Nous savons depuis longtemps que les glaciers des Alpes reculent, mais que peut-on conclure sur le climat, compte tenu des inconnues sur la dynamique et le fait que les Alpes ne sont pas la planète ?
« Les chercheurs ont accès aux chiffres »
Pour le labo anglais qui le premier a lancé l’alerte sur le réchauffement, ses données n’ont jamais été publiées et pour aucun chercheur hors de ce labo. Cela suffit à invalider cette étude. Pour qu’une étude soit valide, il faut qu’elle puisse être vérifiée par un autre labo avec des méthodes différentes. Ce n’est pas le cas ici. Une manipulation plus subtile consiste à écarter les mesures par satellites pour la température et à l’inverse, les mesures des stations pour l’élévation des océans. Or les mesures écartées ne vont pas dans le sens politique du GIEC et auraient du faire partie d’une approche globale. S’il y a des écarts, il doit bien y avoir des explications et les problèmes sont sans doute plus complexes que le GIEC veut bien le dire.
Lorsque qu’une recherche est publiée, elle est accessible aussi pour les loufoques. Lorsque je me pose des questions, j’aime bien voir les thèses publiées sur le sujet, même si je ne connais pas ce sujet. La connaissance ne doit pas être limitée à une catégorie de personnes qui s’auto-proclament sérieuses.
« ne plaisaient pas aux lobbys »
C’est un argument d’autorité un peut trop générique, il y a aussi beaucoup d’argent pour la recherche qui tend à prouver le réchauffement et la peur fait vendre les médias et prépare des citoyens obéissants pour les politiques.
« Pour moi s’il y a un consensus de 93% des climatologues » Cette affirmation est tout sauf scientifique. En science, on peut très bien avoir raison contre toute la communauté (Galilée, Darwin....). Le chiffre de 93% me semble bien exagéré et non fondé, compte tenu de la difficulté pour les autres de se faire entendre. Pour obtenir ce chiffre, il me semble qu’il a fallu faire quelques manipulations. Une méthode classique dans la dialectique, c’est d’attaquer les personnes et donc ici leur qualité de scientifique, lorsque l’on a pas d’argument sur le fond. Sur les aspects méthodologiques de la recherche, tous les scientifiques sont compétents et j’ai vu plusieurs scientifiques récusés du fait qu’ils n’étaient pas climatologues alors qu’ils ne parlaient que de méthode, ce n’était donc pas un problème.
Je vous propose une petite vidéo faite par un climatosceptique, mais un vrai scientifique (on ne peut pas être parfait) qui donne une explication claire des enjeux et des limites de l’exercice.
« les hypothèses c’est plus de la croyance ou du marketing » Où est la science dans cette affirmation ?
« Pendant la première partie du XIXème ils croissaient » Le rapport fourni montre plutôt une situation très contrastée avec une croissance par endroit et une décroissance à d’autres endroits (Caucase...). La conclusion du rapport est plutôt saine : on ne peut pas conclure. Je ne peux donc pas aller dans votre sens.
Pour le reste, vous faite une impasse totale sur la dynamique des mouvements. L’augmentation ou la diminution d’un glacier est significative d’événements qui se sont passés de quelques années à quelques millénaires en amont. Comment départager les événement à constante de temps courte (l’ensoleillement par exemple) des éléments à constante de temps longue (l’enneigement ou les périodes glaciaires). Il faut plusieurs siècles pour que la neige descende du sommet à la base du glacier. La diminution de la surface de la calotte glaciaire a sans doute provoqué elle-même un réchauffement de la région par une diminution du rayonnement solaire renvoyé dans l’atmosphère. Il est possible que ce réchauffement ait pu être contrecarré par une augmentation de l’enneigement liée au réchauffement lui-même. Quelle est l’interpénétration de tous ces modèles dans une vision dynamique ? Nous n’en savons rien.
« il faut remonter à l’origine de la cause. » Il faut, mais le pouvez-vous ? De toutes façons, même au tout début, les causes sont forcément multiples et interdépendantes, il n’y a jamais de modèle simple à mettre en œuvre. À sa formation, la terre était chaude et sèche. Il n’y avait pas encore d’océans ni de glaciers et nous ne pouvons pas décrire les enchaînements qui ont abouti au climat actuel. C’est peut-être là qu’il faut chercher « l’origine de la cause ».
« Oui je demande des chiffres car l’auteur met en doute la méthode scientifique sans employer une méthode scientifique » Pour valider une étude, il est nécessaire que toutes les hypothèses soient vérifiées. Pour invalider une étude, il suffit de démontrer qu’une seule hypothèse ne se vérifie pas. C’est beaucoup plus facile. C’est pour cela qu’il faut se montrer très humble avec la science et avouer très souvent que nous avons beaucoup d’incertitudes sur le résultat. La climatologie est une science beaucoup trop jeune pour avoir déjà des certitudes.
« Dans le rapport du GIEC il y a des chiffres avec des tolérances » Certes, mais il manque le plus important : les intervalles de confiance (ce ne sont pas des tolérances, l’intervalle de confiance donne la crédibilité du résultat, la probabilité que le résultat soit situé dans un intervalle déterminé). Il y a eu aussi parfois des chiffres sans accès aux données brutes (donc non acceptables scientifiquement) ou des méthodes de mesure mises à l’index pour non conformité avec le résultat politique attendu.
Le GIEC est d’abord une instance politique qui finance la recherche en fonction de la conformité au résultat attendu. La science qui part du résultat, ce n’est pas de la science. Les scientifiques qui participent aux travaux du GIEC émettent très souvent des doutes qui sont gommés dans les rapports du GIEC. Les politiques ont horreur du doute.
« De la dialectique mais rien de scientifique. » Mais vous en êtes un expert.
@sls0 « Quand on voit le recul des glaciers on a même pas besoin de thermomètre »
Voilà un argument d’autorité qui ne veut rien dire. Pourquoi voulez-vous que d’autres chiffrent ce que vous êtes incapable de faire ? Depuis combien de temps les glaciers reculent ?
N’y a-t-il pas là un effet de la fin de la dernière période glaciaire ? Ces glaciers existaient déjà lors de la dernière glaciation, intégrés dans une calotte glaciaire beaucoup plus grande. Ne sont-ils pas les restes de cette calotte qui n’a jamais cessé de se réduire depuis ? La réduction de la surface de cette calotte n’a-t-elle pas elle-même un effet sur l’évolution de la température et ces lieux ?
De plus, ce recul n’est pas uniforme à la surface de la planète. Même si globalementles glaciers reculent, il se trouvent encore des lieux ou des altitudes où le mouvement est inverse. Connaît-on l’historique de ces mouvements depuis la dernière glaciation ?
@tobor Je suis bien conscient de la fragilité du fœtus, mais est-ce une raison pour le considérer comme négligeable ? Nous sommes tous passé par l’état de fœtus. Si un jour vous devenez handicapé, à partir de quand peut-on vous considérer comme négligeable et disposer librement de votre existence ?