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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 22 août 2011 17:33

    Pour ma part, je dispute le morceau, sans avoir besoin de vous dénigrer (vous savez, ce dénigrement qui est l’outil qui sert à indiquer qui il faut mépriser) 

    Vous dites vouloir faire la paix avec moi et vous utilisez contre moi, de manière ad hominem, des expressions méprisantes. ( Ex. « Vous racontez n’importe quoi ! »)


    Vous écrivez que j’aurais dit que le Français était raciste par essence. Vous avez un peu shunté pour envoyer vers le lieu commun.

    J’ai exactement écrit
    *******************
    En Afrique noire, en Amérique du Nord avant Colomb, il n’y avait pas de concept d’aristocratie, de caste. Il y avait des chefs, des marabouts mais la plupart du temps, ils étaient choisis dans la masse du commun et ils n’étaient donc pas d’essence supérieure voire divine.
    Autour de la Méditerranée mais en Chine, en Inde, au Japon aussi, il y a eu des concepts de caste acquis de naissance, comme ça, sans rien faire ni prouver.
    A l’intérieur de ces peuples là, il y avait un mépris de ceux qui étaient mal nés
    *******************

    C’est donc beaucoup de gens sur Terre, mais pas tous, qui ont développé et entretenu un concept de supériorité par naissance (et plus tard par fortune, ce qu’on appellera la haute bourgeoisie)
    Ces croyants là, très nombreux donc, considéraient que leur lignage (plus tard leur fortune) leur conférait une essence supérieure.
    Ils le croyaient et imposaient les conséquences de cette croyance sur les autres (qui finissaient souvent par y croire)
    Ce n’est évidemment pas moi qui leur accorde cette essence supérieure, mais eux. Et si vous voulez dénier qu’en France, pendant des siècles, il y a eu une aristocratie qui se croyait d’essence supérieure, libre à vous. Moi, je le sais et je ne suis pas ennuyé de le dire.

    [Le mot « essence supérieure » qui convient très bien aux aristocrates par le sang bleu, convient moins bien aux aristocrates par la fortune. On voudra bien me le passer tant un haut bourgeois croit mordicus que ses enfants doivent automatiquement devenir des hauts-bourgeois et qu’ils font tout pour qu’il en soit ainsi]
     


    Il est constant de dire que le patronat aurait trouvé des ouvriers Blancs s’il les avait mieux payés.
    Or, j’ai rappelé et c’est un fait avéré, que des OS ou des conducteurs de loco gagnaient et gagnent encore plus que bien des blouses blanches ou no blouse. J’ai également fait remarquer que de nos jours, à salaire égal, il est archi clair que les gens foncent vers les voies blouse blanche et non blouse, en refusant systématiquement le bleu et le gris.

    Il y a de quoi être étonné puisque le critère de l’argent est devenu, dit-on, capital.

    En fait l’argent n’est pas si capital que ça. Depuis 1970, entre le critère salaire et le critère glamour du métier, le critère glamour l’a souvent emporté (probablement que la culture pub y est pour quelque chose).

    Et c’est pour cela que des jeunes, comme ceux qui ont raconté leur misère de Smicard sur ce forum, préfèrent, quitte à se retrouver à sec d’argent chaque mois, loger dans Paris (et surtout pas dans la ceinture rouge ou le 93).

    Et en 2011, la situation des salaires est si difficile ou si smicarisé pour tant de gens, que le glamour joue de plus en plus dans le choix de boulot que font les gens, quand ils peuvent choisir.

    Qu’est un job glamour de nos jours ?
    Ce n’est pas dans l’industrie, ça c’est archi clair ; mais c’est quoi alors ?
    Et bien ce n’est même pas, comme on aurait pu l’imaginer, un job dans l’écologie ou le sauvetage des dauphins. Ca c’était il y a 20 ans, là c’est dépassé.

    Actuellement, le job glamour est celui qui et lié à la communication. Même si on n’y gagne pas sa vie, le fait d’organiser par exemple des soirées, d’être capable de réunir des gens pour un évènement, d’être une personnamlité médiatique, voilà ce qui est recherché. Salaire ou pas salaire.
    Et FX vient de se suicider parce qu’après avoir frôlé quelques mois cette situation dont il rêvait, il lui aura semblé que son tour était passé.

