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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 21 novembre 2006 10:31

    Je pense qu’il ne faut pas confondre performance télévisuelle et puissance de conviction lors de réunions internationales.

    François Bayrou est remarquable en discours (autant que D. de Villepin, et bien plus que J. Chirac par exemple, et bien sûr que Mmr Royal), chose utile dans l’arène internationale.

    Il est aussi convaincant en tête à tête (l’excellente vidéo réalisée par Nicolas Voisin en témoigne), et a une expérience approfondie du milieu européen (contrairement à Sarkozy et Royal), qui lui a permis de fédérer au sein du parti démocrate et libéral européen plusieurs partis nationaux (italiens, britaniques, néerlandais...) assez dissemblables au sein d’un parti charnière qui est maintenant incontournable au parlement européen.

    Son handicap résiderait donc plus d’après moi dans une maitrise moyenne de l’anglais, mais il est là à égalité avec N. Sarkozy et sans doute meilleurs que Mme Royal (et je ne parle pas de JM Le Pen... la crédibilité internationale est bien sûr une immense faiblesse du candidat FN).



  • Voltaire Voltaire 20 novembre 2006 22:24

    Merci Graindesable.

    L’expérience, et des réactions dans mon entourage, suggèrent que les gens votent bien pour une personne à l’élection présidentielle, bien plus que pour un projet (évidemment, ce vote ne s’éloigne en général que peu de leur « sensibilité » politique).

    Le hic est qu’ils ne cherchent que rarement à creuser au delà du vernis médiatique, ce qui peut les exposer à de cruelles désillusions.

    La plupart des fois, ils sont donc influencés par un nombre assez restreint d’impressions, justes ou fausses. Il faut cependant tenir compte cette fois du rôle grandissant des media alternatifs (internet) pour une part de la population non négligeable, mais pas encore majoritaire.



  • Voltaire Voltaire 20 novembre 2006 20:24

    Ce moment dans l’émission m’a assez choqué.

    Après l’exposé, assez long, de la galère apparemment vécue par cette femme, Bayrou commence par dire que ce récit l’a touché. Il se fait sèchement rembarrer par cette dame qui l’accuse de bonnes paroles plutôt que d’agir. Soit, même si Bayrou n’avait pas fini d’intervenir et qu’il était sans doute effectivement touché.

    Mais la suite nous apprend (non transcrit dans le passage cité ici) que cette dame aurait écrit au président de la république, au premier ministre, à différents ministres, au préfet etc...

    D’où la réaction de bayrou qui est de dire que ce n’est pas le préfet qui va régler ce type de problème et de tenter de répondre plus sereinement avant de se faire couper.

    Comme Bayrou, je me suis aussi posé la question de savoir si cette dame était juste un peu mythomane (franchement, écrire à tous les politiques du pays quand on est au chômage, cela me semble assez peu constructif ; j’aurais pu comprendre d’aller voir son député, mais là...), où s’il s’agissait en réalité d’une mise en scène, car cela ne tenait plus la route.

    Je dis cela non pas pour défendre Bayrou, que j’ai, comme indiqué précédemment, trouvé un peu faible ce soir là, mais pour emettre un doute légitime sur ce témoignage qui, contrairement aux autres, m’a semblé décrédibilisé par son auteure.



  • Voltaire Voltaire 20 novembre 2006 16:25

    Merci pour cette information très intéressante.

    Le projet de loi a sans doute besoin d’être affiné, mais il pose un problème qui vaut la peine d’être discuté à l’assemblée nationale.

    Je crois qu’il existe dans d’autres pays, (et notamment aux Etats-Unis) des lois de ce type qui garantissent l’indépendance des médias, il serait utile d’y regarder de plus près, afin de vérifier quelles solutions peuvent prévenir le contournement de ce type de mesures sur le capital des groupes de presse.

    Il est certain que l’on est arrivé en France à une concentration assez nuisible des principaux groupes de presse, donc cette proposition de loi par l’UDF, même si bien sûr elle ne sera pas votée (et je suis curieux de voir la position du PS), a le mérite d’exister.



  • Voltaire Voltaire 20 novembre 2006 16:11

    Cher Bernard Dugué,

    Je me permets tout d’abord de re-poster mes impressions sur ce débat, avant de vous répondre de façon plus générale :

    Comme d’autres intervenants, j’ai aussi trouvé que François Bayrou n’avait pas été aussi bon lors de cette émission que l’on aurait pu s’attendre. Son erreur a sans doute d’avoir essayer d’affronter Jean-Marie le Pen sur son terrain, celui de l’idéologie, plutôt que de l’amener sur celui qui fait la force de Bayrou, des propositions qui dépassent les clivages.

    C’est d’ailleurs sur ce sujet que Bayrou a marqué des points : sa réponse au restaurateur en forme de proposition sur la possibilité de création de deux emplois sans charges pour toutes les entreprises été très convaincante.

    Bon point aussi sur l’Europe, quand Bayrou réaffirme qu’il lui parait impossible de régler un certain nombre de grands problèmes à l’échelle strictement nationale, Le Pen reconnaissant d’ailleurs assez élégamment leurs différences sur ce sujet, mais j’ai cru percevoir que l’argument portait même sur Le Pen.

