Qu’est-ce qui rapproche un Musulman d’Algérie, d’Egypte d’Arabie Saoudite, du Pakistan ou d’Indonésie ? Ils se disent tous Musulmans, mais à les étudier, on peut se demander s’ils pratiquent la même religion. A aucun moment, nous ne pouvons douter de l’envie de paix d’une grande majorité de Musulmans. Si j’interroge les Musulmans de mon quartier qui viennent d’un peu partout, je vois, pour une majorité d’entre eux, un désir d’intégration dans la société française, du respect pour les autres religions et ils affirment tous qu’ils n’ont qu’un seul livre de référence, le Coran. Si je les interroge sur le Coran, je n’ai jamais la même réponse, que ce soit sur le statut de la femme, les relations avec les autres religions... et lorsque je lis le Coran, je vois encore autre chose. Il me semble que les personnes que j’interroge ne connaissent pas le Coran, sinon par cœur dans une langue qu’ils ne comprennent pas. La plupart ignorent, par exemple, qu’il y est question de partage de butin et d’esclaves, en particulier sexuelles dans la sourate 4 (les femmes). La religion que je vois dans la réalité est plus proche d’une religion naturelle que du Coran, tel que nous pouvons le lire. Les Marabouts africains et les esprits sont toujours présents dans l’islam du Maghreb. Il y a beaucoup de traditions locales et aucune théologie. De toutes façons, le Coran ne parle pas d’Allah à cause de sa transcendance absolue (?). Il s’agit principalement d’un ensemble de règles à appliquer, une sorte de norme juridique. Si je lis le Coran, la paix n’existe que dans la houmma, la communauté. Ailleurs, c’est dar al-Harb, le pays de la guerre. Le verset du sabre (s9, 5) étant un des derniers écrits ne peut être abrogé et il justifie avec d’autres toutes les violences (il y a 65 fois le mot tuer dans le Coran et beaucoup sont à l’impératif). On me dit que la valeur du verset dépend du contexte, mais quel contexte ? J’ai beau lire la Sourate 9, toutes les limitations sont des cas très particuliers. Par exemple, il est dit que la protection est accordé à ceux qui ont signé un pacte, mais les pactes valides sont signés près de la Mosquée Sacrée (Aujourd’hui à la Mecque) où les non-Musulmans n’ont pas accès... Qui aujourd’hui a signé un pacte avec l’islam ? Il n’existe aucun document, signé par tous les pays de l’OCI qui explique comment ce verset du sabre doit être appliqué.
Quand nous posons le problème du statut de dhimmi à des exégètes, il écrivent tous que ce statut est toujours valide car inscrit dans le Coran, mais qu’il ne peut pas être appliqué aujourd’hui, car l’islam n’est pas en position pour l’appliquer. Devons-nous en conclure que le jour où l’islam sera en position de l’appliquer, l’islam appliquera aussi le verset du sabre ?
La sourate 109 est souvent citée pour montrer le désir de paix. Je ne doute à aucun moment que ce désir existe, mais nous ne pouvons rien conclure de la sourate 109. Je ne peux qu’inciter les Musulmans a lire le Coran en entier pour le comprendre vraiment et à en tirer eux-même les conséquences. Peut-on pratiquer une religion qui est si loin de ses textes sacrés ?
Vous parlez de la charte de Sainte Catherine, mais ce document a toutes les chances d’être un faux. Il n’existe pas d’historien qui défend son authenticité aujourd’hui. Il s’agit d’une copie tardive d’un original qui, selon toute vraisemblance, n’a jamais existé. Ce document pose aussi quelques problèmes de cohérence.
