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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 13 mai 2012 10:39

    Ah, les héros de mon enfance !

    Bonjour les frangins.



    Bon, entretemps, j’ai appris la vie.

    Il existe une loi que chacun subodore et qui tend à dire que les excès d’exploitation, quand ils ont le champ libre pour se développer, entraînent d’autres excès par imitation-coagulation et la pelotte finit en abîme, en sorte de mur creux, en ouroboros en fait.

    Cela aux yeux de la raison. (C’est la raison qui dessine, railleuse, l’ouroboros)

    Or la raison est d’envergure limitée ou cadrée car elle est fondée sur l’expérience de la vie, sur la prudence, sur l’utilité, sur la confrontation, sur l’habitude ou la culture de la preuve. 

    Sur le plan de votre vie matérielle, vous auriez sacrifié au-delà de la raison (A deux, on se soutient dans la folie et on va donc plus loin)
    Ce n’est donc pas la raison qui aura freiné vos excès spéculatifs sur ce qu’est l’univers. Et vous seriez donc allés très, très loin.
    L’effet Larsen vous menaçait (ou vous était propice si l’on veut rester optimiste)

    Pratiquant comme les autres, plus que les autres, les empilements d’hypothèses (propres et empruntées à d’autres surfeurs de la physique théorique), vous avez chevauché vos propres chimères.
    Très bien.

    Jusqu’au moment où d’autres surfeurs d’argent ont été agacés de vos libertés sans bornes et ont lancé une pierre dans la marre.

    Mais dénonçant votre trop grande agilité à éviter tout ce qui peut être immédiatement mesuré et vérifié à la manière d’un théorème de Pythagore, vos calomniateurs scient la branche sur laquelle ils sont également installés.
    Ils le savent.
    Vous savez tous cela, vous la bande des physiciens théoristes.

    Plus vous vous expliquerez en public, plus on découvrira la montagne d’hypothèses adroitement invérifiables que chacun de vous aura accumulées au fil des thèses.
    Ce public que vous prenez à partie va voir clairement qu’il n’y a pas 5 personnes au monde capables de vous suivre puisqu’il faut pour cela, posséder votre vocabulaire, vos codes.

    Qui peut contester les affirmations de Tolkien sur le Mordor s’il ne pratique pas le Sindarin ?

    Première règle des enfumeurs, créer un vocabulaire, une grammaire et des formules.
    Deuxième règle, utiliser ces artefacts comme s’ils étaient ordinaires à tous.




    De la même manière que les théoriciens de la « mère frigo » dans l’autisme avaient surfé sur leur propre chimère pendant des décennies, que leurs théories s’empilant les unes sur les autres ils en étaient arrivés à choquer trop de parents et que leur enfumage vient de s’effondrer, un débat public autour de votre cas donnera à penser que si la France est en faillite, c’est p’tet parce qu’elle entretient trop de clubs de fumeurs de moquette. 


    Je suis convaincu que vos démonstrations tiennent parfaitement la route si, pour les analyser, on s’appuie sur vos néologismes, néothéorèmes, néoformulations et néoraisonnements.

    Pour donner raison à Dada il suffit de pratiquer le Dada.





    Combien revendiquez-vous d’heures de vol avion et vol hélicoptère (à vous deux), sur quelle période et combien vous auront coûté ces heures ?



  • easy easy 12 mai 2012 23:28

    Je vais vous disputer un point

    Ce qu’est devenue la culture aujourd’hui, je n’en dirai rien. Joker.
    On juge mieux des choses avec le recul du temps.

    Mais vous dites qu’aujourd’hui elle est industrialisée. A entendre alors qu’elle ne l’était pas avant.

    De quel avant parlez-vous ?
    Posons que vous parliez disons de 1900.

    La culture de 1900 n’était pas industrialisée selon vous ?
    J’ai mille arguments pour dire le contraire.

    Je repose ici l’hypothèse qu’il existe toujours deux cultures imbriquées, une naturelle qui tient à la géographie, à la nature de l’environnement, à la langue vernaculaire, à la monnaie, aux impôts...Celle-là s’apprend sur le tas. Et une autre plus artificielle qui s’apprend par l’enseignement assisté où le livre tient une place considérable. Mettons que cette seconde culture nous soit inculquée à l’école, au presbytère, à l’université et qu’elle soit soutenue par le dictionnaire et les encyclopédies du moment.

