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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 27 août 2011 20:37

     Le papier que nous commentons commence avec 

    «  »«  »Libye - Les démons et les ombres du « Printemps arabe » «  »"
    et finit avec un lien qui renvoit vers une autre interview du même Pierre Piccinin

    Dans cette autre interview, l’auteur reconnaît s’être emballé 5 mois plus tôt et dit voir désormais les choses différemment.

    Il y a 5 mois, comme beaucoup d’entre nous, l’auteur a vu dans différents mouvements de masse se produisant en zone arabe, un printemps.

    Lui et d’autres, ont vu une similitude d’une part entre ces phénomènes et celui dont nous nous enorgueillissons ici depuis 1789, d’autre part entre eux

    Ce printempsisme qui avait affecté la vision de l’auteur avait affecté la vision de beaucoup de monde. Au point que quand a démarré le mouvement en Cyrénaïque, ce même monde l’a trouvé aussi printanier

    Notre président a trouvé très opportun d’en faire autant mais de manière plus marquée et nous avons maintenant à regarder le spectacle de ces cadavres aux mains ligotées.

    Alors qu’applaudissons-nous exactement dans ce papier ?

    Le fait qu’il dénonce la simplification des médias ?
    Ou le fait qu’il avoue avoir, lui aussi, simplifié ?
     


  • easy easy 27 août 2011 19:36


    Oh oui l’OTAN manipule l’information. Dans une guerre, quelle partie n’a jamais manipulé l’information ?
    (Lorsque les Carthaginois crevaient de faim après deux ans de siège romain, ils avaient jeté des porcs par dessus les murailles en manière de faire croire aux Romains qu’ils avaient encore bien des réserves)

    L’OTAN intoxique et désinforme comme de coutume mais pourquoi les rectificateurs en font-ils si souvent autant ?



    Il y a quelques années (3 ou 4 ans) j’avais vu une émission télé qui se passait dans cette résidence de Khouildi Hamidi.
    Ambiance palmier, pique nique, promenade, thé à la menthe, mots de paix.

    C’était très aimable et j’ai beaucoup aimé cet homme sans rien savoir d’autre sur lui. (Je ne me souviens plus du thème de cette émission mais ça devait être sur Arte)



    Mais là que Michel Collon prétend faire un reportage en manière de contre enquête contre l’OTAN, je trouve qu’il a laissé des trous dans ce qu’il en raconte. Au lieu de présenter les faits en leur complexité, il les simplifie en montrant que Khouildi Hamidi était un saint homme (en procédant par exemple par associations d’idée avec les animaux innocents -pas des cobras, pas des lions- et avec des enfants)

    40 ans plus tôt, Khouildi Hamidi avait participé aux côtés de Kadhafi au renversement de la monarchie corrompue. Ils étaient une douzaine de chefs autour de Kadhafi dans ce coup d’Etat et avaient ensuite constitué le conseil de leur révolution CCR.

    Or au fil des ans, peut-être parce que Kadhafi la jouait trop perso, certains se sont fâchés et la plupart ont été déssoudés ou ont dû s’enfuir. Du CCR initial, il n’est resté que Khouildi Hamidi et deux ou trois autres.

    Le général Khouildi Hamidi a été longtemps le patron des renseignements militaires et jouissait d’une retraite dorée. Beau-père d’un fils Kaddafi, Saadi, il supervisait la brigade basée à Sorman, sa ville natale (Ouest), commandée par son fils, Khaled. Cette brigade a réprimé les révoltes de Zaouia, Sabratha et du Djebel el-Gharbi (était-ce très sanglant ou pas, on n’en sait rien)



    Que devait faire l’OTAN, une fois prise sa décision de renverser Kadhafi ?
    Eviter de décapiter cet entourage qui le soutenait ?


    A quoi joue Collon ?
    Pourquoi joue t-il le bisounours en demandant lequel des gamins donnait des ordres militaires
    Pourquoi oublie-t-il de poser la même question concernant le patriarche de la maison ?