    FX est certes un cas extrême, mais il faut tout de même le voir et admettre que beaucoup de jeunes et moins jeunes visent d’abord la voie du glamour et que la désindustrialisation est le cadet de leur souci. Même à 3000€ nos FX refuseront de passer leur journée à poser des moquettes dans des voitures (ou alors ils s’en cacheront). 



    En 1980, il y avait un ravin entre ceux du papier crayon et ceux de l’informatique et les patrons proposaient alors cher aux rares qui avaient des expertises en blanc et cravate..

    Le Smic de 1980 était de 2300 F et une imprimante IBM 5218 A04 qui ne permettait d’imprimer que des documents frappés par boule, valait 25 000 F. De nos jours, le SMIC est à 1300€ et une imprimante laser qui peut tout faire et en couleur, vaut 90€

    Alors, en 1980, les hommes et femmes ayant choisi la blouse blanche ou la cravate de l’informatique étaient très bien payés. Et idem alors pour tous les secteurs informatisables, dont le nucléaire et la finance.
    Les patrons avaient donc choisi de bien payer les blouses blanches et les cravatés et nous, les Français, nous avons donc globalement laissé le bleu et le gris aux immigrés (en les méprisant donc de plus en plus)

    Au fil des ans, mêmes les gamins sont devenus des experts en informatique et les salaires accordés aux blouses blanches et no blouse ont alors décru.

    Les grandes fortunes ne se font plus en inventant une superbe voiture mais en inventant un Google, un facebook, de la com.

    (Et les enfants d’immigrés les plus fortunés sont ceux qui surfent sur quelque voie médiatique. cinéma, comique, présentation, animation)


    Le fric que génère une activité c’est une chose que chacun apprécie, certes, mais il y a la mode qui joue.

    De nos jour, on peut se faire de l’argent en étant un grand céréalier. Mais personne ne vise ça. Ce n’est pas glamour ;
    A une époque on pouvait faire une immense fortune en produisant des tablettes de chocolat ; De nos jour ce genre de voie n’excite guère les jeunes.

    Oui il faut des céréales, oui il faut du chocolat, oui il faut du dentifrice et de l’électricité mais ça n’attire pas les jeunes. Ils veulent bosser dans la com, le cinéma, le théâtre, le culturel
    Et la question des salaires passe après.


    Alors le keynésianisme ou l’antikeynésianisme ne joue pas trop en France. (il joue d’avantage ailleurs, en Chine par exemple)







  • easy easy 22 août 2011 15:52

    Bien sûr, j’ai tout inventé.
    Dupont Lajoie ça n’a jamais existé.




    Tout ce dont je parle ici, et qui expose des faits de psychologie, de préférence, de mépris pour le travail manuel, se traduit de mille manières dans une société ainsi transformée.

    Il y a eu, dès qu’on a inventé les CET où les élèves devaient porter une blouse bleue ou un bleu de travail, une guerre non pas des boutons mais des couleurs de blouses.

    Blouse bleue, blouse grise, blouse blanche, pas de blouse.
    Tout le débat social a pu être observé sur ces 4 points
    Et c’est, inutile de vous le préciser, la blouse blanche + pas de blouse qui l’ont emporté.

    La seule solution, pour atténuer le rejet des Français de la blouse bleue ou grise, du bleu bleu ou gris, était d’obliquer ver le Mac Giver
    Ce bricolage là oui, les Français en voulaient bien car il s’agit d’un bricolage prométhéen. On n’obéit pas à un plan de charge journalier et répétitif, on crée d’initiative personnelle ; En Mac Giver, en Mission Impossible, on est un ouvrier génial (et bien récompensé).

    Grâce à Mac Giver + Indiana Jones, on a réussi à attirer les derniers Français vers Castorama et Leroy Merlin où on leur a offert des outillages et matériels très funs, des vêtements avec des poches partout, des outils bourrés d’astuce et d’intelligence en couteau Suisse, tout ça sentant bon l’aventure. Et puis bricoler soi-même évite d’avoir des factures de plomberies ou de garagiste à payer.


