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Christophe

Christophe

Passionné de sciences, je possède de bonnes bases dans des sciences dures (mathématiques, mécanique, électronique et informatique). Suite à des travaux menés dans les sciences cognitives, j’ai mis ma formation au service des sciences humaines.

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  • Premier article le 22/02/2007
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Derniers commentaires



  • Christophe Christophe 17 avril 2008 16:01

    @Marianne,

    Dans la mentalité occidentale, dans la structure mentale des individus comme dans l’inconscient collectif d’une société d’hommes, imbibé de la mémoire de son histoire passée, de l’influence religieuse, de ses guerres et de ses épopées, la plus grande partie des concepts fonctionnent dans la dualité : idée du bien et du mal, du beau et du laid, de Dieu et du Diable, du mâle et de la femelle, du couple composé d’un homme et d’une femme, du vrai et du faux, du corps et de l’esprit, de la thèse et de l’antithèse, du capitalisme et du communisme, de la gauche et de la droite...

    En résumé, nous appliquons le principe du tiers exclu, introduit par Aristote et sa vision logique du monde.

    Est-ce que cette dualité existe dans la nature et que notre esprit se complaît à la reproduire, à la retrouver, ou bien est-ce que notre pensée a besoin de rendre le monde dual, en le simplifiant, pour mieux le comprendre, simulant la nature en la représentant sous forme de concepts duels ? Peu importe la portée ontologique de la pensée duale...

    Cette dualité n’existe pas dans la nature ; la classification, ou catégorisation, par genre et par différence spécifique, introduite elle aussi par Aristote (vous en trouverez des traces dans Organon), a été largement critiquée par les psychologues dans les années 70. Elle a été contestée par des scientifiques des approches conceptuelles comme Bussmann ou Rastier.

    Le fait est qu’il est plus facile pour l’homme, en particulier l’homme occidental, de simplifier le monde pour le comprendre et ainsi se l’approprier, par des mots simples et par des classifications basiques et binaires.

    C’est même plus que de la simplification, c’est du réductionnisme. D’un point de vue anthropologique, Quine lève bien, dans De Vienne à Cambridge, le besoin que nous avons de classifier, de catégoriser. Mais il insiste aussi sur le fait que c’est le meilleur moyen trouvé par l’homme pour introduire une structure mentale maniable dans le flux de l’expérience. Comme d’ailleurs Levy Straus insiste sur ce même besoin, on classe comme on peut mais on classe (La Pensée Sauvage). En fait, classer consiste à reconnaitre les discontinuité vitale du monde, cette activité est une condition de l’adaptation.

    Le principe de dualité que vous mettez en exergue est un besoin de recherche de stabilité de la pensée, ce qui est rassurant d’un point de vue psychologique. Ce principe est aussi inculqué lors de la phase d’apprentissage ; très jeunes, nous aprenons aux enfants à placer les concepts dans des catégories immuables, principe de l’enseignement litéral. Encore une fois, nous retrouvons cette volonté d’Aristote d’éduquer de la sorte, à l’opposé de la vision de Platon qui prônait plutôt un enseignement polémique.

    Il est assez antinomique que, pour une pensée à tendance logique utilisant le principe du tiers exclu, nous utilisions majoritairement une forme de structure conceptuelle qui est ... fausse. Pour les logiciens ayant une connaissance approfondie des logiques, la catégorisation par genus et differencae est certes pertinente pour les développements logiques mais la structure elle même possède tellement d’exceptions pour la classification des éléments naturels qu’elle est fausse ; la véracité ne pouvant se vérifier que si pour tout les cas (quantificateur universel), l’assertion se vérifie. Et, comme le soulignait Aristote, avec du faux dans le prémice, je fais ce que je veux !!!

    Il existe d’autres méthodes de classification, mais la plupart posent l’hypothèse, a priori, d’un universalisme que nous pourrions qualifier de transcendental dans les septs niveaux conceptuels que nous connaissons aujourd’hui. Or, si l’universalité est acceptable au niveau des concepts logico-philosophiques, elle ne se transmet pas aussi simplement que cela jusqu’au monde des actions.

    Le problème de structure mentale est important ; la plupart reposant sur une vision exclusivement hiérarchique des concepts. Or, dans les treillis, nous échappons à cette approche très réductionniste ; il y a beaucoup d’interconnection entre les différents concepts. Cette dernière approche ne permet que très rarement l’obtention d’un équilibre stable dans l’ensemble de la structure. Nous atteignons des équilibres instables à partir desquels, une nouvelle information, un nouveau savoir, peut remettre en question des associations entre concepts. Ces équilibres instables ne portent pas une valeur de vérité, mais une valeur de plausibilité.

