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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 7 mai 2012 11:45

    Sur le plan moral et psychologique, ce sujet est le plus important de tous.

    Le dénier, l’ignorer volontairement, c’est ne rien vouloir changer vraiment. Par paresse intellectuelle, parce qu’on sent que reconsidérer le principe de la torture par enfermement serait une oeuvre immense jamais entreprise par personne dans les cultures, très nombreuses, qui l’ont adopté et pratiqué depuis des millénaires.


    Prenons ce problème par un étrange bout.
    Avant la bataille de Lépante, il était fréquent que des Européens soient faits prisonniers par la barbaresque ou djihad maritime alors qu’ils naviguaient en Méditerranée.
    Le principe des geôliers consistait à tirer rançon de leurs otages. Ces derniers avaient tous moyens à leur disposition pour écrire à leur famille afin qu’elle organise le paiement de cette rançon.
    On avait là des gens enfermés nonobstant ce qu’ils avaient fait ou pensé. Et ils croupissaient parfois 10 ans s’ils n’étaient pas exécutés par dépit des geôliers lassés d’attendre.

    Quelle a été la réaction des familles et amis de ces prisonniers ?

    Nonobstant la problématique financière qui pouvait souvent se résoudre sur les biens propres du prisonnier, familles et amis considéraient surtout l’avantage du retour de l’otage parmi eux.
    Et ils voyaient plus souvent un inconvénient qu’un avantage.


    Combien avons-nous de parents, d’amis, ne voyant que des avantages à notre retour à la vie parmi eux ?

    A moins d’être un Abbé Pierre qui, je l’imagine, aurait vite rassemblé des milliers de personnes ne voyant qu’un avantage à son retour à la maison, la plupart d’entre nous n’ont parfois pas une, pas une seule personne désirant absolument et définitivement notre libération.


    Pendant les premiers jours d’incarcération, l’absence de l’incarcéré provoque un trou dans le milieu où il évoluait. Mais au fur et à mesure que les jours passent, ce trou se comble. Chacun réorganise son esprit, sa stratégie de vie, ses principes, fait son deuil de cette ancienne présence, se console avec quelque chose ou quelqu’un d’autre. 
    Au bout de trois mois, le trou est comblé, la page est tournée et le prisonnier est enterré vivant par ceux qui étaient les siens.
     
    Je regrette que Cervantès, qui a connu ce fait, ne l’ait pas davantage exposé.
    Je regrette qu’il n’en ait pas suffisamment parlé au nom de ceux de ses compagnons d’infortune qui ont été oubliés-remplacés par leurs ex-proches.
    Qu’il ne l’ait pas suffisamment dit ou que l’opinion ne l’ait pas suffisamment écouté et répété.

    C’est sans doute que le dire ne changera rien au fait.
    C’est sans doute qu’il vaut mieux continuer de croire en l’amour et l’attachement éternel, en des liens indéfectibles, en la fidélité.
    C’est sans doute que le seul moyen de résoudre ou plutôt d’atténuer ce fait est de se bercer de l’illusion qu’il n’existe pas.


    Sur ce point, je remarque que parmi ceux qui tiennent le plus à la réapparition des incarcérés, se situent les pères et surtout les mères (C’est sa mère qui a très péniblement réuni la rançon nécessaire à la libération de Richard Coeur de Lion. C’est le père de Julien et Marguerite de Ravalet qui avait supplié Henri IV de les gracier, en vain). Dans les cas où les visites sont autorisées, ce sont ceux qui viennent voir leur proche incarcéré qui me semblent devoir être comptés parmi ceux qui tiennent vraiment à leur retour.
    Et bien ça ne fait pas grand monde.


    Le sujet du principe d’incarcération est très important mais en amont de lui il y a ce fait que je viens d’expliciter et qui est désarmant ou gravement contrariant de nos idéaux d’attachement.

