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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 29 juillet 2008 14:49

    L’article est un peu dense et s’égare parfois sur des chemins parallèles, mais il apporte un éclairage intéressant sur les turpitudes que rencontre nécessairement un nouveau parti.


    L’excellent titre, "Bayrou, gourou d’une secte ?" prête bien sûr à sourire.


    Bayrou gourou ? Il suffirait bien sûr de se reporter à la définition du terme pour réfuter l’affirmation, mais cela amène quelques commentaires. L’immense atout du MoDem est d’avoir un leader incontesté. Quand on constate les affres par lesquels passent le PS ou les verts, on mesure combien cette condition est nécessaire pour exister politiquement. Incontesté, François Bayrou l’est en raison de plusieurs facteurs : son score à l’élection présidentielle bien sûr, mais aussi sa constance dans son positionnement politique, et la force de sa vision politique. Pour faire simple, il n’existe pas d’autre responsable politique au centre (et peu dans toute la classe politique) ayant acquis sa dimension. Mais bien sûr, la question "Bayrou gourou" n’est pas liée à son leadership politique, mais à son poids décisionnel au sein de son parti, que contestent quelques petites catégories minoritaires de militant en désaccord avec sa ligne politique. J’y reviendrai.

    Le MoDem une secte ? Par tradition, les mouvements centristes attirent des militants plutôt intellectuels, qui adhèrent pour des idées plus que pour un leader, et donc souvent exigeants et peu disciplinés. Pas vraiment le profil d’une secte... Dans une secte d’autre part, tout est fait pour empêcher les adhérents de quitter le cocon de la secte et pour détourner leurs ressources au profit d’une élite. Force est de constater qu’étant donné le nombre réduit de "cadres" du MoDem par rapport à ses militants, on est bien là à l’opposé d’un système sectaire. En réalité, le MoDem est le premier parti centriste "populaire" depuis fort longtemps, tandis que l’ancienne UDF était devenue un parti de notables largement destiné à préserver les mandats de ses élus. En cela, le MoDem rompt donc bien avec une tradition non pas sectaire mais clientéliste.


    Mais au delà des mots employés de façon erronés, la question qui est posée par les opposants et détracteurs n’est pas celle de "gourou" ou de "secte", mais bien tout simplement celle de la possibilité de contestation d’une ligne politique et d’un fonctionnement par quelques minorités disparates, sur lesquelles je reviendrai.


    Bayrou incontesté, Bayrou incontestable ? Si la légitimité du président du MoDem est vérifiée à tous les scrutins internes de son parti, il n’en demeure pas moins que le président d’un "Mouvement Démocrate" peut difficilement échapper à l’obligation d’une certaine exemplarité en matière de fonctionnement interne. Bref, François Bayrou, et sa ligne politique, peuvent-ils être "contestés" ? La création de ce nouveau parti a été l’occasion d’un débat de fond sur ses structures, abondamment commenté sur le net. A observer les structures qui sont sorties de ces débats internes, on constate que ce parti semble avoir réussi à trouver un équilibre entre fonctionnement démocratique et pragmatisme exécutif. Les structures représentatives sont nombreuses et dotées de pouvoirs réels. Elles sont complétées par des exécutifs qui tirent leur nomination d’une certaine légitimité, mais disposent ensuite de marges de manœuvres suffisantes pour agir. Il est bien sûr trop tôt pour évaluer le résultat pratique qu’auront ces structures en terme fonctionnel, mais il y a peu à redire au niveau théorique.

     

    L’un des aspects qui avait été longtemps reproché à l’ancienne UDF, notamment par Jean Arthuis, à savoir son manque d’organisation fonctionnelle au plus haut niveau, a été réglé par la formation d’un comité exécutif et la nomination d’un directeur de cabinet en charge des problèmes du parti. Et les militants disposent d’un poids conséquent grâce aux pouvoirs d’un conseil national ouvert à de nombreux militants de base. Il semble donc que le MoDem ait réussi une synthèse entre le système représentatif mais contestataire présent au PS ou chez les Verts, et le système hiérarchisé présent à l’UMP. Le format retenu permet donc à des oppositions internes de se manifester.

    Un autre aspect qui a souvent été contesté au sein de l’UDF, comme d’ailleurs au sein de nombreux partis, et le système de nomination des candidats aux postes électifs ; et bien sûr on a aussi contesté le rôle de François Bayrou dans ces nominations. Certes, cela peut faire sourire quand on constate le fonctionnement qui demeure utilisé à l’UMP, mais les militants du MoDem ne sont pas ceux de l’UMP… Il ne fait guère de doute que les élections municipales de 2008 ont été l’occasion d’un joyeux bazar pour le MoDem, mais les nouvelles procédures de nomination semblent plus rigoureuses. Les prochaines élections de 2009-2010 seront l’occasion de valider ce nouveau système. Pour autant, il ne faut pas oublier que, contrairement à Nicolas Sarkozy qui a conservé un pouvoir absolu de fait à l’UMP ans en avoir le mandat, François Bayrou tire sa légitimité du vote de ses adhérents. Jusqu’ici, il ne s’est guère trouvé de candidats pour lui contester son leadership…

     

    Alors, qui conteste ? Plusieurs groupes, minoritaires mais plus ou moins influents.

