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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

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  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 23 octobre 2007 09:13

    @Marvejols

    Je pense que vous faites une erreur d’analyse sur la psychologie du vote. Un parti ne peut prendre le pari de présenter des candidats inconnus et peu implantés, quelque soit l’élection, que dans une dynamique électorale. Celle-ci peut provenir soit d’un succès récent (« vague électorale »), comme l’élection d’un président de la république, soit d’un fort rejet du candidat ou de la majorité en place. Ainsi, des candidats inconnus pouvaient facilement se faire élire s’ils étaient PS en 1981 ou UMP en 2007, ou RPR-UDF en 1993, PS en 1997.

    En revanche, quand un parti est en situation difficile, comme l’était le MoDem juste après l’élection présidentielle, seule la notoriété des candidats ou des circonstances locales particulières permettent de sauver les meubles.

    PLus généralement, c’est la raison qui me pousse à penser que le rejet, par un certain nombre des nouveaux adhérents du MoDem, des rares anciens UDF restés au MoDem est une attitude suicidaire. Les élections municipales et cantonales de 2008 démontreront je pense que seules les localités où anciens et nouveaux ont réalisé une union sans lutte de pouvoir, en s’appuyant sur la notoriété des anciens, donneront des résultats honorables au MoDem, mis à part dans les très grandes villes où l’élection est plus politisée.

    @Céline : je partage votre avis sur le rôle des millitants. C’est un point clé qu’aucun parti n’a réussi jusqu’à présent à résoudre... La difficulté est de parvenir à organiser une participation réelle des adhérents d’un parti, qui forment ses forces vives et sont sources d’idées et d’information sur la réalité politique, et une organisation fonctionnelle qui permette à un parti de se présenter aux élections sans être parasité par des débats internes confrontationnels.

    Sur ce point, je pense, par expérience (professionnelle et associative plus que politique), que l’exigeance de nombreux adhérents du MoDem d’un système "démocratique’ passant par des votes systématiques est vouée à l’échec, car par essence source de divisions. La solution passe pour moi par un système d’établissement de consensus, sans vote (sauf décision qui engage l’avenir du mouvement par exemple). Ce système permet à tous de s’exprimer, et de prendre en compte l’essentiel des préoccupations des membres d’un groupe, avant qu’une décision ne soit prise. Si le(s) responsables jouent le jeu, et comme il est rare que des membre d’un même parti/groupe soient totalement opposés sur un sujet, on arrive généralement à trouver un consensus qui satisfasse à 60-80% des revendications d’un groupe, ou qui permette de dégager des leaders/candidats.

    Cela demande du temps pour la discussion (on ne peut aboutir à un consensus dans l’urgence), mais se révèle en général beaucoup plus efficace que le vote car l’essentiel des membres adhère à la solution trouvée, ce qui évite les froissements d’ego et autres amabilités.



  • Voltaire Voltaire 22 octobre 2007 13:31

    Décidément, les sympathisans du MoDem font dans l’autoflagellation en ce moment...

    D’un certain côté, je comprends leur impatience. Beaucoup sont des néophytes en matière politique, et ont justement rejoint un nouveau mouvement non seulement par adhésion à son projet politique mais aussi dans l’espoir d’y trouver d’autres moeurs moins sclérosés, où ils puissent débattre et participer activement à l’élaboration d’un projet de société.

    Mais la dure réalité vient brutalement doucher leur enthousiasme : le MoDem est un parti dépourvu d’organisation, dont beaucoup de cadres ex-UDF sont partis, qui a peu de moyens, et qui doit faire face à une urgence électorale. Ajouté à cela la présence d’un certain nombre de militants qui ont rejoint un mouvement par ambition plus que par conviction, et on comprend assez vite les raisons du flottement actuel.

    Néanmoins, pour compréhensible qu’elle soit, cette impatience doit sans doute être modérée.

    Le MoDem dispose tout d’abord d’une chance exceptionnelle : un espace politique intact. Entre une UMP de droite à l’anglo-saxone, et un PS enfoncé dans ses querelles et idéologiquement rigidifiée, la vision sociétale du mouvement démocrate a tout son sens.

    Second élément positif : un leader incontesté. François Bayrou demeure l’un des responsables politiques les plus respectés, et il ne peut y avoir de guerre des chefs dans son parti.

    Troisième élément à prendre en compte : l’urgence électorale du moment. Sans doute échaudé par la mésaventure des élections législatives, où une pléiade de candidats nouveaux et peu implantée se heurta à la dure réalité du scrutin, avec pour résultat un score inférieur à 5%, la direction du MoDem a choisi l’efficacité avant l’idéologie pour nommer ses têtes de listes. C’est sans doute frustrant pour nombre de militants, mais à quelques mois d’une élection, se lancer dans des élections internes, sources de division dans un parti à peine creé, aurait sans doute relevé du suicide.