    Les enfants des incarcérés ? Leur attachement ?
    A moins qu’il existe une opinion publique allant dans le sens du soutien ou de la solidarité avec leur père ou leur mère bloqué (e) en prison, leur attachement est ténu, très ténu.

    Un rien de martellement public à la déconsidération voire à la haine contre le prisonnier et son enfant est disposé à le fusiller (Cf les enfants Cambodgiens endoctrinés par les Khmers rouges qui en sont venus à torturer leurs propres parents).

    Je regrette d’avoir à exposer ce fait mais je crois qu’il doit être dit.
    Il existe quelque chose dans l’opinion publique qui va à exiger des proches d’un prisonnier qu’ils l’abandonnent voire lui crachent dessus.
    Par exemple, le public exige que DSK se retrouve absolument seul.

    Nous est-il permis d’aimer encore un individu, de lui rester attaché ou fidèle nonobstant l’opinion publique ?
    Non. Clairement non.
    Et cela en dépit de la belle parole « Je vous déclare mariés pour le meilleur comme pour le pire »


    Alors aimer indéfectiblement c’est forcément, automatiquement, aimer -déjà avant le drame de la séparation forcée- en étant fermement disposé à ce que ce soit absolument contre vents et marrées, contre tous, le cas échéant. A la manière de Pénélope.
    C’est là un amour très rare qui suppose que la personne ainsi disposée se soit, depuis toujours, placée quelques pas en retrait de l’opinion publique.


    On ne peut jouer les deux cartes en même temps.
    C’est soit l’attachement principal à l’amour indéfectible, soit l’attachement principal à l’opinion publique.
    Et il ne peut exister d’opinion publique nous poussant à faire le choix qui la dessert.


    On n’en finira jamais d’enterrer des vivants.






  • easy easy 4 mai 2012 20:40

    Rien à redire sur le fond de votre déclamation.

    Mais mise en perpective avec votre exil volontaire, ça fait désordre.

    CDG, Hugo, étaient eux aussi exilés. Mais de force, menacés de mort ou d’emprisonnement.
    Et dès qu’ils ont pu le faire, ils sont rentrés. Ils n’espéraient que de rentrer pour reconstruire le pays.

    Comme vous faites partie des exilés volontaires, votre déclamation se lit davantage comme un discours que vous vous tiendriez à vous-même histoire de vous convaincre ou de vous rassurer sur votre choix. Histoire de vous déculpabiliser aussi (par exemple vis-à-vis de ceux que vous auriez entraînés avec vous dans cet exil)

    Les exilés volontaires ont des problèmes spécifiques qui peuvent surprendre ceux qui sont restés sur place. Dans votre cas, il suffirait par exemple qu’un de vos gosses chope une malaria pour qu’une grosse araignée vous gratte la conscience. Auquel cas vous n’auriez guère d’autre choix que de pondre ce genre de chant Coué afin de vous accorder raison sur votre choix.


    De toutes manières, si vous vous êtes exilé, c’était par dépit et vous en souffrez. Vous auriez préféré vivre de la manière qui vous plaît sur la terre de vos racines, en France en l’occurrence, si j’ai bien compris. Vous avez matière et raison de vous plaindre ou d’adresser vos reproches. Mais ça peut faire désordre ou très accessoire aux yeux de ceux qui subissent les mêmes contraintes et qui continuent de les subir tout en travaillant, le croient-ils, l’espèrent-ils, à les résoudre sur place.

    En somme la question serait : Peut-on changer les choses (en mieux selon soi) sans sacrifier de soi, sans sacrifier au maximum de soi, sans être dans la bataille, sur place donc ?
    Ou
    Peut-on faire son Jésus, son Confucius, son Camus, son Leonidas, depuis les nuages ?


