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Nycolas

Auteur de romans et nouvelles, naturopathe, blogueur occasionnel et "mystique", utilise son temps à observer le monde et la société par le petit bout de la lorgnette, essayant de mieux les comprendre tant il a parfois l'impression d'y être un étranger... mais au fond, ce n'est qu'un homme... Un homme qui traque les idées reçues, la pensée-réflexe, dénonce l'embrigadement et les conditionnements, et essaye modestement d'oeuvrer à un monde plus intelligent et plus humain.

Tableau de bord

  • Premier article le 30/06/2008
  • Modérateur depuis le 13/06/2009
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Derniers commentaires



  • Nycolas 29 janvier 2009 18:04

    "Ce n’est certes pas pour cela qu’il faut les remettre en cause," Je voulais évidemment employer le négatif... évidemment qu’il faut les remettre en cause, les crimes sexuels, incestueux ou non... mais raisonnablement, en réalisant qu’ils s’insèrent dans une logique sociale complexe, et qu’y aller au marteau piqueur n’a jamais rien résolu, quoi...



  • Nycolas 29 janvier 2009 17:59

    Je rejoins assez nettement votre commentaire philou17, la paranoïa rampante est au moins aussi préoccupante que les crimes sexuels, qui eux existent depuis longtemps. Ce n’est certes pas pour cela qu’il faut les remettre en cause, mais lorsque l’auteur pointe le fait que la société se déshumanise parce qu’il y aurait de plus en plus de crimes sexuels, je suis en désaccord. Tout montre que la criminalité sexuelle est en baisse constante, et heureusement, simplement parce que les consciences évoluent avec le temps, et non parce qu’on induit insidieusement des connotations morales dans les lois... ce qui n’est absolument pas leur rôle.

    Par contre, quand je lis cela dans l’article, je suis tout simplement héberlué :

    "Dans une réunion d’amis, sur 15 couples combien sont concernés ? C’est ce que vous finirez, un jour par vous demander. Ce jour-là vous serez sans doute plus prudent et plus mesuré dans vos tentatives de rationaliser ce crime."

    Est-ce ce genre de chose que l’on doit considérer comme une avancée sociale, comme un progrès moral dont on doit indubitablement être fier ? Le fait de voir des coupables et des victimes partout, qu’est ce que cela apporte ? Qu’est-ce que cela engendre ? Quelqu’un qui se présente dans son profil comme un psy/anthropologue devrait en avoir quelque notion.

    Cela nous fait avancer tout droit vers le Meilleur des Mondes, vers un hygiénisme autant moral que physique où tout le monde devrait être soupçonné, pour le bien de la société. Un monde où comme le fait justement remarquer philou17, l’on en vient à ne plus oser toucher les plus jeunes, voire pourquoi pas, les regarder. Cela va-t-il vraiment aller dans le sens d’un meilleur être de chacun ? Je ne le crois pas.

    Dans le passé, j’ai moi aussi travaillé à la défense des droits de l’enfant, et je suis toujours aussi persuadé que c’est une cause importante pour l’humanisation de notre société. Mais on ne me fera pas tomber dans ce piège hygiéniste et paraoïaque qui consiste à induire l’inquiétude et la méfiance dans l’esprit des gens pour soi-disant leur faire croire qu’ils sont entourés de criminels, de violeurs, de gens malsains, etc.

    C’est vrai que les chiffres des abus incestueux sont effarants quand on les voit (je les ai vus) mais je ne vois aucunement l’intérêt d’alarmer les gens, pour les encourager à tout criminaliser et à tout moraliser. On sait depuis l’ère judéo-chrétienne que cela induit aussi des perversions morales... à force de tout interdire, de tout dénigrer, de tout dénoncer, de tout montrer du doigt, on vivra dans un monde où plus personne n’osera rien faire, un monde de névrosés en somme, ou chacun sera culpabilisé et victimisé en même temps.

    Je terminerai mon commentaire sur une anecdote qui date de l’époque où je travaillais entre autres pour un commité sur la déclaration des droits de l’enfant.

    Mon supérieur hiérarchique de l’époque nous a tenu un laïus que je n’hésite pas à qualifier aujourd’hui de sidérant et de ridicule, bien qu’à l’époque, je n’en avais pas saisi la portée (cela remonte à 10 ans, soit un peu après l’affaire Dutroux). Il nous expliquait, se vantant à moi et à mes collègues, avec un grand sérieux, que dans la boite (un centre social) dans laquelle nous travaillions, il était l’un des seuls à pouvoir porter sur ces genoux une enfant du quartier sans être soupçonné... et il disait cela avec une sorte de fierté du travailleur social qui a gagné la reconnaissance de la population du quartier à la sueur de son travail (il était là depuis des années, et pas de l’ethnie dominante dans le quartier, disons).

    Je ne sais pas si vous saisirez comme moi la gravité de ce propos, dans ce sens qu’il y a dix ans déjà, certaines personnes avaient conscience que la suspicion pesait déjà sur chacun... parents comme travailleurs sociaux... en ajoutant l’ironie du fait que si même des parents peuvent tromper la confiance de leurs enfants, comment prêter un crédit réel à la vantardise de cet homme qui, n’étant qu’un intermédiaire social, peut encore plus facilement qu’un parent être suspecté ?

