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Christophe

Christophe

Passionné de sciences, je possède de bonnes bases dans des sciences dures (mathématiques, mécanique, électronique et informatique). Suite à des travaux menés dans les sciences cognitives, j’ai mis ma formation au service des sciences humaines.

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  • Premier article le 22/02/2007
  • Modérateur depuis le 26/07/2007
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Derniers commentaires



  • Christophe Christophe 29 octobre 2008 12:12
    Pour ma part, le sujet part de la définition propre de ce que nous entendons comme étant une posture libérale. Il existe nombre d’influences dans le discours actuel des continentaux et pour ce que j’ai pu lire de Bastiat et même Hayek, le libéralisme vu sous l’angle anglo-saxon y a une large part. Je ne parle pas particulièrement des approches en elles-mêmes, mais surtout des postulats de base de la réflexion. Comme le signale Alcodu, même si je ne considère pas que seuls les anti-libéraux dissocient les deux composantes du libéralisme, j’admets que tout libéral englobe l’ensemble de ces deux composantes, mais posent des postulats différents quant à l’articulation de l’un vis-à-vis de l’autre. C’est sur ce premier point que je considère, en ce qui me concerne, qu’il faut déjà se positionner.
     
    Bastiat par exemple tend à laisser entendre que le facteur économique était présent chez les phéniciens et qu’il est donc un facteur déterminant de la société, que c’est un facteur premier ; c’est, pour ce qui me concerne, une approche fortement réductionniste. Toutes les études anthropologiques, qu’elles soient sociales pour les britanniques (Malinowki, Frazer, Radcliffe-Brown, …) ou culturelles pour les américains (Boas, Mead, …), mettent en évidence le facteur premier du regroupement social ; rejoignant donc la position d’Aristote qui définissait l’homme comme un animal politique. Le facteur économique est un effet direct de la volonté d’échange dans un groupe social ; les hommes ne se sont pas regroupés en société pour faire des échanges. Bastiat inverse cause et effet.
     
    Nous pourrions aussi nous référer à d’autres sciences comme la psychologie, la psychanalyse, la philosophie de l’esprit,, les neurosciences ; toutes me semble converger vers cette approche ; elles montrent par ailleurs qu’indépendamment des autres, l’individu ne peut pas se développer. Comme les derniers éléments découverts en neuroscience par Zak mettent en évidence la nature de l’homme à vouloir vivre avec ses semblables (hormone reproductive appelée oxytocin).
     
    La primauté de l’économie sur le politique est une critique récurrente de l’école allemande. Les effets de cette primauté sont fortement critiqués par Weber, Oto-Appel, Habermas. Certains philosophes, comme l’américain Sanders-Pierce, avaient déjà pris position sur cette dérive utilisant la rationalité pour justifier l’utilitarisme.

    La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.
    et dire avec force que l’hypocrisie, c’est bien de faire croire que la liberté peut s’affranchir des limites du monde, de faire croire que parce que mon voisin possède ce que je n’ai pas, ma liberté s’en trouve diminuée.
     
    Qu’est-ce qui ne nuit pas à la liberté d’autrui ? C’est là ce qui permet de déterminer si un système nuit ou ne nuit pas à la liberté d’autrui.
     
    Prenons le domaine de la nécessité que Marx avait mis en évidence dans le Capital. La liberté peut-elle s’accommoder d’un surcroît de travail au-delà du strict nécessaire ; n’est-ce pas là un risque de restriction de liberté ? Si le travail est nécessaire à la vie afin de pouvoir acquérir les produit indispensables (boire, manger, se loger), est-il nécessaire d’aller au-delà pour des besoins qui ne sont plus liés au strict nécessaire ? Quelles en sont les limites ? N’est-ce pas l’un des points qui devrait être levé. Sommes-nous libre lorsque, en jouant sur la valeur d’échange, nous sommes contraints (la nécessitation impose des contingences) à travailler au-delà du nécessaire ? Il n’est pas indispensable d’être Marxiste pour mettre en évidence des questions qu’il a levé sans qu’aucun libéral n’y ait répondu. N’est-ce pas une question fondamentale, dès lors que nous abordons la liberté individuelle, que de savoir quelles sont les contingences qui nous sont imposées par notre nature et celles qui nous sont imposées de l’extérieur (par un système, par d’autres, …) ?
     