    Chaussures de sécurité, combinaison, visières de protection, gants, escabeau, visseuse, cutter, si ça a des allures d’aventurier, OK. Sinon personne n’en veut.


    Mais bon, le relookage de l’industrie a ses limites et trimballer des radiateurs ou des parpaings, ceintrer des pots d’échappement, vernir des meubles, ça fera toujours plus transpirer que de taper sur un clavier ou passer un coup de fil à un client.



    Il ne faut donc pas exposer notre désindustrialisation comme si c’était de la faute à un président, d’un complot, d’un principe Keynésien, d’un manque de ressources ou d’une concurrence sur les prix.
     
    Il faut le dire : si l’on propose à un Français d’entrer dans l’industrie en bleu de travail et dans n’importe quel pays à l’industrie florissante, il refuse.

    Et s’il faut influer de manière étatique, en bon keynésianisme, il faut le faire essentiellement sur les mentalités, sur le sens accordé aux mots ’travail’ et ’peine’.
    Il faut cesser de la jouer « victime du travail » « victime de la peine » « victime de la souffrance au travail »




    Etre fier de ses souffrances Vs s’en plaindre ?

    Toute la désindustrialisation peut se comprendre dans notre préférence de plus en plus marquée pour la seconde option.





    Ce que je dis, et vous ne l’avez pas remarqué, c’est que immigration ou non, le Français, beaucoup plus colonialiste que l’Allemand, prenait la direction de la blouse blanche + pas de blouse alors que l’Allemand avait un peu moins cette tentation.

    Immigration ou pas nous prenions la direction de la désindustrialisation.

    Ce n’est pas seulement parce que nous avons manqué de bras au sortir de la guerre que nous avons fait venir nos bougnoules (il faut ici leur donner le nom que nous leur donnions alors pour reconsttituer la vérité historique et donc piger notre histoire) c’est aussi parce qu’au fil des ans (ça ne s’est pas fait en un jour) nous en voulions plus ni de la blouse grise, ni de la blouse bleue.
     
    Et ça a déchiré dans les familles ouvrières de Montreuil, de Bagnolet, ce la ceintiure rouge ; Oh oui ça a déchiré entre père et fiston. Père qui croyait encore, tout de même à la valeur sueur, qui était fier de ses cicatrices, fiston qui le traitait de vieux con exploité par un patronat bien plus rusé.
    Sans ces déchirements entre père et fils blanc, c’est pas compliqué, le Parti communiste serait resté à 30 % . Or il rase le zéro.

    Immigration ou pas, les Français ont trop associé l’ouvrier aux rouges et ne voulait plus du bleu.

    C’est donc pour cette raison que même après le creux des hommes dû à la guerre, on a continué à faire venir des ouvriers étrangers. Et en ce moment, malgré les énormes tensions que ça provoque, on est encore absolument obligé d’en faire venir car nous, les Blancs, nous ne voulons pas tenir des pelles et des pioches, nous ne voulons même pas faire le ménage depuis que « la femme qui reste à la maison pour faire le ménage » vaut raillerie. 


    Immigration ou pas, les français ne voulaient plus de l’usine et ce n’est pas Chaplin qui aura arrangé les choses (ses cibles : Police, patron, dictateur étant devenus nos repoussoirs)

    Et comme il y a eu immigration ouvrière, comme les Français se sont retrouvés à devoir fréquenter les ouvriers tant à l’usine qu’au CET où ils représentaient les « Dévolus à l’industrie » nous avons fait des pieds et des mains pour nous éloigner d’eux. D’où les ratonnades. 

    (Ca fonctionne comme pour les ratonnades contre les homos. On fait ça seulement pour affirmer qu’on n’en est pas) 

    Qu’ici et là, il y ait eu, comme dans votre famille peut-être, des efforts pour ne pas céder à cette tendance industriellophobe + ouvriérophobe + immigrophobe, oui, bien entendu oui. Mais la tendance générale était et reste encore celle que je décris.

    N’y allez pas de grands mots (de genre : nauséabond, immonde etc.) Ca ne fait que langue de bois. 
    Si vous pensez que j’invente, démontrez-le. 





