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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

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  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 13 avril 2007 16:42

    Cher Ludovic,

    Pas mal de choses à commenter !

    Tout d’abord en ce qui concerne ma réponse à Anthony, merci de la relire... J’indique bien que voter pour ses idées, ou son candidat, est hautement légitime et respectable. Ce que je mets par contre en doute, c’est l’aspect « réaliste » de ce vote. Si par réaliste, on entend maximiser les chances de battre Nicolas Sarkozy bien sûr.

    En ce qui concerne l’élection de Mme Royal en Poitou-Charente, il s’agit d’une élection dans le cadre d’un rejet de la droite lors d’élection de mi-mandat, toujoursfavorable à l’opposition (la gauche l’emportant dans 20 régions sur 22...).

    En ce qui concerne les budgets, il est évident que l’UDF et Bayrou ont mis un certain temps à évoluer. Mais combien de bon projets ont été voté par le PS... Le système d’opposition systématique est dûr à briser.

    Quant au sénat, il était impossible à l’UDF de renverser la majorité avec le PS : il existe un groupe (celui des RDSE) qui était suffisant pour que l’UMP ait une majorité (ce petit group a une majorité de séateurs de droite et a fait l’appoint quand l’UDF s’opposait).

    En ce qui concerne l’élection de Bayrou en 2002, franchement, qui s’en soucie ? La raison pour laquelle l’UMP n’a pas nommé encore de candidat contre les 27 députés UDF est évident : ils avaient plus à perdre qu’à gagner. Mais il faut accepter qu’une page se tourne. Si l’on regarde systématiquement en arrière le positionnement et les actions de chacun, on ne risque pas d’avancer, et on trouve pas mal de choses peu reluisantes dans chaque camp. 2007 est l’occasion de tourner une page, sans cela on en reprend pour au moins 10 ans.

    Je ne fais donc pas de militantisme pro-Bayrou. Je présente une anayse qui me semble la plus pertinente. Après, il faut savoir ce que l’on veut : l’extrême gauche ne revendique pas le pouvoir, ils sont dans une lutte d’idées, d’actions, et voter pour leurs candidats est tout aussi légitime qu’un autre vote. Mais si l’on souhaite influer avec des chances raisonnables de succès le résultat final, alors on prend ses responsabilités.



  • Voltaire Voltaire 13 avril 2007 15:24

    @Anthony

    Le PS accepterait-il de passer un accord avec l’UDF pour les législatives entre les deux tours, si Royal fait face à Sarkozy ? Vous connaissez la réponse aussi bien que moi...

    D’après le Canard, Bayrou aurait indiqué à ses proches qu’en cas de duel Sarkozy-Royal, il s’abstiendrait de tout soutien, et essyerait, à partir de son bon score, de résister pour préparer 2012.

    Il sait que Sarkozy serait élu, et que les pressions sur l’UDF seraient immenses. Mais faute de recomposition du PS, il n’a pas le choix. Je pense qu’il essayerait de provoquer des triangulaires et qu’il en remporterait quelques unes. Il a réussi à sauver son parti en 2002, dans des conditions encore plus difficiles... Lui n’a que 27 députés à perdre... L’UMP part de 366 ! Et les élections de mi-mandats, régionales et européennes, qui sont à la proportionnelles, lui seraient très favorables. Mais pour le PS, je crains le pire.



  • Voltaire Voltaire 13 avril 2007 14:19

    Vous faites erreur. Je ne réduits pas du tout la gauche au PS. L’existence d’un vote anti-libéral puissant en France, en dehors du PS, démontre bien le problème de la gauche et du PS : faute de clarification, celui-ci demeure floue et ambigüe. Il serait pour moi bien plus logique et légitime que la gauche du PS crée avec les mouvements anti-libéraux un parti de gauche puissant, et le reste se fonde en un parti social-démocrate tout aussi puissant. Les votes seraient clarifiés, les alternatives plus tranchées.



  • Voltaire Voltaire 13 avril 2007 14:14

    Je suis conscient du courage politique, voire de l’abnégation, que constitue pour un électeur de gauche l’idée de soutenir un gouvernement qui comprenne des responsables de droite. De la même façon, il faut, il faudrait, il faudra bien du courage aux responsables politiques de gauche pour accepter un tel projet de gouvernement.

    La situation est bien sûr bien plus confortable pour les électeurs et responsables du centre : eux n’ont qu’un petit pas à faire vers l’un ou l’autre, tandis que ceux, de droite ou de gauche, doivent se faire violence après tant d’années de conflit.

