@oscar fortin « elle se présente comme porteuse de valeurs universelles » Ces valeurs sont celles enseignées par le Christ mais l’Eglise est constituée d’hommes. Globalement, ça se passe plutôt bien sur le terrain des paroisses et la plupart du temps dans les évêchés également. Ça se complique un peu au niveau de la haute hiérarchie et de la Curie.La lumière attire les mouches et tout ceux qui entrent dans l’Eglise avec un peu de perversité choisissent la Curie et le pouvoir. Ces personnes ne sont pas très nombreuses, mais choisissent la capacité de nuisance maximale. J’avais eu un simple curé qui avait fait l’ENA puis le séminaire à Rome. Lors de son ordination, il a interrogé l’évêque qui l’accompagnait pour lui demander ce qu’il devait faire. Celui-ci lui a répondu qu’il pouvait faire le choix entre le salut et le pouvoir, mais pour le salut, il devait quitter Rome. La rédemption peut donc aussi toucher les énarques.
La Curie romaine est dans la lumière, c’est elle qui est interrogée par les journalistes, mais ceux-ci ne se déplacent pas beaucoup pour interroger les curés de campagne. Nul doute que les réponses y sont différentes. De toute façon, la curie n’est pas un pouvoir spirituel, leur influence dans l’Eglise Catholique est faible. Ils peuvent parfois rendre des services, comme par exemple lorsqu’il organisent le soutien aux Eglises d’Orient ou lorsqu’ils gèrent les affaires courantes. Le pouvoir spirituel est collégial. C’est l’assemblée des Evêques qui prennent les grandes décisions et occasionnellement les conciles pour les décisions les plus importantes. La Curie avait tout organisé pour que Vatican II soit terminé en 15 jours, mais les évêques leur ont fait un bras d’honneur.
De toute façons, le pouvoir n’est pas pensé comme dans l’organisation d’un Etat. Dans l’Eglise, le pouvoir est d’abord un service, personne ne donne d’ordre. Donc, si vous croisez un prélat imbu de sa personne, évitez-le, il n’est pas disciple du Christ.
On peut dire que Trump a tout fait pour fâcher les cathos. En vouloir construire des barrières ou supprimer l’Obamacare, il heurte justement la portée universelle du message du Christ. Ajouter quelques piques contre le Vatican et la messe est dite.
En fait, en politique rien n’est simple. Comme Catho, cela fait longtemps que je refuse de cautionner qui que se soit et je pense que ce devrait être l’attitude générale de l’Eglise, mais il reste toujours difficile de rester neutre devant les injustices. Les injustices doivent être dénoncées pour ce quelle sont, mais il ne faut pas s’engager dans un combat contre les personnes. Malheureusement, vu qu’il n’y a plus de programmes sérieux, il ne reste plus que la personnalité des protagonistes pour départager et cela devient un piège dangereux. Soutenir l’ordre en place revient à encourager le système de prédation des classes moyennes actuel et soutenir les opposants qui n’ont jamais gouverné, c’est soutenir l’aventure et permettre à d’autres de prendre leur part du gâteau des classes moyennes. La politique est devenue une farce tragique. On attend toujours et en vain que quelqu’un vienne dénoncer la pyramide de Ponzi sur la dette, mais s’il existe quelques personnes qui dénoncent cette injustice, aucune n’a de chance d’arriver sur une quelconque position éligible. Le problème est si technique, que la plupart des personnes n’y comprend rien et pensent que le système monétaire actuel est construit pour notre bien. Il faut dire que pendant ses premières années de fonctionnement, tout allait pour le mieux, jusqu’à ce que la dette finisse par grossir comme prévu dans ce système. La hiérarchie de l’Eglise n’y voit toujours que du feu et se laisse manipuler. Il reste tout de même l’économiste jésuite Gaël Giraud qui n’arrête pas de dénoncer ce système, mais qui l’écoute ?
« qu’il faut d’abord changer les cœurs avant de vouloir changer les structures »
Le message du Christ est de changer les cœurs et laisser les politiques s’occuper de leur boulot. Ce n’est pas le rôle de l’Eglise de changer les structures. L’Eglise ne doit soutenir ni les dictateurs, ni les révolutionnaires. Aucune de ces formes politique ne respectent réellement l’humanité. On peut se sentir bien dans un mouvement idéologique, mais tout mouvement idéologique se construit face à un ennemi qu’il faut détruire. Le Christ nous apprend à aimer nos ennemis, ce n’est pas compatible.
L’idée même d’un gouvernement mondial fixe des limites à la tolérance. Tout gouvernement utilise la contrainte pour régler les problèmes.
La Franc-maçonnerie s’est construite sur des principes équivalents, mais il fonctionnent d’abord pour eux-mêmes et leur tolérance est loin d’être universelle.
Le tangrisme reste une idéologie parmi les autres. Comment réagissent les « tangristes » quand leurs principes sont contestés ? C’est un peu facile de dire qu’ils sont compatibles avec toutes les religions s’il n’ont pas étudié la possibilité d’une réciproque. Le relativisme en religion n’est jamais une option, car chaque religion a des principes forts qui doivent être préservés. Les grandes religions ne peuvent pas exister depuis des millénaires et être solubles dans une autre religion Pour exister, le tangrisme a besoin d’absorber les autres religions, mais quelle religion se laissera faire ? Personne ne peut être Chrétien et Tangriste, Musulman et Tangriste, Bouddhiste et Tangriste... Quelle place restera-t-il à ses fidèles, coincés derrières les grandes religions ?