    Mais le principe de dualité ne me semble guerre anodin lorsque nous l’appliquons à nos sociétés de communication. Bien des anthropologues admettent la classification, mais elle résulte des fruits de l’expérience. Or, aujourd’hui, nous manipulons des informations pour lesquelles nous n’avons pas l’expérience requise pour en assurer une classification pertinente. Cette méthode de classification permet de faire fi d’un raisonnement approfondi permettant de maintenir la plus grande masse dans un conformisme sans précédent ; rejetant de fait l’émancipation.

    C’est d’ailleurs la technique rhétorique qu’a employée Nicolas Sarkozy (surtout Henri Guaino, rédacteur de la plupart de ses discours de campagne), comme l’ont bien analysé Louis-Jean Calvet et Jean Véronis, dans leur ouvrage Les Mots de Nicolas Sarkozy (Editions du Seuil), opposant les catégories de population entre elles

    Je n’ai pas lu l’ouvrage de Jean-Louis Calvet et Jean Véronis, mais c’est exactement comme cela que j’ai ressenti la campagne de notre Président. D’un point de vue psychologique, il a joué sur l’inconscient, sur les structures profondes, sur cette méthode reposant sur le tiers exclu ; en posant l’hypothèse réaliste levée par Socrate qu’un homme ne commetra pas une action qui le poussera à se haïr lui-même, mais en opérant une inversion de sens : Comme je ne peux me haïr moi-même, toutes les actions que je mène sont bonnes. Entre les bons et les méchants, dans ce contexte, je suis toujours du côté des bons et les méchants sont obligatoirement les autres.



  • Christophe Christophe 16 avril 2008 12:55

    @L’auteur,

    En êtes-vous à regretter que le Maccarthisme n’ait pas eu lieu en France ?

    Vous abordez une situation aux USA qui est un héritage de son histoire ; Bertolt Brecht, Orson Welles, Charlie Chaplin et bien d’autres auraient pu en témoigner, étant sur la liste noir de la commission sénatoriale dirigée par McCarthy . Plus de 15 ans de purge, avec le soutien du FBI et de la CIA, cela aide, n’est-ce pas ?

    Mais il est vrai que ce pays a toujours été celui des libertés !!!



  • Christophe Christophe 14 avril 2008 23:56

    @jesuisunhommelibre,

    Là où nous sommes d’accord est que l’expérience de liberté est la seule voie permettant une meilleure efficacité pour l’ensemble. Mais de quelle liberté parlons-nous ?

    Si nous abordons la liberté sous l’angle économique, comme le souligne notre auteur, cela signifie que nous acceptons une liberté contrainte en fonction du pouvoir donné par un élément déterminé. Que cela soit l’entreprise individuelle, la richesse qu’elle soit monétaire ou patrimoniale, ... bien des éléments contre lesquels je n’ai aucun grieffes particuliers, que nous nous entendions bien.

    La problématique d’une société basée sur la liberté individuelle ne peut être abordée que sous l’angle des choix individuels, du libre arbitre de chacun.

    Je suis favorable au libéralisme, mais plus du côté politique qui est la nature même de l’humain plutôt que son pendant économique ; le commerce n’existait pas chez l’homme des cavernes. Je considère que c’est par un libéralisme politique que l’économie héritera de sa liberté propre.

    Comme le souligne l’auteur, l’approche économique porte déjà en elle des restrictions de liberté politique. A la question simple de savoir si le travail est une nécessité ou non dans le système économique, la réponse me semble évidente. Créer un système où la nécessité est au coeur consiste déjà à admettre des restrictions de liberté ; comme la liberté absolue ne peut exister, il faut bien admettre certaines contingences.

    Mais jusqu’où pouvons nous admettre des contingences qui restreignent notre liberté individuelle ?

    Il me semble que c’est là une des questions majeures à résoudre pour tout libéral.

    Si nous sommes d’accord sur le fait que le dirigisme n’apporte pas de bienfaits à la communauté, comment pouvons-nous croire que le libéralisme économique, du moins tel qu’il est appliqué aujourd’hui et les orientations vers lesquelles il tend, apportera autre chose que la domination d’une caste sur la majorité des hommes ; exactement comme le dirigisme, finalement ?

    Le problème n’est pas tel ou tel système politique, mais bien la hiérarchie entre les hommes d’une même société. Que la domination soit basée sur la force physique ou sur l’épaisseur du porte feuille ne change pas le principe, ce n’est que l’unité de mesure qui permet d’accéder au pouvoir qui change. L’histoire est un éternel recommencement, mais si il existe quelques nuances, les principes de l’humanité sont toujours inexorablement les mêmes ; nous n’avons pas tant évolué psychologiquement que cela !!!

