L’erreur d’analyse courante est de croire que le PS, avec la complicité des médias, instrumentalise le FN pour mettre dans l’embarra la droite.
Et bien figurez-vous, que si le PS instrumentalise bien le FN, c’est pour mettre dans l’embarra ....... la gauche.
Oui, oui, réfléchissez-vous, le PS (et les médias complices) rêve de rompre le cordon ombilical des références à Marx, Proud’hon, Jaurès.
Le PS rêve de s’assumer soit social-démocrate soit social-libéral mais ne veut plus être .... socialiste. C’est même Valls qui le dit, que le PS doit cesser ses références au socialisme, c’est dire que dans les têtes des solfériens cela est déjà acté.
Juste un problème : comment faire pour que les idées de gauche soient néfaste pour qu’on puisse prétendre les abandonner.
Et là, j’avoue c’est un vrai éclair de génie, pour moi, le FN est complice du système autant que le PS et l’UMP et a un rôle à jouer : le repoussoir de la gauche de la gauche en cannibalisant une partie des thématiques sociales abandonnées par les sociaux-démocrates tout en continuant par parcimonie à justifier leurs idées nauséabondes en « light » et plus présentables.
Ainsi, quelque soit l’argumentaire vrai ou faux, juste ou injuste, d’un représentant du FN, il sera perçu comme néfaste, et donc intolérable pour tout bon démocrate que nous sommes.
Exemple : Marine Le Pen a dit dimanche soir que le Pacte de Responsabilité est une ignominie sociale, et même si Mélenchon ou tout autre représentant de vraie gauche aurait pu le dire, le fait que ce soit Marine Le Pen qui l’ait dit disqualifie automatiquement tout ceux qui dirait cela.
Autre exemple plus subtil :
Lorsqu’on entend « préférence nationale » de manière quasi-instinctive on s’imagine une politique de l’exclusion ethnique, ce qui est un repoussoir pour quelqu’un de gauche et certainement une posture assumée chez tout bon frontiste historique.
Cependant « préférence nationale » n’est pas la même chose que « exclusivité nationale », et de plus la préférence nationale du sol ou du sang n’est pas donnée par le propos, même si on doute des intentions du frontiste qui tient ce propos.
Et « préférence » ne veut pas dire « indifférence » : nous nous occupons de nos concitoyens d’abord, parce que le budget serré l’impose, mais dès que ça va mieux nous nous occuperons des autres : cela n’est pas incompatible avec la gauche.
Pour moi, UMP, PS ET FN sont complices à la mise en place d’un monde qui tente d’écarter tout mouvement de gauche réellement populaire.
Et pour mettre les choses au point : que le PS gagne ou perde en terme de « sièges » n’est pas l’enjeu principal, même si cela peut intéressé ici ou là quelques individualités, mais l’éradication de la VRAIE opposition populaire : la gauche.
Les religions se « tirent une balle dans le pied », car contrairement à ce qu’elles veulent soutenir, dans leurs composantes les plus radicales, elles portent quasiment toutes en elles les raisons de réfuter le déterminisme caricatural qu’on leur attribue.
En effet, aucune religion ne saurait se satisfaire d’une « impossibilité de décision individuelle » à acquiescer, à pratiquer, à choisir (même la prédestination des calvinistes n’est qu’en réalité la connaissance du destin par uniquement le « créateur » puisqu’il est « en » et « hors » du temps).
Le consentement est nécessaire, et ce consentement est lié à ce que les religions appellent le « libre arbitre ».
Le « libre arbitre » est par nature un non-déterminisme. Alors pourquoi les religions ne mettent-elles pas le paquet là dessus ? Ca permettrait de les réconcilier avec la science.
Science, qui a d’ailleurs la fâcheuse tendance à prendre les travers de la religion en imposant ses dogmes et doctrines aux innovateurs.
On dit parfois, que « d’un mal pour sortir un bien ».
L’avenir concernant les futures élections « intermédiaires », y compris jusqu’aux régionales, semble bien sombre pour le PS.
Hollande, en bon soldat du capitalisme euro-atlantiste, a voulu à tout prix montrer que la « gauche » était aussi libérale économiquement que la « droite ».
Peut être que Hollande a fini par se convaincre qu’il avait battu Sarkozy par dépit et que le peuple Français était foncièrement de droite de conviction.
Il a voulu être plus royaliste que le roi et se faire la caution du « sérieux budgétaire » en courtisant le marché, en bon soldat de l’ « austérité pragmatique ».
Malgré le fait, que le FMI lui même reconnaisse des années après, l’idiotie du jusqu’au-boutisme de la posture de l’austérité intangible, Hollande a voulu faire la démonstration d’être d’accord sur tout avec les patrons, les allemands, les américains et « ceux qu’on n’a pas droit de citer sans être accusés de tous les maux » plus que n’aurais pu le faire les principaux intéressés eux-même.
Les racines de gauches ont vites été balayées.
Que disais-je ? Oui, qu’un mal peut sortir un bien.
Vu que le PS est dans une mauvaise posture et quel que soit les décisions prises, les élections intermédiaires seront mauvaises : pourquoi ne pas essayer un vraie politique de gauche ?
Le pire dans tout cela, c’est qu’au point où en est le pouvoir PS en place, il pourrait même se laisser aller à faire une politique de gauche.
On pourra toujours leur reprocher d’avoir « manquer de courage » (mettre dans la misère des millions de gens sans que soit même on en soit affecté, est synonyme de courage pour l’élite ^^), « manquer de bon sens économique » .... et toussa toussa,
ils sont acculés, qu’ils fassent suivant les recommandations de leurs maîtres euro-atlantistes ou pas, ils seront de toute façon « baffés », « giflés », « fessés »par les électeurs.
Alors, comme on se présente comme un parti de gauche, pourquoi ne pas essayer de faire une politique vraiment sociale, vraiment à dimension humaine, .... vraiment de gauche ?
Ils seraient peut être même surpris des résultats de sympathies envers eux-mêmes.
Je dirais même plus : si ils ne le font pas, alors qu’ils n’ont rien à perdre, ils démontreront de fait sans ambiguïté qu’ils sont des traîtres non seulement à l’idéologie qu’ils sont censé défendre, mais aussi au peuple, et des collabos aux système libéral euro-atlantiste.
Gruni, je pense que vous avez fait un contresens : pour Monsieur Lazaro, il ne s’agissait aucunement de « punir » ceux qui manquent à « leur devoir civique », mais bien au contraire à systématiser l’abstention, surtout l’abstention différentielle pour le concurrent idéologique.
Ainsi pour l’UMP, l’abstention deviendra effectivement payante.
Cela n’a-t-il pas été le cas pour ces municipales ?