    Le 10 Mars 2011, la France signale qu’elle va mettre ses moyens militaires aux côtés des rebelles
    Le 19 Mars, l’OTAN vote une attaque contre Kadhafi

    Dix fois, cent fois, les attaquants ont répété « Quittez le pouvoir tout de suite ou vous en serez écarté par la force »

    Le 21 juin soit 3 mois plus tard, alors que certains généraux avaient abandonné Kadhafi, la maison d’un des généraux qui étaient toujours à ses côtés est bombardée. Sa famille, ses proches dont plusieurs enfants y trépassent.


    Khouildi Hamidi était-il donc totalement surpris ?
    A vu des frappes du même genre qui se produisaient depuis 3 mois, sa famille ignorait-elle que son tour arriverait forcément ?
    Le général et ses proches considéraient-ils que cette maison ne risquait en aucun cas d’être bombardée ?


    Possible. (Surtout si à cette date, l’OTAN n’avait jamais bombardé une maison)
    Va savoir à quoi pensent les gens.


    Moi, si je fais le choix de rester auprès de mon roi et qu’il est poursuivi par des missiles, je prends comme première mesure d’éloigner ma famille de l’endroit où l’ennemi pense que je suis. Surtout à une époque où l’on peut se faire tirer dessus par des gens assis à 1000 bornes et en pleine nuit, sans tambour ni trompette préalable.

    Pas vous ?



  • easy easy 27 août 2011 18:14

    Selon le moteur de recherche AVox, l’expression « printemps arabe » figure dans 64 papiers

    Ceux qui l’ont utilisée y voyaient donc un évènement frais tout en bourgeons, en afflux de sève et en fleurs.

    Ces 64 auteurs pourraient-ils nous dire quelques mots sur ce qu’ils y voient maintenant ?




  • easy easy 27 août 2011 17:12

    @ Rue,

    La composante irénique, pardonniste est ancienne n’est-ce pas ?

    C’est donc depuis la nuit des temps que nous pétrissons à la fois nos dispositions à l’hystérie (dans laquelle il y a nos passions pour une belle, pour une Ferrari, pour un diamant, pour des tulipes...) et nos dispositions à nous en calmer, à dépassionner et à pardonner.

    Ce qu’on appelle Progrès intellectuel c’est la poursuite de ce pétrissage de ces deux dispositions. Poursuite qui se fait, au fil des siècles, de façon de plus en plus consciente, comprise et racontée.
    Le Progrès c’est cheminer encore de cette manière.
    Ce n’est pas arriver quelque part. Ce n’est pas vaincre, ce n’est pas éradiquer le Diable.

    Le Progrès c’est le pétrissage, c’est le débat de ces deux tendances, c’est la poursuite de ce pétrissage. Le progrès dans ce Progrès consistant seulement à en avoir conscience et à le dire.

    De même qu’il n’y a pas de grand s’il n’y a pas de petit, qu’il n’y a pas de chaud s’il n’y a pas de froid, qu’il n’y a pas de Bien s’il n’y a pas de Mal, il n’y aurait pas de pardon sans vengeance.
    Rien n’apparaîtrait doux, aimable et tendre si tout l’était.

    Ainsi, nous devons, en nos moments irénistes, dénoncer à notre tour la vengeance et la haine, mais ne pas espérer voir les pulsions colériques disparaître.

    Nous aimons les passions amoureuses tout en appelant à la raison quand elles ne nous saisissent pas ?
    Alors nous devons aimer les haines tout en appelant à la raison quand elles ne nous saisissent pas.


    N’espérons surtout pas que la Terre devienne un paradis où, sans haine ni irénisme, il ne resterait qu’une ataraxie.


    Quand j’expose ce point de vue, beaucoup se demandent comment il est possible de bien défendre la paix quand on admet la guerre.
    Ils pensent alors de manière trop manichéenne. Car admettre la guerre n’est pas n’admettre que la guerre. C’est admettre la guerre et la paix. La paix dans la guerre et la guerre dans la paix (ce qui est la réalité de toutes les situations)

     

    Quelques uns, parmi nous, sont professionnellement formés à changer très rapidement et radicalement de position.