    Un dernier bon point sur l’attitude générale de Bayrou envers les « gens du peuple » invités : il était le seul à vraiment s’intéresser à eux et à les écouter, plutôt que d’avoir l’attitude de certitude classique des politiques.

    Mais il a manqué de percussion sur d’autres sujets alors qu’il avait pourtant dans sa besace beaucoup de propositions concrètes qu’il aurait pu/dû faire valoir.

    Côté Le Pen, il ne s’est pas trop mal sorti de l’exercice, même s’il ne l’a pas franchement emporté non plus, ce qu’il aurait sans doute fait il y a quelques années.

    Face à ses contradictions, il a pu faire l’anguille et asséner quelques éléments de sa vision avec une certaine cohérence. Cependant, son âge se voit et se fait sentir, même si son électorat y est peu sensible. Son principal handicap est d’avoir conservé une vision des remèdes digne des années 50-60 alors que la société a changé en profondeur.

    Arnaud Montebourg et Patrick Devedjan ont été moyens, pas grand chose à dire. A. Montebourg s’est efforcé de mettre en avant le projet de S. Royal, de façon assez peu convaincante, et P. Devedjan a tenté de mettre F. Bayrou dans les cordes sans y parvenir. L’un et l’autre ont essayé de défendre leur poulain, mais cela manquait de fraîcheur.

    Pour conclure, je pense que ce débat a été une occasion manquée pour François Bayrou de prendre un ascendant net, mais il a pu néanmoins confirmer sa droiture, ce qui n’est pas si mal. Le Pen n’aura pas perdu d’électeurs lors de ce débat non plus, je penche donc pour un match nul.

    La force de Bayrou est dans son projet, nouveau, de société et de gouvernance, il faudra qu’il l’exprime de façon plus convaincante, quant à Le Pen, c’est justement son point faible qu’il s’efforcera toujours de cacher.

    Cher Bernard, votre article est un point de vue personnel, une réaction à chaud.

    Il faut, me semble t-il, se méfier à la fois de prendre une décision à chaud (c’est fait, adieu François), et d’imaginer les répercussions possibles d’un seul débat.

    Sur ce second point tout d’abord, François Bayrou n’est pas le meilleur débatteur à la télévision. C’est un fait. Est-ce si crucial ?

    Si oui, Mrs Besancenot et De Villier feraient des scores bien plus élevés que les leurs.

    Si oui, Mme Royal se serait fait aplatir par Mrs Fabius et Strauss-Kahn lors des primaires du PS...

    Si oui, Mr Sarkozy a déjà remporté l’élection de 2007...

    Il faut ainsi se méfier de l’impression que peut nous donner un débat politique. Les gens ont parfois des réactions inattendues que ne perçoivent pas les commentateurs plus « avisés ».

    Ensuite, et de façon plus importante, un citoyen prends t-il sa décision de vote sur un simple débat ?

    Un débat peut influer, un peu, mais en général, c’est à la marge, sauf coup de théâtre.

    Les mauvaises prestations de Mme Royal, lors des débats et même lors de meetings, ne lui ont pas été fatales, car les raisons profondes du vote des adhérents socialistes étaient ailleurs (côte de popularité, chances de victoire, désir de changement...), et mettaient la « performance » de Mme Royal au second plan.

    François Bayrou mettra toujours, ce qui peut aussi bien être un atout qu’une faiblesse, son humanisme avant le reste. C’est sa personnalité. Il a donc eu tort d’attaquer le Pen sur l’idéologie, mais c’était viscéral, on ne se refait pas. De même qu’il était certainement sincère en étant ému par le témoignage de la première intervenante qui l’a rembarré, mais aussi le seul à s’intéresser au vécu des autres « gens du peuple ».

    Curieusement, alors que l’on oppose souvent l’idée que les présidents « de droite » font passer la France avant tout, et ceux de gauche, les français d’abord, Bayrou est sans doute dans cette seconde catégorie. Encore une fois, c’est sa personnalité, qu’il ne changera pas.

    La question est de savoir quels sont les critères de choix pour un candidat... Est-ce sa personnalité, son projet, sa vision ? ou sa performance en débat télévisé ?

    Bayrou est médiocre dans ce type de débat, mais excellent en discours. Il est perçu comme droit et honnête, mais a encore besoin de progresser sur sa force de conviction. Il a démontré une volonté peu commune, et un courage politique certain, mais beaucoup hésitent sur sa capacité à affirmer ses idées dans une arène politique impitoyable. Il est convaincant sur son désir de moraliser la vie politique et de dépasser les clivage, mais encore floue sur son projet politique.

    Quels seront, au bout du compte, les critères qui l’emporteront ? Difficile à dire, car cela dépendra des autres candidats ! Nul candidat n’est jamais parfait aux yeux de l’électeur, et rares sont ceux qui entraînent une adhésion aveugle. L’électeur triera donc parmi ceux qui lui sont proposés. Entre Royal, Bayrou, Sarkozy et Le Pen, qui sera choisi ? Je ne parierai pas... en tout cas, pas encore

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