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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 9 mai 2012 20:41

    Bonsoir Rosemar,

    Lorsque vous nous parlez de fleurs, le sujet a beau être banal, ce n’est pas ma tasse de thé.
    Néanmoins j’apprécie, vaiment, que de temps en temps, des gens me montrent des choses que je vois comme eux mais sans les voir dans leur prespective. J’entre alors dans cette perspective qui ne m’est pas habituelle et ça m’aère, ça me fait du bien. Merci.

    Ici, vous exposez une dépense de l’Etat, une dépense que nous avons tous à charge. On est très loin de la poésie des fleurs n’est-ce pas ?

    Et votre mise en perspective de la dépense est somme toute très simple : C’est trop cher et trop inégal.

    Imaginez bien que comme tous les Français, je n’apprécie pas les impôts.
    Concernant le train de vie de nos Présidents, je fais cependant un raisonnement différent du vôtre et selon une mise en perspective qui ne vous est visiblement pas familière.

    Elle est certes un peu compliquée mais c’était pour en montrer la cohérence et selon des faits indiscutables, non subjectifs.
    Je veux bien les résumer mais les comprendre ou pas ne tient qu’à l’acceptation ou au refus d’emprunter un instant mon regard.

    1- N’importe qui peut se retrouver à devoir fuir.
    2- Quand on fuit son endroit et qu’on arrive dans un autre, on espère y être bien accueilli
    3- Immigré, les gens ne nous connaissant pas, ils ne peuvent nous ouvrir les bras qu’à la condition qu’ils aient un a priori positif sur les gens de l’endroit que nous fuyons.
    4- Pour que les étrangers aient et conservent un a priori positif sur les Français, chacun de nous doit consentit à payer 10 centimes d’euro par an pour dorloter nos Présidents en fonction et aussi en leur retraite.

    Et cela uniquement parce que ce qui aura séduit le Monde depuis 4 siècles, c’est notre faste bien plus que notre frugalité. C’est notre somptuosité bien plus que notre pingrerie.

    Au Vietnam, on ne jure que par Ho Chi Minh, un type en tongues qui a toujours vécu avec un demi dollar par jour. Ca lui suffisait. Et si quelque part les étrangers ont un a priori positif sur les Vietnamiens, c’est plus en raison de leur art de se contenter de peu qu’en raison de leur richesse.

    Pour les Français, c’est l’inverse. Nous avons démarré notre marketing mondial en nous montrant riches, ça a déplu à certains mais a en a fasciné d’autres.
    Comme la roue n’a pas encore tourné sur ce plan, comme crise ou pas crise c’est LVMH et Hermès qui font de plus en plus de ventes, non Solex, ceux qui ont un a priori positif sur les Français, ne l’ont que parce qu’ils croient en nos champagnes et nos Versailles. Le jour où ils n’y croirons plus, ils regarderont ailleurs, peut-être à Dubaï et nous perdrons 50% de nos ventes.

    Soit vous considérez que jamais vos enfants n’auront à fuir ou à espérer d’un bon a priori sur eux dans le pays où ils débarqueront. Auquel cas vous avez raison de ne plus considérer que l’outrance de cette dépense selon une perspective strictement hexagonale.
    Soit vous considérez que vos enfants auront peut-être besoin d’être bien vus de l’étranger un de ces quatre matins. Auquel cas, vous trouverez que dépenser 10 centimes d’euro par an et par Français pour maintenir le train de vie de notre Chef à la retraite, le faste de notre République, les ors de l’Elysée, c’est péccadille.

    Vous n’aurez pas manqué de remarquer qu’en Angleterre le coût du train de vie de la reine est aussi en question. Mais si nos voisins avaient tous raisonné comme vous, ça fait longtemps qu’ils l’auraient envoyée dans une maison de retraite à 2564,67 € par mois. Que resterait-il alors de l’image de l’Angleterre ?
    Qu’est-il resté de l’image de la Russie après que les Bolchéviques eurent dépouillé la famille impériale de ses ors, de ses vies ? Qu’est-il resté du crédit de ce pays immense ?
    Il y avait des Russes très appréciés en France après 1918. Il ne s’agisait pas des Rouges victorieux. Il s’agissait des Blancs qui les fuyaient. Nous n’étions pourtant plus royalistes mais républicains, démocrates et même socialistes.