    Quant à l’hypocrisie, la référence n’est pas basée sur l’envie, la jalousie, de voire un autre posséder ce que nous n’avons pas. La question se pose principalement pour ceux dont la seule possibilité n’est pas de pouvoir survivre, mais de devoir survivre. Si vous descendez très bas dans l’échelle sociale, vous trouverez des hommes et des femmes dont c’est le quotidien ; il n’est plus question de liberté mais juste vivre dans la contingence imposée du boire et du manger ; même se loger est souvent hors de portée. Vous y trouverez même des gens qui travaillent. Une société libérale ne se juge pas qu’à l’aune de ses propres libertés, mais aussi aux libertés que les autres peuvent déployer.

    On pense souvent que ces dictatures totalitaires, imaginées ou subies pour de vrai, sont ou étaient inhumaines uniquement parce que les moyens nécessaires à l’éradication de l’erreur imposent des contrôles excessifs, mais je crois au contraire qu’elles sont inhumaines précisément parce qu’elles veulent arracher l’erreur à la nature humaine. Les erreurs font vivre les interactions entre individus, les erreurs sont humaines, et la perfection est inhumaine ; l’imposition d’un idéal parfait, sans erreurs permises ou possibles, c’est la destruction de l’humain : tout modèle de société doit s’accomoder des erreurs ou tuer l’homme.
     
    Mais le totalitarisme est aussi un choix qui émane des individus qui constituent un ensemble social sous régime totalitaire ; dès lors que nous avons tous la capacité de juger selon nos propres valeurs. La liberté n’est pas un dû, il faut la revendiquer et la défendre, c’est la raison pour laquelle elle ne s’impose pas ; la liberté possède un pendant individuel qui est la responsabilité. La première des libertés consiste à admettre ou rejeter un ensemble de responsabilités qui incombe à l’individu. La liberté consiste, pour chaque individu à faire ses propres choix entre aucune liberté et la liberté absolue. Il existe beaucoup de nuances entre les deux extrémités. En fait tout dépend de l’effort que nous voulons faire pour être libre. Annah Arendt expose bien ce problème dans Responsabilité et Jugement.

    Le libéralisme intelligent consiste donc, non pas à affaiblir le pouvoir autant qu’on le peut et sur tous les points -cela aussi est stupide- mais à tracer fermement la limite en deçà de laquelle le pouvoir central doit être très puissant, au-delà de la quelle il doit n’être rien du tout.

    Pour l’Etat, son désengagement législatif de la sphère économique pose le problème d’une recrudescence des législations sociales ; c’est un constat discutable. Son poids devrait, normalement, être à l’identique entre les deux sphères ; puisque le domaine social est le domaine des hommes qui sont aussi les acteurs de l’outil économique. Penser différemment me semble consister à poser le postulat que l’acteur économique est plus responsable que l’acteur politique ; alors que l’ensemble est exactement le même. C’est donc un équilibre qu’il faut trouver entre les deux domaines et non pas privilégier l’un par rapport à l’autre. Mais je vous rejoins quant au fait que l’Etat, dans ces deux domaines doit laisser libre cour à l’action tant qu’elle ne porte pas préjudice aux libertés d’autrui ; encore faut-il en délimiter les contours.


  • Christophe Christophe 28 octobre 2008 21:38

    @Péripate,

    Un article intéressant par son contenu qui a l’intérêt d’être clair quant aux idées que vous défendez.

    Je vais devoir peser mes mots, sachant que je pourrais vous blesser alors que mon intention n’est jamais axée sur l’auteur, mais les idées qu’il avance.

    Commençons donc par le début.

