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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

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  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 15 octobre 2008 14:54

    Votre analyse politique eût été juste si votre analyse économique l’avait été aussi. Je pense que vous faites erreur sur cette dernière, ce qui biase la première.

    Sans vouloir de nouveau rentrer dans le détail du plan proposé, il y a une assez grande unanimité des responsables économistes (mêmes non libéraux) pour considérer que le plan proposer répond à la siutation d urgence actuelle, et devrait enrayer l’effet domino de la restriction des liquidités sur le marché. si la crise avait continué en entrainant la faillite d’un certain nombre de banque, le coût économique et social eût été bien supérieur.

    Reste que ce plan est évidemment incomplêt. Et c’est là qu’apparaissent des divergences politiques.
    Le PS et les verts ont considéré que l’absence de mesures garantissant un meilleur contrôle du système et une relance économique ne leur permettait pas de voter ce texte, même s’ils en approuvent le contenu. j’avoue ne pas avoir encore découvert quelles mesures étaient préconisées par ces partis pour ce long terme, notamment en raison des divisions du PS qui brouillent le message. A noter de Cohn Bendit a indiqué qu’il aurait voté ce texte.
    Le MoDem a estimé de la même façon que si ces mesures étaient incomplêtes, elles permettaient de faire face à l’urgence de la situation, et donc a décidé de voter ce texte (en cohérence avec son attitude politique depuis la création de ce mouvement). Les mesures proposées sur le long terme par Peyrelevade incluent un régulateur européen pour la zone euro (notamment pour contrôler la notation des fonds à risque) et la création d’un fond de garantie européen financé par les banques pour leurs avoirs à risques. Bayrou a d’autre part indiqué qu’il souhaitait une réforme plus profonde du système économique libéral actuel, en accroissant d’un côté la rémunération de la prise de risque entrepreunariale et de l’innovation, et en limitant de l’autre (par la taxation ?) la rémunération des produits financiers spéculatifs.
    Evidemment, on ne s’attend pas à une révolution du système par l’UMP, même si le président de la répulique a indiqué vouloir réformer le capitalisme (ses déclarations antérieures récentes ne plaident pas pour lui).

    On peut discuter de la position politique de l’opposition à prendre sur le texte proposé, mais il existe un large consensus sur leur adéquation vis à vis de la crise actuelle. Avant de critiquer ces prises de position, je vous suggère de nous préciser plus en détail les éléments du plan actuel sur lesquels vous êtes en désaccord et/ou qui sont en contradiction avec la politique préconisée par les partis cités.



  • Voltaire Voltaire 14 octobre 2008 18:44

    Bon résumé de la situation.

    Il est pour le moment difficile de dire si l’opération se soldera par un net positif ou négatif pour l’Etat. Mais il est certain que sans une action vigoureuse, l’effet domino aurait produit un gouffre qu’aurait dû rembourser l’Etat. Donc il me semble que les mesures actuelles ont paré au plus pressé. En revanche, il fut absolument empêcher que ce type de situation ne se reproduise, Pour le moment, rien n’est prévu... D’où mes propositions de régulateur et de fond de garantie, et je serais aussi favorable à faire un exemple en faisant tomber les PDG des banques les plus exposées. Mais on peut imaginer d’autres systèmes j’imagine.



  • Voltaire Voltaire 14 octobre 2008 15:28

    @Gilles

    Vous m’avez lu trop vite... Je suggère que la prise de participation de l’Etat dans les banque s’accompagne d’un remplacement des PDG. Je ne vois pas trop comment noi pourquoi agir sur les banques qui ne sont pas en difficulté.

    Vous avez en revanche tout à fait raison pour ce qui est de la notation des actifs à risque : il s’agit là d’un rôle essentiel que je n’ai pas mentionné des autorité de régulation (et d’un futur régulateur européen). Néanmoins, ma proposition de garantie obligatoire sur ces actifs aurait pour conséquence automatique de mettre en exergue leur caractère "à risque" justement...



