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Henrique Diaz

Henrique Diaz

Ami des bêtes et rationaliste.

Tableau de bord

  • Premier article le 20/11/2010
  • Modérateur depuis le 28/04/2013
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Derniers commentaires



  • Henrique Diaz Henrique Diaz 9 janvier 2014 09:49

    Vous mettez bien en évidence, Madame Reyes, à quel point Valls est mal placé pour donner des leçons d’antiracisme, au vu de sa gestion du dossier rom. Il y a eu aussi ses déclarations sur le manque de blancs, autrement dit l’excès de gens de couleur dans certains quartiers d’Evry. Ce petit arriviste au sens de la dignité humaine à géométrie variable est au pouvoir en tant que ministre de l’intérieur et bientôt plus parce que nous avons consenti à cela, parce qu’en général nous consentons à être gouvernés par des gens qui ne savent parler de république, de liberté et d’égalité que pour faire prévaloir leurs intérêts particuliers sur ceux de tous.

    Voter pour eux est bien sûr l’expression la plus directe de ce consentement. Je m’étonne encore de voir beaucoup de mes concitoyens se plaindre de l’UMP autant que du PS à longueur d’année pour finir par voter pour eux à chaque élection. Ne pas voter est la deuxième chose qui les arrange le plus, car il vaut mieux pour eux quelqu’un qui se laisse gouverner sans opposer à leur présence au pouvoir plutôt que quelqu’un qui risque voter pour autre chose qu’un des deux partis siamois dits de gouvernement.

    Je suppose que vous n’avez pas voté pour eux, mais en ne montrant pas quelle pourrait être l’alternative selon vous, est-ce que vous ne contribuez pas au fatalisme de mise selon lequel le PS ou l’UMP, en un mot le libéralisme austéritaire, ce n’est pas très bien mais de toutes façons, il n’y a rien de mieux ?

    En tout cas, c’est une satisfaction pour moi de partager votre prise de position ici, à part sur Depardieu (soutenez vous l’évasion fiscale ?). Je vous lis depuis que j’ai 20 ans et c’est un honneur aussi de pouvoir vous parler.



  • Henrique Diaz Henrique Diaz 7 décembre 2013 16:11

    Mmbbb,
    Vous répétez sans savoir : http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/ressources-depenses-etat/depenses/quelles-sont-depenses-etat-par-fonctions.html
    => Si la « mission éducation » représente 16% de la dépense, cela reste les dépenses d’interventions (sociales mais aussi pour subventionner nombre d’entreprises qui n’en ont pas besoin) et le remboursement de la dette, qui est en fait un impôt payé par l’Etat au capital qui passent largement devant.

    Sur les manuels, ils changent en moyenne tous les 6 ans, ce n’est qu’en cas d’erreur ou de changement de programme qu’un redoublant de collège peut se retrouver avec un livre différent de l’année précédente alors qu’il venait juste d’être renouvelé ; au lycée, les parents d’élèves de la plupart des régions payent les livres, pas l’Etat.

    De mon côté, j’explique principalement la baisse du niveau scolaire par la mise en place d’une idéologie consumériste à l’école par l’Etat lui-même, comme je l’explique plus haut. Mais il n’en demeure pas moins que même si la dépense demeure élevée, les classes dans l’enseignement général sont de plus en plus chargées et donc le nombre d’élèves à encadrer par professeur augmente, de sorte que le temps passé par élève pour les cours vraiment formateurs diminue et ainsi explique aussi la baisse de niveau.

    Où passe donc l’argent si les élèves se retrouvent avec des enseignants de moins en moins en mesure de les suivre ? Peut-être le numérique, peut-être beaucoup d’autres choses : la dépense d’éducation va aussi beaucoup dans l’enseignement professionnel (avec une participation d’autres ministères que l’EN) qui exige à juste titre un renouvellement régulier du matériel utilisé en raison de la rapidité de l’évolution des technologies.



  • Henrique Diaz Henrique Diaz 5 décembre 2013 11:43

    C’est aussi bien une question sociétale liée à l’enfant roi qu’une question économique et politique liée au libéralisme. Tout est lié ici. Avec la suppression de fait du redoublement depuis Jospin en 92 et à cette occasion la mise de l’élève « au centre du système éducatif » en en faisant un consommateur roi vis-à-vis duquel les enseignants seuls ont des devoirs, avec la réduction des moyens d’enseignement (classes de plus en plus souvent surchargées) et du nombre d’heures de cours au profit d’activités confuses ou trop précoces comme les TPE au lycée ou l’anglais en primaire, le socle commun etc. les pouvoirs néo-libéraux se sont succédés pour aboutir à un résultat efficace et donc concerté qui est la dévalorisation générale de l’enseignement public. Prenons seulement le redoublement : c’était une rustine qui marchait mal, mais le supprimer sans solution de substitution ne pouvait évidemment donner de bons résultats. On aurait voulu mettre à genoux notre système éducatif public, on ne s’y serait pas pris autrement.