    Vous faites, à mon sens, comme d’ailleurs Cosmic Dancer dans une de ses interventions, un amalgame entre la pensée libérale des Lumières et la pensée libérale anglo-saxone. Même si je conviens que les anglo-saxons expriment le fait qu’ils défendent autant la liberté économique que la liberté politique, leurs approches nous démontrent le contraire ; ils font le même amalgame que celui que vous faites en laissant croire qu’il n’existe pas de différence entre les deux. Les anglo-saxons donnent une large primauté au facteur économique à tel point que la vie politique n’a pour but que l’action économique, alors que les continentaux, représentés principalement les écoles allemande et française ne rejettent pas la liberté économique, mais l’intègrent dans la liberté politique. Même Marx était libéral, mais un libéral politique qui voulait contraindre le facteur économique à la vie sociale.

    Votre vision, bien exposée par votre paragraphe sur Schumpeter, met en évidence que vous pensez d’abord l’aspect économique et ensuite l’aspect politique, sociologique. Par ailleurs, vous opposez la main invisible de Smith et l’intérêt général de Rousseau, alors que, in fine, l’objectif est le même ; seul le moyen diffère. Je reste d’accord avec vous que la vision de Rousseau est utopique, nous ne pouvons subsumer tous les cas particuliers dans une seule règle générale. Mais l’incidence de la main invisible est identique ; ce n’est pas la volonté d’atteindre l’objectif de Rousseau qui est impossible, mais le résultat recherché, comme le souligne fort justement Annah Arendt. Vous nous proposer deux moyens permettant d’atteindre la même utopie ?

    Je passerais sur votre propos sur Gramsci et son influence (difficilement mesurable) en France, mais rappelez vous simplement que dans un pays libre comme les USA, il fût une époque où Mac Carthy faisait régner une certaine terreur. Si les choses étaient aussi simple, qu’il serait facile d’arriver à des conclusions rapides.

    Par contre, je reste d’accord avec vous sur votre paragraphe concernant l’ENA. C’est sans doute ce qui me fait penser que nous ne sommes plus, depuis plusieurs décennies, en démocratie, mais bien dans une République vue sous l’angle aristotélicien. Oui, l’Etat, en France est un état corrompu dans lequel les intérêts individuels priment sur leur fonction de représentation. Comme je vous l’ai déjà signalé, peut-il en être autrement dans un système où la liberté économique va jusqu’à faciliter la corruption ? Cette corruption n’est que le résultat du comportement intrinsèque à un mode de fonctionnement qui donne la primauté à l’intérêt individuel, qui le place au dessus de tout.

    Revenons donc à la liberté dont je suis conscient que vous en défendez les fondements. Comme le signale Tzecoalt, la liberté ne se mesure pas, d’un point de vue pragmatique, aux permissions qui nous sont laissées, mais aussi aux capacités que nous avons de les réaliser. Or votre propos repose principalement sur une opposition entre deux visions que je juge dogmatique ; entre une restrictions des possibles et une ouverture des possibles sans leurs associés les capacités afférentes, est, d’un côté, de l’anti-libéralisme, de l’autre, une hypocrisie libérale.

    Vous faites usage d’un mot qui me gêne dans ma lecture de votre article, c’est le mot vérité. Dès lors que nous croyons avoir atteint une vérité, toute remise en cause est impossible. Evitons ce type de propos à forte tendance mannichéenne, dans le monde du tiers exclus, une proposition est vraie ou fausse, mais la nuance n’existe pas, or ce type d’approche est trop complexe pour raisonner en terme de vérité.

    Vu la critique que vous portez à l’Etat, et la soif de liberté que vous mettez en exergue, êtes vous d’accord avec le développement sans contrainte de la liberté politique et économique, en retirant donc de fait les devoirs régaliens aux états ?



  • Christophe Christophe 28 octobre 2008 15:43

    @Cogno1,

    Je crois que vous mélangez la liberté individuelle (opinion, déplacement, parole, religion, etc.) avec la liberté d’entreprendre. Le libéralisme n’a rien à voir avec la liberté, comme l’on souligné certains, il contient nombre de règles visant à règlementer ce libéralisme sans limite.