  • Voltaire Voltaire 14 octobre 2008 15:24

    @Monsieur de Bienvenida

    Je pense que les français souhaitent d’abord que l’on règle le problème afin de minimiser l’impact de cette crise sur leurs finances, et que l’on prenne des mesures pour éviter que cette crise ne se répète. 

    Vous avez raison de souligner que cette crise en illustre une autre, plus profonde, qui est liée à un choix de société. Mais on ne refonde pas une société en quelques jours...



  • Voltaire Voltaire 14 octobre 2008 15:03

    L’article est caricatural. Ou l’auteur a peut-être mal interprété les mesures proposées.

    Conformément au plan de l’Eurogroupe, l’État a décidé d’accorder une garantie "payante" des prêts interbancaires à hauteur de 320 milliards d’euros et de consacrer jusqu’à 40 milliards d’euros à la recapitalisation des banques en difficulté.

    La première mesure signifie concrètement que l’État va garantir un refinancement des banques qui en ont besoin, qui sont à cours de liquidités. Il s’agit d’une garantie et non d’un versement (une assurance si vous préférez). Dans la réalité, aucune banque française n’est menacée de banqueroute par manque d’actifs financiers, mais la crise actuelle les prive de liquidités. L’État va donc garantir leurs emprunts, afin de relancer le système.

    La seconde mesure consiste éventuellement à rentrer dans le capital des banques les plus en difficultés (de type Dexia), afin de les renflouer. IL s’agit là effectivement d’argent publique, que l’État, s’il a à le verser, financera par la dette publique. Mais, contrairement à la dette actuelle utilisée pour son fonctionnement, il s’agit d’un investissement : au cours actuel des actions des banques, l’État pourra revendre ses parts avec un bénéfice conséquent dans un an ou deux.

    A mon avis, ces mesures vont dans le bon sens mais sont incomplètes car à visée immédiates.
    Un plan d’action, qui devrait être européen, devrait comporter au moins les éléments supplémentaires suivants :

    -  Le refus de tout rachat par l’État des produits financiers « à risque », liés aux subprimes (proposé aux US). Il n’y a aucune raison que le contribuable paye pour les erreurs des banques : ce sont aux actionnaires de payer, et de sanctionner les directions coupables.

     Pour le futur :

    - La mise en place d’un fond de garantie européen obligatoire, financé par les établissements financiers, pour garantir les produits financiers « à risque ». A mon avis, cette garantie devrait exclure la détention simple d’actions ou de fonds d’actions d’entreprises : les entreprises ont besoin de ce moyen de financement pour leur développement et ne doivent pas être pénalisées. En revanche, cela doit toucher les outils spéculatifs (junk bonds, warrants etc…). L’intérêt de ce système est double : il garantie jusqu’à un certain niveau le système financier, et diminue l’intérêt des placements spéculatifs en accroissant leur coût (la garantie sera nécessairement répercutée sur le prix d’achat de ces placements). On peut bien sûr discuter en détail de cette garantie (seuils, pourcentage etc…).

    - Moraliser le système par une responsabilisation des PDG. Il est fort peu probable que les actionnaires jouent leur rôle normal de sanction dans cette crise, en raison du système de participations croisées des banques qui se protégeront l’une l’autre. Néanmoins, les conseils d’administration devraient normalement sanctionner les PDG coupables de prises de risque anormales. Certes, ces prises de risques sont demandées parles actionnaires qui exigent des seuils de rentabilités trop élevés, mais il faut réguler le système. Dans la mesure où les banques ont un rôle de service public, la prise de participation des États dans les banques menacée doit être assortie systématiquement d’un remplacement du PDG en place (sans recruter un autre PDG débarqué…).


    - La mise en place d’un régulateur européen pour la zone euro, sans doute dépendant de la banque centrale européenne, qui est indépendante. Ce régulateur aurait pour fonction de définir et appliquer des règles minimales de fonctionnement des établissements bancaires (dont le système de garantie cité), afin de minimiser les risques futurs.

     

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