@Mohamed Takadoum. « La proclamation de foi ; les prières quotidiennes ; le jeune du mois de Ramadan ; l’aumône réglementé et enfin le pèlerinage à la Mecque pour ceux qui le peuvent »
Voici donc les 5 piliers de l’islam. Comme vous pouvez le remarquer, l’étude du Coran n’en fait pas partie, en dehors de la récitation d’une petite partie dans une langue qui n’est pas forcément comprise. Ne vous étonnez donc pas si dans beaucoup de pays, y compris le Maroc, la foi ait pris quelques libertés avec le texte. Ne vous étonnez pas que l’on puisse recenser plus de 100 variantes de l’islam.
A propos de l’aumône réglementée (la zakat), nous savons qu’elle est régie par le verset 9.60 du Coran « Les aumônes ne sont que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à rallier, l’affranchissement des esclaves, les surchargés de dettes, la voie de Dieu, et le voyageur. C’est une imposition de la part de Dieu. Dieu est connaisseur et sage. » La loi de Dieu est considérée par la plupart des exégètes comme le financement du djihad et des razzias. Quand à ceux dont le cœur est à relier, il s’agit de corruption le plus souvent. Par contre, je n’ai jamais entendu parler de campagnes d’affranchissement d’esclaves et nous savons pourtant que l’esclavage existe toujours dans quelques pays où la charia s’applique. De toutes façons, financer le rachat d’esclaves ne sert qu’à permettre l’achat de nouveaux esclaves en remplacement et ne permet pas l’abolition de l’esclavage.
« alors qu’il suffit à un musulman d’observer les fondements que j’ai cité » Ces fondements ne sont que des signes extérieurs de religiosité. Rien n’est demandé sur la transformation des cœurs ou l’application d’un code quelconque. Il y manque ce qui fait le fondement de l’islam : le respect du Fiqh, cette tradition jurisprudentielle qui varie d’un pays à l’autre selon les humeurs des oulémas et qui fait de l’islam non pas une religion mais un code juridique. Or ce foisonnement de lois et règles indique plus l’absence de Dieu que sa présence. Celui qui rencontre Dieu sait ce qu’il a à faire sans s’encombrer d’un fatras de lois. C’est le cœur de l’enseignement de Jésus qui, décidément, est bien loin de l’ʿĪsā du Coran.
Je vois que vous lisez la Bible et les Evangiles. C’est bien, mais il vous manque encore l’intelligence pour comprendre. Jésus n’a jamais dit que la parole de Moïse qu’il cite ici doit être appliquée à la lettre, et il ne s’est jamais gêné pour transgresser cette loi. Vous citez d’ailleurs Matthieu 5, 17 sans comprendre.
Il faut comprendre la loi de Moïse comme étant dictée à l’âge du bronze dans une société qui était extrêmement violente. Cette loi représentait à l’époque un progrès indéniable sur ce qui pouvait se pratiquer à l’époque. Jésus remplace toutes les lois de l’époque par seulement deux commandements : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Marc 12, 29-31) Cela signifie que tout ce que vous pouvez faire doit être examiné à partir de l’amour. Jésus a d’ailleurs précisé par ailleurs que cet amour allait jusqu’à l’amour des ennemis. Avec amour, vous faîtes beaucoup plus que les dix commandements de Moïse. Si vous avez de l’amour pour vos ennemis, vous ne pouvez pas penser à les tuer. C’est ainsi que l’on doit comprendre l’accomplissement de l’Ancien Testament par Jésus. Il n’y a pas besoin de nouvelles lois et Jésus laisse les lois humaines à César, donc à l’Etat.
Le Coran a fait retourner l’islam à l’âge du bronze. Cela ne peut en aucun cas représenter un progrès sur les Evangiles. Quelque part l’idée du retour à la foi d’Abraham exprime bien ce recul. L’islam a même oublié que dans tout l’ancien testament, l’amour et la miséricorde de Dieu sont bien présent, y compris dans la foi d’Abraham. Une loi sans amour ne respecte pas l’homme.
@Jason « misère en somme très supportable » Oui, cette misère est compensée par la liberté que vous pensez avoir. N’ayant rien au-dessus de vous, vous pouvez tout vous permettre, sauf que tout ne laisse pas que du bonheur dans votre cœur. En me soumettant aux contraintes de l’amour inconditionnel, j’en retire une grande joie durable et c’est vraiment précieux.
Je n’ai pas acquis mes certitudes en une fois. Il s’agit au départ d’un travail sur la Bible, mais en laissant faire Jésus, on finit par le rencontrer. J’ai même reçu une guérison que je n’avais pas demandé. Ce n’était pas pour mon confort, mais plutôt pour laisser une signature bien matérielle d’une première rencontre. Il ne m’est plus possible d’oublier.
@Aita Pea Pea « Je cherche une biographie de Bach »
Personnellement, j’ai celle de Roland de Candé appelée tout simplement « Jean-Sebastien Bach », Edition du seuil. Elle date de 1984 et est bien faite, mais vu la somme de travaux qui a du sortir depuis, on devrait trouver des ouvrages plus complets aujourd’hui.
@samy Levrai Il faut comprendre qu’avant le 7ème siècle avant J.C. la transmission de la connaissance est uniquement orale. Or transmettre un traité de théologie le soir à a veillée est impossible. Il est nécessaire d’avoir un support qui peut être un mythe. Ce n’est pas le mythe qui est important, c’est sa signification. Le Mythe est le doigt qui montre la lune, regardons la lune et pas le doigt.
