@Clark Kent L’ordalie est clairement interdite par les Evangiles « Tu ne mettra pas ton dieu à l’épreuve » (Luc 4, 12) et condamnée par le concile de Valence dès 855. Cela n’empêcha pas les tribunaux civils de continuer cette pratique venue de la préhistoire. Elle sera définitivement interdite dans les tribunaux civils par Louis IX (Saint Louis) quatre siècles plus tard en 1258. Encore une fois, les tribunaux Chrétiens ont montré l’exemple aux tribunaux civils... Si les papes ont laissé les rois continuer cette pratique barbare, c’est au nom de la séparation des pouvoirs ; ils n’ont jamais soutenu cette pratique. L’ordalie de la croix que vos décrivez n’a pas vécue longtemps. Instituée par Charlemagne, elle a été interdite par Louis le Pieux en 819 avec l’accusation de de parodier la passion du Christ. L’Eglise y est vraiment pour rien.
Pas de réponse directe, mais « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent » (Matthieu 5, 43-44).
Par ailleurs, le droit au pardon est permanent : « Alors Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. » » (Matthieu 18, 21-22)
et enfin lorsque Jésus annonce au criminel crucifié à côté de lui qu’il sera dès le soir au paradis, cela montre que chacun peut trouver la rédemption.
Le Christ nous demande d’aimer mais ne nous dit pas comment. Il n’y a pas de décrets d’application et il est de notre responsabilité de les mettre en place.
Le droit à la justice est du domaine de César et ne s’oppose pas au Christianisme, mais la manière de penser la justice a évolué en Europe avec l’interprétation que nous nous faisons des Evangiles. Cela ne peut venir d’un coup, il faut une évolution progressive des mentalités. Les Evangiles ne changent pas mais nous, nous changeons. Les tribunaux de l’inquisition ont été les premiers à mettre en place un droit à la défense en Europe. Parce qu’elle est devenu plus efficace, la justice a progressivement perdu sa vertu d’exemplarité pour permettre un compromis entre le droit à la protection des citoyens et le droit à la rédemption du prévenu. Cette rédemption n’est pas possible avec la peine de mort à cause de son aspect définitif. Pour un Chrétien d’aujourd’hui, l’abolition de la peine de mort va dans le sens de l’amour inconditionnel enseigné par Jésus. Nos ancêtres avaient choisis de garder la peine de mort, mais l’aspect exemplarité de la peine dominait une justice moins efficace que la nôtre. Il s’agissait alors prioritairement de décourager les criminels. Nous ne pouvons donc pas juger nos ancêtres sans nous placer dans leur contexte.
@njama Il y a eu un grand changement avec le Christ. Avant, Dieu ne s’adressait qu’à quelques prophètes, mais depuis sa résurrection, il est devenu accessible à tous ceux qui le cherchent. Par ailleurs, il est dit dans les Evangiles qu’il est descendu aux enfers entre sa mort et sa résurrection. On en déduit qu’il est allé chercher les âmes des morts des siècles précédents. Aussi personne n’est vraiment lésé.
« à priori ça paraît très tribal et embryonnaire »
Ce qui est étonnant dans le Christianisme, c’est que sa diffusion n’avance bien que lorsque les armes sont absentes. Les douze apôtre n’avaient que leur parole pour amorcer le mouvement et il y a déjà eu des milliers de conversions le jour de la pentecôte, 50 jours après la résurrection de Jésus. L’apôtre Thomas est allé jusqu’en Inde et en Chine et les communautés fondées à cette époque sont toujours vivantes. Lors de la colonisation en Afrique du Nord, il était interdit pour les missionnaires de convertir les Musulmans. Le Christianisme y progresse beaucoup plus maintenant, en particulier en Kabylie qui retrouve la foi de ses ancêtres. En fait, le Christ s’appuie sur ce qui est le plus petit dans la société. Les puissants sont bien incapables de faire quoi que ce soit de bien dans ce domaine car il leur manque l’amour. S’ils ont provoqué des conversions forcés, ce n’était pas pour le Christ, mais pour assoir leur puissance et cela n’a pas vraiment marché sur le long terme.
« se prévaloir d’une universalité Urbi et Orbi sous la houlette de Rome » Ce n’est pas Rome qui se prévaut, mais les deux milliards de Chrétiens. Le collège des cardinaux et des évêques représente toutes les parties du monde et ce sont eux qui gouvernent l’Eglise. Le pape n’est que l’un d’entre-eux et il n’a pas de voix prépondérante. L’Eglise est universelle parce que le Christ est universel, il n’y a rien de tribal dans sa démarche. Il s’adresse personnellement à toute l’humanité. Il ne tient qu’à vous de le rencontrer.
« essayer de coloniser l’humanité entière avec sa doctrine » Il ne peut y avoir de conversion vers le Christianisme sans la liberté de se convertir. Ainsi, pour pouvez dormir tranquille, on ne viendra pas vous chercher mais cela n’empêche pas de témoigner. Pour accompagner des personnes qui demandent le baptême, il m’apparaît très souvent que la demande qu’ils nous font se produit après une rencontre avec le Christ. Quelque part, nous ne faisons qu’accompagner le mouvement. Il n’y a pas de profil type du convertis, ceux-ci arrivent de toutes les parts de la société, islam compris.