  • easy easy 9 mai 2012 18:13

    Je vais vous promener un peu.

    Vers 350 avant JC, le seigneur Shang Yang entreprend un gros paquet de réformes (avec des tas de concepts qui étonneraient les Français d’aujourd’hui).
    Un jour, ça tourne au vinaigre pour lui et il doit fuir.
    Il arrive dans une auberge où l’aubergiste lui demande quelque chose qu’il avait imposé à tous lorsqu’il régnait : ses papiers d’identité.
    N’en ayant pas, il s’est fait prendre. 


    C’est certain, chacun de nous peut un jour se retrouver fuyard.

    En ce moment, les jeunes Grecs ont une forte tendance à fuir, à s’exiler, en particulier en France.
    Ce qu’ils découvrent c’est qu’il existe désormais une sale réputation qui leur colle aux fesses.
    Probablement une des pires réputations qu’il puisse y avoir en ce moment dans le Monde (On serait Libyen, on aurait une chance de bénéficier de la réputation de chasseur de tyran aux yeux de certains)


    Si un jeune Grec, Australien ou Français envisage de partir bosser et vivre à l’étranger, il va de soi qu’il considère qu’il existe un a priori positif sur son étiquette. (Ce n’est évidemment pas le cas des jeunes Maliens mais eux, ne sont pas à ce genre de détail près)
    Les Grecs qui déboulent ici sont effondrés de découvrir la sale image que nous leur accordons depuis peu. Ils n’imaginaient pas que l’image de leur pays pouvait passer aussi rapidement et fortement négative. 


    Tous les Français bénéficient de l’image de la France.
    Si cette image est positive, bien entendu.

    Ces dernières années, l’image de la France a terni.
    Du coup, il n’en reste de brillant que son fonds du genre « Mah, c’est tout de même une démocratie. Et puis il y a Cartier et Moët »

    Il reste un fonds positif qui aide et supporte tous les Français qui s’expatrient mais aussi tous les Français qui vendent nos produits à l’étranger.

    Ce reste d’image positive, qui vient curieusement à la fois de Louis XIV et de Robespierre, sert tous les Français. Tous ont intérêt à ce que ce fonds perdure.
    Or, si un MassaÏ peut posséder un fonds d’image positive versant dans « Au moins, c’est pas eux qui polluent », le fonds positif français ne donne pas dans la simplicité, pas même dans l’économie.
    Concorde, Trianon, Eiffel, champagne, tout ça c’est luxueux.

    Il y a certes Pasteur, Yersin, qui contribuent très fortement à la valeur morale de ce fonds aux yeux des pays pauvres mais aux yeux de beaucoup, s’ils voient quelque chose de positif dans la France c’est bien sa place Vendôme et les performances matérielles des Bettancourt et autres Pinault.


    L’Afrique du Sud est certes très bien placée en Afrique mais pauvre par rapport au reste du Monde. On aime la simplicité matérielle de Mandela . On serait même choqué s’il menait grand train.

    Pour la France, c’est l’inverse. Nous avons tant habitué les étrangers à nos fastes que ceux qui nous aiment, nous aiment riches. Ils seraient consternés de voir nos chefs en tenue de chauffe ou portant une montre de chez Leclerc.

    Il nous faut donc d’une part garantir grand train à nos présidents et d’autre part sanctuariser ce principe dans un tabernacle inaccessible aux gens (Pour répondre à ceux qui disent qu’il serait mieux que le peuple vote le salaire de son Chef)
    Tabernacle qu’on appelle Institutions.


    Sous la coupole de l’Institut de France, il existe une académie peu connue. Celle des citations et belles lettres. C’est elle qui gamberge pour nous pondre le genre de belles paroles qui sont inscrites par exemple sur le Palais du Trocadéro.
    Le baratin qui y est écrit n’est pas signé sinon par la France. Ca a été écrit il y a déjà des décennies et avant même la fin des zoos humains et pourtant, de nos jours, vérifiez, il n’y a pas grand chose à en redire.
    C’est une chose stable et le Monde apprécie cette stabilité dans les belles citations ou assertions.