    Par exemple les traders, qui après avoir acheté à 10h, doivent, sous peine de catastrophe, être archi ouverts à défendre la position inverse et donc revendre dans l’heure qui suit si quelque évènement leur montre qu’ils sont à l’envers. (Niveau zéro de l’ego ou de l’orgueil)

    Par exemple les médecins du SAMU. Ils nous sortent d’une voiture pliée, ils foncent vers l’hôpital en se jurant de tout faire pour nous sauver et en une seconde, quand notre EEG s’arrête, ils inversent leur position et voient en nous des organes à récupérer. Pas une larme, pas un chagrin, pas d’ego.

     

    Si j’avais été au Pouvoir en 14-18, peut-être aurais-je actionné la guerre tant il y avait de gens qui y tenaient. Mais dès que j’aurais vu la scène de fraternisation entre tranchées ennemies au moment de Noël, j’aurais fait valoir cette aspiration des soldats tellement concernés par les batailles pour inviter à la paix.

    Qu’une guerre éclate en raison d’accumulation de tensions OK, il faut que ça décharge. Mais dès les premiers sangs versés, donc dès les premièrs soulagements, regrets et hontes, il faut avoir le réflexe de rappeler à la paix ; Il ne faut pas attendre 10 millions de morts et les épuisements extrêmes. Il faut faire une paix quand on est encore debout et en forme.
    Il faut faire la paix, non la subir.

    Concernant l’apaisement au premier sang versé, c’était quelque chose qui se réalisait assez souvent lors des duels. Pour cause, il n’y avait que deux protagonistes en jeu, chacun redoutant autant de l’autre, de trépasser à cause de son ego.
    C’est bien entendu plus difficile quand on est cent ou mille à se crêper le chignon mais chacun doit tout de même conserver le réflexe d’appeler au STOP au plus vite.

    Ce que je regrette donc, c’est que ce que je dis ici : acceptation de la guerre et de la paix + réflexe à stopper au premier sang, je sois le seul à le dire.
    Les gens préfèrent tenir un discours soi-disant pacifiste, excluant complètement la guerre et pourtant, ça ne l’empêche pas de se produire, les discours s’étant alors inversés, et quand elle a démarré, personne ne dit stop au premier sang versé.

    Prenons par exemple DSK Dialo
    Après tout c’est une histoire entre deux personnes et il n’y a pas eu de meurtre. Il était donc possible qu’au moins après leur épisode vif, une fois les esprits décantés, qu’ils trouvent une voie de pacification.
    Au lieu de cela, la très très grosse artillerie qu’est la Justice d’en est saisie, en plus les médias s’y sont mis, en plus 3 milliards d’’Hommes s’en sont mêlés et chacun exigeant, avec toutes sortes de discours, que ça devienne un affaire d’Etat, une affaire énorme, Exemplaire et d’Impact Mondial. Cause des femmes ici, cause des immigrés là, cause du libertinage ici, cause de la Justice là, cause de la cause partout (chez ceux qui ont tribuné en tous cas)
    Alors que Dreyfus, qui a conduit à des drames d’ampleur, avait tout de même démarré sur un problème d’Etat, l’affaire DSK Dialo pourrait conduire à des drames de même ampleurs tout en ayant démarré sur un terrain hyper privé.


    A mon sens, DSK & Dialo avaient à se foutre dessus un moment pour vider leur sac et on avait alors à arbitrer pour que la chiffonnade se passe de manière équitable ou égale (la nuance étant une grande affaire). Mais dès les premiers coups échangés, j’aurais invité à passer au thé.
    Jamais je ne me serais servi d’eux pour mener quelque bataille idéologique me tenant à coeur. Jamais je ne les aurais utilisés. Jamais je ne les aurais davantage excités l’un contre l’autre. Jamais je ne serais allé à raconter à l’un que l’autre le méprise.

     



  • easy easy 27 août 2011 14:48


    L’Homme vit en société, plus ou moins grande, plus ou moins étatique mais en société.

    Il existe donc quelque part un tropisme qui le coagule de manière dynamique (avec flux et reflux).
     
    Il serait très compliqué de détailler de quoi est composé ce tropisme, mais on pourrait, parce qu’ici on aime les cases et rangements, dire qu’il y a des arguments matériels (économie de bouffe et de moyens) et des arguments intellectuelles (tout ce qui chez l’autre n’est pas exactement matériel mais qui nous attire pourtant)

    Et ce tropisme complexe se réalise en partie consciemment, en partie inconsciemment, par choix ou par habitude, par besoin communautariste et par besoin d’individuation.