Par ailleurs une religion « à la carte » ne peut être que le fruit d’une société où l’individualisme règne en maître. On ne veut plus subir les contraintes des grandes religions, alors on va faire son marché dans ce qui nous semble compatible avec notre ego, mais le résultat de « l’égoïsme », c’est la guerre et non la paix. L’homme n’est plus très loin de se proclamer Dieu.
@Las_Casass Ce verset fait référence à la naissance d’Adam.Les versets suivants sont parlant : « Les anges, donc, tous ensemble se prosternèrent, sauf Satan, qui s’enfla d’orgueil et fut du nombre des mécréants ». Cette prosternation avec la chute de Satan est rappelé sur s2,32 (ou Adam est explicitement cité) et s7,12. Là où ça devient intéressant, c’est lorsque l’on rapproche ce texte d’un texte juif plus ancien, le livre d’Adam (extraits de 3, 14-21). « Quand Elohim insuffla son Souffle en toi, tu reçus la ressemblance de son image, alors Michæl vint et Il te prosterna devant Elohim. Elohim dit à Michæl : – Voici j’ai créé Adam à la ressemblance de mon image. Alors Michæl somma tous les anges et Elohim leur dit : – Venez, prosternez-vous devant l’Elohim que j’ai fait. Michæl s’inclina le premier puis il m’appela et dit : – Toi aussi, prosterne-toi à Adam. Je dis : – Va-t’en Michæl ! Je ne me prosternerai pas vers celui qui est postérieur à moi, car je le précède [...] Alors Elohim devint en colère contre moi et commanda de nous expulser de notre habitation et de nous jeter sur terre, moi et mes anges qui étaient en accord avec moi »
On peut voir que le mot Esprit dans le Coran a remplacé souffle du texte juifs qui me parait plus juste, concernant la naissance de la vie.
Mais Adam est compté parmi les prophètes par les Musulmans. Il est donc normal que l’Esprit de Dieu souffle en lui, de la même manière que pour ‘Îsâ, le nouvel Adam. Rien n’indique dans le Coran que cet Esprit est donné à tous les hommes, ni que cet Esprit est l’âme. Il manque donc une inférence pour pouvoir terminer le raisonnement.
Enfin, Quand il est écrit que l’âme ne souffre pas, il ne faut pas oublier que le mot enfer et ses homonymes sont cités 150 fois dans le Coran, et il ne s’agit pas du corps qui est envoyé en Enfer. Il s’agit bien de l’âme. Est-ce que cela aurait un sens, s’il s’agissait d’une partie de Dieu ?
L’auteur de l’article n’a pas ce problème de cohérence à partir du moment où il ne fait plus référence à la lettre du Coran. Il use de sa liberté de penser et structurer sa foi. On peut être gêné d’entendre le mot Islam dans ce cas, mais s’il respecte les 5 piliers de l’Islam, qui peut lui refuser l’appellation ?
« Pour ce qui est de mon âme, elle est une infime partie de Ta lumière, elle ne périra et jamais ne souffrira ! »
J’essaie de comprendre les Islams et franchement, je m’arrache les cheveux. J’ai mis Islam au pluriel, car il me semble que ce qui sépare les différents groupes est beaucoup plus important que ce qui les rassemble. Il me semble qu’il s’agit ici du soufisme mais je ne vois pas une telle affirmation dans le Coran. L’idée d’une âme partie de Dieu est beaucoup plus proche du Bouddhisme que du Christianisme ou du Judaïsme. Je classerai cette affirmation dans les gnosticismes, avec la présence de Dieu. Dieu n’est pas présent dans tous les gnosticismes, les Chrétiens qui ont choisi cette voie ont fini par chasser Dieu de leur existence pour aller vers le culte des Esprits (les Djinns). Dans l’Islam, Dieu ne se révèle pas, ce qui fait que cette interprétation n’est pas incompatible, mais je ne vois pas trop comment faire cohabiter l’idée que l’âme ne périra ni ne souffrira avec la notion d’enfer et de paradis, telle qu’exprimée dans le Coran.
Partir du soufisme pour modifier l’Islam sunnite risque d’être très problématique. Les salafistes reprocheront toujours cet éloignement de la lettre du Coran et ils ont raison quelque part. Voltaire n’a jamais fait évoluer le Catholicisme. Il me semble préférable d’étudier le sens des mots du Coran à la lecture des textes primitifs araméens et Syriaques. Ces textes nous sont une aide pour la lecture de l’arabe classique dont les racines puisent dans ces langues. L’écriture arabe est défective (plusieurs sens pour un mot) et la compréhension du texte passe par une recherche des racines des mots dans ces langues. Des études (scientifiques et non musulmanes) ont déjà déblayé le terrain, mais il reste un obstacle de taille : admettre que le Coran n’est pas incréé et est une compilation de textes anciens. Ceux qui ont écrit le Coran avaient une grande familiarité avec les textes juifs et chrétiens, mais le lien avec ces textes a été coupé volontairement, ce qui rend le Coran très difficile à interpréter. Retrouvez les liens pour retrouver le sens des mots et l’Islam changera radicalement.