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Morpheus

Morpheus

Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.

Tableau de bord

  • Premier article le 30/11/2010
  • Modérateur depuis le 07/01/2011
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Derniers commentaires



  • Morpheus Morpheus 8 février 2010 20:05

    @ Gollum

    [quote]Enfin, il faudrait faire la distinction entre le religieux, la religion et les organisations chargées de la chose.. Bien souvent ces organisations sont très insatisfaisantes et bien souvent régressives.. Mais leurs disparitions causent un vide que j’estime encore plus dommageable.. Il suffit de voir le vide du monde moderne.. La disparition de ces institutions, loin d’avoir fait progresser l’homme, l’on fait régresser. D’où une violence latente jamais vue jusqu’ici.[/quote]


    Régressives et [b]répressives[/b], le plus souvent obscurantistes.

    Mais je ne vois pas de disparition de ces institutions. L’Eglise existe toujours et a toujours une certaine influence, par le biais de son organisation, le clergé, mais également de certaines (dérives ?) sectaires, comme l’Opus Dei, par exemple. L’influence de l’Islam sur les sociétés civiles est encore déterminant dans beaucoup de région du globe. L’influence dans certains pays (ex. Pologne pour l’Eglise, Iran, Arabie, Emirats, Pakistan, Indonésie, ... pour l’Islam, USA pour les Eglises protestantes, la scientologie, etc.) est encore plus que présente : incontournable.

    Ne pensez-vous pas avoir une fausse impression de « disparition » du fait que l’Eglise à moins d’influence en Europe de nos jours que durant le moyen âge ? Si c’est le cas, je pense que c’est une illusion d’optique. Certes, la laïcité a, heureusement, repris un peu de terrain sur les religions, mais on ne peut pas dire que celles-ci aient disparus, au contraire : on ne cesse d’en parler et de polémiquer à leur sujet.

    Même s’il est vrai que les polémiques sont largement entretenues par le désir de créer un choc des civilisations dont je soupçonne de plus en plus Israël et le sionisme d’être, sinon à l’origine, de fortement l’encourager...

    Ne pensez-vous pas, au contraire, que la violence que vous soulignez soit plutôt due au fait que les grandes institutions religieuses continuent de faire leur office ? Mobiliser et orienter les peuples ?

    Je crois qu’au moment où l’humanité arrive à l’adolescence, il est bon qu’elle abandonne ses vieilles croyances, comme l’enfant abandonne ses croyances et cherche qui il est, et qui il veut être. Ce passage nécessite une remise en question, qui est bien évidemment délicat : perte d’identité, quête de sens, recherche de soi, ... L’humanité en est là, et ce « vide » que vous évoquez, me semble au contraire nécessaire. Délicat, certes, mais nécessaire : nous ne pouvons éternellement vivre dans la « maison de nos parents » :) Ce qu’à votre façon, vous exprimez très bien par ceci :


    [quote]Le monde a clairement besoin d’une mutation spirituelle...[/quote]

    Amicalement.



  • Morpheus Morpheus 8 février 2010 16:42

    Vous parlez de « pratiquer une spiritualité à la carte », faisant je suppose référence à la philosophie new age. Selon mon expérience, la spiritualité n’est pas tant une pratique qu’une démarche. S’inscrire dans un courant religieux c’est adopter le chemin « spirituel » d’un autre. C’est le chemin de l’autre. Suivre le chemin de l’autre, c’est renoncer au sein, à son chemin, ce dire « je vaux moins que Untel, je dois donc m’éloigner de moi, et allez vers Lui ». C’est se nier, et nier par là même le divin en soi.

    Vous parler de transcendance (s’élever au-dessus de, se situer au delà de, dépasser en étant supérieur, se porter vers l’extériorité), je parle d’immanence (qui réside dans, qui est impliqué dans, opération de l’esprit dont la caractéristique est de s’achever au sein du principe d’où elle émane).

    Le besoin de s’inscrire dans une mouvance collective n’est pas une démarche spirituelle, mais une réponse à un besoin d’être rassuré, par manque de foi, justement : cela rassure par l’appartenance au groupe, par la reconnaissance (du fait d’adhérer et perpétuer une tradition), et par l’idée - fausse - que si la collectivité adopte telle voie, c’est que c’est la bonne. Donc, la religion n’est PAS spiritualité.

    La tradition est-elle une bonne chose ? Oui, s’il s’agit de transmettre une connaissance qui permet à la descendance de devenir autonome et de trouver son propre chemin ; non s’il s’agit d’imposer à la descendance le chemin que l’on a suivit soi-même, et ce même si ce chemin fut bon pour soi-même, car l’univers étant en constante transformation, ce qui est adapté et juste en un temps, ne l’est plus dans un autre, et ce qui est bon pour soi ne le sera pas forcément pour autrui.

    De plus, qui peut dire ce qui est bon pour les autres, étant donné qu’il est déjà bien difficile de déterminer ce qui est bon pour soi ? Mais bien sûr, il est rassurant de voir que d’autres pensent et croient la même chose. C’est ainsi qu’on en vient à faire du prosélytisme et imposer sa foi, sa croyance, SA vérité aux autres.