    Si une chose n’a pas évoluée depuis la nuit des temps, c’est cette volonté de pouvoir de certains hommes sur les autres. Ne me dites pas que c’est naturel, cela n’existe pas dans toutes les études anthropologiques. Et il reste assez évident que le système dit libéral que nous appliquons encore aujourd’hui ne fait que renforcer ce trait le plus néfaste au développement de la liberté individuelle par restriction nécessairement appliquée au plus grand nombre ; il ne repose que sur l’intérêt individuel indépendamment de l’intérêt commun, voir à son détriment. L’intérêt individuel ne peut être admis que si il ne va à l’encontre de l’intérêt commun ; et l’intérêt commun ne peut être admis que si il ne va pas à l’encontre de l’intérêt individuel. Quand il y a conflit, il faut trancher dans un sens ou dans l’autre. Dans un régime politique, tout est question d’équilibre ; et cela fait bien longtemps que l’équilibre n’existe plus.

    Quand vous avez abordé la notion de propriété qui existe dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, il faut surtout éviter de déformer la réalité du moment ; que vous soulever d’ailleurs fort justement dans un de vos commentaires. Cette valeur a été introduite pour rompre avec le servage ; mais à cette époque, la notion de propriété n’était pas vue sous l’angle des oligopoles et de la domination du monde par la finance ; pas même par l’économie. Le monde change ne cesse-t-on de nous répéter !!!



  • Christophe Christophe 14 avril 2008 19:37

    @Quentin,

    Les deux sont a priori dissociables. La propriété n’implique pas la liberté, et on peut imaginer une liberté garantie sans propriété.

    En effet, c’est le cas. La liberté peut accepter la notion de propriété (mais il n’y a aucune obligation), mais la notion de propriété n’engendre pas celle de liberté. C’est une confusion entretenu par les libéraux au sens économique comme Bastiat, Salin, ...

    Mais il existe une notion de liberté plus générale qui englobe celle-ci et qu’on peut appeler liberté positive. En effet, il se peut que je ne puisse pas réaliser quelque chose que je désire, non pas parce que c’est interdit, mais parce que je n’en ai pas les moyens.

    C’est toute la problématique entre la liberté individuelle théorique, celle que nous retrouvons dans les règlements, les lois, … et les capacités permettant la mise en place des actions pour atteindre un but. Avoir le droit est une chose, pouvoir réaliser en est une autre.

    Votre article est pertinent par l’approche que vous faites, mettant en exergue l’opposition théorique de plus en plus marquée entre le libéralisme politique et le libéralisme économique ; ce dernier ayant pris une dimension supérieure au premier dans les sphères politiques qui ne jugent qu’à l’aune des théories économiques.

    D’ailleurs, il est assez marrant de voir les bons arguments totalement dépassés mais toujours en vigueur chez les défenseurs du libéralisme économique ; principalement sur les comportements à sens unique, toujours dans l’intérêt individuel. C’est négligé les derniers travaux en neurosciences qui tendent à expliquer pourquoi l’être humain est un animal politique ; et ce n’est pas uniquement parce que chacun y voit son intérêt individuel.

    Mais avant d’aborder une ébauche de solution, il me semble qu’il faut aller encore plus loin dans le raisonnement (c’est un avis personnel).



  • Christophe Christophe 14 avril 2008 12:54

    @hihihihi,

    Il faudrait d’abord savoir de quoi vous parlez.

    Bernard Dugué expose clairement que la France est membre de l’OTAN depuis 1949 ; je travaille d’ailleurs avec l’OTAN pour les besoins des forces militaires françaises.

    L’OTAN n’est pas que la structure militaire intégrée ; il existe une foultitude de structures ; principalement celle permettant de corriger la plus grosse lacune constatée sur les terrains d’opération durant la seconde guerre mondiale : l’approvisionnement.

    De Gaule a fait en sorte que la France puisse mener sa politique étrangère indépendemment des USA ; il a même, faut-il le rappeler, renvoyer les américains chez eux alors qu’ils voulaient implanter des bases militaires US en France. Ce n’est pas de l’anti-américanisme, nous pouvons être opposés à la recherche de domination américaine sans être contre les américains ; mais cela est une nuance qu’il est difficile d’intégrer pour des manichéens.

    Il est évident que l’adhésion à l’OTAN que souhaite notre président est bien la voie de la vassalité à la politique étrangère des USA ; puisque la France participe et finance les autres structures de l’OTAN sauf celle citée par Bernard qui n’est autre que le bras armé, doté d’une certaine légitimité, des interventions militaires voulues par les USA dans le monde.

    Pour résumer, en effet, nous finançons l’OTAN car nous oeuvrons avec et exploitons certains de ses services.

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