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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 4 mai 2009 13:31

    Je vous recommande plutôt une autre fable, mieux adaptée à ce livre et à ce qu’il dénonce, celles des animaux malades de la peste :

    « Selon que vous soyez puissants ou misérables
    Les jugements de cour vous rendrons blans ou noir »



  • Voltaire Voltaire 4 mai 2009 10:50

    L’ouvrage de François Bayrou est un pamphlet. Brillant, subjectif, passionant, irritant... il n’y a rien de mou dans l’ouvrage. Qu’il est loin le temps où l’on se gaussait de ce centriste... Et c’est bien pourquoi la carricature de Bayrou aux guignols ne fait plus rire : trop éloigné du caractère réel. Toute satyre se doit de contenir un fond de vérité.

    Dans ce livre, François Bayrou dénonce en réalité une dérive extrême. Traditionellement, droite ou gauche négligeaient l’un des aspects du triptique sur lequel repose notre société, liberté, égalité, fraternité. Un peu moins d’égalité pour la droite, un peu moins de liberté pour la gauche (quoi que). Pour François Bayrou, le Sarkozysme est une boule qui dégomme deux quilles sur trois, et laisse la troisième chancelante. Privée de ses fondements, la société « à la française » s’effondre, et nombre de citoyens avec.

    En se proposant de renforcer de façon équilibrée ce tryptique, Bayrou souhaite reconstruire notre société sur ses bases, issues du siècle des lumières. Bien sûr, l’auteur force le trait, mais il marque le point.

    Il suffit de lire les éditoriaux, aux antipodes, des deux grands quotidiens que sont Le Figaro et Libération ce matin, pour se rendre compte de l’impact dévastateur et refondateur de cet ouvrage.

    D’un côté, Paul-Henri du Limbert (excusez du peu...), dans le Figaro (qui a aimablement censuré mon commentaire, mais quand on prend le pseudonyme de Voltaire, peut-on s’en émouvoir...) illustre l’inquiétude qui s’empare soudain du conservateur ampoulé. En feignant de reconnaitre au président du Mouvement Démocrate une certaine habilité politique, qu’il habille de Mittérandisme (l’insulte suprème de la droite antique), il le dépouille de toute prétention constructive, le réduisant à un simple opposant critique, bon sur la forme, creux sur le fond. Ce mépris qui relève de la méthode Coué révèle bien l’impuissance d’une droite qui aurait tant à perdre, et se retrouve confrontée à une impuissance panique vis à vis d’un opposant que rien ne soumet.

    De l’autre, Laurent Joffrin, dans Libération, en vient à espérer une vaste alliance anti-Sarkozyste, de la gauche de la gauche à Bayrou, qu’il espère encore menée par le socialisme. Erreur fondamentale d’appréciation que de réduire Bayrou à un simple opposant : François Bayrou, comme il l’exprime à la fin de son ouvrage, ne s’indigne pas par principe. Il est porteur d’une vision, d’un projet de société, qui est aussi différent de celui du NPA que du sarkozysme. Pour qu’une élection ait un sens, et se révèle constructive, voire reconstructrice, il est essentiel que l’électeur vote « pour » un projet, et non « contre » un autre ou son représentant.

    On le voit, par ce livre, François Bayrou poursuit sa démolition méthodique du paysage politique français. Que ce livre ait été écrit par cet ancien reponsable de la droite, plutôt que par un homme de gauche, en dit long sur la déliquescence de celle-ci, et sur son impuissance. Sur ces ruines, il faudra reconstruire.



  • Voltaire Voltaire 30 avril 2009 15:39

    Je partage l’analyse que suggère l’article : la peur risque de faire bien plus de dégât que l’épidémie elle-même...

    En réalité, la science a fait son travail, très rapidement. Il a été isolé assez vite par rapport aux premiers symptômes, sa séquence a déjà été entièrement déterminée, l’analyse du virus a permis de déterminer certaines des mutations qu’il contient par rapport au virus classique (rappelons que le virus de la grippe est très variable, il mute tout le temps pour échapper aux défenses de l’organisme), et nous savons qu’il est pour le moment sensible aux rétrovirus disponibles. Comme pour tout virus de ce type, il faut quelques mois pour produire un vaccin.

    Ce que l’on ne connaît pas encore, c’est son origine exacte (il s’agit d’un cas classique de recombinaison du virus de la grippe chez le porc, mais il est rare de voir ce type de chimère se répandre ainsi, en général il y a juste modification de quelques acides aminés d’un virus connu), et sa virulence (faute d’information exhaustive sur les personnes vraiment contaminées au Mexique), mais nous devrions en savoir plus très vite.