    Qui a voulu cette immigration d’ouvriers bougnoules ? 
    Concrètement et directement, les patrons + les autorités. Certes. 
    Mais il faut tout de même admettre que s’ils avaient pu trouver des ouvriers français pour visser les boulons sur les moteurs des R6, ils se seraient passés des immigrés à qui il est si difficile d’expliquer le boulot et la qualité, la rigueur. 

    Et si les Français ne voulaient plus visser des boulons c’était parce qu’ils considéraient que c’était mal payé ou parce que le genre, le style n’était pas glamour ?
    Et bien parce que ce n’était pas glamour. 

    Le salaire que le Français a obtenu en changeant de couleur de blouse est resté le même. 

    Il est arrivé, vers 1990, que les commerciaux en costume de ville et avec voiture de fonction, disposant de machine à café, aient des salaires inférieurs à celui de certains conducteurs de machines dans les industries. 
    Peu leur importait cet écart en leur défaveurs, les hommes préféraient un métier glamour où l’on ne touche pas de cambouis. 

    Certes, il y a eu un passage où certains blouses blanches ou no-blouse étaient mieux payés (c’était surtout parce qu’ils étaient les premiers à savoir se servir de clavier) 

    Mais au fur et à mesure que tous les hommes et femmes de 25 ans présentaient des CV bien garnis sur le secteur blouse blanche + sans blouse, les salaires ont dégringolé. 

    Et il est archi clair qu’un carreleur gagne plus à l’heure qu’un bac + 5 qui bosse chez Mac Do

    Désormais et bien que chacun sache très bien que les salaires sont identiques quelles que soient les couleurs de blouse, ce sont encore et toujours les filières à blouse blanche ou sans blouse qui sont courues.


    Les espoirs ou chances qu’un individu fasse fortune dans un contexte pareil, n’est quasiment plus corellé à la couleur de blouse qu’il aura choisie.
    Il y a autant de performeurs ayant suivi des études à blouse blanche ou no blouse que de performeurs qui viennent des autres « filières »


    (La plus grande propritété de l’Ile l’Oléron appartient à un homme qui, sans être exactement blouse bleue, n’a pas son bac et a essentiellement vendu des crêmes glacées. Il se déplace en petit avion, petit hélico et il a deux chevaux)





    Je reviens sur votre défense en « Je suis un blanc de base et mon pere et mon grand pere aussi et je ne suis pas raciste »

    J’ai une notion de racisme plus large que la moyenne des gens ; 

    Pour moi, le racisme ne tient pas à une simple et bête notion de « Les Noirs sont plus bêtes que les Blancs » 
    Non, l’histoire ne commence pas là.
    Elle commence entre Blancs.

    Eliminons, fictivement, toutes les autres couleurs de peau. Et on verra donc un monde Blanc à l’intérieur duquel il y a quelque chose qui a les apparences du racisme mais appliqué à la caste, à la classe sociale. 

    En Afrique noire, en Amérique du Nord avant Colomb, il n’y avait pas de concept d’aristocratie, de caste. Il y avait des chefs, des marabouts mais la plupart du temps, ils étaient choisis dans la masse du commun et ils n’étaient donc pas d’essence supérieure voire divine.
    Autour de la Méditerranée mais en Chine, en Inde, au Japon aussi, il y a eu des concepts de caste acquis de naissance, comme ça, sans rien faire ni prouver.
    A l’intérieur de ces peuples là, il y avait un mépris de ceux qui étaient mal nés ; 

    A l’intérieur du peuple français de Louis XV, il y avait des gens qui souffraient (mais sans bien savoir où) de leur mauvaise condition de naissance.
    La Révolution a mis le foutoir dans cet ordre des choses mais n’en a pas tué le concept. Au contraire. Il y a eu tout de suite des bourgeois (des gens autrefois très humbles) qui se sont arrangés pour maintenir un lignage nanti et constituer non plus à partir du fait du sang mais à partir du fait de la fortune transmise, une caste supérieure.

