@Rémy Mahoudeaux L’hébreu était la langue de la Bible et était pratiquée uniquement pour la Synagogue et le Temple. Les premiers Chrétiens n’avaient ni synagogue ni temple, ils se réunissent dans des maisons. Les Evangiles ne sont pas des textes liturgiques, mais des témoignages pour l’enseignement. La vocation des Evangiles a été universelle dès le début et ils ont été traduits très tôt dans toutes les langues de l’espace méditerranéen. Par contre, les nombreuses sectes qui gravitaient autour du Judaïsme et qui mettaient la loi juive au premier plan ont utilisé l’hébreu. Qumran n’était pas associé à une religion particulière, il s’agissait plutôt d’un dépôt pour stocker les documents sacrés anciens lorsque de nouvelles versions étaient éditées. Nous disposons ainsi de plusieurs versions des testaments des 12 patriarches. Un comportement totalement étranger au Christianisme, ce qui explique qu’on n’y trouve pratiquement aucun texte chrétien.
La syntaxe de l’hébreu et de araméen sont très proches et nous avons de nombreux mots qui portent la même racine. Mais l’hébreu était une langue réservé aux clercs. A l’époque de St Thomas D’Aquin, le latin était la langue commune entre toutes les populations de langue différentes et les textes administratifs étaient également rédigés en latin. L’araméen jouait ce rôle dans le Moyen Orient du premier siècle et c’était encore vrai au 7ème siècle à la naissance de l’islam. Le Christianisme est né à la Pentecôte de l’année 30. Le fait que l’Evangile ait été annoncé dans toutes les langues ce jour là explique que les premiers Chrétiens n’ont pas voulu limiter la diffusion de l’Evangile à quelques spécialistes lettrés. Les même disciples utiliseraient l’Anglais aujourd’hui pour les mêmes raisons.
@Rémy Mahoudeaux Pour la foi du charbonnier, ce n’est plus guère d’actualité. Vous avez une intelligence, utilisez-la. Pour la Peshitta, je vous conseille la traduction de l’évangile de Matthieu à partir de l’araméen faite par Mgr Alichoran de l’Eglise assyro-chaldéenne qui est encore araméophone. Le livre est fourni avec un CD qui contient un nombre considérable de notes. Vous trouvez aussi beaucoup d’informations sur le site http://www.eecho.fr avec en particulier les travaux du père Frédéric Guigain. Pour la preuve de l’origine araméenne des Evangiles, il faut se pencher sur les signes de l’oralité : rimes, rythmes, symétries et enchaînement. Il n’y a aucune altération de ces signes sur le texte araméen alors que nous n’en trouvons presque plus sur toutes les autres traduction. Sachant que la structure des textes en araméen et dans d’autres langues est conservée, la seule hypothèse possible et qu’ils ont disparus à la traduction et non l’inverse. Ils n’auraient pas pu apparaître sans changer quelque chose de la structure de l’Evangile. Par ailleurs, il existe au moins deux textes différents en araméen qui disent que Matthieu a récité son Evangile pendant 6 ans et qu’il l’a mis par écrit la 7ème année, soit en 37 si nous considérons que la résurrection a eu lieu le 9 avril 30. Ça ne laisse pas beaucoup de temps pour écrire dans une autre langue, d’autant plus que les traductions en grec que nous connaissons sont plutôt datées de la fin du premier siècle.
Tresmontant et Carmignac ont fait une erreur fondamentale. L’hébreu était une langue morte au premier siècle. Son seul usage était liturgique. Elle était vivante avant l’exil et a été ressuscité il n’y a pas très longtemps pour servir de langue commune à des Hébreux bien malmenés par l’histoire. Ecrire en Hébreu, c’est limiter fortement son auditoire. Jésus et ses disciples parlaient araméen et cette langue était parlé sur une grande partie du Moyen Orient, de l’Iraq actuel à la Palestine et l’Arabie. C’est donc tout naturellement que ces Evangiles ont été écrits en araméen. Même pour l’Evangile de Jean qui semble avoir été écrit initialement en Grec, nous savons par les Actes des Apôtres que Jean a été convoqué devant le Sanhédrin, le tribunal religieux. La langue utilisée pour sa défense était encore l’araméen et il a du préparer cette défense et y mettre des marques d’oralité pour pouvoir apprendre cette défense par cœur.