    Autant évoquer ici le cas de Guiseppe Verdi qui, par hasard ou adresse, s’était toujours trouvé éloigné des lieux de haute lutte quand il s’y passait des combats. Il y revenait après dissipation des âcres fumées et en repartait quand ça reflambait. Mais qui a toujours été pardonné par les siens d’une part parce qu’il avait très, très joliment chanté l’espérance et aussi, tout de même, parce que chacun comprenait bien qu’on ne peut être à la fois compositeur et guerrier.


    A remarquer alors qu’aussi bien Chopin que Hugo, n’ont jamais été aussi vibrants et pathétiques (au sens majoré) que pendant leur exil.


    Mais on peut raconter toute autre chose sur les exilés. On peut par exemple évoquer Alexandre Yersin qui ne souffrait certes d’aucun dépit pour sa terre natale mais qui, en Extrême-Orient, y avait prodigué tant d’humanités, qu’il y a fait resplendir pour longtemps la meilleure lumière de la France+Suisse. Idem pour Albert Schweitzer, Norman Bethune, Dominique Lapierre ou Gladys Aylwards.






  • easy easy 4 mai 2012 16:03

    Alors qu’il vise à livrer un verdict parlant en « majorité absolue », le principe dde l’élection à la majorité absolue oblige très souvent un second tour et oblige alors tous les électeurs des groupes mineurs (et au fil des mandatures, tous les électeurs) à se soumettre à une rhétorique à la fois sophiste et schizophrénique.

    « Hier j’ai dit qu’il fallait absolument du violet mais après le premier tour, je dis que le marron est meilleur. Et cela parce qu’il est le moins pire »

     
    En plus d’être humiliante, cette contrainte des ralliements et élargissements promeut la pensée et l’expression ambivalente.
    Pas seulement dans le champ politique, hélas.

    Au fil de l’imposition régulière de ce double jeu ou discours, ce sont tous les champs de l’expression (même celui de l’amour) qui sont pollués par la pratique de la langue de bois ou des rhétoriques à tiroirs surprises.

    Depuis 1970, les mots, les paroles perdent progressivement leur sens, leur précision et les pensées leur orthodoxie, leur fermeté.
    Si, avant le premier tour, on croit entendre des professions de foi marquées, dès le lendemain et même dans le camp des deux mieux placés, tout ce qui avait semblé clair vire à la fumée et au brouet.


    On veut un score sans appel, on veut afficher plus de 50%. Ca permet d’affirmer qu’on est le Président de tous les Français (Alors qu’on ne préside que l’Etat français)

    Certes, 50% ça fait joli.
    Mais à part pendant la seconde et troisième république où ce seuil était très souvent atteint dès le premier tour, il ne l’est plus.
    Après CDG, c’est constamment qu’à chaque élection, chacun, ténor ou Bidochon, déploie les plus grands talents pour dire entre les deux tours autre chose que ce qu’il jurait avant. 

    La valeur de la parole, la pensée claire, nous ne la redécouvrirons qu’après avoir mis fin à la triste pantalonnade que forme ce scrutin à deux tours.




  • easy easy 3 mai 2012 19:47

    Vous confondez la documentation, le respect des codes de grammaire et de vocabulaire (ce sont des choses précises, des références à disposition de tous et des soumissions à un ordre) et le style ampoulé qui n’est pas codifié et qui n’est qu’un style personnel.

    A ce point personnel que bien des autideurs ou lecteurs comprennent tout de travers. Ce qui conduit à ne parler qu’à soi-même.

    Le mieux, quand on a conscience qu’on pond une oeuvre artistique (telle une poésie), c’est de prévenir que c’en est une. Ainsi averti (car ça ne saute pas toujours aux yeux), le spectateur regarde, ressent ce qu’il veut ou ce qu’il peut mais il se tait.
    Pas de dialogue.