@Spartacus Ce que vous dites de Muḥammad correspond globalement à la tradition musulmane, mais les historiens commencent à dessiner une vision un peu différente de la naissance de l’islam. Tout d’abord, Muḥammad ne peut être mort en 632 car il existe quatre textes historiques qui le situent à la bataille de Gaza en 634 sur le chemin de Jérusalem et un des quatre textes affirme qu’il est mort empoisonné à Jérusalem (prise en 638). Muḥammad était certes un prédicateur, mais pas de l’islam. Il avait une vision très eschatologique d’une fin du monde imminente qui devait se réaliser par la prise de Jérusalem et le retour de Jésus. Sa religion était celle des Nazaréens ou Nazoréens, une hérésie judéo-chrétienne qui était la synthèse à la fois des premiers Nazaréens et des Ébionites, deux hérésies décrites par Irénée de Lyon, St Jérôme, Hégésippe, Tertulien et surtout Epiphane de Salamine. Toute la christologie du Coran y est déjà décrite dès le 2ème ou 3ème siècle. La lettre de Paul aux Galates était déjà une critique de l’Ébionisme. L’islam est né vers la fin du 7ème siècle alors que le calife ʿAbd Al-Malik avait besoin d’une religion qui ne soit pas d’origine étrangère pour son empire. Le catéchisme Nazaréen des débuts a été modifié pour former le Coran que nous connaissons. Les évolutions du texte sont particulièrement visibles entre les couches inférieures des palimpsestes à notre disposition (Paris, Berlin, Sanaa...) et le Coran. On dénombre environ 4000 modifications sur ce qui est connu. Dans ces conditions, la vie de Muḥammad tient plus du roman à l’usage des califes que de la vérité historique. Je soupçonne que le mariage avec Aïcha soit une invention tardive qui permette d’authentifier les Hadîths par une source forcément proche de Muḥammad. Les besoins des califes sont passés avant l’intégrité morale du fondateur de l’empire.
@Gollum « Donc vous parlez en son nom. C’est du totalitarisme » Encore une pensée négative.Vous tenez absolument à me rabaisser et tous les arguments, même les plus vides de sens sont bons. Je vous laisse assumer vos propos.
@Gollum « La bonne c’est la vôtre » Non, la bonne c’est la sienne. Si vous n’observez aucune manifestation de sa part, vous ne pouvez pas savoir. Si Dieu existe, il ne peut avoir été inventé par les hommes. Si vous n’êtes pas déconcerté par ses manifestations, cela ne peut être Dieu.
« Pourquoi faire du prosélytisme dans ce cas ? » Nous ne connaissons pas le moyen d’y aller nous même, mais nous savons que Jésus peut nous y emmener. C’est donc une invitation à se tourner vers Jésus.
« Pourquoi vous vous êtes mis cette idée idiote dans la tête me concernant ? » Parce que l’amour de Dieu nous pousse à aimer même nos ennemis, or je n’ai pas senti de pensée positive dans votre discours. Vous ne semblez exister que par l’opposition à ce que j’exprime. Si le Christianisme disparaissait, est-ce que vous aurez encore quelque chose à dire ?
« Et je pense à quelqu’un en particulier » Un exemple de pensée négative. Si vous connaissiez le Christianisme, vous sauriez qu’il n’existe pas de morale mais seulement de l’amour. Ce que vous faites par amour dépasse ce que vous pouvez faire sous la contrainte d’une morale. Je déteste autant la morale que vous.
« Si ça se trouve je suis plus loin que vous. » Je l’espère, mais vous le cachez bien. Exprimez-vous de manière positive !
Vous parlez de l’institution égyptienne de fatwa, mais j’aimerai bien connaître les arguments qu’elle peut utiliser face au terrorisme. Il me semble que DAECH possède ses propres oulémas qui interprètent le Coran. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais entendu un argument théologique en provenance de l’islam et s’attaquant à ces logiques et ce n’est pas faute d’interroger les Musulmans sur ces sujets. Et qui peut se revendiquer d’un véritable islam ? Cette revendication, je l’entends partout, ce qui lui fait perdre toute valeur.
Nous vivons une époque extraordinaire où la communication est devenu mondiale. Plus rien ne peut plus être caché très longtemps et tous les Musulmans de base, même dans les pays les plus rigoureux, ont accès à des sites Internet qui donnent une autre idée de la vie et de l’islam. Les oulémas doivent s’adapter pour être encore écoutés car l’athéisme progresse très vite. Même le wahhabisme, qui promeut un retour à l’islam des compagnons de Muḥammad parle maintenant de respect absolu de la vie, y compris pour les non-Musulmans. J’ai entendu des chercheurs saoudiens parler de la naissance de La Mecque ou du palimpseste de Sanaa dans les mêmes termes que les chercheurs occidentaux Dan Gibson ou Gerd-Rüdiger Puin. De ce fait, je suis assez optimiste pour l’avenir. Le terrorisme n’est pas encore mort, mais il perd progressivement ses bases de recrutement, sauf dans les pays occidentaux où la revendication de la jeunesse est identitaire, mais cela peut être contré par l’écoute. Il faudra tout de même qu’une partie de la classe dirigeante perde son arrogance pour y arriver.