    Quel peut être l’intérêt de l’Etat français de détruire son propre système éducatif public ? Le même que celui qui a conduit à privatiser les autoroutes, l’électricité, le téléphone : favoriser la concurrence libre et non faussée entre acteurs privés pour arriver au meilleur des mondes libéral. En gros pour « stimuler les forces vives de la nation » d’un certain point de vue ou alors pour favoriser la classe sociale dominante qui par sa main mise sur les médias, les sondages et l’économie a mis les hommes d’Etat que nous avons à leur place de valets du capital. Et pour tuer son chien, afin d’en vendre la carcasse, rien de mieux que de dire qu’il a la rage, et même de la lui avoir inoculée.

    Les attaques contre l’enseignement public et ses moyens, aussi bien que la remise en cause systématique de tout ce qui pouvait représenter l’autorité des enseignants du public pour faire de l’enfant un petit roitelet intouchable et ainsi empêcher tout enseignement efficace, tout cela participe de la volonté libérale de pousser tout ceux qui le peuvent, en gros les classes moyenne et supérieure, à payer directement pour une instruction de qualité pour leurs enfants, car il y a là des milliards à récupérer pour le secteur privé. Il n’y aura plus alors qu’une école publique complètement de seconde zone pour une population corvéable à merci dont on n’a pas intérêt à ce qu’elle soit instruite. Ce projet est déjà vieux, il s’appelle l’Accord Général sur le Commerce des Services et on applique depuis des lustres la technique bien connue de la grenouille dans l’eau bouillante pour le concrétiser petit à petit : augmenter la température qui la fera cuire petit à petit sans qu’elle ne s’aperçoive de rien et reste ainsi d’elle-même dans le bouillon libéral.

    En ce sens, les libertaires qui continuent de nous vendre l’école par le jeu, l’école dont tout ennui devrait être banni, l’école lieu de vie ouvert sur la vie sans entrave, sont les alliés objectifs des libéraux qui eux n’ont de cesse de privatiser tout ce qui pouvait donner un tant soit peu d’effectivité à l’idéal républicain d’une liberté de vivre décemment égale pour tous.



  • Henrique Diaz Henrique Diaz 5 décembre 2013 00:44

    En France la rénovation de l’école est un énorme pipeau ; chaque fois qu’un ministre de l’éducation a tenté une réforme il a prudemment reculé.

    Blah, blah, citez moi une réforme d’ampleur de l’éducation nationale qui n’a pu être mise en oeuvre depuis 20 ans non pas à cause du manque d’organisation ministériel mais à cause de la mauvaise volonté des enseignants ou des français. L’EN est l’administration qui est la plus souvent réformée depuis Giscard. Chaque ministre se sent obligé d’apporter sa réforme d’ampleur au système éducatif, et les profs appliquent bravement.



  • Henrique Diaz Henrique Diaz 5 décembre 2013 00:33

    Bakerstreet, seriez vous un peu autiste ? Vous me reprochez d’être favorable au redoublement alors que j’ai dit et redit qu’il n’était pas la solution, même s’il reste un moindre mal par rapport au fait actuel où ceux qui n’ont rien fait de leur année, passent pour en faire encore moins l’année suivante en entraînant leurs camarades avec eux. La nuance, vous savez ?

    Ensuite, vous savez, on traitera beaucoup mieux nos problèmes quand on arrêtera de toujours regarder de loin et confusément chez les voisins, chez qui l’herbe est bien sûr toujours plus verte, pour commencer à raisonner à partir de ce qu’on connaît bien et qu’on peut donc comprendre.

    Donc troisième édition : oui il n’est pas difficile de s’apercevoir que le redoublement ne permet pas bien aux élèves qui échouent à l’école de se relever pour réussir. Mais vous, si vous vous apercevez que la gomme qui avait été posée pour colmater une fuite d’eau laisse quand même passer de l’eau, tandis que vous apprenez que d’autres ont manifestement des techniques beaucoup plus modernes, vous vous contentez de retirer la gomme en étant persuadé que ça ne pourra qu’aller beaucoup mieux comme cela. Même avec les pieds dans l’eau, vous serez là à vouloir empêcher ceux qui veulent remettre cette gomme faute de mieux en leur disant qu’il faut vivre avec son temps.

    Quant aux vérités toutes faites, je crois que vous nous en assénez beaucoup. Pour vous c’est rétrograde de dire qu’il n’y a pas de réussite scolaire sans travail et qu’il n’y a pas de travail sans responsabilisation des enfants mais en attendant, c’est depuis que les pédagogistes comme vous ont pris le pouvoir à l’éducation nationale, qu’on s’enfonce un peu plus chaque année. Nos pères et grands pères ont pu progresser socialement en raison d’un contexte économique favorable mais aussi parce qu’ils ne rechignaient pas à travailler, ils n’avaient pas besoin de trouver du plaisir et un sentiment immédiat d’épanouissement dans tout ce qu’ils faisaient.

    La classe bourgeoise qui reste consciente de son intérêt, elle, met systématiquement sa progéniture dans l’enseignement privé où il n’est pas question de réformer les rythmes scolaires, de saper toujours un peu plus l’autorité des enseignants, ni d’être obsédés par l’épanouissement de l’enfant mais de l’armer pour faire face à la dureté de la vie, ce qui est d’ailleurs beaucoup moins anxiogène pour cette progéniture que de devoir expliquer aux adultes comment l’éduquer.

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