    Et bien cette seconde culture, la livresque, scolastique, scolaire, si elle avait été pré industrialisée depuis très longtemps par l’Eglise, elle l’a été ensuite par la troisième République et de manière de plus en plus laïque (Ferry voulait clairement concurrencer la culture industrielle de l’Eglise avec une autre culture tout aussi industrielle)

    Mais c’est quoi industriel ?
    Dans le fait industriel je vois l’idée consistant à chercher et à trouver les moyens de produire des choses concrètes et même abstraites de manière identique, régulière, dans un premier temps (chaque entreprise fait régulièrement à sa manière), puis standardisée, normalisée dans un second temps (Les entreprises s’accordent pour fabriquer toutes de la même manière : La vis fabriquée par Spierkel & Cie peut se visser correctement sur le boulon fabriqué par Rudel Frères)
     
    Bien entendu que le fait, pour les Eglises, de prêcher depuis des siècles selon une même liturgie, de faire chanter en choeur, de bâtir des églises ouvertes à l’Ouest ou au chevet orienté vers Jérusalem, aura formé des croyants identiques (sur le chapitre religieux). Des agneaux.
    Il y a là bien plus d’industrialisation que dans la méthode et les moyens qu’utilisait Platon pour enseigner.
    (Notons que dans le même temps, sur le sujet de l’héraldique, il y avait aussi des normes européennes)


    Soyons logiques.
    Comment Jules Ferry aurait-il pu concurrencer l’Eglise autrement qu’en poussant l’industrialisation de l’enseignement scolaire (de plus en plus laïc donc) ? Il ne pouvait y parvenir qu’en obligeant tous les enfants à écouter le maître et en obligeant tous les maîtres à ne pratiquer qu’une seule et même bible pour tous « Nos ancêtres les Gaulois...Roland de Roncevaux... Charles Martel...Jeanne... ». Et pour accomplir cette oeuvre, ce méga plan culturel, il a évidemment fait appel à des serviteurs zélés de l’Etat-patrie. Merci Lavisse, Vidal De Lablache,...Il n’y avait alors qu’une seule manière d’écrire le a, le b, le c...

    Comment pourrait-on concevoir un enseignement scolaire donc une culture inculquée de force de manière plus industrielle que celle de Ferry ?.
    Ce n’est pas possible car il a déjà fait le maximum dans le genre et on ne fera jamais plus industriel.

     

    En 1800, il commençait à y avoir des peintres refusant la voie de l’Académie royale de peinture (Oui, elle date de Louis XIV mais elle règne encore en 1800). En 1850, il était déjà très clair qu’il existait une voie nouvelle dite impressionniste. voie que pratiquaientn, sans commande publique, des tas d’artistes.
    Et bien en 1900, toute la statuaire accompagnant les monuments (Grand et Petit Palais) ou les places (République, Nation...) répondaient encore au standard de l’Académie royale.
    Ca faisait déjà un siècle que des artistes exprimaient autre chose, mais l’Etat en restait aux canons classiques. Alors que le Grand Palais aurait dû être orné d’oeuvres de Rodin, il n’y en a aucune. Bien rigide et classique quand à son ornementation, il a été affublé d’un quadrige imitant ceux de la Grèce antique. Je passe sur le Palais Bourbon.


    De nos jours, les immeubles ne sont certes plus ornementés de statues ou de guirlandes, m’enfin, quand on installe une oeuvre sur une place, près d’un immeuble, même classique, même royal, on ne se gêne plus, on y met carrément une oeuvre actuelle. Une oeuvre que l’artiste actuel a conçu très librement et selon une voie toujours originale, surprenante, non classique, non standardisée, non industrialisée.


    Depuis 1800, les artistes sont les seuls à pouvoir se permettre de faire selon leur goût (au risque de finir dans la misère assumée car l’Etat ne veux pas d’eux). Ce sont eux qui ont bousculé le classicisme, l’académisme.
    Les Immortels imposaient une bonne manière de parler ? André Breton s’en tappa.
    La norme voulait des vers en alexandrin avec césure pour faire deux hémistiches ? Rimbaud s’en moqua.

