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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 27 octobre 2012 11:04

    Je ne vois rien à redire à votre papier.



    Je pousse un cran plus loin.

    Prenons Concordia :

    Mettons que j’y aie perdu un enfant qui y travaillait ou y prenait des vacances.
    Quels seraient mes raisonnements à propos du captaine, de sa compagnie ?
    Quels seraient-ils en partant des écueils qui sont :
    - Qu’aucune sorte de compensation matérielle ne ramènera mon enfant à la vie
    - Qu’aucune sorte de punition infligée à quiconque ne ramènera mon enfant à la vie

    Avec les déclinaisons en :
    - Selon quelle mécanique intellectuelle une torture infligée à ce capitaine aurait le pouvoir de réduire ma souffrance ? Cette mécanique n’est-elle pas une haute perversion ?

    Et compte tenu des spéculations en :
    - Il faut (à tout prix) empêcher de capitaine, cette compagnie, de recommencer.

    Compte tenu aussi de l’incontournable :
    - Talion n’est finalement qu’une vengeance et cultiver le concept de vengeance c’est cultiver le les justifications des guerres.

    La guerre étant mon principal tabou, comment réagir, que réclamer ou ne pas réclamer pour ne pas favoriser la culture de la guerre ?



    Et bien il me semble que sans jamais parvenir à étayer un bel argumentaire, je m’abstiendrais de toute réaction publique, de toute réaction autre qu’intime. En somme j’avalerais la couleuvre de manière forfaitaire avec comme vague argumentaire intime -que je ne me sentirais pas la capacité à dire, à expliciter- que j’ai à assumer les turpitudes de la vie. 
    Et cela inclut, paradoxalement sans doute, que je préfère, si ma douleur est insupportable, me suicider en silence, dans mon coin. 

    Ma libido vitalis ne doit pas subsumer les argumentaires de guerre, elle ne doit pas prévaloir sur l’horreur absolue qu’est la guerre.



    Si le Monde me dégoûte en quelques endroits, c’est en ses cruautés soit individuelles soit collectives. Le suicide n’étant pas une cruauté, même pas envers soi, mais plutôt le meilleur biais pour éviter la souffrance, je le vois comme unique solution pour contribuer à éviter ce qui, dans ce monde me dégoûte : les guerres (de toutes échelles, entre deux personnes comprises)


    Le cas serait un peu plus compliqué si mon enfant, au lieu d’avoir perdu la vie dans ce naufrage, n’y avait perdu que ses jambes. 
    Il serait plus complexe puisqu’il y aurait alors son avis qui interviendrait. Mais je lui dirais que pour ma part c’est no-réclamation. Il fera ce qu’il voudra en matière de réclamations mais il ne devra pas compter sur mon aide pour ’obtenir justice’. 

    Je ne crois pas en la Justice au sens où je ne crois pas en ses vertus.
    Je vois trop de corrélation entre le prétendu désir de justice et les argumentaires de guerre (toujours à toutes échelles). Trop de vices, d’orgueils et d’égoïsmes se rhabillent de justice. 

    Soit je parviens à assumer in petto les turpitudes de ma vie, soit je me suicide si ça m’est trop pénible mais réclamer justice revient à cultiver les arguments de la guerre.


    Les suicidés sont les seuls véritables pacifistes.
     



  • easy easy 26 octobre 2012 19:15

    «  »«  Les autistes n’ont pas notre souci d’originalité. »«  »

    Cette réflexion indique que vous vous méprenez sur mes pensées.

    Déjà, concernant nous, les normaux, la question de se montrer volontairement original est relative. Nous ne jouons d’originalité que de la manière la plus économque possible. Nous faisons chaque jour le même chemin pour nous rendre au boulot et ce n’est que le WE que nous nous permettons une tite originalité. Alos que nous pourrions nous faire remarquer en chaque seconde.

    Mais concernant les autistes, ce qui est possible (je n’en sais rien vraiment) c’est qu’ils n’aient que très peu de choix. Il se peut qu’ils n’aient pas autant que nous accès au cyclisme (et qu’ils se contentent, pour se reposer, de cycles très rudimentaires tels les balancements) 
    Hors donc leur position de repli-repos-défense, ils ne disposeraient que de l’improvisation (ils seraient incapables de piger ce que nous disons des cycles des saisons ou de la reproduction des chiens)
    Ce ne serait pas par goût ou prétention qu’ils seraient à faire des choses ex nihilo donc originales (et qu’ils ne pourraient même pas refaire deux fois) mais parce qu’ils ne pourraient faire autrement.

    Je ne leur vois qu’un souci : s’économiser, surtout en notre présence, dans notre monde (Je suppose que sur une île déserte, ils auraient moins ce souci).
    Et comme ils ne peuvent -comme nous- s’économiser que dans le cycle, ils foncent vers le cycle dès qu’ils sentent notre regard, notre pression sur eux. Hélas, leurs seules solutions cyclistes sont dans des choses très élémentaires, dont le balancement.



  • easy easy 26 octobre 2012 18:58


    «  »«  » Les chiens, les chats, les lions etc. font, écoutez moi bien, dans la ... reproduction. «  »« 

    Oui.
    C’est ce qui se dit.
    C’est bien ce que nous, les cyclistes, nous affirmons. Alors qu’un chien et une chienne n’ont pourtant jamais reproduit le même chien-chienne.
    Seules les bactéries sont exactement dans la reproduction qui est alors une duplication.