Il y aussi quelque chose que vous ne pouvez comprendre en venant de l’islam car pour devenir Musulman, il faut respecter une infinité de rituels pour chaque acte de la vie. Dans le Christianisme, il n’y a rien de tel. Vous venez comme vous êtes et vous pouvez transposer vos rituels si cela vous chante, tant que vous conservez la compatibilité avec les dogmes. C’est ainsi que beaucoup de fêtes Chrétiennes trouvent leur origine dans les religions anciennes mais ces fêtes sont transposées pour être conforme aux dogmes Chrétiens. Ainsi les Judéo-Chrétiens ont conservé l’application des lois juives sans que cela pose de problèmes. Les complications sont apparues lorsque ces judéo-Chrétiens ont cherché à imposer leurs lois à tout le Christianisme et surtout lorsqu’ils ont remis en cause des dogmes fondamentaux comme la divinité de Jésus. De toutes façons, dans ces querelles, l’habitude est de laisser l’Esprit-Saint agir. Celui-ci encourage toujours l’unité, mais quelques-uns préfèrent s’en remettre au diviseur.
@njama Bien évidemment, je suis d’accord avec Dolors Bramon pour dire que les dogmes du Christianisme sont plus difficiles à accepter. Mais les Chrétiens ont un petit avantage, c’est la présence du Christ vivant et de l’Esprit-Saint qui continuent l’enseignement. Si vous ne savez pas, le plus simple est de demander. Cela paraît totalement absurde jusqu’au jour où cela vous tombe dessus. Cela ne fait pas mal, mais le Christ a toujours des réponses déconcertante et il agit toujours en tenant compte de la personnalité à qui il s’adresse. Ce jour là, vos doutes s’envolent. J’ai reçu une guérison dans une église lors d’une messe. Elle avait été annoncée trois jours avant, mais je n’avais pas cru à ce moment là. Ce n’est pas la guérison qui était importante pour moi, mais le fait que le Christ était bien présent à côté de moi ce jour là et cela a entraîné d’autres conséquences pour ma vie. Qu’on le veuille ou non, la rencontre avec le Christ transforme la personne qui reçoit ce cadeau.
@njama ʿĪsā pour Jésus ? ʿĪsā n’est pas la traduction de Jésus qui serait en arabe Yashoua’ ou Yasūʿ comme le disent les Chrétiens arabes. Il s’agit plutôt de Esau (frère de Jacob) qui est le père des Edomites, ennemis héréditaires d’Israël. Les Hébreux qui ne pouvait prononcer sans s’étouffer « Dieu sauve » en parlant de Jésus on supprimé une lettre de son nom, ce qui a donné Esau. Du coup, les Musulmans arabophones qui ne s’attendent pas à le voir là, risquent de ne pas le reconnaître et vont demander à voir Muḥammad à la place.
« la seule pierre d’achoppement entre christianisme et islam porte sur la Trinité »
Le péché le plus grave dans l’islam est le péché d’association, pire que le meurtre. Or les Chrétiens associent Jésus et l’Esprit Saint à Dieu. Parfois l’Esprit Saint est remplacé par Marie (dans la sourate 5), mais ça c’est une coquille des scribes abbassides qui n’ont pas compris l’humour du texte. L’Esprit-Saint est au féminin en syriaque et les Chrétiens syriaques avaient l’habitude de dire « L’Esprit-Saint, mère de Jésus » sans douter un seul instant que Marie est bien la mère de Jésus. Cette phrase a été reprise sans le recul nécessaire dans le Coran.
Si l’Arianisme a été condamné en 325 au concile de Nicée, Constantin est celui qui a convoqué le concile, pas celui qui a dicté ses décisions.
Sur l’histoire du dogme de la trinité, celui-ci transparaît dès l’écriture des Evangiles. L’opposition à ce dogmes viendra de sectes judéo-chrétienne qui continue à suivre la loi juive. La première contestation sera sur la divinité de Jésus, en particulier par les Ebionites, mais ce dogme est vivement condamnée, par exemple par Justin de Néapolis dans « le dialogue avec Tryphon » en 145. Il sera bientôt suivi par Hegesippe puis par Irénée de Lyon dans « Adversus Haereseis » (Contre les Hérésies). Le concile n’a donc fait qu’officialiser une position qui était de plus en plus claire pour l’Eglise.
Dans l’Eglise Catholique, aucun dogme n’est figé dans le marbre pour l’éternité. L’interprétation que nous faisons de l’écriture évolue en fonction des connaissances que nous pouvons engranger et des enseignements que nous pouvons recevoir directement du Christ ou de l’Esprit-Saint. Le Christ a affirmé qu’il continuerait son enseignement après sa résurrection.
« N’oubliez pas les Unitariens, pourtant chrétiens, ne croient pas non plus aux trois hypostases »
Pour moi, le fait d’être chrétien ne proviens pas de l’affirmation de dogmes dont le contenu peut évoluer, mais de la capacité de communion avec le Christ et l’Esprit-Saint. Cette communion se transmet dans la relations avec d’autres personnes et en particulier d’autres communautés chrétienne et est donc assez simple à déceler. La haine et l’indifférence sont des marqueurs sûrs de l’absence du Christ et de lEsprit-Saint alors qu’une personne qui rayonne de la joie et l’amour du Christ seraidentifiée comme chrétienne. Pour les Unitariens, je ne vois pas comment ils peuvent rayonner de l’amour du Christ, s’ils nient sa divinité. La divinité de Jésus est affirmée par lui-même selon les Evangiles, il me semble difficile de se prétendre Chrétien dans ces conditions. On ne peut faire son marché dans les Evangiles et ne prendre que ce qui semble le plus intéressant.