    Là dedans, une part les bas de classe français a trouvé bien de rejoindre les esclaves (en manière de nordistes US) et c’est ce qui a fait le communisme français avec son volet très international (les ouvriers français, se sentant méprisés par les bourgeois français, sabotaient les munitions et armes que l’armée française utilisait en Indochine). Mais une autre part de cette basse classe, celle qui a pu s’en extraire d’une manière ou d’une autre, dès qu’elle aura pu intégrer la classe supérieure, se sera mise à dénigrer la basse classe d’où elle venait.
    C’est dans ce mouvement pour essayer d’échapper au mépris de la haute bourgeoisie française, que la petite bourgeoisie française, puis de plus en plus d’Ex-communistes, se sont mis à dénigreer les bougnoules.
    C’est pour cela qu’on dit que les électeurs du PC sont passés chez le FN


    Il ne s’agit donc pas du tout de véritable racisme. Ce n’est qu’un principe de mépris inter castes, de la caste la plus nantie vers la caste la plus défavorisée.


    Monsieur Bidochon affiche son mépris de Mouloud afin d’oublier un peu qu’il est hyper méprisé et écrasé par les très riches bourgeois aussi Blancs que lui.




























  • easy easy 22 août 2011 13:43

    Parce qu’en Allemagne ça fait plus d’un siècle qu’on accumule des Delta de foi supérieure dans l’industrie, dans le travail dur, nos industries française sont très souvent frontalières avec ce pays ou avec des pays eux-aussi gagnés pas l’ouvriisme allemand (Suisse, Autriche, Italie du Nord)

    Je signale au passage qu’entre 1980 et 2000 toute la quincaillerie d’ameublement (charnières de portes, coulisses, serrures...) utilisée en France provenait d’Allemagne, de l’Italie et de l’Autriche (si l’on excepte le biais des Ikea et autres Alinéa, car ces entreprises peuvent avoir des sources alternatives, plus indiennes et chinoises)






    Autre aspect de la problématique.
    Au-delà des questions rebattues du coût salarial justifiant la délocalisation, à laquelle s’ajoute la répugnance pour le travail manuel que je souligne ici, il y a aussi la très grosse question de l’acier.

    Rappelons-nous, c’est à peine croyable, que Mao avait imposé que chaque village ait son haut-fourneau 

    Mao, trouvant que l’URSS grandissait bien grâce à son industrie, décida soudain, en 1958, le Grand bond en avant et là, chose unique dans l’Histoire du Monde, il a imposé à toutes les campagnes de passer industrielles (ce que ne faisait pas l’URSS)
    Soudain, des millions de Chinois, dans tous les bleds et villages, devinrent disons forgerons.
    Mao voulait, en 15 ans seulement, que la Chine qui n’en produisait pas du tout, produise autant d’acier de le pays qui en produisait alors le plus, l’Angleterre.

    Dans un premier temps, il ne s’agissait pas d’exporter mais que chaque commune devienne auto-suffisante.

    La mentalité agricole est une affaire de longue haleine et elle a des conséquences sur la manière de considérer l’avenir de la famille (savoir qui se transmet surtout de père en fils et qui suffit). La mentalité de forgeron, peut effectivement s’acquérir en une génération et elle pousse alors à des visions archi différentes qui deviennent déconnextées de la terre, de l’endroit et qui sont beaucoup plus prométhéennes, créatives. 

    Alors que la Chine exportait auparavant surtout des produits bruts (de récolte ou de première transformation) le programme Acier indiquait qu’on allait pouvoir, à terme, exporter d’abord de bêtes fers à béton, de bêtes enclumes et de bêtes chaînes, mais qu’au fil du temps, on allait finir par exporter des barbecues, puis des vélos, puis des motos, puis des avions. 


    Le Grand bon en avant, les hauts-fourneaux dans chaque village, ça a été une catastrophe (même en termes de qualité des produits) et Mao a dû très vite en convenir tant la Chine crevait de faim. Il a donc stoppé ce programme. Mais le germe de l’industrialisation + autonomie donc débrouillardise avait tout de même été semé dans tous les recoins de la Chine.
    Même revenus à la culture des choux, les Chinois restèrent à concevoir qu’ils pouvaient produire et exporter autre chose que de bêtes produits de base.
    Et puis Mao a démontré qu’il était très possible de discipliner ou endoctriner des millions de personnes (jamais on aura vu ça ailleurs) 

    Il était donc possible de devenir un pays industriel, chaque Chinois en devint de plus en plus convaincu.