    J’en ai convenu, du cycle, on peut en voir partout. On peut même considérer que le 8 février 2013 sera identique à mille points de vue au 8 février 2000.

    Mais au lieu de dire la vérité à savoir que les chiens se quasi-reproduisent ou se reproduisent en vision de loin, grossière, ou qu’ils se reproduisent en principe puisqu’ils ne produisent que des chiens non des cachalots, nous disons carrément »Ils se reproduisent"

    Sur les chiots et les bébés, si chacun de nous dit qu’ils sont des reproductions, chacun de nous convient in petto que ce ne sont que des reproductions en première approximation, par considération simplificatrice.
    Or nous utilisons le même terme de reproduction pour parler de choses (de notre fabrication) qui sont reproduites de manière très identique. Ça fait que selon nos besoins rhétoriques, nous voyons de l’identique, du prévisible, du cycle, où nous le désirons.
    (Ce qui nous permet de condamner des gens de manière forfaitaire, par considération d’identiques : Tous ceux qui ont volé, Hop, on leur coupe la main !)

    Vous disposez donc de mille biais pour dire que tout est cycle. Tous les dictionnaires du monde vous soutiendront et vous aurez 7 milliards de personnes qui en conviendront avec vous.

    Mais c’est du cyclisme.
    C’est un regard qui accorde une importance énorme à la part de prévisible qu’il y a dans tous les à-peu-près-cycles et qui dénie alors l’importance des ’petites’ différences, de l’originalilé, voire carrément son existence.


    Je vous l’avais déjà dit, quand on se pose pour objectif de tracer une théorie sur l’homme ou un groupe d’hommes, on se retrouve forcément à limer la pyramide afin qu’elle rentre mieux dans le moule qu’on lui a concocté. 




    Je reconnais au cyclisme mille vertus et j’en ai déjà parlé. Mais ce n’est pas parce que cette simplification sur laquelle nous sommes tous d’accord nous est économique qu’elle offre pour autant le meilleur accès à la réalité.

    Puisque vous avez évoqué les atomes, je vous rappelle que depuis Schrödinger, on sait que le cyclisme ne convient pas à la mécanique quantique. La réalité est plus incertaine que certaine et surtout, elle dépend de notre regard. Regarder un autiste, parler d’un autiste, c’est avoir une influence sur lui et sur sa définition.


    Vous utiliseriez le cyclisme plein pot comme vous l’avez fait dans votre papier pour parler des gens normaux, je n’aurais pas été choqué car nous, les normaux, avons besoin du cyclisme, de la prévisibilité, pour nous économiser.

    Mais vous voulez nous exposer une théorie sur les autistes qui ne pratiquent pas notre langue, qui n’utilisent pas nos principes d’économie de langage, qui ont visiblement d’autres manières de s’économiser, de se protéger.
    Parler d’eux sans sortir de notre cyclisme c’est prendre -il me semble- le risque de les reconnaître, non de les connaître.

    Encore que, pour parler des autistes ou des Martiens aux cyclistes, il vaut sans doute mieux utiliser les schèmes cyclistes comme vous le faites.

    Exemple : Il existe un minerai qu’on appelle cacoxénite (mauvais invité en grec).
    Pourquoi ? Simplement parce que la présence de ce minéral dans les minerais de fer, dégrade la qualité des produits que nous en tirons.
    Les choses, les bestioles sont qualifiées par nous selon leur utilité pour nous. Nous ne les décrivons pas, nous les utilisons selon nos intérêts 

    (vous n’avez toujours pas répondu à ma question sur les capacités d’un autiste à conduire un vélo à bras croisés)



  • easy easy 26 octobre 2012 17:18

    Chaque groupe ou groupuscule brandit des arguments mais en cache d’autres, provisoirement.

    La revendication du mariage homo cachait le projet d’adoption.

    Et le projet d’adoption cache encore un autre projet : Celui d’une autre éducation (autant dire d’un autre endoctrinement, d’un autre ordre d’habitus).

    Dans ces trois étapes, la loi en cours doit s’adapter à leurs exigences pourtant minoritaires.



  • easy easy 26 octobre 2012 17:09

    «  »« Exemple, dans une journée, vous êtes chez vous le matin, vous vous rendez en avion très loin de chez vous. Le soir vous aurez presque l’impression que le moment de votre départ était la veille »«  »

    Oui.

    Mais autre chose de plus lourd encore : on se demande si on est bien la même personne.

    Chaque fois qu’on est forcé de se retrouver hors cycle habituel (artificiellement entrenu et perçu) on ressent un hiatus d’ipséité (que nous ressentons déjà au réveil, au sortir de nos rêves puisqu’ils nous décyclent sévère)

    Je suis convaincu que notre cyclisme nous est économique sur divers plans, purement physique ça va de soi (on gare sa voiture au même endroit, on ne perd pas de temps à la rechercher), ensuite pour communiquer (on ne parle qu’à demi mots ou développements) mais aussi sur le plan moral et des responsabilités (Kerviel se défend en arguant d’habitudes)

    Marchant chaque jour sur nos pas d’hier, (ne variant de jour en jour que très progressivement) nous offrons aux autres une image de nous, une identité, constante, très économique de justifications, et du coup, nous voyant constant dans leurs yeux, nous nous percevons tel que nous étions hier.

    Nous pourrions probablement vivre en nous sentant être chaque jour une personne entièrement différente (car c’est vraiment le cas) mais ça nous épuiserait très vite.

    Il nous est plus économique de nous mentir en nous prétendant être la personne que nous étions une heure plus tôt.


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