    Est-ce donc vraiment cette suspicion généralisée que nous voulons instaurer en moralisant et en criminalisant tout, et en allant jusqu’à modifier les lois en leur prêtant à tort un rôle de reconstruction de la psyché des victimes ? Le travail qui consiste à faire prendre conscience aux gens des ravages de tout abus n’est-il pas suffisant, au point de vue de l’ethique et de l’efficacité ?

    Pour ma part il est clair qu’il y a beaucoup à faire pour alerter les gens sur ce genre de problème, qu’il y a aussi un travail de prévention et d’éducation à faire (certains n’ont même pas conscience de nuire ni de se lvirer à des abus... c’est peut-être effarant, mais c’est comme ça) mais il est certain que crier au loup sera inévitablement contre-productif, et produira des dérives pires que le mal...



  • Nycolas 2 janvier 2009 16:28

    Bon d’accord... je ne sais pas pourquoi mon commentaire avait temporairement disparu... maintenant il est en double... Bizarre Agoravox, ces temps-ci. Et désolé donc du doublon (s’il est possible de l’effacer...).



  • Nycolas 2 janvier 2009 16:14

    Bonjour Lucie. Je partage tout à fait votre développement sur le sens de la vie dans une société où tout est resté axé autour du travail, au point que beaucoup ne voient pas qu’à gagner leur vie à la perdre, ils sont passés à côté de beaucoup de choses, tout en ayant eu l’impression illusoire d’avoir participé à l’aventure démocratique...

    Tout aujourd’hui est dévolu au capitalisme et au productivisme.

    Il y a, dans ma ville, sur une place, non loin de chez moi, une statue de Jean Jaurès sur le socle de laquelle figure cete citation : "Il n’y a pas d’idéal plus noble que celui d’une société où le travail sera souverain."

    Il m’arrive souvent de me trouver perplexe devant cette citation... Ce combat était sans doute juste, à l’époque de Jaurès, où les peuples s’émancipaient par le travail.

    Nous savons aujourd’hui que le travail est aussi source d’esclavagisme... le contraire de l’émancipation.

    Alors le travail est-il devenu souverain ? Mais alors quelle est la place de l’homme dans tout ça ? Car si je ne m’abuse, "travail" n’est pas équivalent à "travailleurs"... voilà donc que l’homme est asservi par le travail, une entité impersonnelle et immorale à laquelle il faut jurer soumission ? A t-on trouvé pire que Dieu, comme maître ?

    Il me sempble en tout cas certain qu’aujourd’hui nous devons dépasser ces "nobles idéaux" et se demander même s’ils ne nous ont pas égaré sur le chemin. Aujourd’hui la conditionnement des masses nous pousse surtout à être esclaves de notre travail, parce que cet esclavagisme nous permet de nous soumettre à un autre : celui du consumérisme, de l’argent-roi, qui permet soi-disant d’accéder à tous les bonheurs possibles, alors qu’en fait nous passons notre vie à espérer qu’un jour nous aurons enfin le temps et l’argent d’en profiter...

    Nous sommes donc en réalité les esclaves volontaires de multiples aspects qui ont émergé des luttes syndicales d’autrefois. Voilà ce que nous avons fait de ces "nobles idéaux" : nous en avons fait nos maîtres, et nous avons vendu plusieurs libertés pour une seule autre : la possession matérielle... mais cette liberté en est-elle vraiment une... ?



  • Nycolas 31 décembre 2008 15:52

    "Le vote sarkozyste se situe dans cette perspective. Idem pour le vote Royal. A droite, un de Villepin, plus réfléchi, plus distant, trop intellectuel, n’aurait pas été élu. A gauche, un DSK serait passé pour ainsi dire inaperçu. Un Jospin aurait été ignoré, raillé, éconduit Un Hamon n’aurait recueilli qu’une poignée de voix."

    Le vrai problème, c’est que la démocratie ne devrait pas être le pouvoir d’un seul, comme c’est le cas aujourd’hui, et comme c’est le cas dans toute élection où celui qui est élu par la moitié des votants se voit prétendument accordée la légitimité de gouverner tout un peuple...

    Aujourd’hui on le voit bien avec Sarkozy, les garde-fou sont bien mincespour endiguer les abus du monarque élu...

    La solution résiderait à mon avis dans un gouvernement par une assemblée de représentants du peuple, et non par l’élection d’un unique mégalomane maniaque. Mais quand on voit la pantalonnade qu’est devenue également notre assemblée nationale, sans parler du sénat, il me parait aller sans dire qu’il faudrait refonder tout cela, en précisant bien qu’être représentant du peuple est une responsabilité et non un privilège, comme ça l’est aujourd’hu, avec tout le cortège de multi-mandats que l’on observe...

    Les dérives actuelles, dont le président que le peuple a élu est le premier symptome, montrent bien qu’il faut refonder un nouveau système démocratique... une nouvelle république, ou peut-être même mieux encore... mais allez dire ça aux moules qui s’accrochent à leurs rochers, jusque dans la tempète que l’on connait...

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