    Plus inquiétant mais aussi compréhensible est la lenteur de la mise en place d’une structure ordonnée dans ce nouveau parti. Certes, son congrès fondateur n’aura lieu qu’en décembre, et ses dirigeants se heurtent à des impératifs légaux et politiques, qui concernent le devenir de l’ancienne UDF. Mais, même sans moyens important, il existe apparemment un déficit d’information qui encourage l’agitation interne. IL s’agit là d’un maux récurrent dans la famille centriste, qui n’a jamais su s’organiser autour d’un secrétariat général efficace. Simple inconvénient en temps de vaches grasses, ce déficit devient une faute dans des périodes agitées. Pietre organisateur lui-même, François Bayrou devrait se mettre sérieusement à l’ouvrage sur ce thème, mais il devrait néanmoins bénéficier d’une certaine indulgence jusqu’au congrès fondateur.

    Enfin, le MoDem dispose d’un dernier atout, à double tranchant ; ses adhérents. Motivés, dynamiques, ceux-ci constituent un réservoir inestimable d’idées et d’actions. Laissée sans guidance, cette énergie (comme chez les Verts) risque cependant de se retourner contre son propre mouvement. Par chance, les prochaines échéances électorales (il en vient une tous les ans ces prochaines années, sauf en 2011) devraient permettre à ces énergies de se libérer au profit de ce nouveau mouvement politique, s’il réussit à s’organiser correctement d’ici là.



  • Voltaire Voltaire 17 octobre 2007 16:33

    @Mr Reboul

    Je vous remercie.

    Sur le fond, je suis d’accord avec vous sur la stratégie de Nicolas Sarkozy. Et il me semblerait sucidaire pour le MoDem de passer une alliance nationale. Mais les élections municipales sont différentes, et n’ont pas de signification politique identique aux élections législatives. De plus, le PS a clairement fermé la porte au MoDem, de façon assez brutale. Si le MoDem ne veut pas se retrouver sans élus locaux (ce qui signifierait sa mort), il doit bien trouver des alliances... Or, si il est évident que le projet de société du MoDem pour la France est très différent de celui du président de la république, rien n’empêche au niveau municipal de trouver des accords sur un projet local. A ce niveau, c’est la qualité du projet et le nombre d’élus possibles qui doit primer. Je ne connais pas la situation à Angers, mais à Paris, le maire à clairement indiqué son refus de toute alliance avec le MoDem. Comme ce dernier n’est pas en situation de gagner seul, il sera bien obligé de négocier, au premier ou au second tour, avec l’UMP. Du moment que c’est en fonction d’un projet d’avenir cohérent, cela ne me semble pas aberrent.

    Le MoDem va déjà se prendre une claque aux cantonales en raison du mode de scrutin, je ne pense pas que ses dirigeants soient sucidaires au point de refuser toute possibilité d’avoir des élus municipaux...

    Quant au PS, ne pensez-vous pas qu’il porte aussi une responsabilité dans les alliances du MoDem ?



  • Voltaire Voltaire 17 octobre 2007 14:27

    Cher Monsieur Reboul,

    Vous pouvez être en désaccord avec mes analyses, mais je vous prierai de laisser au vestiaire vos allusions blessantes. Je ne suis en service commandé pour personne, et donc certainement pas pour un parti qui n’existe pas.

    Je pense que l’historique de mes écrits est suffisamment éloquant pour démontrer mon indépendance.



  • Voltaire Voltaire 17 octobre 2007 09:35

    Je ne répondai pas à vos commentaires en détail ; je m’efforce de faire une analyse la plus objective possible des faits, dans un ton assez caustique qui je le comprends peut êre assez irritant. La vérité est souvent désagréable, mais je ne cherche pas à plaire ou à être élu...

    Je ne reviendrai donc que sur l’histoire des primaires à l’italienne. Sur le fond, cela me semble un assez bon système : si les démocrates organisaient une primaire vers 2010 entre DSK, Bayrou, voire même Vilepin, pourquoi pas...

    Mais vous aurez remarqué je l’espère que cette primaire ne se déroule pas 4 mois avant les élections ! L’expérience de la primaire socialiste, où la candidate finalement retenue 6 mois avant l’élection n’a jamais pu rassembler son camp devrait vous faire un peu réflêchir.

    Je ne suis certainement pas un afficionado de Mr Bayrou, et j’ai toujours été très partisan de la démocratie dans les partis politiques. Mais il faut un minimum de réalisme : à quelques mois des élections, avec un parti non structuré, Bayrou et le MoDem n’avait aucune autre solution que de désigner le plus vite possible des têtes de liste s’ils voulaient avoir une chance de peser sur ces élections, en évitant toute bagarre interne qui disperserait les énergies.

    Pour le reste, je vous renvoie effectivement aux Verts : un très bel idéal démocratique, et un cauchemard dans la réalité. A vous de choisir...

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