    Il est possible que, comme nous avions tout ce qu’il faut pour être cannibales, que nous ayons réussi à ne pas l’être en développant surtout les arguments intellectuels de rester coagulés. Les transcendances nous coagulent souvent davantage que les immanences.
    (En Lybie, des Noirs très pauvres ont été attirés par la distribution matérielle que Kadhafi avait décidée et c’est donc surtout les immanences qui les ont coagulés au Raïs mais les Cyrénaïques, qui bénéficiaient des mêmes distributions matérielles, exigeaient quelque chose d’autre qui relève alors de transcendances : la liberté de choisir son destin)

     

    Mais la coagulation étant dynamique, elle implique que coexiste aussi un rfejet tout aussi dynamique. On fabrique de la coagulation et on fabrique du rejet.

    Parmi les arguments intellectuels qui opèrent sur la coagulation-rejet, il y a :

    Ceux qui surgissent du raisonnement. Tous les peuples n’ont pas les mêmes mécaniques de raisonnement. Ici on sait par exemple raisonner de manière très individuelle, d’autres ne savent pas en faire autant ou trouvent ça indécent. Ici on raisonne sur base d’analyse et d’éléments cataphatiques (une chose doit exister ou ne pas exister), ailleurs on raisonne davantage sur base d’éléments apophatiques et synthétiques.

    Ceux qui surgissent du sentiment (émotions au long cours à l’intérieur desquelles se trouvent l’éthique, la philosophie, l’intérêt ou non pour la raison, le caractère)

    Et ceux qui surgissent de l’émotion (sentiment immédiat de très court terme). Ce sont ces sentiments ultra courts et puissants qui nous donnent, en certaines circonstances, des allures hystériques tant dans la version douce et amoureuse que dans la version dure et haineuse.
    Ce sont ces émotions vives qui font nos expressions corporelles, nos grimaces et notre verbe lapidaire.
    Ce sont souvent ces émotions vives qui nous font faire des choses que nous regrettons plus tard, au moins in petto.

    Ce qu’il y a de remarquable avec les émotions vives c’est que le ou les émus ressortent comme étant « à côté de la plaque » par ceux qui ne sont pas concernés par leur affaire, qu’elle soit amoureuse ou haineuse. Les non-fans de Johnny ne pigent pas ses fans et les Inuits ou Papous ne comprenaient pas nos guerres.
    Chacun ou chaque groupe ne comprend que ses propres hystéries et s’étonne de celles des autres. (C’est ce qui amène les hystérisés à leur répondre « Si c’était ton enfant qui avait subi ça, tu dirais quoi ? » )


    Je ne saurais hiérarchiser l’importance de ces 3 ressources intellectuelles : raisonnement, sentiment et émotion, dans ce tropisme qui nous socialise mais je suis convaincu que nous ne pouvons nous passer d’aucune.
    Je crois que l’hystérie individuelle + collective, que les catharsis sont indispensable à ce tropisme qui nous socialise.

    Passés les grands moments de forte coagulation qui actent et prouvent que nous sommes sociaux, nous calmons nos émotions. Nos raisonnements et sentiments prennent alors le dessus et nous regrettons souvent nos emportements. Souvent nos emportements haineux, quelques fois nos emportements amoureux. 

    Mais nous en sommes sûrs, après une hystérie collective (partagée par au moins une autre personne) nous avons prouvé notre tropisme social.

    L’hystérie, partagée à deux ou à cent millions, parce qu’elle ressort très souvent comme faute après coup, prouve plus que tout notre socialité. Nous fraternisons bien plus profondément d’avoir hystérisés de manière haineuse que de l’avoir fait de manière amoureuse.
    Le partage d’une faute collective revient à partager une chose déplaisante dont on ne peut se défaire, ça nous rend frères de sang. (On choisit ses amis, pas ses parents).
    La fraternité dans l’erreur ou l’excès née de l’hystérie collective est capitale dans notre tropisme coagulateur.