    Votre vérité vous appartient, nul ne peut vous l’enlever, c’est votre liberté de choix, hautement respectable, dès l’instant où - de quelque manière que ce soit - vous ne l’imposez à quiconque.

    Les grands maîtres n’ont jamais imposés leur chemin aux autres, ils ont partagés leurs connaissances et proposés de suivre leur exemple, non dans la méthode, non dans la forme, mais dans l’esprit, dans la démarche. Ceux qui ont fait - ou font cela, ne sont pas des maîtres, ce sont des manipulateurs.



  • Morpheus Morpheus 8 février 2010 14:43

    @ Gollum

    Vous confondez (j’ose croire, à votre corps défendant) religion et spiritualité. La confusion est fréquente et universelle. Les phénomènes de « croyance », de « spiritualité » et de « religion » sont volontairement confondus, et c’est ce qui contribue à semer doute et incompréhension.

    Une démarche spirituelle peut éventuellement s’inscrire à travers une démarche religieuse, mais cela n’est jamais, jamais nécessaire. Une démarche religieuse peut se faire ans aucune spiritualité, c’est d’ailleurs fréquent. « On » dit que « croire sans voir », c’est cela la Foi. J’affirme que c’est une stupidité sans borne, un mensonge, une tromperie. La Foi - la véritable Foi, celle que l’on attribue aux personnages sacrés, aux saints, aux maîtres, aux prophètes - repose toujours sur l’expérience, et cette expérience repose toujours sur une connaissance acquise dans l’épreuve ? Et qu’est-ce que l’épreuve, si ce n’est affronter ce qui permet de dépasser les limites ? Il n’y a pas pire croyance que la croyance aveugle. La confusion entre Foi et croyance est un fléau.

    La Foi, c’est la confiance. Confiance en quoi ? La confiance dans un processus : la vie. Confiance en qui ? En soi. Non pas dans le « moi » égotique« , mais bien le »soi" jungien.



  • Morpheus Morpheus 8 février 2010 14:22

    @ Roungalashinga

    Les religions sont comme des autoroutes encombrées, où la seule alternative est de suivre celui qui précède, prendre son mal en patience, croire que la voie va bientôt se dégager... ou sortir à la première trémie venue. Sur l’autoroute de la religion, on avance en terrain connu, et en terrain connu, on suit un chemin que l’on sait déjà et on apprend rien.

     

    La spiritualité invite à cheminer en terrain inconnu, à ouvrir une nouvelle voie, une voie personnelle et individuelle, qui est une voie intérieure. On appelle cette voie, la « voie de gauche », du fait de ce que révèle son étymologie : gauche = sinistra, qui veut aussi dire sinistre, inquiétant, funeste,… inconnu.

     

    L’inconnu fait peur, il inquiète et prête à la méfiance. Mais c’est en affrontant l’inconnu que l’on grandit. En affrontant l’inconnu que l’on apprend. En affrontant l’inconnu que l’on se découvre soi-même, que l’on révèle son potentiel, que l’on dépasse ses propres limites. C’est dans l’inconnu qu’il y a mystère. Tous les héros affrontent toujours l’inconnus. Le « héros éternel » (cf. Joseph Campbell) empruntent la « voie de gauche » au moment de s’engager dans l’aventure initiatique.

     

    La religion n’offre, n’enseigne et n’invite en rien à cela, c’est tout le contraire. La religion impose des lois, impose des interprétations dogmatiques, elle impose des façons de vivre, des rituels, des comportements, des façon de s’habiller, de parler, de penser,… La religion a horreur de ceux qui pensent par eux-mêmes, elle a horreur de ceux qui cherchent à interpréter « son » texte autrement qu’elle le fait, elle a horreur que l’on se comporte autrement que selon ses prescriptions. Elle a horreur que l’on suive un autre chemin que celui qu’elle impose.

     

    « (…) les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux. » (Georges Brassens)

     

    La religion se drape des vertus de la spiritualité, mais c’est une contrefaçon, un masque trompeur, un écran de fumée. La religion est ce qui éloigne le plus de la démarche spirituelle. Car la religion est un intrument de pouvoir, pas de connaissance. Et la religion peut prendre bien des formes, y compris celui de la science, car comme tout instrument de pouvoir, elle s’empare des préjugés et des passions populaires, elle affaiblit l’esprit du public, elle sature les peuples jusqu’à la lassitude, elle le frappe d’incertitude par d’étonnantes contradictions et, in fine, elle établit des institutions factices qui répondent à un langage et à des idées tout aussi factices.

     

    La religion trompe le monde !



  • Morpheus Morpheus 8 février 2010 13:40

    C’est vrai, je crois que j’aurais plutôt intitulé cet article « 7 bonnes raisons de ne pas soutenir la religion ».

    Cela dit, le programme du BAC traite-t-il les notions d’interdépendance, d’impermanence et de vacuité débattues par les exégètes du bouddhisme ?

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