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Christophe

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Passionné de sciences, je possède de bonnes bases dans des sciences dures (mathématiques, mécanique, électronique et informatique). Suite à des travaux menés dans les sciences cognitives, j’ai mis ma formation au service des sciences humaines.

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  • Premier article le 22/02/2007
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Derniers commentaires



  • Christophe Christophe 13 décembre 2007 15:15

    @Marsupilami,

    En effet, Marx, le Diable pour certains, le Dieu pour d’autres, reste un philosophe libéral au sens sociologique. Ce que vous pointez du doigt se ressent assez bien par : Le royaume de la liberté commence seulement là où l’on cesse de travailler par nécessité et opportunité imposée de l’extérieur ; il se situe donc, par nature au-delà de la sphère de production matérielle proprement dite. De même que l’homme primitif doit lutter contre la nature pour pourvoir à ses besoins, se maintenir en vie et se reproduire, l’homme civilisé est forcé, lui aussi, de le faire et de le faire quels que soient la structure de la société et le mode de la production. Avec son développement s’étend également le domaine de la nécessité naturelle, parce que les besoins augmentent ; mais en même temps s’élargissent les forces productives pour les satisfaire. En ce domaine, la seule liberté possible est que l’homme social, les producteurs associés règlent rationnellement leurs échanges avec la nature, qu’ils la contrôlent ensemble au lieu d’être dominés par sa puissance aveugle et qu’ils accomplissent ces échanges en dépensant le minimum de force et dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine. Mais cette activité constituera toujours le royaume de la nécessité. C’est au-delà que commence le développement des forces humaines comme fin en soi, le véritable royaume de la liberté qui ne peut s’épanouir qu’en se fondant sur l’autre royaume, sur l’autre base, celle de la nécessité. La condition essentielle de cet épanouissement est la réduction de la journée de travail.

    K. MARX, Le Capital - Livre III, tome 3, éd. sociales, p. 198

    En tout cas, félicitation pour le travail effectué. Vous partez de loin, du moins de l’histoire lointaine ; ce qui n’est guère le cas de nos penseurs autoproclamés qui ne s’appuient que sur une histoire courte ; principalement le début de la révolution industrielle, comme si l’humanité avait attendu ce moment charnière pour tenter de comprendre les buts de la vie humaine.

    Par opposition au terme travail, il existe un autre terme peu usité qu’est l’ouvrage. La différence fondamentale étant que l’ouvrage est librement consenti, le travail est une forme d’aliénation par due principalement à sa nécessitation.

    Le travail ne pourrait être une valeur que si il est librement consenti, si il n’impose pas de contingence selon le choix de l’individu ; ce qui n’est pas le cas aujoud’hui. Cependant, si il est librement consenti, nous ne parlerions pas de travail mais d’ouvrage.

    Je vais de ce pas lire le second volet de votre propos, celui-ci étant richement documenté et construit avec rigueur.



  • Christophe Christophe 12 décembre 2007 16:01

    @Tzecoatl,

    « Dans une société sans contrainte, on est propriétaire d’une ressource soit parce qu’on l’a crée soi même, soit parce qu’on l’a obtenue par l’échange en contrepartie d’une ressource que l’on avait crée, soit parce qu’on l’a obtenu par un don de celui qui l’a créée. Autrement dit, le fondement de la propriété réside toujours dans un acte de création. »

    Les ressources naturelles, ce n’est ni vous ni moi qui l’avons crée, l’analyse de Pascal Salin est volontairement tronquée afin de tenir un raisonnement incomplet.

    Vous levez là le point le plus absurde dans la rhétorique de Salin.

    En fait, dans une société sans contrainte, nous ne sommes plus dans le cadre d’une société ; donc les besoins propres du libéralismes ont disparu.

    Pour les ressources naturelles, j’ai cité plus haut Jean De La Fleur qui basait sa philosophie sur les ressources de la nature : ...les lapins, les fruits et les légumes ; et d’autres biens de consommation courante, comme le bois de chauffage ou la tourbe, l’avoine, le foin ou la paille. En somme ce qui parait un don de la nature(...), tout ce qui, aux yeux des Nomades en général (pas seulement des Tziganes) semble appartenir à tout le monde.

    Lors d’un procès, interrogé par la justice luxembourgeoise, sur des vols de poules attribués à des femmes de sa compagnie, Jean de la Fleur, en 1600, déclare qu’il ne pense être fort mal fait de prendre ainsi des poules, vu que les renards les mangent bien, qui sont des bêtes irraisonnables, et qu’à plus forte raison, eux, comme créatures raisonnables les doivent bien manger, d’autant qu’il faut vivre.