    Les deux inconnues ont des conséquences sanitaires : la première (déterminer le foyer d’infection) afin de mieux comprendre son origine et donc les risques de réapparition, la seconde sur les mesures de préventions à prendre. Pour le moment, il n’est pas certain que ce nouveau virus soit plus dangereux que celui de la grippe classique (qui fait plusieurs milliers de morts chaque année chez les personnes âgées…), même s’il semble plus virulent chez les jeunes adultes.

    Mais si l’on considère le moment de sa découverte et les connaissances que l’on en a déjà, on peut dire que la science (enfin, les scientifiques…) a fait un sacré boulot...



  • Voltaire Voltaire 30 avril 2009 10:45

    Excellente analyse sur la forme de l’entretien.
    J’ai regardé ce journal sur internet ce matin, en étant surpris de la façon dont le journaliste vedette a conduit l’entretien. Sur le principe, j’apprécie qu’un journaliste essaye de mettre le politique face à ses contradictions. Mais là, hormis le fait qu’évidemment Mr Pujadas ne se permettrait pas une telle attitude vis à vis d’un ténor de la majorité, c’est surtout l’absence de fond dans ses questions qui m’ont surpris. Pourtant, il y avait de la matière à discuter.

    Cette matière, revenons-y. Le livre de François Bayrou est un pamphlet. Ce n’est évidemment pas une analyse objective ni un livre programme. Il met en exergue une série (importante...) d’évènements et de décisions qui, d’après lui, remettent en question notre modèle républicain de société.

    Les philosophes français du 18ème siècle, siècle des lumières, ont défini un corpus d’idées, les fondements d’une société, qui aboutira à une vision universaliste de la société basée sur le triptyque liberté, égalité, fraternité. Liberté individuelle, égalité des droits, et devoir de solidarité.

    Ce que dénonce François Bayrou, c’est la remise en question de ces fondements. Par la promotion d’une société d’inégalités croissantes, considérée comme moteur de croissance économique, par la reconstitution d’une caste de privilégiés qui échappent aux règles communes et disposent de pouvoirs sans en avoir mandat, par un contrôle exagéré sur les média, la justice, l’éducation, l’économie, le modèle de société mis en place par le président de la république est accusé de remettre en question notre modèle républicain.

    Chacun, suivant sa position dans la société, jugera de la pertinence du propos. Ce qui est certain, c’est que ce pamphlet brillant propulse son auteur au premier rang des opposants au président de la république (il est étonnant, ou désolant, qu’aucun responsable de gauche n’ait réussit à théoriser d’une telle façon son opposition). En cela, François Bayrou démontre une habilité politique remarquable. Il est d’autant plus crédible que son propre projet de société, qu’il défend depuis de nombreuses années, est en complète opposition avec le modèle Sarkozyste.

    Il lui reste maintenant trois années pour peaufiner son projet alternatif. Gageons que l’Élysée ne lui fera pas de cadeaux, mais que, faute de leader crédible à gauche, les français pourraient bien avoir à choisir en 2012 entre lui et Nicolas Sarkozy.



  • Voltaire Voltaire 29 avril 2009 15:32

    Votre analyse me semble discutable.
    Tout d’abord, rien n’indique dans la progression chronologique des religions un ordre humain-animal-symbolique... Il est même plutôt probable que des sacrifices non-humains aient précédés les sacrifices humains.
    D’autre part, dans différentes religions, le sacrifice humain n’avait rien d’un coupable, voire était justement plus plus innocent possible...

    De la même façon, l’apparition des religions monothéistes ne s’est pas fait d’un seul coup : on retrouve des idées monothéistes en asie et en égypte bien avant la religion chrétienne.
    L’idée d’un sauveur/messi est aussi apparue progressivement, et la religion chrétienne (son dogme fondamental) est issue d’au moins deux siècles de tentatives « sectaires » au moyen-orient.
    Le succès de la religion chrétienne il y a 2000 ans est du à une conjonctions de facteurs : un contexte social et politique favorable dans l’empire romain, le talent de précheurs et théologistes etc... Si cette religion constituait certainement une rupture, c’est dans son mélange d’universalisme (en oppositon avec le judaïsme) et d’adaptation à son contexte. Mais il faut se méfier de la singulariser par rapport à ce qui a précédé.

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