    C’est être irresponsable ou égocentrique, c’est manquer de grandeur que de se mettre en tête qu’il faudrait réécrire ces belles phrases tous les 5 ans.

    Et bien le régime de retraite de nos Présidents (ou préfets) se trouve dans le droit fil du principe de stabilité-éternité.

    Nous sommes maintenant plus pauvres qu’avant ?
    Possible.
    Nous avons besoin de la confiance des usuriers français et étrangers qui ont des réserves ?
    Possible.
    Et bien ces prêteurs ne nous prêteront que s’ils sentent que nos diamants sont éternels.


    Montrons leur que nous devenons des renverseurs, des iconoclastes, des bolchéviques, des révolutionnaires, des mesquins, des revanchards, des frustrés, des jaloux, des radins et nous verrons les financiers se détourner de nous.

    Montrons-leur au contraire l’image de deux présidents honorant ensemble la mémoire de nos soldats, montrons leur que nous couvons nos présidents à la retraite et nous les rassurerons.


    Pendant encore un siècle ou deux, les Français auront intérêt à polir leur atout essentiel qui tient en « La démocratie, de manière noble ».

    Je termine en vous rappelant un principe poliorcétique. Quand on est assiégé, quand l’ennemi nous coupe des vivres, le meilleur moyen de le démoraliser consiste à lui jeter nos cochons les plus gras et à roter.



  • easy easy 9 mai 2012 14:33

    Quand on nous désigne un ennemi ou danger, un seul, nous pouvons hystériser simplement et ne courir que dans la direction opposée pour nous en préserver.

    Mais depuis 1945, on nous désigne de plus en plus d’ennemis ou dangers.

    Courir de quel côté alors, ou sur quel rempart se battre alors ?

    Le résultat c’est que nous tétanisons, nous ne bougeons plus. Nous nous agitons certes mais sur place.

    Une nouvelle alerte sur les biberons en plastique ? Nous réagissons en courant vers ceux en verre.
    Une nouvelle alerte sur les meubles à mousse toxique ? Nous réagissons en passant aux fauteuils en bois.
    Une nouvelle alerte sur la déforestation ? Nous réagissons en refusant les mobiliers en bois.
    Une alerte sur l’augmentation de CO² ? Nous réagissons en rachetant des choses en bois parce que ça permettrait le stockage du CO².
    Une alerte sur l’aluminum dans les vaccins ? Nous réagissons en refusant les vaccinations.
    Une alerte sur une pandémie ? Nous réagissons en courant nous faire vacciner.
    Une alerte sur le corium de Fukushima ? Nous régissons en réclamant d’en finir avec le nucléaire.
    Une alerte sur le pic du pétrole ? Nous réagissons en réclamant du nucléaire.
    Une alerte sur la dette ? Nous réagissons en réclamant l’austérité.
    Une alerte sur la dépression économique ? Nous réagissons en réclamant la relance par l’endettement.


    A nous dire alors, qu’in fine, la vie des hommes aura toujours été périlleuse et que le concept de vie peinarde, confortable, sans risques ni rides n’était qu’une illusion née il y a un siècle.


    On ne peut pas être de l’ENSAM et ne pas être au moins un peu prométhéen.
    Heureusement qu’il y a eu des Pasteur ou Yersin.
    (A rappeler que la réussite du vaccin contre la variole n’est pas venue de la vaccination de tous comme ses inventeurs l’avaient cru, mais d’un compromis prophylaxique qui est apparu de lui-même, naturellement)
    Heureusement qu’il y en aura encore des comme ça.
    Vous peut-être.
    Bravo.

    M’enfin, les plus utiles des prométhéens n’auront résolu provisoirement qu’un des milliards de dangers qui nous menacent depuis toujours.



    Parce que la mort est incontournable, il me semble moins important de lutter contre l’intoxication, la maladie ou l’accident que de lutter contre nos perversions morales collectives (à entendre au sens large).
    Par exemple, le fait qu’en moyenne chaque Français passe 3h30 par jour devant la télé les rend idiots. Or, au-delà du cas de notre santé physique, en tant qu’individu, il nous est très important, très conséquent, d’être entourés de gens non idiots, capables de réfléchir et de dégager une pensée propre, vraiment individuelle.