  • easy easy 3 mai 2012 19:29



    «  »«  » Je ne m’intéresse pas aux cas particuliers. Ils ne permettent de cerner qu’un seul individu, qui ne représente que lui-même et certainement pas la communauté à laquelle il appartient. «  »«  »

    Mettons qu’en ne considérant que les cas purs (on se comprend), on en arrive à dire que les vaches noires ne font que des vaches noires et qu’on ajoute que le noir est incompatible avec le blanc chez une vache noire. On se trompera. Car il existe des montages de vaches noires + taureau blanc et ça fait des vaches ou taureau gris.
    En génétique, on étudie énormément les cas des croisements non purs.

    Ne pas en faire autant quand on examine les mentalités, c’est aller à l’erreur.
    Imaginons, c’est pas loin d’être le cas, que je sois le seul cas d’enfant métis jaune-blanc. Parce que je serais le seul cas, il faudrait me zapper ? Alors que mon cas démontre quelque chose ?

    Il se trouve que je ne suis pas le seul, que j’ai des frères et des cousins dans mon cas. Il se trouve que dans nos familles, il ressort nettement que nos éthiques, armoiries ou bannières sont marquées au sceau du contexte que nous avons vécu dans la tranche 4-15 ans. Il ne faudrait pas le connaître ? Continuer de raisonner sur les seuls cas purs ?

    (Et concernant la partie la plus visible de nos armoiries, il ressort que c’est le contexte global, non familial, donc Vietnam+guerre+exil, qui l’emporte)


    Heureusement, les ethnopsychiatres ont remarqué cela et ils le considèrent.



    «  »«  » Quand Emmanuel Todd dit « Les Allemands ont une capacité de discipline qui échappent tout à fait aux citoyens français », ça ne veut pas dire que tous les Allemands ont la même capacité de discipline et qu’on ne trouve pas de Français capables de la même capacité de discipline que les Allemands en général. «  »« 
    J’en conviens sans réserves.



     »«  »« On ne sait rien de ses (Obama) structures mentales, de ses schémas de raisonnement, de ses craintes instinctives et ancestrales, de ses aspirations intimes... »«  »« 

    Certes, m’enfin, pour ce qui déborde, pour ce qui se voit de son comportement, de ses réflexes, je ne vois que de l’US. J’ai même du mal à voir chez lui un comportement de Noir US (moyen gaussien).



    Attention, qu’un écrivain nomme son livre The Bell Curve, qu’il s’approprie la chose comme s’il l’avait découverte, ne doit pas nous faire oublier qu’on doit traduire son titre par La Courbe en Cloche et non la Courbe de Bell.
    Car c’est une courbe de Gauss.

    Quand on a fait des maths et statistiques, on sait que beaucoup de distributions sont en courbe de Gauss, le premier à l’avoir remarqué. Sans rien connaître du livre en question, j’anticipais déjà une distribution des QI en gaussienne. D’autant que les inventeurs du QI avaient eu comme idée derrière la tête que leurs résultats allaient être en cloche. Ce type d’épreuve -que d’autres peuples n’ont jamais eu l’idée de créer- sert à fond la répartition en cloche.




     »«  »«  » L’existentialisme est ce qui a été inventé pour remplacer le mythe du Bon Sauvage, qui n’était plus défendable. Il fallait trouver autre chose qui permettrait de croire, après avoir nié la nature humaine, que l’homme pouvait être maître de lui-même et de son destin, c’est-à-dire aspirer à un monde meilleur et l’édifier.

    Ce fut l’existentialisme. Je me demande si, à la base, il ne reposait pas sur l’archaïque croyance que nommer la chose, c’est la faire exister..«  »«  »


    A mon arrivée en France, face à mon cadet qui grimpait aux rideaux, moi, bien sage, bien intégré, j’étais convaincu et je me le disais très clairement, que j’étais maître de mon caractère, des valeurs que je décidais d’adopter. Mais 20 ans après, j’ai découvert que mon inconscient, ancré dans le contexte de mon enfance, réveillé, encoléré, par ma mère qui le déniait, me manipulait complètement. Je ne crois donc plus du tout à l’existentialisme.

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