    Et cela pendant qu’en France, surtout en France, les Blancs ne voulaient plus s’habiller en bleu.

    Le sang bleu oui.

    L’habit bleu non, car trop rouge.



     



  • easy easy 22 août 2011 12:13

    La fin de votre papier vous rachète à mes yeux qui trouvent le début presque thésard


    En dehors de la fin donc, où apparaît la notion de paresse, vous n’en parlez guère.


    Or, si de la désindustrialisation on veut exclure, pendant un moment, les seuls chiffres, il faut aussi parler de l’évolution de la notion de fatigue-travail-paresse

    Je ne pense même pas que les aristocrates d’avant 1789 avaient la notion de paresse ou très peu. Il était évident pour eux qu’ils ne devaient pas transpirer et s’user la peau ou le dos. C’était d’une telle évidence qu’ils n’y pensaient même pas. Posons donc que ces gens qui ne travaillaient pas (mais vivaient pourtant de façon plus sûre et confortable que les autres) ignoraient la notion de paresse ou qu’il leur suffisait d’être occupé à quelque réflexion ou conférence pour se sentir pleinement utiles.

    Or, la Révolution, si elle a quelque peu perturbé ce dogme, ne l’a pas du tout aboli et immédiatement, des tas de gens, de toute condition, pourvu qu’ils soient un peu instruits, on cherché à remplacer les aristos un moment écartés des facilités.

    Malgré Marx, André Malraux, né en 1901, se faisait un devoir (mais cette fois un peu plus coupable tout de même) de ne jamais travailler et de vivre de seule posture.

    Il y a donc eu, même après la Révolution, des tas de gens, quasiment de toutes origines, qui ont essayé de vivre sans travailler ou en modifiant le sens du mot travail.
    Du sens « travailleur » qu’on accordait à Colbert, on a fait le sens de « travailleur » qu’on accorde à un tradeur, à Paul Loup Sulitzer ou à Dédé la Sardine (André Guelfi)

    Un travailleur, autrefois et dans les campagnes ou les mines, c’était un type qui maniait un outil et transpirait 10h par jour pour seulement assurer une vie modeste. Et depuis disons Colbert et dans Paris et Londres, le travailleur est plutôt celui qui ne touche surtout plus à un outil à manche et qui accumule une fortune.

    Or nos sociétés ont été brassées, les gens des campagnes étant donc venues dans les villes (ceux des villes se rendant dans les campagnes uniquement pour y glander)
    Et au moment où les sueurs des champs sont entrés dans les villes pour y trouver un emploi industriel, Marx s’est mis à les traiter de cons.

    Le même type qui suait dans les champs était admirable, mais quand il suait sur un établi de Saint Gobain, c’était un con.
    Ce qui voulait alors dire que suer pour soi, c’est bien mais suer pour un patron c’est con.

    Malgré Marx, que seuls les étudiants entendaient et s’imprégnaient du principe révélé, les paysans qui ont fuit les campagnes (parce qu’une machine y remplaçait dix hommes) ont conservé leur sens du travail, de la dignité par le travail dur. Et nous avons donc eu des ouvriers raillés par les étudiants et intellectuels qui, la tête dans le guidon, persistaient à bosser dur.

    Puis, à la sortie de la guerre, les conditions étaient devenues bien plus favorables à l’instruction
    et déjà en 1965, même à Clichy Sous Bois, il y avait déjà des familles réticentes à l"idée de placer leurs enfants au CET. Même pour le CES (Pailleron) c’était limite dégradant.

    Car il y a eu l’immigration, le bougnoule. Contrairement à l’Italien et au Polonais d’avant, le bougnoule était à mépriser jusqu’à l’os.
    Alors se retrouver à l’usine à bosser dur à côté de bougnoules dont la dévolution était, dans la foi du colonialisme, de bosser comme des esclaves, était devenu insupportable.