    La danse exigeait une musique classique, des mouvements normalisés (un chorégraphe peut indiquer une série de mouvements à un danseur rien qu’en bougeant ses mains, comme dans la langue des sourds) ? Stravinsky et Nijinski s’en fichèrent (et ça fit scandale)

    Haussmann ? C’est la norme, l’industrialisation de l’urbanisme : largeur de voie égale à la hauteur aux gouttières.

    Et c’est bien entendu dans cette folie industrielle que seuls les artistes contrariaient, que sont arrivés les Félix Potin et autres Boucicaut qui ont carrément monté des usines pour conditionner les sardines et le café en boîtes standardisés.

    Et je passe sur les munitions, sur les plaques minéralogiques, sur les prises d’empreinte digitale, sur des millions de choses qui ont été normalisées autour de 1900. Délire de normalisation...jusqu’au nazisme.



  • easy easy 12 mai 2012 18:40

    On tient une preuve que les banquiers ne peuvent pas gagner à tous les coups.
    Mais vous voilà à surfer sur cet échec de stratégie pour enfoncer encore le clou déjà très enfoncé de cette activité.

    La baleine, vous l’avez empruntée
    Le verre d’eau aussi
    Mais « la baleine dans le verre d’eau » c’est un montage de vous (ou en tous cas inédit à mes yeux) et ça rajoute du ridicule là où l’échec, objectivement regardé, suffit amplement.

    « (ce que personne ne croit) » 
    Vous avez oublié de nous le prouver.
     

    « et enfin c’est toujours jouissif de voir ce premier de la classe, souvent arrogant de surcroit, se prendre une gamelle. » 
    Je vous en prie, citez-vous personnellement, individuellement. Dites que leur échec vous fait jouir. 

    « Cerise sur le gâteau » 
    Encore de la colorisation railleuse.

    Le reste est du même tonneau. De ce tonneau dont les geôliers de Louis XVII (un gamin maladif) tiraient leur jouissance. 



    Revenons au fond.
    Sur ce cas qui s’est réalisé en peu de temps, dont les manoeuvres sont assez bien cernées, où il y a eu plusieurs experts d’engagés, nous avons la preuve que les banques ne gagnent pas à tous les coups. Pas même celle qui avait inventé les CDS.

    Bien entendu qu’elles gagnent souvent mais il leur faut une sacré adresse et aussi de la chance. En fait elles jouent constamment les unes contre les autres. Elles se sont longtemps refilé des produits pourris sans le savoir. Elles se jouent des tours pendables.
    En 2008, avertie que Lehman Brother manquait de liquidités et frôlait la faillite, JP Morgan aurait séquestré tout ce qu’elle détenait de sa concurrente afin de l’étouffer et ça a marché. 

    Les banques se livrent des batailles titanesques, très cruelles et nous, les gueux, nous prétendons qu’elles s’entendent pour nous sucer le sang.

    Qu’elles nous sucent, oui, dès que nous empruntons, mais ça ne dépend que de nous pendant qu’elles ne se font aucun cadeau entre elles.


    Nous persistons à les considérer en lobby permanent alors que si elles savent parfaitement s’organiser et s’entendre parfois, elles sont la plupart du temps rivales. 
    A priori, il n’y aurait que les requins qu’on n’aurait jamais observé se battre entre eux. La plupart des autres prédateurs se battent à mort.

    Depuis 10 ans, dans les millions d’explications que chacun s’est empressé de nous livrer en expert de la question financière, il n’est question que de profits réalisés par les titans sur la gueusaille. Il n’est jamais question de la guerre que se livrent les titans entre eux. 
    Ces explications ou analyses sont donc fausses.


    Ce que j’aime dans l’Histoire, telle qu’elle s’offre à nous au travers des innombrables sources ouvertes, c’est que je peux y voir, par exemple sur la WW II, toutes les luttes, y compris entre chefs d’un même camp. Je vois les batailles entre deux soldats, entre leurs deux capitaines, entre les colonels, entre les généraux, entre les armées, entre les peuples. Je vois toutes les luttes. Je vois que la guerre est formée d’une conjonction ou coïncidence de mille envies d’en découdre, de mille sortes de soifs. 


    J’apprécierais que concernant la finance il en soit de même. J’aimerais disposer de mille sources documentées exposant les mille luttes voulues aussi bien par le plus minuscule des actionnaires, rentier, assuré, emprunteur ou retraité que par le plus grand patron de la plus puissante banque.