    C’est, en effet, l’erreur commise, tant par notre auteur d’aujourd’hui que de bien des libéraux, que de considérer qu’il existe une équivalence sémantique de liberal au sens anglo-saxon et libéral au sens des écoles philosophiques continentales de l’Europe (pas seulement en France).

    Si nous pouvions le résumer en quelques lignes, nous pourrions l’approcher comme :

    • Le liberalisme anglo-saxon fixe principalement les règles de la liberté d’entreprendre liée à leur préoccupation majeure qu’est l’action économique ; partant de l’hypothèse réfutée par les sciences de l’homme que la vie sociale est une émanation de la vie économique.
    • Le libéralisme de l’Europe continentale (France, Allemagne, ... même si il existe différentes nuances entre eux), fixe des règles de vie sociale en admettant, ce qui est confirmé par les sciences anthropologiques, que les règles économiques s’insèrent dans celles de la vie sociale.

    Certes, Le Péripate considère que la critique que nous pouvons porter au libéralisme tel qu’il le conçoit ne peut être animée que part un sentiment anti-britannique et anti-américain ; ce qui réduit, il faut l’admettre, le champ de réflexion.

    La défense d’un libéralisme à tendance économique prônant la liberté absolue serait, par ailleurs, une idée qui pourrait être admise, à mon sens, mais uniquement si d’un point de vue politique, sociologique, la liberté est abordé à l’identique : plus aucune loi qui restreigne tant le champ économique que politique, l’anarchie en quelques sortes.

    Mais, bien entendu, ce n’est pas le propos ni la volonté des libéraux anglo-saxons. Leurs principes reposent sur une liberté économique totale associée à des pouvoirs coercitifs donnés à l’Etat (devoirs régaliens) pour restreindre la liberté politique. Si ils admettent, in fine, que l’être humain n’a nullement le niveau de sagesse suffisant lui permettant de ne pas être régi par des lois dans la société, ils prétendent que l’être humain a atteint le niveau de sagesse suffisant lui permettant d’être totalement libre dans la sphère économique. Sachant qu’il y a interaction entre les deux sphères, c’est une contradiction qu’il serait bon que notre auteur soulève et explique pourquoi il existe un tel décalage de la pensée traitant des mêmes sujets.


  • Christophe Christophe 27 octobre 2008 23:38

    @EricB,

    Juste une petite remarque sur : quand on sait comment fonctionnent les syndicats et qui ils protegent... Certainement pas "l’interêt public", en tous cas

    Votre remarque ne fait que montrer que vous ne savez pas comment ils fonctionnent selon l’un de leur précepte de base : défendre les intérêts de ses adhérents ; défendre l’intérêt général quand une grande majorité ne fait qu’attendre que d’autres s’engagent pour eux reste, il est vrai, la position la plus confortable pour ceux qui sont extérieurs à toute structure.

    Si vous n’êtes pas adhérents, vous ne pouvez vous plaindre de ne pas être défendu ou représenté, seul vous ne représentez que vous-mêmes ; sinon il vous revient, de droit, de vous faire entendre mais dans une structure dans laquelle vous aurez droit de citer par votre engagement. C’est un principe que nous retrouvons dans nombre de structures représentatives (comme des associations) où chacun, par sa participation, apporte les idées qui nourrissent les instances qui les représentent.

    La critique est facile, l’art est bien plus difficile.



  • Christophe Christophe 24 octobre 2008 15:18

    Selon ce lien, environ 3 chercheurs sur 4 sont enseignants-chercheurs (en ne considérant que les chercheurs universitaires et des EPST, mais pas par exemple des EPIC) ; mais conservons cette proportion.

    Selon celui-ci, l’évaluation dans la recherche n’est pas la même dans le monde de la recherche selon que vous soyez chercheur ou enseignant-chercheur ; avec des écarts (ou non) dépendant du secteur de recherche.

    Si l’évaluation des chercheurs se fait en plus en rapport avec le temps consacré à l’enseignement, nul doute que la volonté affichée dans les réglements consiste à amoindrir le nombre de chercheurs sans obligation (actuellement) d’enseignement.

    Comme je me posais la question, j’ai préféré joindre la réponse que j’ai trouvé.

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