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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 14 décembre 2012 15:40

     **** « Plutôt vivre au milieu des glaces que des vertus modernes. » Nietzsche ****

    C’est un sophisme.
    Il invente une situation qui n’existe pas (Il n’existe aucune réalité vertueuse, aucun paradis) et dit qu’elle est invivable.



  • easy easy 14 décembre 2012 15:32

    Il m’apparaît que l’estomac nous retient encore dans le ici-en-viande

    Je vois que quand je suis tout pensant (en train de bricoler quelque horloge) je ne pense plus à manger. Dito pour celui qui est dans son game avec des internautes.

    Je me vois encore dans le ici-en-viande à cause de mon putaingue d’estomac et que je déteste de plus en plus ce dernier puisque poulets en batteries.

    Autrement dit, on me donnerait la possibilité de m’en passer, je n’hésiterais pas une seconde (Mais je te dis pas le choc culturel ensuite. Je sens que je vais passer un gros moment de panique. Ce ne sera pas simple)


    Lorsque je game (J’invente cas je n’ai jamais gamé de ma vie sinon une fois au Pacman) je vois déjà mon adversaire du Net, dont je n’ai rien à cirer de l’endroit où il vit ni de la taille qu’il fait, comme n’étant qu’un être virtuel qui pourrait donc aussi bien être un bot, un bout de plastique pucé.
    Bien que je finisse tout de même par ressentir la faim stomacale et l’envie de pisser, bien que je sois rappelé à mon corps biologique, je reste à ne percevoir l’autre joueur que comme un bout de plastique ou pas loin. (surtout lorsque cet autre joueur est en fait une cohorte de joueurs car une masse a toujours une allure plus immortelle qu’un individu)

    Il s’installe donc, entre un vrai joueur au loin et moi ici, une ambiance hyper bout de plastique-pensée-pure. Chacun de nous en vient à être choqué que l’autre réclame une pause pipi.

    Le contexte plastifiant est déjà extrêmement favorable à notre transfert vers l’être-tout-pensée.

    A partir du moment où existe un contexte favorable à ce transfert, il se fera inéluctablement.



    Le sacrifice à faire, l’acceptation d’être dans le plastique plutôt que dans notre viande, se fera même à notre corps défendant.

    Si mon PC avait enregistré tout ce que j’ai écrit sur AVox, il serait déjà capable de pondre constamment des textes avec ma pensée (et saura, comme moi, se nourrir de celle des autres) 


    Tant que je suis vivant, je pourrais y trouver offense et protester.
    Mais si jai une crise cardiaque...
    Bin vous seriez là déjà en train de parler à un bot qui se prétendra être Easy.

    Face à cette évidence qu’il pourra m’usurper à ma mort, je vais déjà accepter de mon vivant ce transfert et déjà convenir que mon PC est mon clone penséiste.



    Mon PC peut-il vous répondre à ma place ?

    Il est considéré qu’un PC ne fonctionne qu’en Oui Non ; Et Ou ; Il y a Il n’y a pas
    Alors que nous, les gens en viande, nous pensons en Mais ou et donc or ni car

    Il me semble cependant que Mais peut se traiter par une suite ou décompositions de Oui Non.

    Il me semble que Mais, Donc, Ni, Car, ne sont en fait que des biais d’heuristique rapide pour aller vers une solution et que si on les examinait à la loupe, on verrait qu’ils coupent court à travers un champ fait de Et et de Ou
    Il me semble que toutes nos manières ou élégances cognitives reposent sur lit d’options binaires.


    Ce qui manquera à mon PC, ce sera la faim, la faim intellectuelle, la curiosité, la motivation. Sans cela, il ne pensera pas (il aura le regard dans le vide)

    Dès qu’on aura trouvé le moyen de créer une faim chez la puce, elle se mettra à penser (simplement, pourquoi pas, mais elle se mettra à penser, elle aura envie)

    Or les games semblent déjà proposer des faims, des besoins de grains d’énergie. Il ne me semble pas impossible de programmer un bot soiffard de « grains d’énergie ». On le balance sur la toile et ce soiffard ira partout où il pourra récolter des grains.



    Arrive alors la satiété, la fatigue, qu’il faudra trouver le moyens d’installer dans la pensée de la puce.

    Mais pourquoi une puce pensante et immortelle devrait-elle fatiguer ?

    Est-ce qu’un réseau microscopique de puces gamant en réseau doit fatiguer ou est-ce qu’il ne doit avoir aucune limite d’intensité intellectuelle et finir alors en Larsen cognitif ?

    Une fois transférés dans le plastique, voudrons-nous ressentir encore de la fatigue ou préfererons-nous avoir un orgasme continu ?


    Répondre à ces questions de nos jours, c’est automatiquement se tromper de contexte.
    Aujourd’hui, si nous pouvons être éventuellement séduits à l’idée de nous passer d’estomac ( avec la possiblité de retour en arrière SVP docteur tant c’est effrayant), nous n’envisageons pas un orgasme permanent. L’idée que ça puisse nous arriver nous file même la nausée.

    Mais Abelard et George Sand auraient probablement eu la nausée à l’idée de pouvoir papoter indéfiniment avec plein de gens invisibles qui plus est.

    Tout ce que nous trouvons normal aujourd’hui aurait filé la nausée à nos ancêtres.

    Le transfert se fera de nous vers la puce mais progressivement et la situation s’adaptera d’elle-même

    (Concernant les énergies, quand nous ne serons plus que mycélium sous terre, nous saurons nous contenter des très failbles courants électriques qui parcourent déjà les sols, les arbres...)