    Que voit-on depuis 20 ans ?
    Qu’il y a une énorme quantité de personnes qui C/C à longueur de temps.


    Vivre trente ans seulement, mais vivre entouré de gens capables d’avoir une pensée propre, capables d’inventer une musique propre, c’est nettement plus intéressant que vivre 100 ans parmi des copiecolleurs.

    A quoi sert de boire une eau non polluée dans une société où une énorme masse de gens considèrent qu’un détenu devrait être abandonné des siens (car notre système carcéral qui multiplie les obstacles pour écarter les détenus de leurs proches, prône implicitement ce principe consistant à enterrer vivants des gens pris à la faute, parfois bien jugés, parfois mal jugés) ?


    A quoi sert de vivre cent ans dans une société où le principe d’attachement, d’amour ou de fidélité entre deux personnes est laminé, ridiculisé, invalidé par le principe d’isolement de millions de détenus et prévenus ?

    Quel Français, sur 60 millions, aura dit qu’il est normal, bon, moral, exemplaire, qu’Anne Sinclair n’abandonne pas DSK dans sa ruine ?
    Quel Français aura dit qu’il est bon pour la culture de l’attachement, de l’engagement définitif, de la famille, de la promesse, que DSK reste entouré des siens ? 
    Quel Français aura dit qu’il est bon que la pensée individuelle, en l’occurrence organisée autour de l’attachement irréductible même à un fautif, prévale sur la pensée de rue hystérisée ?
    Quel Français, quel Norvégien, dira qu’il serait bon que le père d’Anders Breivik puisse très librement démontrer -enfin- son attachement à son fils ?


    Je suis un citoyen comme les autres. Comme les autres, je suis préoccupé par les problèmes que vous soulignez ici (et dans vos précédents papiers).
    Mais c’est là du matérialisme.
    La santé c’est du matérialisme.
    Qu’on fasse ce qu’on peut pour améliorer notre santé, je suis évidemment pour et je vous félicite de vous y employer. Moi aussi je l’ai fait en mon temps.

    Mais hormis le matérialisme, en dépit de la mort donc, je crois qu’il serait plus important que nous réfléchissions à ce qui pulvérise nos valeurs morales potentielles dont la première est l’attachement à quelqu’un.
    Ne pas se préoccuper de ça c’est laisser la part belle à la trahison, au déni et au mensonge.

    Or, ce qui fait les aspects les plus moches des livraisons prométhéennes matérialistes, c’est qu’elles sont empreintes d’un montage de mensonges.
    (Pub pour Free Time montrant un Noir en allure de cannibale « A quelle sauce je vais me le manger le blanc ! »)

    Que peuvent valoir les belles promesses d’un fournisseur d’eau, d’éoliennes, de centrale nucléaire ou de steak dans un contexte où l’attachement le plus basique est bafoué ?




  • easy easy 8 mai 2012 11:16

    Marcopolo

    J’ai surtout dit quelque chose que personne n’a jamais dit et que même Cervantès n’a pas suffisamment souligné.
    Nous sommes très nombreux à être disposés à enterrer des vivants, y compris ceux que nous qualifions de très proches. Nous sommes très enclins à faire le deuil rapide de vivants.
    (C’est fortement vrai dans notre culture et ça n’est évidemment moins dans les cultures où l’on maintient vivants les morts en pratiquant quelque sorte de culte des ancêtres)

    A partir du moment où nous tous ou presque tous, nous nous démontrons mutuellement très disposés à enterre des vivants, où il va de soi, ici, que DSK devrait être rejeté par absolument tous, que plus personne ne devrait le fréquenter, lui témoigner un quelconque attachement, nous nous démontrons aussi que nous sommes disposés à tuer, à voler et à violer.

    Quand Gabrielle Russier avait été rejetée par la France entière (c’était une impression de « france entière ». En réalité, bien des silencieux ne la rejetaient pas mais ce sont les crieurs, les orfraies, qui font la rumeur), Pompidou, qui aurait été parmi les silencieux, avait été interrogé après le suicide de cette prof. Et bien il n’a pas osé la redresser, la réhausser, la réhabiliter, la ressusciter publiquement. Il avait répondu par une citation sybilline.