    Vous voulez tous emprunter à 2% et sans concéder d’hypothèque, n’est-ce pas ?
    Mais lequel d’entre vous est d’accord pour prêter à 2% et sans garantie à son voisin ou à un inconnu ?
     



  • easy easy 12 mai 2012 16:59

    Je trouve que Lulupipistrelle nous offre une piste intéressante.

    Si l’on convient que c’est très souvent les mères qui accompagnent les enfants aux toilettes (déjà à la première période des couches) que ce sont souvent elles qui accompagnent les vieux au petit coin (pour la seconde période des couches), bref, si l’on convient que ce sont souvent les femmes qui sont désignées et qui s’auto désignent pour gérer les problèmes intimes, on trouvera déjà moins insolite que deux femmes de 30 ans aient le réflexe de s’accompagner aux toilettes.

    Si ça se trouve, ce n’est pas le bavardage qui les conduit à s’y rendre à deux mais l’inverse.
    Oeuf poule, poule oeuf, les deux choses allant de paire, l’intime physique et l’intime verbal partagé entre filles formeraient leur comportement particulier.

    A remarquer alors que les hommes ne relèvent cette particularité des filles que sur ce point chatouilleux du pipi à deux au resto. Le fait que ce soit presque toujours les femmes qui s’occupent de torcher les mômes ou de leur filer à boire en pleine nuit, ça les étonne nettement moins. 


    Il a également été abordé la question du bruit des mictions.
    Le sonomètre est formel, celui des filles est nettement plus bruyant que celui des hommes est silencieux (en ne considérant que le bruit d’éjection, hors impact final). Cette grande différence de niveau sonore qui est liée à leur différence morphologique va à l’encontre de l’image de douceur et de discrétion qu’on aime leur accorder, y compris concernant le bruit des pieds sur le sol quand elles marchent (hors effet des semelles ou talons durs, pieds nus ou en chaussettes donc). 
    Elles se rendent très bien compte de cette anomalie imagière quasiment impossible à régler et en sont d’autant plus gênées. Surtout les femmes censées pratiquer le pas glissé très silencieux.

    Quand on aime se faire appeler Libellule, Fleur de Lotus ou Poussin et qu’on fait un bruit de vache quand on pisse, c’est fort contrariant.




  • easy easy 12 mai 2012 14:04

    Voici la préface d’un livre diffusé dans nos écoles (France avec ses colonies) de 1877 à 1977


    «  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »
    LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS

    —

    Préface

    Sans omettre dans cet ouvrage aucune des connaissances morales et pratiques que nos

    maîtres désirent trouver dans un livre de lecture courante, nous avons décidé d ‘en

    introduire une que chacun de nous considère aujourd’hui comme absolument

    indispensable dans nos écoles : la connaissance de la patrie.

    On se plaint continuellement que nos enfants ne connaissent pas assez leur pays : s’ils

    le connaissaient mieux, dit-on avec raison, ils l’aimeraient encore davantage et

    pourraient encore mieux le servir. Mais nos maîtres savent combien il est difficile de

    donner à l’enfant une idée nette de la patrie, ou même tout simplement de son territoire

    ou de ses ressources. La patrie ne représente pour l’écolier qu’une chose abstraite, à

    laquelle, plus souvent qu’on ne croit, il peut rester étranger pendant une assez longue

    période de la vie. Pour frapper son esprit, il faut lui rendre la patrie visible et vivante.

    Dans ce but, nous avons essayé de mettre à profit l’intérêt que les enfants portent aux

    récits de voyage. En leur racontant le voyage courageux de deux jeunes Lorrains à

    travers la France entière, nous avons voulu la leur faire pour ainsi dire voire et toucher ;

    nous avons voulu leur montrer comment chacun des fils de la mère commune arrive à

    tirer profit des richesses de sa contrée et comment il sait, aux endroits même ou le sol

    est pauvre, le forcer par son industrie à produire le plus possible.

