Article bien dans la lignée de la restauration néo-libérale à l’oeuvre depuis Reagan.
D’abord, une fausse base : présenter la femme comme « femme au foyer » avant le féminisme, c’est offenser la mémoire de siècles de paysannes travaillant tant aux champs qu’à la ferme (soins aux animaux en particulier), et des générations d’ouvrières en usine, de hercheuses, de lavandières...... Honte à vous de la part de mes aieulles. Et, plus loin, reproche aux victimes du sort qui leur est fait : vous évoquez la double journée (un des thèmes forts du combat féministe), non pour en accuser la paresse et la démission des hommes, mais pour la reprocher... aux femmes !!! Tant de malhonnèteté intellectuelle vous déconsidère, je ne vous salue pas.
En revanche, l’accès à des sites que j’appellerai « directs » ou « ordinaires » en ce sens où ils sont dépollués de toutes les techniques des pros de la manipulation, est l’occasion pour le surfeur de se désintoxiquer de leurs machines, un peu comme le promeneur qui passe un week-end de beau temps à la campagne. Au retour, la laideur, le bruit, la puanteur auxquels il s’était habitué lui semble soudain ce qu’il est : insoutenable. Enfin, le net apparaît là comme un espace,le troquet de jadis (bonne comparaison avec l’alcool, Mr Dugué) où celui qui combat, qui refuse, endure douloureusement ou simplement doute des (non) valeurs actuelles rencontre des semblables. Lui qui se croyait seul, ringard, déviant , coupable grâce aux efforts combinés de tous les suppôts du système en place ! Ce pouvoir, assis sur la haine de soi imposée à ses victimes, à ses loosers, ne peut accepter qu’on sape ainsi sa base.
Je ne suis pas certain que la question soit celle du mensonge ou de la vérité. Plus précisément, l’idée que la vérité devrait être la base de l’information me semble fallacieuse. Que la vérité éclate sur le net ou non ne change pas fondamentalement le problème. Il y a une prétention, une sottise, à imaginer qu’une information « planétaire » soit en rapport avec le réel. En effet, des nouvelles de nature si variée, traitant de mondes si radicalement différents, lointains et incompréhensibles ne frappe pas le spectateur comme un vécu du regard, mais exactement comme une fable audio-visuelle. Dès lors, il n’en retient (et même n’en perçoit) que ce qui entre en résonnance, conforte ses propres fantasmagories, déplaçant ainsi le politique dans le registre du fantastique où « mensonge » et « vérité » sont également dépourvus de sens.
La question de la durée du travail rejoint et conditionne la question de la possibilité du travail (mère de sa notation négative le chômage), et donc du partage du travail. Quelle que soit la religion ou la variante d’athéisme que l’on cultive, il reste évident que le droit premier de chacun est le droit de vivre, donc le droit de gagner sa vie, donc le droit au travail. Une société qui laisse certains de ses membres, de quelque façon qu’on les appelle, patrons, employeurs..... confisquer la possibilité du travail et ne la redistribuer ensuite qu’à quelques uns est une aberration immorale, contre nature, et qui doit donc être combattue..
Le système est connu, copié sur celui utilisé par les malfaiteurs dans le métro ou dans la rue : on aborde le quidam en lui demandant une cigarette (quelque chose d’assez anodin sans réelle valeur), et on mesure à sa façon de répondre quelle est sa capacité de résistance, voire de dangerosité. Patrons voyous jusqu’au bout, ils utilisent la même technique d’approche, proposant des modifications briseuses de tabous, inacceptables, dans le seul but de tester la force de résistance, la détermination de leurs employés. Et, tout comme dans la rue le blouson de cuir, le porte-feuille, voire la carte bleue sont l’étape suivante pour les résignés, les heures impayées, les déqualifications, les salaires non viables seront rapidement le lot des « collaborateurs » (oui, vendre les acquis mérite doublement ce terme) qui cachent leur veulerie derrière les écrans de moraline naïve que leur tendent leurs « saigneurs ».