@JPCiron « pourquoi y en aurait-il un derrière la langue hébraïque ? » La langue hébraïque porte une culture autour de la Bible, ce ne sera le cas pour l’Arabe que 15 siècles plus tard. En Attendant, les arabes ne se comprennent qu’à peine et utilisent plutôt l’Araméen comme langue d’échange. Les tribus se font la guerre, ce qui n’est pas le meilleur moyen pour construire une conscience commune. Qu’est-ce qui pourrait unir des tribus du Yemen et des tribus du nord de l’Irak ou du Pakistan ? Cs tribus ne se croisent qu’occasionnellement sur les pistes caravanières. L’Arabie n’est même pas une terre, les arabes circulent sur des terres qui ne leur appartiennent pas en évitant soigneusement tous les péages institués par les pouvoirs locaux. Leur techniques de navigation dans le désert sont très avancées pour cela mais cela ne suffit pas pour construire une culture commune. C’est d’ailleurs la théologie dont l’islam est issu qui sera le moteur de leur union, permettant des victoires qu’ils n’avaient pas pu connaître avec leurs incessantes disputes.
@JPCiron Je ne donnerais pas de date pour l’apparition de l’hébreux. Il existait à l’époque de l’écriture de la Torah à l’époque de Josias, mais au retour de l’exil, c’est l’Araméen qui était parlé par les hébreux. Le peuple hébreux n’a presque rien d’historique, sinon une stèle écrite par des Egyptiens qui ne leur donnent pas beaucoup d’importance. Juda ne disposait pas d’une administration avant Josias qui a bénéficié de la compétence des émigrés venant du royaume du nord, largement plus riche (source : « la Bible dévoilée » de Finkelstein et Silberman). De fait, des rois comme David ou Salomon n’ont pas pu régner sur un pays sans administration, visible par ses bâtiments. Il faut sans doute chercher l’origine de ces personnages ailleurs. Pour Salomon, nous savons qu’il existait une ville, importante à l’âge du bronze, vivant de l’exploitation du cuivre. Mais cette ville était de l’autre côté du Jourdain...
Pour l’Arabe, nous ne disposons pas de sources historiques sérieuses. Il y avait certainement une multitude de dialectes, mais l’Arabe du Coran est spécifique et dérive largement de l’Araméen. Les premières sources écrites datent tout au plus du 6ème siècle de notre ère, soit plus de mille ans après les premières source en Hébreux. L’Hébreux, l’Araméen et l’Arabe sont des langues largement apparentées. On va retrouver des racines consonantiques identiques entre toutes ces langues, ce qui appuie la thèse d’une origine commune. Je ne connais pas le rôle de l’ougaritique, mais Ougarit est très près du lieu où le Coran est né (ne cherchez pas du côté de la Mecque).
@JPCiron « Esdras, cest vers 450 avant JC » Vous avez raison, il y a un décalage, Josias, c’est avant la déportation et Esdras après, mais ces deux personnages sont directement impliqués dans la mise par écrit du texte que nous connaissons.
@JPCiron Y a-t-il un peuple derrière la langue française ? Certainement pas, mais il existe une société culturelle qui partage la langue française et un certain nombre de valeurs issues de l’histoire commune. La Bible indique bien qu’il y a eu des mariages avec des femmes non juives et qu’ils ont intégrés des Juifs convertis. Comme pour la France, ce qui fait le peuple Juif est une culture centrée sur la Bible, mais pas une origine commune. Déjà Josias, quand il a fait mettre la Torah par écrit par le scribe Esdras, il lui a fait faire une compilation de plusieurs traditions provenant de plusieurs royaumes de son époque. Il y avait chez lui l’idée de réunir tout le monde dans son royaume, mais a été assassiné avant que cela soit possible. L’idée d’un grand Israël est né à cette époque et est encore un mythe. Il ne faut retenir de la Bible que ce qui est cohérent et original sur Dieu, le reste étant probablement d’origine humaine. Quel intérêt Dieu aurait-il eu d’écrire lui-même sur les hommes, leurs histoires, leurs envies et leurs crimes ? Les Chrétiens n’ont aucun mal à faire le tri à partir de ce qui a été révélé par Jésus dont l’historicité ne peut plus être contestée aujourd’hui et que chacun peut rencontrer s’il le souhaite.
Les Juifs, des Cananéens, certainement, mais des arabes, cela n’a pas de sens. Arabe n’est pas un peuple ou une race. Etymologiquement, ce mot signifie « nomade » et des nomades, il y en avait du Yemen à l’Irak et l’Inde en passant par la Syrie et le Liban. La descendance d’Ismaël est un mythe dont l’origine semble largement postérieure au premier siècle.
Quand à l’ADN, nous ne pouvons pas conclure sur la situation au premier siècle de notre ère. Il y a peu, un ashkénaze m’arborait fièrement son analyse ADN et tout ce que nous pouvions en conclure, c’est, que s’il était bien ashkénaze par plusieurs allèles, absolument rien ne le rattachait au moyen-Orient si ce n’est un unique allèle provenant d’Arabie Saoudite. Tous ses autres gènes étaient communs avec des Européens de l’Est, de l’Allemagne à la Russie. Que sait-on réellement des gênes de ces Cananéens de religion juive ? Il faisaient partie du monde méditerranéen, l’écriture les rattachent aux Phéniciens. Il est probable que les peuples de la Méditerranée avait la peau beaucoup plus claire qu’aujourd’hui, comme le sont encore les kabyles. Pour le reste, toutes les populations du monde se sont mélangées en 2000 ans et si ce n’était pas le cas, nous aurions plusieurs millions de milliards d’ancêtres au premier siècle (2^60). Donc, tous les habitants actuels d’Israël et nous avec descendent de la totalité des personnes vivantes sur terre au premier siècle et ayant laissé des descendants. Il est probable que les Palestiniens musulmans ou chrétiens descendent bien des Juifs, mais aussi de tellement d’autres peuples au gré des différentes conquêtes que vouloir les caractériser n’a aucun sens. Les gênes blonds dans ma famille proviennent des cadeaux laissés par les Suédois lors de la guerre de 30 ans mais aucun état civil ne relate cette filiation. Pouvons-nous conclure que les Gaulois étaient blonds ? Et ce n’est que le XVIIème siècle. Avant les Suédois, il y a eu les Goths, les Wisigoths, les Ostrogoths, les Huns et les Hautres. Alors, que pouvons nous déduire aujourd’hui sur les ancêtres des Juifs ?