Estimer le nombre d’entrée de personne étrangère sur notre territoire à partir du seul solde migratoire pose un problème méthodologique majeur. De fait, il demeure un très mauvais indicateur pour plusieurs raisons cumulatives.
La première est qu’il est indépendant de la nationalité, ce qui n’est pas sans poser problème en ce qui concerne le sujet qui est le nôtre. La seconde, ainsi que Michèle Tribalat le met en évidence, est qu’il se trouve être une variable d’ajustement, qui plus est « au doigt mouillé » (dixit Tribalat), au service de nos statisticiens de l’Ined/Insee, et ce dans l’optique de corroborer les données de recensements. Il n’est donc pas un indicateur fiable, voire même fictif, tant il est vrai que les variations et corrections a posteriori ont pu être massives par le passé (du simple au triple parfois).
C’est bien la raison pour laquelle celui de l’octroi de la nationalité, dont la tenu des registres est infiniment plus rigoureuse, et déjà parce qu’elles ont force de loi, est de mon point vue bien plus performante afin de dégager des tendances qui reflètent un tant soi peu la réalité. Ce qui est bien l’objet pour qui souhaite avoir un panorama qui tende à l’objectivité. Cet indicateur est plus fiable, outre pour la raison qui vient d’être exposée, parce qu’il est aussi fonction de la nationalité d’origine.
En effet, et chacun sera heureux de l’apprendre, pour obtenir la nationalité française, encore faut-il avoir été étranger au préalable, résidant normalement sur le territoire, et donc nécessairement y avoir mis les pied à un moment ou un autre... Il n’y a donc logiquement plus de biais, ni statistiques - ni surtout idéologiques - pour le contester.
J’aimerai également mettre les pendules à l’heure sur la question desdits flux.
En prenant ainsi un indicateur qui est non pas le solde migratoire pour les raisons précitées, mais l’indicateur concernant l’attribution de la nationalité française, et qu’en me limitant aux 16 dernières années disponibles (depuis 95 jusqu’à 2010), la France a octroyé la nationalité à 2,16 millions d’individus (moyenne 135000/an), qui, par définition, n’étaient donc pas français préalablement.
Une simple extrapolation sur les 35 dernières années donnerait, avec certes approximation et en le minorant d’un facteur 2 pour les 19 années précédentes (67500/an), une certaine idée des flux migratoires que la France a pu connaitre sur cette période, soit selon ce calcul 3,44 millions d’individus.
Et comme il apparait qu’il y a, selon les dernières statistiques disponibles (2008), en France, EN PLUS, officiellement 3,7 millions d’étrangers (non-français donc), le total des étrangers (devenus dans l’intervalle français ou non, par naturalisation ou acquisition « automatique » du fait du droit du sol) rentrés en 35 ans sur notre territoire peut être estimé à environ (3,7+3,44) 7,14 millions d’individus.
Rajoutez-y entre 200 et... 800 mille clandestins (fourchette donnée par différents organismes), vous êtes bientôt proche, voire certainement au-delà, des 7,5 millions.
Nous sommes finalement pas si loin que cela des dix millions que les dirigeants du Front national sont amenés à reprendre quelque fois sur les plateaux télés. Car nous nous limitons volontairement ici aux 35 dernières années (depuis en gros 1975 et le regroupement famillial), sachant que les flux les plus importants la France les a connus à la toute fin des années 60 ! Le compte est sans doute bon in fine, et peut être même légèrement en deçà.
Qui peut croire - comme de Gaulle le pensait lui-même - que le corps national puisse intégrer (je ne parle même pas ici d’assimiler républicainement, ce qui dans ces conditions est une grotesque farce) un tel volume en un si (relatif) court laps de temps ? Mélenchon peut-être...
La politique, au sens de système de gouvernement, sert avant toute chose et en dernière instance à assurer ce à quoi l’homme aspire en tant que groupe social historiquement constitué : sa survie.
Et il n’y a de toute évidence rien de plus légitime, où alors nous attendons avec une impatience non-dissimulée que vous nous démontriez le contraire. Au demeurant nous rejoignons d’ailleurs ici des considérations sommes toute assez naturelles, à travers l’instinct de conservation, valable tant pour les individus que pour les groupes sociaux ou les espèces (au sens large).
Ce qui, au passage, est totalement conforté par une simple et rapide étude anthropologique et ce depuis les âges anciens, au contraire de vos purs délires idéologico-maçonniques actuels, sans portée significative. Comme beaucoup en réalité, hélas, vous vous trompez sur la nature humaine. Ce qui explique d’autant mieux vos insuffisances conceptuelles, très adolescentes.