    En même temps, ce récit place sous les yeux de l’enfant tous les devoirs en exemples,

    car les jeunes héros que nous y avons mis en scène ne parcourent pas la France en

    simples promeneurs désintéressés : ils ont des devoirs sérieux à remplir et des risques à

    courir. En les suivant le long de leur chemin, les écoliers sont initiés peu à peu à la vie

    pratique et à l’instruction civique en même temps qu’à la morale ; ils acquièrent des

    notions usuelles sur l’économie industrielle et commerciale, sur l’agriculture, sur les

    principales sciences et leurs applications. Ils apprennent aussi, à propos des diverses

    provinces, les vies les plus intéressantes des grands hommes qu’elles ont vu naître :

    chaque invention faite par les hommes illustres chaque progrès accompli grâce à eux

    devient pour l’enfant un exemple, une sorte de morale en action du nouveau genre, qui

    prend plus d’intérêt en se mêlant à la description des lieux mêmes où les grands

    hommes sont nés.

    On remarquera que ce livre contient plus de deux cents gravures, cartes ou portraits,

    et que ces gravures ont toutes un but instructif. Si nous les avons multipliés ainsi dans

    une proportion que n’offre aucun autre livre de lecture courante, c’est pour rester fidèles

    à la méthode déjà employée par nous dans nos deux premiers volumes pour l’enfant et

    pour l’adolescent, méthode à laquelle nos maîtres ont fait un si favorable accueil. Sous

    chacune des gravures, se trouve une notice explicative qui est déjà l’esquisse d’une

    2

    petite leçon de choses, et à laquelle le maître saura ajouter l’avantage de graver dans les

    esprits des enfants les objets, les contrées, les villes et monuments, les hommes illustres

    dont on leur parle.

    En groupant ainsi toutes les connaissances morales et civiques autour de l’idée de la

    France, nous avons voulu présenter aux enfants la patrie sous ses traits les plus nobles,

    et la leur montrer grande par l’honneur, par le travail, par le respect profond du devoir et

    de la justice.
    «  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »


    A sa page 184, il est écrit
    «  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »


    LES QUATRE RACES D’HOMMES. – La race blanche, la plus parfaite des races humaines, habite
    surtout l’Europe, l’ouest de l’Asie, le nord de l’Afrique et l’Amérique. Elle se reconnaît à sa tête ovale, à
    une bouche peu fendue, à des lèvres peu épaisses. D’ailleurs son teint peut varier. – La race jaune occupe
    principalement l’Asie orientale, la Chine et la Japon : visage plat, pommettes saillantes, nez aplati,
    paupières bridées, yeux en amandes, peu de cheveux et peu de barbe. – La race rouge, qui habitait
    autrefois toute l’Amérique, a une peau rougeâtre, les yeux enfoncés, le nez long et arqué, le front très
    fuyant. – La race noire, qui occupe surtout l’Afrique et le sud de l’Océanie, a la peau très noire, les
    cheveux crépus, le nez écrasé, les lèvres épaisses, les bras très longs.
    «  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »«  »"

    (Il y a des fautes d’orthographe commises par le brave et patient qui a entrepris de refrapper tout ce livre pour nous le proposer en PDF. Lisez-le, même partiellement, c’est éclairant de la méthode employée)
    A noter qu’au fil des éditions, les références au christianisme, innombrables au départ, ont été progressivement gommées.

    Ce livre scolaire a été vendu à 8 500 000 exemplaires. Il a influencé 5 générations de Français pendant que des livres équivalents ont aussi influencé 5 générations d’Allemands et d’Américains. Même topo pour la géographie lancée par Vidal De Lablache où l’on nous a enseigné qu’il y avait des races. 


    Ceci pour vous rappeler d’une part que la peur d’une décadence culturelle ne date pas d’aujourd’hui et d’autre part qu’il devrait être considéré qu’il existe deux sortes de cultures : une qui existe et se propage naturellement (quand il ne pousse que du riz on n’a l’habitude que du riz. Quand on vit au bord de la mer, on a l’habitude de la mer) et une qui se propage par endoctrinement, par les livres.

    Les deux jouent un rôle.
    Lequel ?
    Très vaste sujet. Mais pour le dire vite, la seconde sorte de culture tend à trier volontairement, disons à fabriquer de l’esprit nationaliste, de la fierté patriotique (y compris à l’échelle d’un village)
    Bien ?
    Mal ?
    Je n’en jugerai pas mais toujours à le dire vite, les problèmes sont désormais si mondiaux que les visions nationalistes ou communautaristes sont en passe d’être dépassées. Utilement dépassées.

