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Christophe

Christophe

Passionné de sciences, je possède de bonnes bases dans des sciences dures (mathématiques, mécanique, électronique et informatique). Suite à des travaux menés dans les sciences cognitives, j’ai mis ma formation au service des sciences humaines.

Tableau de bord

  • Premier article le 22/02/2007
  • Modérateur depuis le 26/07/2007
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Derniers commentaires



  • Christophe Christophe 24 octobre 2008 01:16

    Vous parlez de l’enseignement supérieur universitaire que je ne connais pas, mais il semble qu’il y ait méprise.

    Les chercheurs dont je parle sont avant tout chercheur, dans des centres de recherche (l’ ONERA) et non à l’université. Certains donnent de leur temps de recherche pour l’enseignement dans des écoles doctorales (Sup’aéro, ...) mais pas en université.

    Pour les trajets, cela n’a rien à voir avec les sous-entendus que vous laissez planer. A l’ONERA Toulouse, lorsque j’y étais, l’un des chercheurs enseignait 2 heures (le même jour) par semaine à Paris ; faites le calcul rapide, il avait plus de temps de déplacement que de temps d’enseignement.

    Il m’a semblé comprendre que l’auteur mettait en avant le problème de l’incitation à l’enseignement pour les chercheurs qui n’enseignent pas ou peu : Maintenant, quid des chercheurs des organismes de recherche, qui, n’en déplaise à nos gouvernants, existent encore… Dans quel état me direz-vous ? ... Alors, pour remédier à cela, on crée une prime d’excellence qui ne peut être attribuée à un chercheur que s’il effectue au moins un tiers de service plein d’enseignement.

    Disons qu’il existe encore des chercheurs qui n’enseignent que très peu (voire pas du tout) sans avoir le statut d’enseignant-chercheur ; a priori, ce statut n’existe pas dans les structures d’Etat de droit privé ; et le temps de service n’est pas du tout celui d’un maître de conférence, mais celui d’un salarié du privé.

    Pour la mesure de la performance, comme d’ailleurs la mise en concurrence perpétuelle, je n’y suis pas du tout favorable pour autant. Il n’existe aucun métrique objectif permettant de mesurer la performance d’un chercheur, au moins sur ce point, nous pouvons, a priori, être d’accord. Mais quand les institutions veulent mettre en place une mesure de performance, il vaut mieux la moins pire que la pire.



  • Christophe Christophe 23 octobre 2008 00:18

    @L’auteur,

    Votre article est assez excessif vis-à-vis des enseignants, même si il faut reconnaître que certains enseignants ne sont pas bons, ils restent assez minoritaire, du moins tout autant que les enseignants exceptionnels.

    Certains enseignants qui sont intervenus sur cet article lèvent pourtant des problèmes très concrets dont un que je connais bien ; le poids des parents dans les décisions scolaire est une vaste fumisterie, je vous le dis d’autant plus que j’ai été pendant 15 ans responsable d’association de parents d’élèves.

    Le comportement des parents est devenu, au fil du temps, excécrable envers les enseignants, les parents sont souvent persuadés d’avoir un enfant possédant des qualités qui ne se vérifient pas toujours dans le contexte d’une classe ; même si l’enfant montre ces qualités dans le cercle familial.

    Cela génère une méfiance de l’enseignant envers les parents, et je ne leur en tiendrai pas rigueur sur ce point, car si les très bons et très mauvais enseignants sont minoritaires, les parents certains de leur fait sans connaître sont eux fortement majoritaires. D’ailleurs, puisque vous êtes dans la catégorie de parents qui se revendiquent intéressés par l’environnement scolaire de sa fille, je reste très surpris que vous ne rencontriez les enseignants que lors de cette rencontre annuelle faite principalement pour que les enseignants rencontrent les parents qu’ils n’ont pas l’occasion de voire le reste de l’année. Vous savez, vous pouvez demander à tout moment à rencontrer les enseignants avec qui vous souhaitez discuter du ressenti que vous avez.