    Mais de quoi parlons-nous ici ? Du destin politique de quelques hommes et femmes, de l’avenir d’un parti, de quelques places sur l’échiquier ? Ou d’un choix de société, qui va nous engager et engager sans doute un peu l’avenir de nos enfants ces prochaines années ?

    Cette élection est un cap, un tournant. Quelque soit le résultat, il nous engage pour un certain temps. Vous savez combien le ou la futur(e) président sera difficile à vaincre en 2012, surtout si celui-ci s’appelle Nicolas Sarkozy, tant le sortant dispose d’atouts, et parfois en abuse.

    Et pourtant, sociologiquement, les français, pris dans leur ensemble, sont plus prêt à élire un président de droite plutôt qu’un président de gauche. Mais ils sont aussi plus prêt à élire un président du centre plutôt qu’un président de droite ou de gauche.

    Le projet de Michel Rocard est effectivement celui que les électeurs de centre-gauche préfèreraient. Mais, en raison de la composition même du Parti Socialiste, son repésentant n’est pas en mesure de le porter. Il en eût été bien différent si ce leader avait été DSK, mais ce n’est pas.

    Sur la table n’existe donc que le projet de François Bayrou. Ce projet, parce qu’il est porté par un candidat du centre, se projette à égale distance vers la droite que vers la gauche. Il n’en est bien sûr que plus difficile à accepter pour la gauche, mais aussi pour la droite. Mais c’est le seul.

    Nombreux seront les électeurs de gauche, ou de droite, à voter pour leurs idées, leurs affinités, et c’est justifié.

    Mais si un petit nombre, mais un nombre suffisant, ne parvient pas à se faire violence (et après 2002, c’est d’autant plus difficile), alors le résultat est connu d’avance.

    Ce que les appareils refusent, ce que les cadres réfutent, seules les électeurs ont le pouvoir de l’imposer. François Bayrou a ses défauts. Son projet a ses défauts. Son programme a ses défauts. Mais, comme le dit Michel Rocard, il est compatible avec une certaine idée de la société, de la démocratie, des libertés, de la France, que se font les sociaux démocrates, les écologistes modérés, les gaullistes modérés...

    Le parti socialiste refuse toute idée d’accord avec l’UDF et son président. C’est un fait. A ses électeurs de décider.



  • Voltaire Voltaire 13 avril 2007 13:50

    Une fois n’est pas coutume, je me permets, cher Bernard, de copier-coller le commentaire que je viens de faire à propos de son article sur Nicolas Sarkozy. Pour cette fois, je ne me placerai ni d’un point de vue scientifique ni sur celui de l’analyse politique, mais juste sur celui de l’homme.

    « J’ai longtemps hésité avant de commenter ici le »dérapage" de Nicolas Sarkozy à propos du caractère soi-disant héréditaire de la pédophilie. D’abord parce que cela m’avait paru si énorme que je pensais que cela serait vite balayé comme un propos déplacé et mal exprimé (je n’avais pas regardé l’intégralité de l’interview), ensuite parce que je ne pensais pas que Nicolas Sarkozy confirmerait plus tard son opinion.

    Mais, et pour en revenir au sujet de l’article, parce que comme l’immense majorité des contributeurs et lecteurs d’Agoravox, je ne suis pas de la génération de la seconde guerre mondiale.

    Il a donc fallu une conversation avec ma mère, qui a elle vécu la guerre, pour que je comprenne avec quelle émotion ces propos sont venus rappeler à toute une génération la façon dont le nazisme justifiait la chasse aux juifs.

    Ni moi ni ma mère ne sommes juifs. Elle est la dernière d’une famille de 10 enfants, dont deux sont morts pendant la guerre. Native de Lille, comme moi, elle a donc vécu cette guerre en zone interdite, subit les privations, les bombardements... Mais rien ne l’a plus marqué, jeune enfant, que cette étoile jaune, qui était accrochée à la poitrine de certains habitants, avant qu’ils ne disparaissent.

    J’ignore l’impact qu’aura effectivement ce « dérapage » sur les électeurs de Nicolas Sarkozy, dont bien sûr peu ont l’âge de ma mère. Et je n’ignore pas que Nicolas Sarkozy ne pensais pas à cela en tenant ses propos.

    Mais je peux vous rapporter ce que m’a dit ma mère, après en avoir discuté avec une voisine, de la même génération et du même âge, elle aussi plutôt à droite : Sarkozy : jamais. "

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