@Jean-Pierre Llabrés Je comprends bien qu’il ne s’agit pas de spéculation, mais la question que je pose est justement de supprimer les intérêts sur cette partie utile de l’économie. Si nous voulons avoir de l’emploi, il ne faut pas rester debout sur la pédale de frein. S’il est envisageable de prélever des intérêts sur la spéculation, c’est beaucoup moins défendable lorsqu’il s’agit de créer de la richesse. Par exemple, lorsque vous achetez une maison, il peut être envisageable de payer des intérêts sur le terrain ou une construction ancienne, mais pas sur les travaux qui vont permettre de développer la richesse. C’est encore moins pensable lorsqu’il s’agit de construire une école ou un hôpital qui créée une richesse non financière. Tout ne peut pas se réduire à de la finance. Un investissement peut créer des richesses non financières (quelle est la valeur de la santé ou de l’éducation ?). La déification de la monnaie est un écueil.
Tsipras est un politique comme les autres ; incapable d’imaginer un avenir qui ne soit pas une extrapolation du présent. Vafourakis avait un plan de sortie et Tsipras a eu peur et l’a refusé. Pour une fois qu’il y avait un ministre des finances qui était visionnaire et tout a été gâché.
Nous allons vers la même débâcle en France, car personne ne veut voir la catastrophe qui arrive. Cette catastrophe pourrait être évitée, mais elle arrivera parce que aucun politique en France n’a le courage de faire le nécessaire. Ceux qui ont reconstruit la France après la guerre n’étaient pas issus des partis politiques et cela fait une grosse différence.
@Jean-Pierre Llabrés « le Dividende Universel que je propose serait généré par les profits d’une Épargne investie dans l’économie réelle marchande. »
Je comprends bien les idées généreuses qui sont à l’origine de cette pensée, mais d’un point de vue pratique, il me semble que c’est une fausse route car nous ne sortons pas de la pensée capitaliste. Pour moi, l’épargne ne devrait jamais produire de revenus directs. La monnaie est un outil de création de richesse, mais n’est pas la richesse. l’Epargne doit donc être utilisée et non stockée et la richesse créée en est le revenu. Mais cette richesse n’a rien à voir avec la monnaie : Nous devons plutôt considérer comme richesse : la santé, l’éducation, un environnement agréable, un toit pour tous ou de la nourriture en quantité suffisante. Si nous demandons un rendement financier à la création de richesse, nous commençons alors à comparer des choses non comparables et nous ne faisons plus de choix pertinents. Ainsi, il faut plus de 20 ans pour toucher les dividendes de la construction d’une école et ces dividendes ne sont pas directement financiers (tout de même une amélioration probable du rendement de l’impôt) et le créateur de l’école n’est pas le bénéficiaire le plus direct, donc il n’a pas à supporter les intérêts. Si nous cherchons le dividende financier, nous ne devons plus construire d’école, car ce n’est pas immédiatement rentable.
Nous ne pouvons pas faire l’impasse sur une analyse de la nature de la richesse, car cela conditionne l’ensemble de nos choix. Une grande partie des erreurs économiques que nous faisons provient de la désignation de la monnaie comme richesse. Nous avons remplacé Dieu par l’argent.
Siriza ne s’est pas donné les moyens d’une autre politique. Ils auraient pesé autrement plus dans les négociations s’ils avaient préparé une sortie de l’Euro avant la fin des négociations. Ils pouvaient imprimer des billets en douce et menacer de les sortir. De mon point de vue, ils ont eu une idée géniale de nommer Vafourakis aux finances, mais ils n’avaient ni la capacité ni la force pour suivre ses innovations. C’est d’ailleurs une caractéristique générale des partis politiques d’être incapable d’imaginer un futur différent et d’innover pour cela. Ils se sont, au contraire, replié sur ce qu’ils pensaient savoir faire.
Dans ces conditions, je ne vois pas en quoi une telle démarche a un intérêt en France si on est incapable d’aller au bout. Le problème n’est pas d’avoir un parti de gauche, le problème est d’avoir des personnes capables d’imaginer et conduire un futur différent. Aujourd’hui, il n’existe pas de parti en France capable d’aller au bout de cette démarche.
D’après ce que je comprends, la conférence est sur l’éthique. Dans ces conditions, si on veut parler du 11/9, la seule discussion possible est sur les méthodes de travail et non sur les conclusions des travaux. Ils me semble donc que les conférenciers incriminés ait fait preuve de peu d’éthique en amenant le sujet sur les conclusions. On peut toujours réfuter une étude mal conduite, mais les conclusions opposées n’en deviennent pas vraies pour autant.