     

    - le premier rassemble des anciens élus UDF, soucieux de conserver des mandats électifs. Ils sont bien sûr les plus médiatiques, puisque soutenus par les opposants externes de François Bayrou, comme l’auteur de cet article le souligne. Ces (encore) adhérents sont donc opposés à la ligne d’indépendance politique du MoDem et accusent François Bayrou d’autoritarisme, et de ne se préoccuper que de son élection présidentielle. Ce dernier argument n’est sans doute pas complètement inexact, mais la raison politique en est simple : étant donné le système politique français, la seule chance du MoDem d’émerger est de remporter l’élection présidentielle… Le problème est que cette politique est dangereuse pour nombre d’anciens élus UDF de droite. Les arguments qu’ils apportent ont donc une part de vérité (même s’ils sont largement exagérés), mais se heurtent à une volonté très majoritaire des adhérents et des électeurs du MoDem. C’est la raison pour laquelle ce petit groupe n’a jamais proposé de motion contre celles de François Bayrou (Gilles de Robien en 2006, Thierry Cornillet en 2008 par exemple). A terme, cette opposition est vouée à disparaître : faute d’accepter la ligne politique indépendantiste du MoDem, ils ne verront sans doute pas leurs investitures renouvelées, et suivront leurs aînés au nouveau centre ou à l’UMP.

     

    - le second groupe rassemble un certain nombre de militants MoDem ayant aspirés à faire une carrière politique dans ce mouvement, et dont les espérances ont été déçues, pour des raisons diverses. Par manque de patience, par manque de chance, par manque d’influence, ces personnes se sont donc senties injustement mises à l’écart. Leurs revendications sont ainsi devenues plus agressives, ce qui a eu pour effet de les couper encore un peu plus de la base. Seul problème pour eux, ils n’ont rien à négocier avec les autres partis en échange de leur ralliement. Ils demeurent donc au MoDem mais sont aussi condamnés à s’éteindre, car les adhérents d’un parti politique détestent par principe les diviseurs, qui propagent une image négative du parti qu’ils soutiennent.

     

    - le dernier groupe est le plus légitime : il s’agit de militants déçus par le système, mais qui ont d’abord une ambition pour le parti et ses idées plutôt que pour eux-mêmes, et conservent un attachement pour la vision politique de François Bayrou. Le MoDem ayant accueilli de nombreux néophytes en politique, il n’est pas étonnant que son fonctionnement assez chaotique en ait découragé plus d’un. Il est probable qu’un certain nombre d’entre eux se détourneront une fois de plus de la politique, mais les plus persévérants devraient être intéressés par la mise en place de commissions thématiques au sein du MoDem, élément essentiel pour réaliser un travail de fond et rassembler les compétences d’un parti. C’est d’ailleurs ce travail de fond qui avait conduit Nicolas Sarkozy à un projet présidentiel porteur en 2007.

     

    Quel futur ? En termes d’adhérents, PS et UMP ont perdu un gros tiers de leurs adhérents depuis l’élection présidentielle. Il serait étonnant qu’il n’en aille pas de même au MoDem : 2007 avait mobilisé de façon considérable l’électorat, et de nombreux militants se démotivent hors période électorale. Pour autant, le MoDem demeurera le troisième parti politique français, avec une implantation populaire beaucoup plus profonde que du temps de l’UDF. Les déceptions de l’électorat vis-à-vis du président de la république et les déboires internes au PS doivent permettre au MoDem et à François Bayrou de jouer un rôle actif dans le paysage politique français ces prochaines années. Si ce parti franchit avec succès ses maladies infantiles, il sera en position d’outsider lors des prochaines échéances de mi-mandat (2009-2010), avec des scrutins proportionnels plus favorables, et donc de nouveau capable de faire vaciller le système en 2012.



  • Voltaire Voltaire 29 juillet 2008 12:22

    L’auteur insiste avec raison sur l’énormité du montant accordé au titre de préjudice moral. On entre ici dans une dérive "à l’américaine". Mis à part le côté scandaleux de cette indemnisation comparée à celle obtenue par des plaignants dans des situations autrement moins contestables, on risque ici une dérive quant aux demandes futures, même si la justice classique ne délivre jamais ce type demontant en France.



  • Voltaire Voltaire 25 juillet 2008 13:36

    L’analyse de Bernard Werber sur la science fiction (on pourrait aussi rajouter les litteratures d’héroïque fantaisie, ou policière effectivement) est très juste. On y trouve pourtant des chefs-d’oeuvre, et contrairement à ce que l’on peut penser, tous les meilluers auteurs ne sont pas anglo-saxons. De nombreux auteurs francophones sont excellents, ce que l’on peut rapprocher d’une culture de bande-dessinée dans ces domaines tout aussi florissante.

