« Pas question d’interdire les religions, cependant elles seront contraintes de se mettre en conformité avec les droits de l’humanité et les droits de l’homme »
Si les droits de l’homme étaient issus d’un droit naturel, il y serai inscrit que j’ai le droit de tuer mon voisin lorsque mon intérêt supérieur l’exige. Les droits de l’homme que nous connaissons sont largement inspirés de principes chrétiens, mais sans l’amour qui rend les lois inutiles. La version musulmane des droits de l’homme (du moins celle rédigée en arabe) est largement différente de la version classique qui ne fait pas l’unanimité partout sur la planète.
L’idée même de catéchisme civique et de contrainte renvoie au principe du Goulag, une forme de citée idéale déjà expérimentée par d’autres supporters d’un gouvernement mondial.
L’idée même de centraliser la prise de décision est une très mauvaise idée qui ne permet que des décisions hors contexte. Notre monde est si complexe que personne ne peut en avoir une vision d’ensemble. Les technos de l’information permettent de faire la révolution inverse. La disponibilité de l’information permet de prendre des décisions au niveau le plus bas possible, donc par des personnes motivées, concernées et informées. Malgré les réticences de ceux qui disposent d’une parcelle de pouvoir, le sens de l’histoire va vers la décentralisation.
@oscar fortin « Règne dont il est question est celui inauguré en l’homme Jésus à qui le Père a remis tout pouvoir » Quelque part, c’est bien ce que j’écrivais. Le Christ est bien vivant aujourd’hui auprès des Chrétiens, mais il n’y a aucun royaume terrestre à venir avant la fin des temps. Comme Chrétien, je suis très souvent témoin des interventions du Christ (conversions, charismes, guérisons inexpliquées...), mais personne ne vous oblige à faire partie de ce royaume. Il s’agit d’un royaume spirituel, en aucun cas un royaume temporel. Le Christ intervient dans notre vie comme Dieu pouvait le faire dans l’ancien testament. La différence avec l’ancien testament est la dimension du phénomène. Dans l’ancien testament, seuls quelques prophètes pouvait bénéficier des charismes. Aujourd’hui, ils s’adressent à tous sans limitation. Il ne faut bien sûr pas rejeter le Christ et il faut beaucoup d’humilité pour penser que nous ne savons pas grand chose sur Dieu.
« Cet homme Jésus fait partie intégrante de l’humanité à laquelle nous appartenons » Jésus a été pleinement homme il y a 2000 ans, mais ce n’est plus à ce titre qu’il intervient. Aujourd’hui, il est pleinement Dieu, mais sa vie d’homme le rend très proche et soucieux de chaque humain.
« Je ne pense pas que ce soit l’institution ecclésiale, que vous appelez Église, qui va décider de la sainteté ou non de Teilhard de Chardin » Alors qui va le faire ? Il me semble qu’il n’est pas compliqué de comparer ses écrits avec l’enseignement du Christ. C’est en principe à la portée de tout le monde. Bizarrement, lorsqu’il y a une divergence, l’Eglise préfère le Christ. Au moins, son enseignement est cohérent et il peut, lui, intervenir directement dans la vie des Chrétiens.
Enfin, si vous voulez que Theillard de Chardin devienne un saint, vous pouvez toujours le prier pour qu’il fasse un miracle. Si cela arrive, l’Eglise révisera peut-être son jugement.
« la justesse ou non de ses recherches »
En science, il y a un principe de base intangible. Les recherches sont validées par les pairs. L’Eglise n’intervient pas sur les recherches en biologie de cette personne, mais elle est compétente pour tout ce qui concerne la religion Catholique. Toutes les décisions de l’Eglise se prennent par consensus en prenant le temps nécessaire. Cela permet de s’assurer de la validité des décisions. Il n’y a pas d’autorité toute puissante.