    Ce n’est pas seulement dans les HLM que les Français ne voulurent plus côtoyer les immigrés issus des colonies, c’était aussi à l’école.
    Il se dessinait donc de plus en plus que le travail en usine, autour des machines, était à laisser aux bougnoules (bennes à ordures, marteaux-piqueurs remplaçaient marteau et faucille mais étaient bel et bien réservés aux bougnoules)

    Les patrons se retrouvèrent avec une désaffection d’ouvriers de qualité et de culture française. Ils durent se débrouiller avec des employés parlant peu ou mal le français. L’idée leur vint alors que si d’une part on peut se contenter d’une qualité moindre et d’autre part faire avec des étranger, on pouvait aussi bien monter des usines à l’étranger.

    Et pendant ce temps là, est arrivé un bien curieux outil : l’informatique.
    On est loin de la pioche et de la scie mais voilà, on lui a donné le nom d’outil quand même.
    Alors quand on clavarde, on est travailleur, on travaille.


    Ca fait donc 40 ans que des Français, désormais tous instruits des concepts marxistes, tous convaincus que ce n’est pas à eux de récurer les égouts, ne conçoivent, comme établi le plus dur auquel ils doivent s’atteler, que le clavier, le micro et la caméra.

    Et on serait censé vivre ainsi.

    Il n’est donc pas normal, à mes yeux, de parler des causes de la désindustrialisation, et de zapper le fait que plus aucun Français ne voulait bosser en industrie (ou alors seulement assis et en clavardant ou en bavardant, un verre de café à porté de main à la manière de notre ami Bernard Dugué)

    Vient alors la comparaison pays par pays.

    Si tels ont été les ressorts de la France, pourquoi la situation de l’Allemagne est différente de la nôtre.
    Il suffit en fait d’un delta de 2% dans les degrés de ce que je viens de dire pour, qu’au terme de 40 ans, les deux pays se retrouvent dans des situation différentes.

    Les Allemands ont eu de grands intellectuels. Mais au monde, ce sont les Français qui ont le plus considéré que leurs Penseurs étaient de très grande envergure et Lumière internationale.
    En France, même après 1789, on a cultivé nos coupoles et Sorbonnes. On cultive les vieux rayonnages de la biobliothèque Richelieu.
    Et les hommes politiques qui se disaient disons au moins un peu marxistes ou socialistes, ont très régulièrement fait donner l’armée contre les ouvriers

    En Allemagne, dès 1875 (congré de Gotha) le parti ouvrier (qui adore alors le monde de l’industrie) devient très puissant et géant. On y est très fier d’être ouvrier bossant dur (et on y développera les premiers principes d’ergonomie au travail)

    Hitler avait évidemment tenu compte de cette caractéristique très ouvrière que les conflits et défaites n’ont jamais réduite. Et il n’est pas besoin de faire long pour démontrer que son industrialisation de qualité lui avait permis de tenir le Monde entre ses mains et pas qu’un monde fait de bougnoules.

    Aujourd’hui, l’Allemagne perd également une partie de son tissu industriel mais conserve une avance sur nous.


    Un pays peut-il durer si plus personne ne veut y tenir soit un marteau soit une faucille ?



  • easy easy 22 août 2011 09:52

    Bin, d’abord il y a eu bien des périodes au Tibet.
    Et il avait eu son armée

    Mais dès que la Chine est devenue Une, l’armée du Tibet devenait ridicule et ce pays était alors vassalisé (Comme le Vietnam a été vassalisé par la Chine pendant 1000 ans). Ce n’est pas une vassalisation atroce à vivre, c’est très supportable, mais l’armée du vassal devient alors plutôt une police intérieure.

    Au Tibet, c’est devenu particulièrement vrai depuis 1950

    Alors que ça n’a plus été vrai au Vietnam puisqu’à la faveur du foutoir qu’on créé les Occidentaux en E Orient, il a pu d’abord se défaire des Français, puis des Américains et n’entend pas se laisser marcher dessus par la Chine (Ce qui est extrêmement difficile et qui ne tiendra pas à mon sens)


    Au Tibet, en Indochine, tous deux vasalisés par la Chine, il y avait armures et épées mais intérieures, de police donc

    Les peuples qui ont une force armée uniquement de police sont tout de même moins machistes que ceux qui jouent les conquérants. Ils n’ont pas à la bouche des notions similaires à « La grandeur, le prestige, la gloire de la France »

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