    Or, comme le souligne très justement Werber, de nombreux auteurs de science-fiction se sont révélés tout simplement visionnaires, non pas simplement sur l’aspect technologique (comme pouvait l’être Jules Verne) mais sur la relation de notre société à la technologie et à la science. Et le style de nombre de ces auteurs vaut souvent largement celui de nombre de ces auteurs "auto-biographiques".
    J’ajouterai qu’au delà dela science fiction, il est aussi rare de trouver dans les émission ou pages littéraires des romans/policiers "historiques" pourtant très à la mode et souvent d’excellente qualité. Ainsi, c’est bien l’aspect "imaginaire" qui semble totalement ignoré, voire rejetté par les critiques du microcosme littéraire. Le monde du cinéma semble lui avoir évolué à ce sujet : même si le film "comique" demeure assez largement sous-estimé, le film "imaginaire" a lui plus souvent droit de citer au plus haut nveau de la critique.



  • Voltaire Voltaire 23 juillet 2008 09:28

    Je partage l’avis des pesonnes opposées à cette modification de la constitution ; il s’agit non seulement d’une occasion manquée, mais aussi de l’introduction de plusieurs mesures négatives. Mon propos n’est donc pas de condamner ceux qui ont voté non par conviction. Néanmoins, je pense que le PS a eu tort d’en faire un combat politique anti-sarkozyste, et qu’il aurait sans doute été plus habile de ne pas prendre part au vote, pour les différentes raisons que j’ai évoqué plus tôt. La suite me donne raison, puisque ce vote est suivit de nouveaux déchirements qui endomagent l’image de ce parti. Et sur le fond, l’histoire Tapie me semble autrement plus sérieuse ; fondamentalement, cette révisiond ela constitution ne met pas en péril notre système, qu’il ne change qu’à la marge. Inutile d’en faire un fromage, c’est une occasion gâchée, mais pas un drame.



  • Voltaire Voltaire 22 juillet 2008 13:11

    Au risque d’en surprendre plus d’un, il me semble que ce vote est un non-évènement.

    Sur le fond tout d’abord : en réalité, cette réforme est quasiment vide de tout contenu, et ne modifiera en rien le fonctionnement actuel de notre système politique. En terme de procédure, les très timides avancées sur l’ordre du jour ou le 49:3 sont négligeables dans un système politique bipolaire : qui peut croire un instant que la majorité parlementaire ira contre les voeux du président de la république et son gouvernement, tant qu’ils sont du même bord ? Certes, la réforme permet au président d’aller faire le guignol devant le parlement... la belle affaire. A part flater l’égo du président, on voit mal l’intérêt. Plus gènant est l’automaticité de réintégration du poste de parlementaire des ministres à la fin de leur mandat, ce qui confond encore un peu plus l’executif du législatif, mais la tendance était déjà présente. De même que la fonction de premier ministre qui s’efface encore un peu plus, mais il n’y a pas de révolution à ce sujet. Quant au reste, ce ne sont que quelques combines politiciennes, sans intérêt : le référendum d’initiative populaire est un mensonge éhonté qui demeurera simplement une possibilité de plébiscite aux mains de la majorité dont personne ne se servira, les fameux droits de l’opposition sont un cache-misère, seule la possibilité donnée au citoyen de saisir directement le conseil constitutionnel est une mince avancée, qui sera sans doute sévèrement restreinte en pratique.

    Sur la forme ensuite, et en terme d’impact politique : faute de n’avoir pas réformé en profondeur les problèmes réels de notre constitution (séparation des pouvoirs, rôle du sénat, pluralité des mouvements politiques représentés etc..., ce que souligne à raison l’auteur de l’article), cette révision de la constitution n’a suscité aucun intérêt au sein de l’électorat, et pour cause : cela ne le concerne en rien. Tout cela ressemble à de la petite combine entre amis, à laquelle l’électeur est habitué et qu’il ignore très largement. Nicolas Sarkozy et sa majorité pourront crier victoire, personne ne les entendra, et cela n’aura aucune influence sur leur popularité. Certes, le président aura ainsi réussi à déconsidérer encore un peu plus les radicaux et les (nouveaux) centristes, qui ont vendu leurs convictions pour un plat de lentilles (quelques postes, et un groupe parlementaire plus facile à constituer), mais le gain politique sera faible. Quant au PS, il aurait bien mieux fait d’ignorer une consultation vide de sens plutôt que d’en faire une croisade anti-sarkozyste : le sujet était mauvais, il y a bien d’autres combats plus importants à mener.

    Pour conclure, il s’agit d’une victoire vide de sens, qui n’a d’ampleur que parce que le PS lui donne de l’importance. Ce dernier aurait mieux fait d’embrayer plus rapidement sur le scandaleux accord privé favorable à Bernard Tapie, comme l’a fait François Bayrou : sacrifier l’équivalent de l’intégralité des économies faites par la réduction du nombre d’enseignants au profit d’un ex-homme d’affaire douteux pour d’obscure raisons politiciennes, voilà qui est autrement plus parlant aux yeux du citoyen.

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