    La guillotine n’est qu’un des moyens méchants de réaliser une hystérie collective. La torture publique ou discrète, l’incarcération à vie, le lynchage médiatique, le garot, la pendaison, le bûcher, la calomnie en sont d’autres. Ce qui compte c’est que ces moyens soient si méchants qu’une fois l’hystérie passée, une fois le calme revenu, nous puissions en avoir honte.
    C’est cette honte, cette faute ou ce regret collectif qui nous communautarise le plus profondément.


    S’il devait y avoir débat, ce n’est pas sur le choix des moyens de donner forme concrète à l’hystérie haineuse, mais sur son utilité. Hache, balle, pilori, cage ou corde, peu importe, nous faut-il oui ou non un moyen de réaliser concrètement une horreur ?

    Pour ma part, tout en avouant qu’elle me fait très peur et qu’elle ne peut pas être considérée comme étant belle en termes idéalistes, je pense que l’Homme ne peut pas se passer de l’hystérie haineuse et de la honte qui va en résulter à terme.

    Ce que je demande c’est seulement qu’on le dise.

    J’apprécierais qu’au moment où l’on torture quelqu’un qu’on lui dise que son supplice est indispensable à notre tropisme.
    Et que l’on dise alors que les guerres relèvent de la même nécessité.



    Ca c’est pour ce qui concerne la base brute de notre grégarisation.

    Or, ici et là, à leur heure, des Hommes suggèrent d’accomplir un mouvement qu’ils appellent de progrès intellectuel. Depuis la nuit des temps, des Hommes suggèrent de sortir de cette base brute en ajoutant le jeu du pardon (qui suppose alors tout un jeu d’empathies, de projections et d’introjections).
    En fait, ces irénistes suggèrent de raccourcir le délai entre le moment de l’hystérie et le moment du calme, entre le moment de l’émotion vive et le moment du sentiment au long cours., entre le moment de la catharsis et le moment du raisonnement.

    Selon ces irénistes, on évitera d’avoir à regretter une décapitation en la regrettant tout de suite en la regrettant avant de l’avoir réalisée. Ils introduisent alors la honte
     non pas d’avoir fusillé quelqu’un mais d’avoir seulement songé à le fusiller.
    Les irénistes sont donc ceux qui accentuent notre culture du refoulement des mauvaises pensées et qui nous conduisent à nous retenir mille fois de briser le crâne de celui qui a rayé notre voiture. Eux qui nous suggèrent d’épargner nos boucs-émissaires, soutiennent et répandent une culture de la bonne conduite. Chaque fois que nous avons réussi à refouler une émotion qui nous aurait conduit à tuer, nous leur devons une fière chandelle.

    Et comme l’irénisme a une très vieille histoire, nous en sommes tous imprégnés

     
    L’incarcération représenterait alors une sorte de solution de temporisation. On met le bouc en réserve, on laisse décanter les émotions puis on réfléchit calmement à ce qu’on doit en faire. C’est une solution de temporisation à condition que cette incarcération soit une simple mesure de surveillance rapprochée assortie de véritables soins d’apaisements (Cf le Vipassana en prison) non une forme de torture déguisée où le bouc se retrouve au contraire affolé.


    Sans ce pardonnisme, aucun Progrès social n’est possible. Nous restons ce que nous étions avant d’avoir une conscience et nous ne sommes pas capables d’infléchir notre sort social.
    Sans ce pardonnisme qui a sans doute existé au temps des mammouths, il n’y a pas l’Espoir.

    Sans ce pardonnisme, personne ne vivrait plus de 35 ans et toutes les tombes seraient saccagées.




    Au global, il est indispensable qu’il y ait des hystéries et aussi des appels à une raison fondée sur le sentiment au long cours, sur la distance qu’offre le temps et sur la pondération des sentiments individuels par le Sentiment de l’Humanité.

    Il serait catastrophique qu’il n’y ait plus d’appels à lyncher mais plus les appels au pardon seront entendus lors des hystéries, plus nous serons dans l’Espoir et le Progrès.


    L’Homme a besoin de travailler aussi bien de ses mains physiques que des mains qu’il a dans la tête. Il lui faut pétrir en permanence haine et amour ; en toute raison, en toute sentimentalité et en toute émotivité.


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