    D’autre part, que votre fille soit curieuse ou pas, qu’elle nécessite un type d’enseignement particulier ou non n’est en aucun cas le problème d’un enseignant. Les apprentissages peuvent être agrémentés d’une façon ou d’une autre, mais le problème est que chaque élève peut espérer que l’agrément convienne à sa personnalité. Vous abordez sans le dire le fait qu’un enseignant ne puisse permettre à la trentaine d’élèves de sa classe de pouvoir apréhender le savoir selon ses désirs ; un enseignement à la carte en quelque sorte.

    Votre surprise m’étonne puisqu’au moment où la suppression des postes de l’éducation nationale tend à augmenter les effectifs de chaque division, que des enseignants contestent cette vision purement comptable des réformes, que cette constestation ne vous intéresse guère, a priori vous la condamnez, en fait que les mesures actuelles ne cesse de pousser l’enseignement loin du but qui pourrait être le votre, vous continuez à tirer sur l’ambulance.

    Votre témoignage montre principalement votre méconnaissance des mécanismes de l’éducation nationale autant que des pouvoirs donnés aux parents dans le contexte scolaire qui anihile toute possibilité, surtout dans un contexte d’effectif conséquent, de pouvoir adapter les cours. Si vous préférez, toutes les mesures prises jusqu’alors ont créées un tel décalage de niveau dans une même classe qu’il est aujourd’hui impossible d’adapter son mode d’enseignement.

    Saviez-vous, par exemple, qu’à la rentrée dans une classe de 6ème, un ou plusieurs élèves peuvent être quasiment illétrés. Je vous arrête de suite, la responsabilité n’incombe pas aux enseignants, mais aux parents. En primaire, lorsque l’équipe pédagogique propose un doublement, le refus des parents est suffisant pour que l’élève passe dans la classe supérieure. Ensuite, en Collège, tout sera fait pour qu’un élève ne cumule pas deux doublement ; même si les résultats sont catastrophique, il sera poussé jusqu’à l’âge de 16 ans (soit environ la troisième). La non plus ce ne sont pas les enseignants qui en portent la responsabilité, mais demandez des comptes aux Académies, Rectorats et au Ministère.

    Mais il est vrai que l’enseignant est la face visible de cet iceberg bancale, il est donc plus facile de lui taper dessus, surtout lorsque nous ne cherchons pas à faire un effort pour accéder au niveau de connaissance requis.

    Un autre point qui me semble important. L’apprentissage de nouvelles connaissances n’est pas lié à un plaisir (même si il est préférable que cela se fasse dans un certain plaisir) ; l’associer systématiquement à un plaisir est une vision de la connaissance qui est, à mon sens, une vision purement consommatrice. Pour s’instruire, il faut parfois faire des efforts et prendre sur soi.



  • Christophe Christophe 22 octobre 2008 17:05

    @L’auteur,

    Je partage votre position sur l’orientation prise par cette nouvelle tendance.

    Afin de mieux étayer votre propos, il serait peut-être pertinent de mettre en exergue la proportion de chercheurs consacrant un tiers temps à l’enseignement au regard de l’ensemble des chercheurs. J’ai cotoyé nombre de chercheurs qui consacrent quelques heures hebdomadaire, mais rarement plus de 7-8 heures hebdomadaires d’enseignement en université ou école doctorale ; ce qui représente moins d’un quart d’enseignement au regard du temps de recherche hebdomadaire officiel.

    Comme par expérience, nous pouvons nous poser la question du temps qui sert de référence au temps d’enseignement. J’ai connu des chercheurs de Toulouse qui enseignaient à Paris, à Tarbes, ... enfin dont l’éloignement engendrait un temps spécifique au transport qui n’est ni un temps de recherche, ni un temps d’enseignement. Comment est traité ce temps intermédiaire ?