    Ces considérations ne manquent jamais de nous renvoyer à la question « Que serait le paradis idéal ? » et on voit rapidement que sans les souffrances, il n’est aucun plaisir pendant que l’ataraxie n’a pas de sens (ou seulement comme formule pour parvenir à notre mort sans déchirements, pas si nous passons immortels)



  • easy easy 14 décembre 2012 14:25

    J’admire More

    Merci de parler de lui.

    Mais je n’aime pas les récupérations.
    J’estime qu’il faut parler des anciens en les laissant dans leur contexte.

    Ce que More dénonçait dans les assertions que vous nous exposez, c’était un petit paquet de choses qu’il serait réducteur de trop simplifier mais qui tenait au propriétarisme (des terres pour l’essentiel, mais du coup, des serfs qui y étaient enchaînés car ils ne pouvaient circuler librement).
    L’enclosure a aliéné la gueusaille.



    Le capitalisme c’est le fait de faire de l’argent rien qu’avec de l’argent (en n’ayant plus aucun regard, aucune connaissance, pour les terres, les vaches, les prés, les mines, des usines, les boutiques...)

    On peut considérer que dès qu’il y a eu de la monnaie, il avait surgi des formes pré-capitalistes. Par exemple un fortuné pouvait prêter 1000 à un marchand pour équiper un navire de commerce et recevoir 2000 au retour du navire, s’il revenait. Dans ce genre de pré-capitalisme, celui qui a le capital a tout de même des considérations pour le navire, la marchandise, l’équipage et les pirates.

    Au fil des siècles, le précapitalisme est devenu capitalisme car il est désormais possible de gagner de l’argent en échangeant de l’argent (des valeurs mobilières, des titres)

    Kerviel avait une vision archi capitaliste. Un boulon, une vache, il ne savait pas ce que c’était quand il était dans son affaire.

    La tendance des Blythes Masters n’est pas d’investir dans des usines avec des consommateurs à un bout et des bénéfices de l’autre mais uniquement de jouer entre des titres d’un côté et des titres de l’autre. C’est cela le véritable capitalisme (qui aura mis deux siècles à advenir et que More n’a pas connu)

    Il y avait eu vers 1300-1400 des astuces pécuniaires consistant par exemple à récupérer de l’argent en vendant des grâces, des Indulgences. Les papes rentraient du fric en vendant des absolutions morales. C’était pas con du tout comme arnaque mais ce n’était pas faire de l’argent avec de l’argent. Cette arnaque s’appuyait à 100% sur la Morale, sur la bonne moralité. Idem pour la chiromancienne.

    Or une Blythes Master, un Madoff, ne s’appuient pas du tout sur la morale. Ils ne s’appuient que sur espérance de gain à leur main gauche et espérance de gain à leur main droite. Ils se sont installés en plein milieu de l’esprit de l’âpreté au gain ou personne, absolument personne n’évoque la moralité.

    Si autrefois, seuls les princes pouvaient prétendre à la fortune, à l’hybris, depuis 1789, tous les gueux peuvent y prétendre, ils y ont droit et ils font tout ce qu’ils peuvent pour gagner plus, y compris en jouant au Loto. La morale anti cupidité n’a plus de place (ne râlent que les jaloux mais quiconque gagne au Loto le garde pour lui et chacun sait cela)
    Comme désormais tous les gens sont âpres au gain, nous pouvons tous être des Madoff, des capitalistes
    Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’un capitaliste gagne à tous les coups.

    On peut toujours évoquer la situation à l’époque de More pour comprendre comment nous en sommes venus là mais il ne faut pas dire que c’était déjà la nôtre alors que ce n’en était que les prémices.

    A l’époque de More, aucun gueux n’avait idée de porter un bijou, ça lui était interdit. De nos jours, tous les hommes ont le devoir d’offrir au minimum un bijou à leur belle.
    Un jour, pour des amis se mariant, je leur ai taillé des alliances dans un bout de plexiglass, je te dis pas la tête des invités et du curé.



  • easy easy 14 décembre 2012 13:25

    Il me semble impropre de parler de réalité augmentée au sujet des techniques de cinéma.

    Posons que des acteurs jouant la comédie soient la réalité ou une réalité.
    Le fait de nous montrer d’eux des images via un procédé quelconque ne peut être une augmentation que si nous les voyons et entendons mieux que s’ils étaient en viande devant nous.
    C’est tout de même un peu le cas lorsque le cinéma nous les montre depuis le ciel ou quand il nous montre des narines en gros plan. M’enfin, ces augmentations viennent en contrepartie de diminutions puisque voir les acteurs en viande procure tout de même d’autres informations et émotions.
    D’autant que le cinéma nous montre non pas des acteurs en peine à ajuster leur coups mais les réussissant toujours, par le jeu des trucages.


    Cette réserve posée, je comprends que vous réfléchissiez à notre évolution droïdique.

    Vous en venez à croire en l’installation de mille puces en nous.

    Moi je crois que nous allons nous installer dans des puces. Alors nanométriques, forcément microscopiques car plus rien ne nous obligera à la taille de nos gros doigts actuels.

    Nous n’allons pas augmenter nos percepts, nous pourrions même les limiter à la seule sphère cérébrale (sans passer par aucun organe en viande, aucun oeil, aucune oreille, aucune langue, aucun estomac affamé, aucun anus), nous allons changer notre conception de ce qu’est vivre et ce sera seulement penser.

    C’est Descartes sans estomac, sans coeur ni zizi. 
    Sa question paraîtra alors dépassée car être ne sera évidempment plus que penser (pas respirer, pas manger, pas pisser, pas baiser...)


    Autant dire que l’avoir qu’on vitupère sera également dépassé.




  • easy easy 14 décembre 2012 12:50

     **** la pensée peut elle se libérer du connu ****

    Ouille, ça fait mal !

    Très mal.

    Me voici avec une nouvelle Douleur.
    Merci l’ami.

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