Cela me rappelle mes débuts dans ce qui deviendra une grande société d’informatique. Le tutoiement était la règle, même entre un directeur et son employé. Il m’a semblé que ce tutoiement était forcé par la direction de l’Entreprise, justement pour affaiblir les défenses du salarié. J’ai toujours répondu par un vouvoiement qui reste toujours logique envers une personne qui peut décider de votre carrière. Pour moi, le vouvoiement crée de la distance mais pas forcément de la déférence. J’utilise le tutoiement envers les personnes que je respecte le plus et pour lesquelles je sais que cela ne les gêne pas.
J’ai un peu plus tard travaillé quelques temps au Brésil et la langue brésilienne diffère du Portugais par l’abandon du tutoiement. On utilise « voce » (vous) dans tous les cas et on met ensuite la forme verbale de la troisième personne du pluriel. Difficile de mettre plus de distances dans les relations humaines. La société brésilienne est extrêmement violente et cette distance me paraît corresponde à cette société. Le Brésil est un des derniers pays à avoir abandonné l’esclavage sans de plus l’avoir accompagné de mesures sociales et il existe encore beaucoup de situations qui y ressemblent encore furieusement.
@Decouz Les Chrétiens arabes n’ont jamais utilisé ʿĪsā, mais plutôt Yasū’a, Yasou ou Yazu. L’origine de ʿĪsā est juive. Je ne suis pas sûr que ceux qui ont écrit le Coran ait compris cette allusion à Esau, mais le fait de l’utiliser peut être compris comme une injure par les Chrétiens. Il est tout de même fort probable que la différence ait été expliquée aux rédacteurs du Coran, mais s’ils ont gardé ʿĪsā, c’est qu’ils avaient leurs raisons. De toutes façons, le ʿĪsā des Musulmans est très différent du Jésus des Chrétiens, à un point tel d’ailleurs, qu’il est difficile de penser que c’est la même personne.
@Decouz Le fait de remplacer le nom de Jésus par Esau est bien une idée juive, mais une partie de la théologie Musulmane est issu d’une secte juive. Esau est pour les Juifs l’ennemi idéal, celui contre lesquels les prophètes ont toujours annoncé la victoire future d’Israël. Identifier quelqu’un ou un peuple à Esau, c’est annoncer sa défaite prochaine et pour Jésus, c’était facile, il n’y avait qu’une lettre à enlever.
La descendance d’Ismael pour les arabes est une fable inventée par des Juifs qui avaient besoin des arabes pour reconquérir Jérusalem et refonder le temple. Les arabes n’avaient jamais revendiqué une telle paternité, mais il fallait qu’ils soient Juifs pour fouler la Terre Promise. Ils ont bien retenu la leçon. De toutes façons, selon le livre de la Genèse, Ismael a été le père de 12 tribus, sans doute installées dans le Sinaï. Cela fait du monde et de ce fait toute la planète peut se revendiquer aujourd’hui descendant à la fois de Jacob et d’Ismael. Ceci dit, l’ADN ne construit pas une descendance spirituelle.
@genrehumain Visiblement, vous n’avez pas lu (ou pas compris) les textes religieux que vous citez.
Il a effectivement des points de convergences entre les religions, mais les divergences sont telles qu’un syncrétisme ou relativisme n’est absolument pas possible. On peut parfaitement envisager que la découverte d’un Dieu qui nous est étranger ne s’est pas faite en une fois et qu’il existe de nombreux textes qui font part des découvertes progressives de l’humanité. Mais il existe aussi énormément d’anthropomorphismes qui nous font mettre des schémas humains sur ce que nous ne comprenons pas. Il y a aussi des déviations du texte pour répondre à la cupidité de ceux qui nous gouvernent. La compréhension de ces textes ne peut se faire sans l’analyse comparée au contexte historique, sociologique, archéologique... d’une époque qui nous est globalement étrangère. Comment comprendre des écrits dont l’inspiration remonte à l’âge du bronze ? La raison ne s’oppose pas à la foi, elle permet d’en comprendre les éléments. Les Chrétiens ne pouvaient s’appuyer sur le texte Juifs seulement en prenant les livres en entier et sans modifications. Toute altération est une trahison. Il n’en n’est pas de même pour l’Islam. Le fait justement que les Musulmans s’interdisent la lecture critique du Coran est une alerte. Que doivent-ils cacher ? Les exégèses scientifiques du texte nous montre qu’il s’agit d’une construction entièrement humaine qui répond uniquement (mais habilement) à des préoccupations de pouvoir. Dieu ne se révèle absolument pas dans le texte, contrairement à la Bible et aux Evangiles et les (fausses) citations de la Bible n’y sont que pour attirer des Juifs et des Chrétiens à la foi mal assurée. On ne peut à la fois dire que la Bible est trafiquée et qu’elle annonce l’Islam sans produire une Bible non trafiquée. Ce n’est pas crédible. Le simple fait d’appeler Jésus ʿĪsā (qui signifie Esau, ennemi d’Israël) dans le Coran montre le niveau de détestation du Christianisme par les Musulmans. Pourquoi alors prendre une religion qui ne connaît pas Dieu et qui déteste ce que nous sommes ?
@JL Le libéralisme est un leurre lorsqu’il est une idéologie qui cache les envies de prédation de quelques-uns. Mais ce leurre a largement survécu à d’autres idéologies nettement moins libérales. Le libéralisme n’a pas survécu parce que l’idéologie était supérieure, mais parce qu’il a su préserver des espaces de liberté qui ont permis à quelques idées intéressantes de se développer augmentant ainsi la richesse globale.
Malheureusement, l’idéologie grignote cet espace en refusant les financements nécessaires à ces développement. Aujourd’hui, les projets financés doivent être rentable en deux ans, ce qui élimine de fait tous les projets à la mise en œuvre complexes qui sont pourtant les plus porteurs d’emplois. Nous ne sommes pas prêt de creuser un nouveau tunnel sous la manche !