    Quoi qu’il en soit, il me semble que la primauté doit être donnée à la recherche et non à l’enseignement au risque de ne plus avoir des chercheurs qui enseignent mais des enseignants qui pratiquent de la recherche ; une inversion des rôles en quelque sorte.

    Afin de ne pas pénaliser un chercheur enseignant (je préfère cette tournure qui met en avant la fonction première), en considérant que la performance du chercheur se mesure au nombre de publications et d’interventions dans les colloques, ne serait-il pas acceptable de proposer un modèle permettant de convertir les heures d’enseignement (transport compris ou non) en équivalence publication ? Ainsi aucune tendance ne serait pénalisée, la mesure de performance serait centrée sur la fonction première du chercheur tout en valorisant la transmission du savoir.



  • Christophe Christophe 22 octobre 2008 09:55

    @Péripate,

    Je vois maintenant sur quoi nous achoppons. C’est que l’état, comme la société, n’est pas une entité qui existe en soi. C’est une hypostase que je ne fais pas. L’état, c’est bien les hommes de l’état, et il n’y a nulle confusion dans mon esprit à ce propos. Mais pour vous, il existe quelque chose comme l’Etat, comme la Société...
    Un sociologue comme Luc Boltanski a bien éclairci ces concepts dans la sociologie de l’acteur-réseau. La métaphore appropriée (à prendre avec précaution comme toute métaphore), c’est le Téléphone. S’il existe bien un réseau de cuivre qui relie physiquement des maisons entre elles, rien ne dit si le courant passe, et, surtout rien ne dit qui est en communication et avec qui. Le réseau a besoin d’être "actualisé" pour exister. Il n’existe que dans ces actualisations. C’est le cas de la société, et de l’état. C’est pourquoi je ne réifie pas ce terme.


    Deux choses me semblent nécessaire quant aux travaux de Boltanski, une générale, l’autre relative au raisonnement métaphorique que vous metttez en exergue.

    Tout d’abord, même si je respecte les travaux qu’il mène pour extraire la spécificité de chaque partie dans un tout (ce qui est d’ailleurs un point que j’ai moi-même étudié), il n’en reste pas moins qu’il a tendance à passer d’un extrême (la catégorisation) à un autre (la non catégorisation) sous prétexte qu’une catégorie est constituée d’éléments lui appartenant, ce qui remettrait en cause l’approche catégorielle. Disons qu’une catégorie est avant tout abstraite et que les individus ne sont pas figés dans une catégorie dans l’espace et le temps. Il pose le postulat erroné, à mon sens, que les catégories sont séparées par des frontières franches alors que ce n’est pas toujours le cas, tout dépend de la méthodologie que nous utilisons pour catégoriser. Mais c’est un sujet délicat et loin d’être simple.

    Seconde remarque. Si je suis d’accord avec la première assertion de Boltanski dans sa métaphore ; que le système a besoin d’être actualiser  ; je réfute la seconde ; ce n’est pas parce qu’un système est soumis à une contrainte qu’il n’existe qu’au regard de cette contrainte. Nous entrons là dans un raisonnement très simple où il manque une assertion : que le système n’est soumis et n’est construit qu’au regard de cette contrainte. Or pour des concepts comme une société ou un état, si ils sont tout deux soumis à des évolutions, ils ne sont, ni l’un ni l’autre, construits exclusivement sur ce besoin d’évolution. Comme nous pourrions rappeler qu’une société n’est pas exclusivement la somme des individus qui la composent.

    Sauf que c’est une évidente facilité de langage.

    Tout dépend en fait du mode de catégorisation. Certaines considèrent que les catégories regroupent des individus ayant des traits communs, d’autres considèrent que ce sont les spécifités de chaque individu qui permetent de déterminer un contour catégoriel. L’un a des frontières franches entre catégories, l’autre n’a pas de réelles frontières, c’est plus flou.

