Vous avez raison, mais vous oubliez un léger détail : ce que vous énoncez n’est vrai que dans une société où le niveau de chômage est, au moins, proche du niveau de friction (environ 2%). Dans nos sociétés au chômage endémique, votre assertion devient fausse.
Certes, il faut bien être deux pour signer, mais comme d’autres commentaires l’indiquent, il y a un rapport de force totalement inégal entre les deux parties.
Pensez-vous sincèrement que tout être normalement constitué accepterait de signer un contrat de type 0 heures s’il avait véritablement le choix ? Qui le voudrait ? Autant je vois bien l’intérêt pour l’employeur, autant, pour l’autre partie, je n’en vois absolument aucun.
Relisez mon commentaire. Il est bien évident pour moi que l’état est condamnable pour ses pratiques là. C’est vraiment l’hôpital qui se moque de la charité et ce n’est pas acceptable.
Mais, également, dans votre réponse à mon commentaire, vous compariez les chèques emploi service avec le contrat zéro heures : sur ce point, par contre, et un autre commentaire l’a déjà écrit, la comparaison n’a aucun sens. En effet, un CESU permet simplement de rémunérer une prestation de N heures. Point. Rien n’empêche le prestataire de travailler pour d’autres employeurs. À l’inverse, un contrat zéro heure INTERDIT le signataire de travailler pour tout autre employeur. Celui-ci dépend donc totalement et intégralement du seul bon vouloir de l’employeur.
Article intéressant mais, comme souvent chez l’auteur, empli de préjugés qui n’ont aucuns rapports avec la réalité. En outre, tous les « immobilismes » énoncés sont présentés comme étant de mauvaises choses, or, dans de nombreux cas, ce que l’auteur nomme immobilisme sont pourtant des points positifs.
Tentons de les analyser un par un :
Stabilité professionnelle
La présentation de ce point semble glorifier la précarité comme étant une condition positive dont tout le monde devrait avoir envie. En outre, elle sous-entend que les méchants qui eux, bénéficient de la stabilité, sont les responsables de la précarité des autres. Du grand n’importe quoi sur toute la ligne. D’une part, la précarité, personne n’en veux, sauf les patrons, et peut-être quelques masochistes. Tous ces contrats pourris que sont les CDD, intérim et autres n’auraient un intérêt que dans une situation de plein emploi où toute personne désirant travailler pourrait le faire, et trouver facilement un employeur. À l’heure du chômage de masse, c’est juste une aberration. Second point, prétendre que ceux bénéficiant de contrats stables (CDI, fonctionnaires) sont responsables de la précarité des autres, c’est vraiment se moquer du monde. Le seul responsable de cet état de fait est l’idéologie néolibérale, mise en œuvre par nos amis politiques et leurs amis patrons. Enfin, pour terminer, prétendre que la stabilité professionnelle est un problème de la France, lorsque l’on voit la vitesse à laquelle le chômage augmente, ça fait, au mieux, doucement rire (jaune). Visiblement, elle n’est pas un problème qui empêche de détruire des emplois.
Stabilité géographique
Je n’ai pas de chiffres pour le confirmer ou l’infirmer. Et à la limite, ce n’est pas important. Vous semblez considérer que ce serait aux hommes de se déplacer pour complaire aux besoins de l’activité économique. Votre position est l’illustration parfaite de ce que je dénonce depuis longtemps : l’idéologie dominante actuellement considère que l’homme doit être au service de l’économie, alors que, selon moi, ce devrait être l’inverse ! Quel est le but de l’économie ? Si ce n’est pas de contribuer à notre bien-être et à notre bonheur, alors, elle n’a pas de raison d’être. Or, aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit : l’économie est devenu une sorte d’entité autonome qui n’existe que pour elle et se justifie par elle-même. Quelle aberration !
La mobilité géographique doit être un choix voulu, et non subi.
Stabilité du logement
Même remarques que pour le point précédent. En quoi est-ce mal ? Pour ce point également, ce devrait être un choix voulu, et non subi.
Stabilité politique
Là par contre, je suis totalement en accord avec vous. Tellement que je trouve ce comportement pathétique. Il aurait été intéressant que vous développiez ce point. Comment l’expliquer ? J’ai bien une petite idée mais il faudrait plus un article qu’un commentaire. En outre, elle n’est pas étayée, je ne pourrais donc pas écrire d’article moi-même non plus.
Stabilité éducative
Ce point me semble vrai également, hélas, et je le condamne tout autant que vous.
Stabilité institutionnelle
Là encore, je suis d’accord avec vous, même s’il est fort probable que la VIème république à laquelle nous semblons aspirer tous les deux soit fort différentes. Là également, cela mériterait probablement un article pour ce seul sujet.
Stabilité sociale
Effectivement, l’ascenseur social est en panne sèche, mis à part peut-être pour quelques chanceux qui ne seront que des exceptions confirmant la règle.
Par contre, sur les raisons de cette stabilité, vous citez des « coupables » qui pourtant me semblent plus éviter un décrochage encore plus important des inégalités déjà bien trop importantes et intolérables. Ce point aurait mérité que vous le développiez.
Si effectivement, je suis d’accord pour dire que nous avons de nombreuses institutions défaillantes, la sécurité sociale et la retraite par répartition me semblent le deux meilleures choses qui restent du programme du conseil national de la résistance. Il y aurait bien sûr beaucoup à faire pour les améliorer, comme déjà, simplement, s’assurer que toutes les cotisations dues soient bien payées — cela suffirait déjà à combler les trous ! —, mais également en s’assurant de ne prendre en charge que ce qui est réellement utile, etc. Il existe une belle littérature sur le sujet. Concernant les retraites par répartition, là encore, avec la seule éradication de la fraude, le système n’aurait aucun problème, mais, en outre, l’autre source majeur du problème n’est pas la retraite par répartition mais bien le chômage endémique de nos sociétés. Sur ces points aussi, la littérature est abondante et bien documentée.
Il y aurait encore beaucoup à dire, mais ça commence à faire — trop — long pour un simple commentaire.
Autant vos remarques sur le comportement de mauvais employeur à propos de l’état français sont fort justes, autant je ne vois absolument pas le rapport avec le sujet de l’article.
Ici, il est uniquement question du contrat zéro heures, et les commentaires devraient donc plutôt porter sur le fait de savoir si ce contrat est plutôt une bonne ou une mauvaise chose pour la société, comment il pourrait être amendé, etc. Bref, parler du sujet de l’article.
Vous n’avez pas compris le problème de ce genre de contrat : si j’en signe un, je ne peux même pas trouver un autre emploi à mi-temps ailleurs. Je suis pied et poing liés à mon employeur qui peut, selon son bon vouloir, ne rien m’octroyer, ou un tout petit peu, selon à quel point je suis servile.
Non seulement cela donne à l’employeur un pouvoir encore plus démesuré sur son employé, mais, en plus, cela bride très fortement l’employé dans ses possibilités d’arrondir ses fins de mois.