et autres tatchériens en diable, qui ont très majoritairement soutenu le Brexit.



  • Analis 5 décembre 2016 11:12

    Bon, eh bien maintenant que les résultats sont tombés, et que le non l’a emporté plus largement que les sondages le prédisaient, il est temps de revenir sur ce que les présupposés de l’article avaient d’erronés, pour ne pas dire de surréalistes. D’abord, une grave erreur était faite, l’auteur supposait que l’UE cherchait à affaiblir les États membres par le biais des régions, en veillant à augmenter leurs pouvoirs, rengaine ressortie complaisamment par les souverainistes de tout poil. Or la réforme constitutionnelle n’était pas du tous en faveur des régions, au contraire elle cherchait à les affaiblir. Renzi est un jacobin pur sucre, une tradition qui n’a pas disparu en Italie et essaye régulièrement de refaire surface.

    Des leçons assez similaires doivent être tirées des tentatives de rabaisser le parlement et d’instaurer un mode de gouvernement reposant sur la primauté de l’exécutif, au nom de l’ "efficacité du gouvernement". Si elles peuvent paraître aller dans le sens des desiderata de certaines élites de l’UE, le rabaissement du parlement est d’abord une invention française, réalisée dans ce pays et portée à un point plus achevé qu’ailleurs par le dirigeant le plus anti-européen de l’après-guerre ; à savoir, Charles De Gaulle en personne. Dans les autres pays européens, les parlements, s’ils ont été confrontés à une érosion de leur influence, se portent mieux qu’en France – et mieux qu’on ne le dit en France. Renzi voulait en venir à un modèle jacobin de pouvoir moniste, à tendance autoritaire, il y avait une certaine logique entre sa volonté de centralisation tant au niveau central qu’à celui des relations entre centre et périphérie. C’est bien l’inspiration du modèle français et souverainiste qui en a pris un coup et a été rejetée par les électeurs italiens.

    C’est certes dommage pour la tentative de réforme générale de l’Italie, qui partait de bonnes intentions, et initialement Renzi s’était attaqué à de sérieux intérêts parasites. Mais il était allé trop loin, et en avait profité pour tenter d’identifier sa lutte contre ces privilèges avec celle en faveur de sa conception autoritaire.

    À vrai dire, ce n’est pas la première fois que le discours simplificateur des souverainistes s’emmêle les pinceaux. Ainsi, ils avaient ressorti leur antienne au sujet de la promotion des régions par l’EU aux ordres des USA et de l’OTAN (affirmation qui constitue une autre vedette de leur grille d’analyse simpliste) sur le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, alors que tant les USA que l’OTAN étaient clairement opposés à cette indépendance. Le Brexit allait aussi à l’encontre de leur doxa, en ce que le Royaume-Uni avait toujours été présentée par cette dernière comme étant le cheval de Troie de l’influence des USA en Europe. Or ce sont clairement les pro-états-uniens et les pro-OTAN de tout poil, et autres tatchériens en diable, qui ont très majoritairement soutenu le Brexit.



Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv