Encore une fois : c’est « skirlet » avec un « i ». Vous ne voudrez tout de même pas que je vous appelle Phylyppakos ?
Voui, je sais, ça émettait vers l’étranger. Ca n’annule pas le fait que vous ne connaissez pas ces commentaires destinés aux concitoyens et non aux étrangers. Ensuite, c’est encore une fois un procédé insidieux qui vise à nous créer une image défavorable. Une attaque personnelle démontre l’absence d’arguments.
« On », c’est un... Euh, de qui parlez-vous ? Moi, je suis calme comme un boa constricteur, selon une autre expression russe
« Dès qu’on parle de Zamenhof on sent qu’on touche a sacré. »
Non, c’est votre imagination qui vous joue des tours. Mais il est vrai que calomnier quelqu’un en insinuant que c’est un gourou n’est pas « fair play », comme le disent les anglicismophones
« Volapuk qui est l’ancêtre de l’espéranto, si j’ai bien saisi ? »
Pas bien saisi. La seule chose qu’ils ont en commun, c’est l’idée d’une langue internationale, mais les principes, la grammaire etc. etc. sont très différents.
« Ensuite il faut accorder vos violons. »
Leçons de morale, non merci
« Lire en une heure, apprendre en quelques jours, je ne l’ai pas inventé, c’est vous qui l’avez dit. »
Encore faut-il lire les phrases en entier. Lire en une heure - oui, et si on connaît déjà un alphabet latin, ça va encore plus vite. Tant pis, je vous donne un aperçu :
a=a, b=b, c=ts, ĉ=tch, d=d, e=e, f=f, g=g (gué), ĝ=dj (djibouti), h=h aspiré, ĥ=jota espagnole, i=i, j="i" court (comme dans « fille), ĵ=j, k=k, l=l, m=m, n=n, o=o, p=p, r=r (roulé), s=s, ŝ=ch, t=t, u=ou, ŭ="ou court" ( »w« anglais), v=v, z=z. Une lettre correspond à un son, dont la prononciation n’est pas influencée par les lettres voisines ; pas de combinaison de lettres comme en français »eau« , »au« , »ch" etc., pas de lettres muettes, l’accent tonique fixe sur l’avant-dernière syllabe.
Quant à « apprendre en quelques jours, » vous déformez de nouveau nos propos. Oui, il est possible d’apprendre les 16 règles d’orthographe en quelques jours, mais pas toute la langue.
« vous soutenir tant bien que mal dans vos contradictions (natifs, pas natifs par exemple) »
Visiblement, vous avez lu les réponses un peu en diagonale
« vous parlez du turc par exemple, exemple typique de langue agglutinante »
L’espéranto présente plusieurs traits d’une langue agglutinante, ce qui l’apparente avec le turc. Mais personne n’a dit qu’il est facile de retenir l’ensemble des racines turques, ce que j’ai dit plus haut : le vocabulaire est la phase la plus longue dans l’apprentissage de langues.
« Il faudrait m’expliquer comment il en serait différemment pour un natif de langue non indo-européenne vis-à-vis de l’EO. »
Et vis-à-vis de l’anglais ? Oui, il mettra plus de temps pour apprendre les racines, mais il sera libéré des exceptions, de la prononciation chaotique, des verbes irréguliers etc.
« Je passe sur Skyrlet qui compare l’hébreu moderne à l’EO »
Premièrement, c’est « skirlet » avec un « i », je vous prie. C’est un pseudo, mais la nétiquette dit qu’il ne faut pas déformer les pseudos. Deuxièmement, on ne vous a pas appris qu’il est impoli de passer sur les gens ?
« gens qui ne comprennent pas, et ne veulent pas comprendre, que ce ne sont pas les règles, si simples soient-elles, qui font les langues, mais bien les langues qui font les règles »
Ca dépend des règles. Tous les enfants disent « chevals » et se font corriger, mais pour l’instant ce mot n’est pas rentré dans les règles. Si le féminin en français se fait le plus souvent par l’ajout de « e », il est très probable que cette règle ne changera jamais. Comme j’ai déjà dit (mais il faut répéter à ceux qui ne lisent pas), les règles de l’espéranto déterminent le strict minimum, le reste peut évoluer librement.
« je ne compte pas les nuits passées à relire des textes qui devaient être rendus le lendemain »
« Relire », pas « traduire ». Nuance, comme le disait Vassili Ivanovitch
« l’aurore, par exemple, trois mots EO, en connaissez-vous les nuances ? »
Meuh oui, très cher « Aŭroro » est davantage poétique, « tagiĝo » c’est juste le début du jour, et « matenruĝo », c’est quand il faut souligner la couleur du ciel.
« Eh bien je vous fiche mon billet que le citoyen allemand utilisera »tagigo« plutôt que »auroro« . »
Perdu. Il utilisera « tagiĝo » dans une conversation courante et « aŭroro » dans la poésie.
« Mais je dois me tromper, une fois de plus... »
Vous auriez dû fiche votre billet ici, parce que c’est gagné
« La comparaison entre les caractères chinois et les alphabets cyrilliques me laisse rêveur aussi »
Et moi, je suis étonnée de votre capacité de déformer les propos. Il n’y aucune comparaison. Ils n’ont en commun qu’une chose - être des écritures non latines, ce qui ne les empêche pas de diverger fortement sur d’autres aspects.
« Il existe un concept dans une langue qui est »le niveau de langue"
Ah bon ?.. Oh, merci d’avoir éclairé notre lanterne... Je croyais que c’est la chose qu’on apprend au primaire
« Géographique, pas concevable puisque dans ce monde idéal tout le monde parle la même langue, sociale pas concevable non plus puisque tous les espérantistes sont égaux, sans discrimination de quoi que ce soit. »
C’est quoi ce délire ?.. La traduction traduit justement les réalités décrites dans un livre, pas ailleurs. On n’a jamais dit que tout le monde doit parler la même langue. Tant pis, je recopie :
« L’espéranto, on le propose vers l’âge de 9-10 ans, quand les bases de la langue maternelle sont en place, et le continuer un an ou deux, pour disposer d’un moyen de communication et passer avec autant plus d’efficacité à l’apprentissage des autres langues, choisies librement et sans contrainte. »
Le reste de votre phrase est tout aussi faux. L’espéranto n’a pas l’ambition de gommer les différences sociales, éducatives, financières etc. Ne nous attribuez pas ce que nous n’avons pas dit.
« Et ce »niveau de langue« c’est là-dessus qu’on joue dans une traduction et c’est en partie ce qui constitue les nuances. »
Les niveaux ne sont pas équivalents d’une langue à l’autre, cela est vrai également pour l’espéranto.
« me semble vouée à l’échec »
Chez nous on dit « quand ça »semble« , il faut faire un signe de croix » On parle du vécu, et vous des choses qui vous « semblent ». Encore une fois très constructif. Mais bon, avez-vous mieux pour la communication internationale ? Le français est votre langue maternelle, alors pouvez-vous affirmer que vous connaissez tous les argots, tous les nuances du jargon technique etc. ? Sûrement pas. Mais comment voulez-vous qu’un étranger, qui a déjà plein de choses à apprendre au sujet de sa propre langue, puisse maîtriser tout cela et en plus se faire comprendre par un autre étranger ?..
« Déjà deux millions (et encore en comptant les débutants) en plus d’un siècle, quel succès ! »
Du 0 à 2 000 000 000, oui, c’est un succès. Surtout si on considère que c’est la deuxième (et souvent plus) langue, qu’elle n’a jamais eu à sa disposition de puissance économique et militaire, que ses locuteurs a subi des représailles sévères dans certains pays, qu’elle reste interdite en France dans le cadre d’activités scolaires (comparer à l’anglais obligatoire de facto), qu’elle s’est répandue sur tout le globe sans aucune violence (pas comme l’anglais, le français ou l’espagnol, pour ne citer qu’eux)...
« Le rapport entre les traductions automatiques et l’EO c’est que les deux fonctionnent pareillement : Associer un mot à un autre, sans trop se soucier de l’ordre des mots »
Encore une bêtise. Et de taille. L’ordre de mots libre ne veut pas dire que tout est permis. D’ailleurs, l’ordre de mots est libre en russe ; oseriez-vous prétendre que c’est « automatique » ou « robotique » ?
Pour finir, lisez « La nobela burĝo », alias « Le bourgeois gentilhomme ». Vous aurez une bonne démonstration des niveaux du langage... mais bon, cela demande un effort, il est plus facile de rester avec les clichés.
« Zamenhof, le maître à penser, disait que le Volapuk était une langue morte »
Il a exprimé son avis, dont il a le droit, et vos tentatives de le présenter comme un gourou possessif sont assez maladroites, cher Philippakos. En plus, vous avez oublié de préciser que Zamenhof disait cela de volapük dès 1900, quand il est devenu clair qu’on pe peut vraiment pas parler cette langue (son auteur même regardait le dico tout le temps, et aucun congrès de volapükistes n’a été fait en volapük). Par contre, je vous livre ici la lettre de Zamenhof à Schleyer (traduction française) :
"Cher et estimé Monsieur !
Je vous envoie de fruit de mon long travail, en signe de mon profond respect pour un noble idéaliste qui a travaillé pour l’humanité, sans craindre les moqueries des foules. Personnellement, je comprends très bien, combien vous avez dû souffrir, parce que moi-même, j’ai parcouru la même route : quand mon travail fut prêt, durant quatre années j’ai dû attendre et être la cible des moqueries incessantes, - avant d’avoir la possibilité d’éditer mon livre.
Quand j’ai entendu parler du volapük il y a 5 ans, je n’ai pas renoncé à mon travail, car la construction du volapük ne m’a pas paru tout à fait pratique ; je me suis dit qu’une langue mondiale devait être avant tout compréhensible, et que tout cet important matériau qui est déjà devenu de lui-même international, devait rester inchangé. Dans une langue qui devrait devenir mondiale, on peut créer uniquement la petite partie qui diffère d’une langue à l’autre ; tout le reste doit demeurer inchangé. Car personne ne possède une force de loi telle qu’il puisse créer une langue pour le monde entier selon sa propre volonté, et la vie entière d’un homme n’est pas suffisante pour créer ex nihilo l’infinie multitude du vocabulaire d’une langue, avec tous les noms des pays et des villes, avec tous les innombrables mots techniques etc.
Je respecte votre noble désir d’être utile à l’humanité ; avec ma réelle estime pour l’auteur du volapük, je ne travaille pas contre le volapük mais pour l’idée. L’idée d’une langue mondiale est sacrée pour moi, et quelle que soit la forme sous laquelle l’humanité l’aura, je serai content et heureux. Si on me démontre que mon travail est nuisible à cette idée, je détruirai moi-même mon travail, bien que je lui aie consacré la meilleure part de ma vie ; si le monde est incertain dans son jugement, la « Langue internationale » restera ensemble avec le volapük, comme deux amis qui ont le même but dans la vie. Soit l’une des deux langues mourra d’elle-même, soit l’humanité aura deux langues, et même cela vaudra bien mieux pour le monde que de rester sans langue internationale du tout.
Pardonnez-moi de vous écrire dans ma langue : je ne le fais pas par malice mais pour vous donner un exemple de ma langue.
Très respectueusement,
Esperanto"
« Aux remarques remplies d’optimisme sur »l’espéranto sans peine« , je voudrais bien voir quelqu’un dont la langue est écrite par idéogrammmes lire l’espéranto en une heure »
Posez la question aux espérantistes chinois, c’est plus logique. Je vous signale également que l’alphabet latin, on est obligés de l’apprendre déjà pour les maths, par exemple. C’est pour cela que l’alphabet latin ne pose pas de problème aux Russes, mais les Français (et non seulement eux) sont carrément horrifiés devant un alphabet à écriture différente Mais cette reproche que vous faites à l’espéranto s’applique également à broken english, si cher à certains, car l’alphabet est toujours latin, mais les règles de prononciation sont infiniment plus compliquées
« quelqu’un de langue non indo-européenne (un turc par exemple) apprendre le vocabulaire espérantiste en quelques jours »
Le vocabulaire, c’est la phase la plus longue dans l’apprentissage d’une langue. Par contre, les Turcs trouvent beaucoup de similitudes avec leur propre langue dans le fonctionnement de l’espéranto. Je connais aussi un cas inverse : un espérantiste russe qui a cartonné à la première leçon du turc, toujours à cause de la grammaire. Le prof ne voulait pas croire que cette personne j’a jamais étudié le turc
« Comme si le monde entier était à égalité devant l’espéranto. »
Non, mais il l’est bien moins devant l’anglais.
« Affirmer qu’une langue qui n’a pas de passé est nuancée, c’est une bonne plansanterie, n’est-ce pas ? »
C’est la stricte vérité. Vous devriez venir sur les forums des gens qui trasuisent de et vers l’espéranto et voir, comment ils discutent les nuances.
« matinée, aube, aurore, jour »
« Matinée » est la même chose que « jour » ? Très intéressant Sûr qu’ils ne sont pas interchangeables.
Enfin, voici les équivalents en Eo :
aube - tagiĝo, ektagiĝo
aurore - aŭroro, matenruĝo, tagiĝo
matin - mateno
matinée - antaŭtagmezo
« En espéranto vous n’avez ni bergère ni Marquise, ni argot, ni aristos. »
Lisez les traductions de Maupassant, vous verrez les différences du style.
Il est vrai qu’en espéranto il y a moins d’argot, mais d’un côté, ce domaine du langage est difficilement traduisible d’une langue à l’autre, et ensuite l’espéranto a pour vocation première de servir à la communication internationale. Mais ne vous inquiétez pas, il y a des gros mots et des insultes, pour ceux qui en ont besoin
« Un simple code collé aux mots élémentaires. »
Comment juger le goût d’un plat sans l’avoir goûté ?.. Comme dans une phrase devenue célèbre en URSS : « Je n’ai pas lu Pasternak, mais je le désapprouve profondement »
« Avez-vous au moins conscience que vos discours ressemblent à s’y méprendre à de la propagande, dans ce qu’elle a de moins objectif et de plus fanantisé ? »
C’est ce que j’ai dit. Juger sans savoir.
« je vous conseille les traductions automatiques pour réaliser qu’on ne peut pas systématiser la traduction »
J’adorrre la traduction automatique... Rien de mieux pour rigoler un coup
« PAS DE LANGUE SANS USAGE QUI VA AVEC »
Ben, il y en a l’usage... L’hébreu moderne a le même âge que l’espéranto, vous ne lui reprochez tout de même pas le manque d’usage ?
« Et assez de propagande espérantiste »
C’est une tribune libre ici, comme sont nom l’indique : Agoravox Nous, on parle de notre expérience. Vous dites « ça ne peut pas être, parce que ça ne peut être jamais ». Très constructif.
« qui font un peu penser aux interventions des commentateurs à la radio soviétique ou chinoise dans les années 70 »
Vous les avez entendus, ces commentaires ? Ca m’étonnerait que vous puissiez les écouter et comprendre en VO