    Il avait une vision particulière : Mon peuple est voleur, sans doute ; mais il ne vole que le vôtre. Alors que vous, vous vous volez tous mutuellement.



  • Christophe Christophe 12 décembre 2007 15:43

    @LOmiG,

    C’est là où apparaît notre vision de la propriété.

    La propriété est avant tout un concept qui tend à définir appartenir à. Or, comme l’explique Malinowski, ce qui se rapproche de notre notion de propriété est que rien n’appartient à quelqu’un ou même à un groupe déterminé.

    Il faut aussi voir comment s’articule cette notion à l’intérieur des règles sociales ; puisque la notion de propriété est tributaire des règles sociales. La seule notion d’appartenance est une notion d’appartenance à un groupe, du moins chez les mélanésiens. Cette notion d’appartenance s’applique uniquement aux sujets de ladite société. Ce qui fait que la notion d’appartenance n’existe pas pour les objets. Une notion de propriété (vision qui est la notre) sans notion d’appartenance me semble quelque peu instable.

    Malinowski utilise la terminologie propriété pour convenir d’un lien symbolique qui lie les facteurs sociaux des mélanésiens à nos habituelles approches. Sans cela, la communication est impossible.

    Il faut lire un ouvrage d’anthrologie dans un contexte anthropologique ; à savoir : Les anthropologues doivent résoudre le problème de relation entre la langue et la culture. Le rapport qui peut exister entre les catégories culturelles et leurs labels linguistiques (voir [1] et [2]) est difficile à établir, tant il est difficile de faire la part entre la représentation et le langage qui exprime cette représentation. L’anthropologie a mis en évidence les structures du récit et les relations entre les croyances et les types de symboles usuels d’une culture.

    Ceci pour vous dire qu’il faut savoir faire abstraction de ses propres certitudes, de ses propres valeurs. Un terme que nous utilisons n’a pas le même sens pour un mélanésien ; mais pour expliquer à notre monde la nature des sociétés, il faut faire usage de termes que nous reconnaissons dans nos schémas de pensée ; ce n’est que le schéma qu’il faut modifier.

    [1] Sapir E. - Selected writings of Edward Sapir in Language, Culture and Personality, D.G. Mandelbaum, Ed, Berkeley : University of California Press, 1963

    [2] Whorf B. L. - Language, Thought, and Reality : Selected writings of Benjamin Lee Whorf, J. B. Carrol, Ed, MIT Press, 1956



  • Christophe Christophe 12 décembre 2007 14:50

    Peux-tu me dire quelle société humaine n’avait pas introduit, dans les faits, la notion de propriété

    Les peuplades de notre actuelle Océanie par exemple. B. Malinowski a étudié les sociétés mélanésiennes. Vous trouverez ce document en ligne ici

    Je le cite, concernant le jugement fait généralement par les gens d’une culture autre au regard des différences tribales, si le document de plus de cent pages vous rebute : Il existe chez ces peuples une distinction et une définition nettes et précises des droits de chacun, ce qui a pour effet de donner à la propriété un caractère qui n’a rien de communiste. Il existe en Mélanésie un système de propriété composite et complexe, mais qui n’a rien à voir avec le « socialisme » ou le « communisme ». Le régime de la propriété en Mélanésie n’est pas plus communiste que celui d’une société anonyme moderne. D’une façon générale, toute description des sociétés primitives dans des termes tels que « communisme », « capitalisme », « société anonyme », empruntés aux conditions économiques de nos jours ou aux controverses politiques modernes, ne peut que créer des malentendus.

    Un autre passage : Le seul procédé correct consiste à décrire la situation juridique en termes de faits concrets. C’est ainsi que le droit de propriété sur un canoë de pêche aux îles Trobriand est défini par la manière dont l’objet est fabriqué, employé et considéré par le groupe d’hommes qui l’ont fabriqué et jouissent de sa possession. Le maître du canoë qui est en même temps le chef de l’équipe et le magicien de la pêche, a pour premier devoir de construire à ses frais une embarcation neuve, lorsque la vieille est devenue hors d’usage, et de la maintenir en bon état, ce en quoi il est aidé par son équipage. En vertu d’obligations qu’ils contractent les uns envers les autres, chacun doit se présenter à son poste, de même que chaque canoë doit venir se mettre à la disposition de la communauté, lorsqu’elle organise une pêche communautaire.



  • Christophe Christophe 12 décembre 2007 14:27

    @LOgiM,

    Pour avoir un aperçu philosophique de la notion de liberté indépendamment de celle de propriété, je vous propose de prendre la philosophie des Bohémiens qui a été défendue par Jean De La Fleur.

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