« elle a eu à se rétracter à quelques reprises surles découvertes de scientifiques »
A cause du mélange des genres. Elle a beaucoup appris depuis cette époque et ne conteste plus la science. Mais les élucubrations religieuses de Theillard de Chardin ne sont pas de la science et aucun scientifique n’a validé ces travaux là. Il y a eu de tout temps des tentatives d’appliquer des principes humains sur l’enseignement du Christ. Déjà, dans les premiers siècles Irénée de Lyon dénonçait ces dérives. Vous pouvez toujours consulter ce qu’il en disait.
« les valeurs porteuses d’avenir : telles la vérité, la solidarité, la compassion, le respect etc... Ces valeurs transcendent toutes les religions et tous les athéismes »
On ne peut pas réduire une religion à des valeurs sans entrer dans un relativisme destructeur. Quand tout se vaut, plus rien ne vaut. Ces valeurs ne sont pas arrivées d’un seul coup à l’humanité. Il s’agit d’un processus lent de maturation dans lequel les religions ne sont pas absentes. Pour avoir voyagé, je peux dire que ces valeurs sont encore très loin d’être universelles et celles-ci sont largement inspirées par le Judaïsme et le Christianisme avec un gros soupçon de rationalité apporté par le monde grec. Comme Chrétien, je pense qu’il manque l’amour comme fondement et racine de toutes ces valeurs.
« J’aimerais que vous me donniez votre secret pour écrire davantage. » Je n’ai pas de secret, je suis bloqué à 1000 mots, ce qui est en principe suffisant. Il m’est arrivé une ou deux fois de couper un commentaire en deux. J’utilise Safari sur Mac.
@Alren « La déclaration des Droits de l’Homme a été pensée en opposition avec le christianisme » Si cette déclaration avait été pensée en opposition au Christianisme, pourquoi n’y est-il pas écrit que j’ai le droit de tuer mon voisin quand mon intérêt supérieur l’exige. Il me semble que c’est plus proche de la loi naturelle que ce qui s’y trouve.
En fait d’opposition, il ne faut pas tout confondre. L’opposition au pouvoir de l’Eglise n’est pas forcément une mauvaise chose, même pour un Chrétien. Pour pouvoir s’opposer, il fallait bien sûr rapatrier dans la République ce qui peut constituer un pouvoir pour l’Eglise, ici les règles de droit. Mais ces règles nouvelles sont bien évidemment inspirées de ce qui existait.
« La liberté de penser inscrite avec l’égalité citoyenne au cœur de la Déclaration était bien entendue combattue avec rage par le clergé. » La rage, comme vous y allez. C’est sans doute à cause de cette rage que la liberté de religion a été inscrite dans le dur par Vatican II. Cette liberté de religion est fille de la liberté de penser et ne peut pas aller sans elle.
« majorité des prêtres a refusé de prêter serment ». Il faut dire que cette constitution rompt le principe canonique de dépendance à l’évêque de Rome, telle qu’elle avait été instituée par le Christ lui-même. Il y avait quelques avancées intéressante dans cette constitution et je ne conteste pas la primauté des lois de la République, mais tout cela aurait pu être fait sans violence.
« Cela suffit à ôter toute valeur à vos protestations » Donc d’après vous, il suffit d’être Catholique pour ne plus avoir droit à la parole. Votre idée de la laïcité me paraît très curieuse.
Voici donc un texte qui passe pour chrétien, mais qui de mon point de vue ne l’est pas. Assez curieusement, j’y vois cohabiter deux hérésies qui de plus me semblent contradictoires l’une avec l’autre.
1) le messianisme, l’espoir de voir apparaître un monde meilleur sur notre terre où Dieu prendrait le pouvoir.
2) le gnosticisme, c’est-à-dire l’intégration de l’humanité dans un tout énergétique, duquel Dieu fini toujours par être éjecté.
1) le messianisme
« L’enjeu est celui de la gouvernance du monde », « Il vient annoncer et inaugurer l’avènement d’une nouvelle gouvernance mondiale », « Ce Règne nouveau », « Sa mission porte tout autant sur l’affranchissement de l’humanité », « celui dont la mission est de le renverser », « avènement d’une humanité porteuse de justice, de liberté, de vérité et de respect », « avènement d’un monde nouveau, d’une gouvernance nouvelle », « ce Nouveau Monde est non seulement possible, mais qu’il est toujours en pleine gestation », « cette grande confrontation qui fera basculer inévitablement l’humanité dans une ère nouvelle »...
