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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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  • Antenor Antenor 7 décembre 2020 18:25

    @Rinbeau

    J’ai du mal à vous suivre. Tous les exemples que vous donnez mettent en lumière les limites de l’archéologie qui ne peut pas tout résoudre à elle-seule. Le dogme qui pèse sur l’archéologie n’est pas l’histoire mais l’interprétation erronée des textes historiques, la Guerre des Gaules en tête. Cette interprétation erronée mène à des impasses qui font dire à certains archéologues qu’il ne faut pas tenir compte des textes. La bonne interprétation des textes n’est certes pas de la responsabilité des archéologues mais si cela ne les intéresse pas, qu’ils ne se servent pas alors des noms de Bibracte, Gergovie ou autres qu’ils sont allés chercher dans ces mêmes textes dans le seul but de mettre en valeur leurs sites de fouilles.

    Si l’unique but de l’archéologie est d’étaler le plus de vestiges possibles aux yeux du public, qu’elle continue sur sa lancée. Elle dispose maintenant de quelques jolis musées. Par contre, si son but est de comprendre comment fonctionnait réellement (ou du moins s’en approcher le plus possible) les sociétés disparues, alors une sérieuse remise en question s’impose. Là où le bât blesse, ce n’est pas dans l’archéologie elle-même mais dans son rapport au récit historique. J’ai l’impression que beaucoup d’archéologues ont un problème avec le concept même de récit forcément imparfait. L’archéologie est une science « dure » au service d’une science « humaine », l’histoire et il y a manifestement une volonté de substituer aux récits historiques contradictoires une vérité archéologique unique. Alors même que cette vérité est basée sur une vieille interprètation historique qu’on fait tout pour oublier.



  • Antenor Antenor 6 décembre 2020 15:11

    @Daniel PIGNARD

    Je note que l’hypothèse d’Emile Mourey au Crest n’est pas présentée. Pourtant à aucun moment César ne dit que Gergovie se situe sur un plateau donc pourquoi se limiter aux Côtes, à Merdogne et à Corent ? Précisons au passage que comme au Mont-Beuvray, le site de Corent était connu pour ses vestiges avant même qu’il n’ait été fouillé. Où est la démarche scientifique là-dedans ? Aucun raisonnement n’a conduit à étudier plus spécialement ces lieux ; on va au plus facile, c’est tout. A partir du moment où on situe la citadelle de Gergovie au Crest, on comprend que le sanctuaire populaire de Corent a été construit en fonction de cette dernière.

    Le texte de César est pas mal tronqué dans votre résumé de la bataille, en particulier en ce qui concerne le crucial « jugum » et son dos étroit et bois menant à l’autre bout de la place. Il est facile de trouver des fossés au Lidar sur des zones non urbanisées et qui est plus est non boisées. L’idéal en somme. Et effectivement, on ne peut pas présenter les mêmes arguments pour le Crest, la zone étant actuellement urbanisée. Vous rejoignez les archéologues pour situer les capitales gauloises en des lieux systématiquement faciles à fouiller et à « lidariser ». Gergovie au Crest et Bibracte au Mont-Saint-Vincent posent trop de problèmes pratiques.



  • Antenor Antenor 6 décembre 2020 14:55

    @Rinbeau

    Les exemples que vous donnez démontrent justement les limites de l’archéologie et n’oublions pas non plus la complexité des zones urbaines que les archéologues sont souvent sommés de fouiller à l’arraché et qui ont fréquemment vu les couches les plus anciennes détruites ou fortement endommagées par les couches ultérieures. Cela fait longtemps que j’ai compris que les archéologues ne veulent surtout pas d’une Bibracte ou d’une Gergovie en zone actuellement urbanisée et les politiques locaux non plus. Sur des sites comme Merdogne, Corent ou le Mont-Beuvray, ils peuvent planifier des fouilles sur des années sans gêner grand monde. Les fouilles semblent être devenues un but en soi.

    Par contre, si les couches archéologiques peuvent être grandement perturbées pour diverses raisons ; il ne faut pas exagérer non plus en ce qui concerne le relief. Les montagnes de basalte et de granite n’apparaissent et ne disparaissent pas en quelques siècles. A la rigueur, les vallées peuvent accumuler une bonne épaisseur de sédiments supplémentaire mais à l’époque de César, la Montagne de la Serre et les hauteurs environnantes étaient déjà là. Nous ne sommes pas non plus en Mésopotamie ou en Egypte où le changement de lit des fleuves parfois sur plusieurs kilomètres a entraîné le déclin et la chute de cités autrefois rayonnantes.



  • Antenor Antenor 5 décembre 2020 14:50

    @ Daniel PIGNARD

    Comparé au Crest et à Montpensier situés sur des hauteurs barrant la vallée de l’Allier sur toute sa largeur ; quel est l’intérêt militaire du site des Côtes de Clermont ? Le relief et les moyens de déplacement n’ont pas évolué entre l’époque gauloise et le Moyen-âge, pourquoi les citadelles auraient-elles changé de place ?



  • Antenor Antenor 2 décembre 2020 18:19

    Alise-Sainte-Reine devrait nous mettre la puce à l’oreille ; jusqu’à preuve du contraire, il n’y a jamais eu de grande agglomération commerçante à cet endroit. Et pourtant au Moyen-Age, son seigneur direct était l’évêque d’Autun alors même que les reliques de Sainte-Reine avaient été transférées à Flavigny depuis belle lurette. Pourquoi cette attention particulière pour ce site déshérité ? Parce qu’il s’agissait de la capitale militaire de l’Auxois auquel elle a donné son nom comme cela est arrivé dans les zones faiblement urbanisées (Carladès, Ventadour).

    Pourquoi le Crest arrive-t-il en tête des possessions de l’Abbaye de Mozac, relais de l’autorité royale en Auvergne ? Même réponse, il s’agissait de la capitale militaire de la région de Clermont. La seigneurie du Crest a toujours été divisée en plusieurs parts afin d’éviter qu’un seigneur local ne l’accapare et ne remette en cause l’autorité royale sur l’Auvergne établie depuis l’époque carolingienne au détriment de l’Aquitaine.

    La localisation de Bibracte au Mont-Beuvray et de Gergovie à Merdogne nous mène dans une impasse historique majeure. Pas plus ces noms historiques que les sites auxquels l’archéologie les identifie ne désignent de grandes villes marchandes. Comme Alésia ; Bibrace et Gergovie sont des citadelles. Le Mont-Beuvray et Merdogne (ou plutôt Corent) sont des grands sanctuaires populaires construits à des fins clientélistes. La description de ces derniers est fournie par Posidonios d’Apamée (Histoires 23).

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