    Le virage du nationalisme utile au globalisme utile est en train de s’opérer, qu’on le veuille ou non. Et ce virage que les Parisiens et les Massaïs doivent vivre conjointement provoque bien des bouleversements et paniques.

    Pendant ce virage, donc en ce moment, il y a mille raisons de pleurer ou de se lamenter de la décadence anationaliste, aculturelle. Mais le phénomène va se poursuivre, inéluctablement et pour tous les Terriens.
    Et de ces deux sortes de cultures, c’est évidemment la culture jusque là imposée par les livres qui va s’étioler le plus. La culture naturelle, issue du climat, de la géographie sera celle qui durera le plus longtemps.


    Tout se tenant, la culture imposée par le livre imposé, qu’il soit laïc ou religieux, est cohérente dans un mileu, dans un pays donné.
    Avant le Club Med, dans chaque pays, il n’y avait que très peu d’étrangers
    On pouvait donc raconter les choses sans tenir compte des étrangers. Jean de La Fontaine les a ignorés (il y en avait mais ils étaient esclaves). Ce déni des autres permettait à chaque groupe d’édifier un monde à lui cohérent avec lui-même.

    La cohérence interne qu’offrait la culture livresque conduisait, de cohérence à Tokyo en cohérence à Madrid, à exposer des cohérences même dans les différences. A exposer, à démontrer du sens dans la différenciation. Et il y a donc eu des zoos humains jusqu’en 1958, nonobstant l’épisode nazi.


    Puis, il y a eu des Noirs dans la navette spatiale. Pas pour faire le ménage, pour la piloter.
    Et même un à la Maison Blanche. Pas pour y laver le linge, pour commander l’Amérique.


    Noir était synonyme de nègre et d’esclave selon nos beaux dictionnaires.

    Mais ce n’est plus le cas depuis peu.
    Plus personne sur Terre ne croit encore qu’il existe des peuples ou peuplades incapables d’apprendre puis d’enseigner la mécanique quantique. Tous les Homo Sapiens en sont capables.

    Face à ce constat, vouloir maintenir une culture contenant une moindre notion de frontière entre les Terriens d’un point de vue de leurs capacités à suivre, à comprendre la pensée des autres, de n’importe quel autre, c’est prouver qu’on craint de perdre quelque avantage en termes de préjugés positifs sur sa personne.

    Ceux qui bénéficiaient ou pensaient bénéficier d’un avantage sur les autres en termes de préjugé positif sur leur valeur du seul fait de leur origine ou de leur habileté à pratiquer une culture livresque donnée, ceux-là redoutent de se retrouver considérés à rang égal avec n’importe quel autre Terrien. Ceux-là protestent que la force du livre scolaire, du missel, s’étiole et ne les supporte plus.

    Quoi ?
    Ma parfaite connaissance de la production de Shakespeare ne me sert à rien ?
    Mes incomparables connaissances des oeuvres de Mozart ne me servent à rien ? 
    Quoi ?
    Je gagne plus d’argent à faire le DJ pour un mariage qu’à interpréter Mahammad Fuzuli au târ ?

    Bin oué mon n’veu !


    Nous vivons un virage. Un virage qui nous emporte inéluctablement et comme toujours.
    Pendant un virage, on doit considérer d’où l’on vient et où l’on va.


    La voie du livre aurait été constamment synonyme de fraternité entre tous, elle serait restée une référence absolue. La case de l’oncle Tom allait bien dans le sens de la fraternité universelle et il a eu beaucoup de succès mais à sa suite et pour le contrecarrer, des centaines d’écrivains ont écrit des livres anti-tom dénigrant le nègre (pas de majuscule pour les esclaves).

    (Qui osera dire que de Confucius à Deleuze, aucune production philosophique dite élaborée n’aura été vraiment utile à une progression de la fraternité ? Qui osera dire que l’amour d’une mère pour ses enfants nous aura démontré plus que n’importe quel ouvrage complexe ?)


    Depuis 20 ans, en face de la voie du Livre papier, grandit la voie du Web. Ce qui s’y écrit provient de tant d’horizons différents que ça forme un fonds de connaissances acommunautariste.
    Ce n’est pas encore du fraternalisme mais c’est bien la fin du clanisme.


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