Vous dites : « Dès lors, il est normal que le japon ait décidé de marcher au soleil et au vent, mettant toute son énergie à faire décoller les renouvelables, se disant prêt a prendre la tête des pays industrialisés en matière d’énergies vertes. »
Au lieu de vaticiner, M. Cabanel, si vous nous démontriez, raisonnements rigoureux et démonstration chiffrées à l’appui, en quoi que les énergies dites renouvelables (éolienne, photovoltaïque principalement) seraient assimilables comme vous le faites a des « énergies vertes » ?
En effet, en quoi ces énergies d’APPOINTS (j’insiste), car incapables à elles seules d’assurer une alimentation du réseau en électricité suffisamment stable et constante, par conséquent nécessairement couplées à d’autres type de production d’énergie de masse type gaz/pétrole/lignite/charbon - grand pourvoyeur de Gaz à Effet de Serre - en quoi donc ces énergies peuvent-elles être considérées comme plus « verte » que le nucléaire qui lui, dois-je le rappeler, n’émet pas de CO2, donc de GES ?
La contradiction auquel vous êtes confrontés est massive, M. Cabanel, et il va être difficile de la contourner je le crains.
J’attends néanmoins votre démonstration, M. l’ « écologiste ».
Une question
qui m’interloque Norbert, si vous le voulez bien, concernant la notion même d’antisémitisme,
au sens non pas littéral mais usuel du terme.
En effet
cette notion se rattache historiquement à l’antipathie ou à la détestation des “Juifs”,
au sens qu’ils se sentent appartenir à un même peuple, homogène, ce que l’on
peut légitimement assimiler à du tribalisme ou de l’etho-tribalisme ; et non à
la critique, fusse-t-elle radicale, qui concerne le judaïsme (et que l’on peut
donc rapporter à de l’anti-judaïsme), auquel appartiennent cette fois les “juifs”,
au sens de communauté de croyants ayant réalisé une profession de foi déterminée.
Mais là
est le point d’achoppement : du point de vue d’un non-juif, cette dichotomie n’a
pas lieu d’être puisque précisément l’une et l’autre de ces notions d’appartenance
identitaire sont confondues par le fait même que les instances religieuses
juives n’ont pas seule légitimité de définir qui appartient au peuple des Juifs
(et non des juifs), au nom, ce qui est incontestable, d’une matrilinéarité
elle-même d’essence toute religieuse.
Or
justement les non-juifs, a fortiori les non-croyants, étant extérieurs à cette
réalité philosophique et pratique, non logiquement pas – eux – à se soumettre à
ce diktat imposé par le dogme et l’orthodoxie religieux juif, au même titre
qu’ils se refusent à prétendre la Genèse comme l’horizon indépassable de nos
connaissances actuelles, historiques et anthropologiques.
Ainsi
donc, par déclinaisons successives, un non-juif conséquent (en cela qu’il est
conscient de ce fait cohérent), ne peut définitivement être catalogué ou
suspecté d’antisémitisme, puisque ce concept fait explicitement référence à
un corpus religieux auquel lui-même n’est aucunement soumis. C’est le point
central de la présente démonstration.
Ce qui
ne veut pas dire pour autant, et déjà pour celui-là, que la judéité ne soit ni
artificielle ni irréelle, puisqu’en réalité est juif celui qui ne peut être que
de confession juive (en tant qu’ayant fait profession de foi, et uniquement cela), et ne peut recouvrir en toute logique que cette caractéristique
irréductible. En revanche, celles qu’en font les instances religieuses juives,
et par voie de conséquence l’État d’Israël, sur la base d’une définition
strictement biblique, n’ont certainement pas lieu d’être reprise pour les
non-juifs.
Ainsi donc, pour ces derniers, juif athée = oxymore. Comme de pareil, le problème que pose la dualité intrinsèque au mot juif (avec et sans majuscule) est dissout, pour ne laisser place qu’à ce second terme et par voie de conséquence, cette seconde définition.
Or selon celle-ci, par un renversement de paradigme étonnant, les non-juifs ne peuvent plus être accusés ou suspectés d’être antisémites (seulement et éventuellement »judéophobe", ce qui n’est pas la même chose), et en miroir de ce postulat seuls les juifs le peuvent, puisque seuls ceux-ci sont soumis à cette (première) définition contraignante.
Ou alors j’attends
que l’on me démontre rigoureusement le contraire. M. Finkielkraut peut-être ?