« d’Adam et Eve, pas de Noé, pas de Moïse, pas d’exode, pas de trace de David ou Salomom » effectivement, il n’existe aucune trace historique de ces personnages et de ces événements et cela n’a aucun intérêt. En général le mythe s’appuie sur une part de vérité, mais nous ne savons pas réellement où elle se trouve. De toutes façon, ce n’est pas le plus important. Dans le livre de la Genèse, ce qui compte, c’est la miséricorde et l’amour de Dieu qui transparaît dès le premier chapitre de la Genèse. C’est d’ailleurs par cette miséricorde que ce mythe se différencie de mythes précédents. Pour des personnages plus récents comme David ou Salomon, il y a probablement existé des personnages de ce nom pour laisser une telle impression, mais nous ne connaissons ni l’endroit, ni le contexte.
En fait le Judaïsme n’est né qu’au 7ème siècle avant J.C. lorsque la Torah a été mise par écrit sous le règne du roi Josias. La suite est beaucoup plus historique. La Bible n’est en aucun cas la parole directe de Dieu, mais une compilation de témoignages qui n’ont que la valeur de témoignage dont la seule partie importante est lorsque ces témoignages parlent de Dieu. Ce qui compte est la convergence entre ces témoignages et les témoignages contemporains. Ces témoignages n’ont jamais cessés depuis l’antiquité et dressent un portrait de plus en plus précis.
Personne ne demande à l’école de traiter de sujet non corroborés par la science. L’enseignement de l’histoire de la religion n’a de sens que lorsque celle-ci interfère avec l’histoire tout court. Parler d’Adam et Eve ou de l’exode dans l’école laïque n’a pas de sens. Mais expliquer comment Muḥammad et ses successeurs ont utilisé la prédication religieuse pour unir des troupes disparates et se lancer à la conquête du monde, cela a du sens. Expliquer les mécanismes d’asservissement des grandes idéologies pour gagner le pouvoir, cela a du sens. Le Marxisme n’est, sur ce plan pas très différent de l’islamisme et pouvoir les rapprocher, cela a du sens. Faire la différence entre un gnosticisme et un messianisme cela a aussi du sens, car le niveau de menace pour l’humanité n’est pas du tout le même.
« tu veux que les petits apprennent les croisades, les guerres contre les orthodoxes, les genocides amérindiens, les colonisations, l’esclavage, ..., comme étant des lègues chrétiens ? » Là, vous êtes en train de me démontrer que vous avez besoin d’un enseignement de l’histoire des religions, histoire de ne rien mélanger.
« ou tu veux qu’ils apprennent les « miracles » qu’aurait pu faire le Christ ? » Cela n’a pas sa place en histoire des religions à l’école. Nous ne savons rien d’historique sur ces miracles et nous n’avons pas besoin de le savoir, mais ils ont tout de même largement impressionnés ses contemporains, vu l’impressionnante littérature dite intertestamentaire. Les miracles du Christ continuent d’attirer les foules aujourd’hui. Pour vous, cela n’a pas de sens, mais pour les malades qui reçoivent encore aujourd’hui une guérisons, cela a du sens. Et si le Christ guérit encore aujourd’hui, il pouvait bien le faire il y a 2000 ans.
@Ouam C’est tout à fait ça. Dans ma banlieue, il y a une mosquée tenue par les Frères Musulmans et des Musulmans qui ont un islam bien différent de celui des Frères. Je discute avec tout le monde, mais mon discours est bien différent lorsque je croise un Frères Musulman ou lorsque je croise un Musulman qui vit un islam pacifique que vais dire traditionnel, mais « islam Façon » me va bien. Avec un Musulman « islam Façon » je parle d’égal à égal. Je peux parler de Jésus, mais en aucun cas, je cherche à imposer le Christianisme pour conserver la liberté de mon interlocuteur. Mon souci est tout de même de les aider face aux Frères Musulmans. Je sens que beaucoup sont déstabilisés et ne peuvent guère utiliser le Coran pour se défendre. Je leur conseille tout de même de le lire dans une langue qu’il peuvent comprendre. En Français, j’utilise la traduction de M. Hamidullah qui semble avoir la version la plus proche de l’arabe et il a de nombreuses notes.
J’utilise aussi la thèse de doctorat de Leïla Qadr qui est linguiste spécialiste des langues sémitiques (araméen, syriaque, nabatéen et arabe) qui a recherché le sens des mots dans les autres langues dès qu’une contradiction ou un mot obscur apparaît dans le Coran (les mots ont toujours les mêmes consonnes dans toutes ces langues et l’écriture arabe du 7ème siècle n’avait que 16 consonnes comme l’araméen ou le syriaque, ce qui rend les analogies simples à gérer. Le problème est qu’elle met en évidence de nombreux changements dans le sens des mots arabes depuis cette époque et des erreurs de translitération dans le Coran. Avec 16 consonnes et aucune voyelle brève, on peut parfois avoir plus de 30 sens différents pour un mot. Pas facile de choisir. A la fin, Leïla Qadr n’est pas tendre avec l’islam du Coran officiel qui n’a cessé d’être modifié pendant deux siècles pour satisfaire la volonté des califes. Un même mot peut avoir plusieurs sens selon la période où il a été ajouté au Coran. Ainsi les houris peuvent se traduire par vierges, mais jamais dans les descriptions du paradis qui sont d’origine perse. Dans ce cas, le mot Houri signifie simplement du raisin blanc. Les terroristes vont être déçus.