    Quand 99,99% des gens se démontrent prompts à enterrer des vivants, même otages d’Anglois, de barbaresque ou de Farcs, il ressort que la valeur de chacun est, aux yeux des autres, réellement très inférieure à ce qui est prétendu.
    Nous sommes tous si prompts à affirmer qu’un prisonnier (fautif ou innocent) doit être rejeté, abandonné même par les siens, que les plus zélés d’entre nous sont extrêmement prompts à sacrifier la vie, la dignité, la valeur d’inconnus ?


    Continuer à pratiquer l’enterrement de vivants que représente l’incarcération et lever les bras au ciel lorsque des Nazis et les Américains en font une industrie principale, c’est pratiquer le déni de ses responsabilité dans ce qui fait la noirceur de l’Humanité en séparant artificiellement les zélés des pratiquants.

    Pour ne pas promouvoir le style de Leopold II, de Hitler, de Pol Pot, il faudrait pratiquer soi-même des attitudes absolument inverses.



    Est-il extraordinairement difficile d’admettre et même d’encourager que les proches d’un détenu (méchant ou pas, coupable ou innocent) lui restent proches ?
    Non.
    Ce ne serait pas difficile d’un point de vue technique, matériel et éthique.

    Mais c’est très difficile à admettre quand on tient à son pouvoir de masse, au pouvoir de coercition qu’offre la masse. Le jeu de chacun ne revient alors plus qu’à se débrouiller pour avoir ce pouvoir massif (petites et grandes masses) avec soi et non contre soi.







  • easy easy 7 mai 2012 15:40

    Je vois deux manières d’être un héros.
    On peut l’être par la voie publique, même quand ce public n’est que minoritaire voire marginal. On se retrouve alors héros de ce public, si l’on a affronté son dragon.

    Et on peut l’être par la voie intime, face à soi-même. On se retrouve alors automatiquement avec tout le monde à dos.

    Exemple. Il se trouve qu’à peu près dans toutes les cultures, il existe des amours interdites. Interdites par tous les groupes et sous-groupes du public que comporte chaque culture. Interdites par tous au sein d’un pays donné.

    Si d’aventure un individu se met à tomber amoureux d’un objet (à ne pas prendre au sens « chose ») que cet objet soit une personne, un animal ou un véritable objet comme un ballon ou une table, s’il s’engage envers cet objet interdit en un amour indéfectible et si ça se sait, s’il se retrouve menacé des pires tortures en raison de sa transgression mais qu’il maintient son engagement, s’il ne renie pas pour autant son amour fou, alors il est un héros absolu.

    Marguerite Duras avait couché avec un Chinois alors qu’elle n’avait pas 16 ans.
    Dès son retour en France, elle a tu ce fait. Participant à un ouvrage du ministère des colonies, elle avait même écrit que le Blanc ne doit pas se mélanger au Jaune. Le contexte était si raciste que si elle avait avoué son crime, elle aurait mal fini. La dernière exposition de Nègres en zoo, s’était tenue à Bruxelles en 1958.
    Elle n’a donc pas été ultra héroïque (Et son amant non plus)
    Toutefois, à peine cet ouvrage ministériel raciste publié, elle avait claqué la porte du ministère puis, au fil des années, elle s’est mise à écrire l’histoire d’une jeune française ayant aimé faire l’amour avec un Jaune. Elle aura tout de même attendu 1996 pour oser dire que la « fille » de ses romans c’était elle. A ce moment là seulement, elle était devenue un peu héroïque. Tardivement, mais tout de même.

    Plus héroïque qu’elle c’était Marguerite de Ravalet, Marie Key Letourneau, Gabrielle Russier. Ces femmes, en dépit des pires menaces contre leur vie, n’ont pas dévié. Jusqu’à la fin, elles auront dit « Oui j’aime cette personne que vous m’interdisez d’aimer »

    Il est même arrivé que ces amoureuses définitives et iréductibles soient déniées ou désavouées par l’objet même de leur amour (cas de Julien de Ravalet qui, tremblant devant le bourreau, avait fini en apostasie). Mais elles seront tout de même restées fermes sur leur ligne de fidélité.

    Si Dieu est amour, alors ces personnes bannies des hommes sont certainement ses héros et héraults.

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