Cette idée d’un règne de Dieu sur terre est contraire à l’enseignement du Christ. Il a pourtant bien précisé que son royaume n’était pas de ce monde. Pour les Chrétiens, le Christ est vivant maintenant et offre son amour à tous ceux qui l’acceptent. Par ailleurs, la parousie intervient à la fin des temps, le Christ sera présent et visible de tous, mais on ne peut parler d’un royaume terrestre. Le salut proposé par le Christ est toujours individuel et c’est à chacun d’y répondre en toute liberté. Une prise de pouvoir est toujours une privation de liberté pour une partie de la population. Les citées idéales sont toujours des Goulags. Avant la Parousie, Satan sera toujours présent et chaque individu devra toujours faire le choix de suivre Jésus ou pas. Plus il y aura de monde pour faire le choix du Christ, moins Satan aura de pouvoir, mais il ne disparaîtra pas.
2) le gnosticisme
« fondé sur une conscience de partage », « un esprit qui en fait un être », « plongent dans les profondeurs de la conscience qui s’éveille et grandit en chacun de nous », « les peuples s’éveillent sous la poussée d’une conscience toujours plus solidaire », « La conscience se cimente toujours plus sur la base d’un esprit commun », « dominés par une conscience qui englobera l’humanité entière », « l’accroissement de cette Énergie ’psychique’ ou ’radiale’ », « l’avènement de l’Humanité à travers les Hommes. »...
L’Eglise Catholique ne distribuerai jamais de titre de docteur de l’Eglise à Theillard de Chardin, tout prêtre qu’il était. C’est plutôt l’inverse qui s’est passé, même si ses compétences en biologie ne sont pas remises en cause. L’Idée d’une Humanité faisant corps avec un tout s’oppose à l’idée d’un Dieu d’Amour. Pour l’amour, il faut l’altérité, car on ne peut s’aimer soi-même. Pour les Chrétiens, Dieu est différent de l’humanité et lui propose un salut qui serait inaccessible sans que Dieu ne l’offre à l’humanité.
Pour les Gnostiques, l’homme faisant partie du tout, il peut s’élever lui-même par des exercices spirituels. Cela débouche inévitablement sur l’idée que l’homme peut s’élever au niveau du Christ et que le Christ est un homme comme les autres. La phase suivante consiste à effacer le Christ comme l’on fait toutes les dérives gnostiques du Christianisme.
@Doume65 « A aucun moment il n’y est question d’Évangiles » Certes, mais les Evangiles font partie de la Bible Chrétienne, donc nous ne saurons pas.
« C’est en même temps vrai et parfaitement trompeur [...] contient d’autres parties particulièrement bellicistes » Ces parties « bellicistes » ne sont pas des appels à une violence contemporaine. Il s’agit d’interprétation d’événements qui étaient déjà au passé à l’époque de la rédaction. Nous sommes même sûr que certains de ces événements n’ont jamais eu lieu, le récit n’étant que le support à la mémorisation de ce que les Israéliens de l’époque pouvaient comprendre sur Dieu. L’interprétation des victoires comme étant un soutien de la divinité est courante dans toute l’antiquité et les Israéliens n’y font pas exception. Il me semble que les mythologies grecque ou romaine ne sont pas mises à l’index et pourtant il s’agit de textes religieux où tout le monde s’étripe joyeusement. A notre époque où toutes les religions se côtoient, ne croyez pas que plus personne ne fait référence aux divinités antiques.
Pour comprendre notre monde, la connaissance d’où nous venons est plutôt une bonne chose. C’est l’ignorance qui peut nous faire basculer dans la violence. Il y a des moments où je me demande si cette ignorance n’est pas délibérée, peut-être pour permettre la création de l’homme nouveau débarrassé de ses déterminismes, selon des théories du 18ème siècle. Ce que vois plutôt dans ma banlieue, c’est que cette ignorance est un terrain vierge pour l’Islamisme radical.