Pour l’Evangile, pas de soucis, en dehors de celui des témoin de Jéhovah qui contient des erreurs manifestes, la plupart des traductions conviendront. Les 24000 manuscrits ou fragments à notre disposition ont été analysés. On a recensé près de 400000 différences, ce qui dépasse le nombre de mots, mais il ne faut pas oublier que ces manuscrits sont dans toutes les langues de la Méditerranée. Sur ces 400000 différences, la quasi-totalité sont des erreurs de copistes. Une vingtaine de différences posent un problème et une seule correspond à un changement de dogme (dans Luc 22). C’est d’ailleurs la version choisie par les Témoins de Jéhovah. Une étude a été menée sur la probabilité de retrouver les noms présents dans les Evangiles sur les pierres tombales et les documents du premier siècle. Tenez-vous bien, la répartition statistique trouvée par les archéologues correspond à ces quatre Evangiles alors que nous ne pouvons en dire autant des Evangiles apocryphes.
@Et hop ! Vous voyez le Catholicisme par le petit bout de la tradition. Ce n’est pas un reproche, car vous n’avez sans doute que ce moyen pour le comprendre. Malheureusement, avec cette méthode vous ne voyez que la culture alors que le fond est complètement différent. D’une manière générale, l’enseignement de Jésus est le même pour tous les Chrétiens et se retrouve dans les textes des Evangiles qui ne sont pas la parole de Dieu directement, mais la parole de Dieu retransmise par des témoins. Néanmoins, les historiens valident au moins la sincérité de ces témoins, car tous les éléments de contexte peuvent être vérifiés par ces historiens. Que vous ne croyez pas à l’enseignement de Jésus vous regarde, mais pour comprendre le Christianisme, il faut comprendre que l’enseignement de Jésus nous parle fondamentalement de l’amour de Dieu pour toute l’humanité et du salut non terrestre qui nous attend, à la condition que nous l’acceptions à notre mort. Si vous savez ça, vous pouvez comprendre la suite. Le développement du Christianisme ne s’est pas fait avec les armes. D’ailleurs quand le pouvoir politique a voulu imposer le Christianisme, cela a toujours été une catastrophe. Parler de Jésus à des personnes qui ne le connaissent pas ne peut se faire qu’avec amour et respect pour ces personnes. Il n’est surtout pas question de couper tout ce qui dépasse et chacun vient avec ce qu’il est. Bien entendu, se convertir, c’est bien laisser tomber ses idoles précédentes (aujourd’hui, ce serait le fric, les addictions, le sexe ou le pouvoir), mais pour le reste, il n’y a pas de problèmes à garder une culture et une langue. Petit apparté tout de même, la date de Noël n’a jamais été la récupération de la fête de Sol Invictus, mais c’est l’inverse. La date de Sol Invictus a été choisie au troisième siècle pour concurrencer les Chrétiens qui devenaient un peu trop visibles dans l’empire. D’ailleurs, si le 25 décembre est proche du solstice, ce n’est pas le solstice et ce serait faire bien peu d’honneurs aux capacités des astronomes romains que de penser qu’ils se sont trompés. En fait, nous pouvons reconstituer la période de la naissance de Jésus par la présence ou l’absence du père de Jean-Baptiste qui comme tout lévite avait ses périodes de présence au Temple.
Si le mariage est un sacrement purement catholique, c’est justement à cause de l’amour de Dieu. L’Eglise Catholique a voulu que l’amour dans le couple cherche à se rapprocher de l’amour de Dieu et en devienne une image pour les couples qui cherchent cet amour de Dieu. Tous les sacrements sont des occasions de rencontrer Dieu, à la condition de le chercher. Il n’y a donc aucune raison de ne pas recevoir ces sacrements. Cette rencontre n’est pas forcément immédiate, elle arrive lorsque nous sommes prêts. C’est cette rencontre qui fonde la foi, sinon, nous restons dans la croyance. C’est pour cela que je ne vous demanderai jamais de croire, mais je vous invite à faire par vous-même l’expérience de la rencontre avec Dieu. Petit indice, cela passe par l’acceptation de son amour pour nous, comme pour le salut.