    Reste qu’il est évident que selon le mode catégoriel auquel nous nous référons en tant que locuteur, si notre interlocuteur possède un mode de classification différent, le discours sera distordu. Ce n’est pas tant le langage et sa facilité qui, à mon sens, pose problème, mais le sens du discours et l’interprétation qui peut en être fait.

    Partant de là, il est évident que nul homme d’état est un surhomme, et que ses erreurs, ou simplement les manifestations de ses intérêts, parce qu’il a le pouvoir de les imposer à tous, sont, et de loin, ce qu’il y a de plus immoral.

    Là nous sommes d’accord que nul n’est prophète en son pays smiley et qu’aucun homme d’état n’est un surhomme. Quant à la manifestation de ses propres intérêts, comment voulez-vous qu’il en soit autrement ? Nous vivons dans des sociétés occidentales régient principalement par des règles ne prônant que l’intérêt individuel. Vous faites référence à la sociologie, mais il y a bien longtemps que l’anthropologie a montré que les règles qui régissent les vies communes ont une influence sur les comportements des hommes qui la composent.

    Voyez vous, j’ai pu argumenter avec vous, sans avoir le besoin de vous traiter d’inepte. Ca serait assez agréable que vous puissiez en faire autant.

    Désolé si mon propos a pu paraître blessant, mais il n’était pas adressé à la personne que vous êtes, mais aux propos qui étaient tenus. Je n’ai pas pour habitude de juger préemptoirement les intervenants mais à tenter de discuter sur les idées.



  • Christophe Christophe 21 octobre 2008 23:38

    @Péripate,

    Deuxièmement, j’apprécie que vous ne qualifiez mes dires que d’inepties. Ce langage est remarquablement modéré, tout spécialement dans un forum où insultes et menaces physiques sont considérées comme allant de soi.

    Je pense avoir utilisé le terme le plus modéré en une telle circonstance. Vous laissez entendre que l’Etat (tout état) est amoral. Je modère par contre en laissant entendre que vous exprimez principalement le comportement de ceux qui dirigent les états ; ce qui n’est pas du tout la même chose.

    Je ne vous ferais pas remarquer qu’il n’est pas obligatoire qu’un état soit démocratique, et que donc il n’est nul définition qui dise qu’un état soit, comme vous dîtes, "dépositaire de l’ordre moral majoritaire". J’accepte que vous ayez pu écrire plus vite que vous n’avez pu penser.

    Un état n’est pas obligatoirement démocratique, en effet, mais votre expression ne distingue aucun état dans sa forme ; vous êtes dans la généralisation. Par contre, j’aurais dû écrire que l’état est dépositaire de l’ordre moral majoritairement admis (pas seulement en démocratie) car la liberté inhérente aux formes démocratiques ne peut être qu’une démarche majoritairement partagée dans une nation ; si vous préférez, nous sommes responsables des systèmes politiques dans lesquels nous vivons. Pour ma part, je considère qu’il n’existe plus d’état démocratique au sens étymologique du terme ; cela ressemble bien plus à la République d’Aristote, un savant mélange d’oligarchie et le droit de vote uniquement pour laisser croire que nous sommes en démocratie.

    Je ne vous ferais pas remarquer non plus que, même dans les états dits démocratiques, les hommes de l’état font à peu près ce qu’ils veulent, et qu’ils sont très rarement sanctionnés pour avoir manqué à leur engagements.
    Je maintiens donc mon post précédent, en vous souhaitant d’être aussi inepte que je le suis.

    Vous pouvez le maintenir si cela vous convient. Il est simplement dommage que vous confondiez les erreurs des hommes qui gouvernent avec les principes qu’ils sont censés respecter ; c’est une forme d’amalgame qui pousse à la simplification du raisonnement et conduit à des conclusions erronées. Je préfère la rigueur du raisonnement et c’est donc en ce sens que votre propos est, à mon sens, inepte.

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