@Alren Sur les 4 évangiles, deux ont été rédigés en araméen (Matthieu et Luc) et deux ont été rédigés directement en Grecs (Marc et Jean). Le Grec ancien a l’avantage de ne pas être une langue deffective, tous les mots peuvent être compris que d’une seule manière et c’est bien là un avantage.
Les évangiles en araméen sont toujours disponibles et accessibles aux spécialistes des langues anciennes. S’ils trouvent une différence de sens par rapport à ce que nous lisons en Français qu’ils le disent, mais autant que je sache, ce qu’ils ont trouvé ne va pas loin (une petite différence sur la distance entre Emmaüs et Jérusalem...), enfin, tant qu’on ne doit pas le faire à pied.
Ces textes n’ont pas été écrits plusieurs siècles après la résurrection, mais vers la fin du premier siècle après JC, quand s’est fait sentir le besoin d’une transmission fiable de la tradition orale avec la disparition des premiers témoins. Par ailleurs, quatre évangiles, c’est quatre traditions différentes, puisqu’ils ont été écrit dans des lieux différents. La convergence de ces textes est une suspicion d’authenticité. Puisque les Musulmans n’arrêtent pas de dire que les Evangiles ont été trafiqués, cela fait quelques siècles qu’il se sont penchés sur le problème et ils n’ont rien trouvé à ce jour. Ils se sont même cru obligé d’écrire un nouvel évangile plus conforme au Coran (Barnabé) mais ne peuvent prouver que ce texte est antérieur à la fin du XVIème/début du XVIIème siècle après JC.
Je n’ai rien contre la déclaration des droit de l’homme, car ils sont largement inspirés du Christianisme. Si c’était une émanation du droit naturel, le droit de tuer son voisin quand son intérêt supérieur l’exige y serait inscrit. Le Christianisme n’a pas besoin de loi, car le commandement d’amour implique la plupart des lois de notre république. Par amour, on doit non seulement respecter autrui (c’est ce qui est dans la loi), mais aussi lui faire autant de bien que possible (cela va plus loin que la loi). La fraternité était une tentative républicaine dans ce sens, mais devant l’impossibilité de réguler la fraternité par la loi, ce mot a perdu toute signification.
« les évangiles, c’est une goutte d’eau dans l’océan » Les Evangiles, c’est aussi le droit au pardon et le droit à la défense au tribunal. C’est une goute d’eau en volume, mais pas en importance.
« De plus, il ne fait plus partie de la culture d’aujourd’hui pour une majorité de Français qui n’en ont jamais lu une ligne. » Vous allez être déçu, le nombre de baptêmes d’adultes ne cesse d’augmenter. Et ne pas avoir lu une ligne de ce texte fondateur, ce n’est pas une preuve d’intelligence ou de grande culture. Avec un peu de curiosité, on doit y arriver ; ce n’est ni long, ni difficile à lire et personne n’est obligé de se convertir après l’avoir lu. L’ignorance ne conduit pas à la liberté.
« Que diriez-vous si un musulman écrivait que le catholicisme c’est un peu comme une merde de chien sur le trottoir ? »
Comment interpréter alors « ô vous qui croyez ! Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous ; et qu’ils trouvent de la dureté en vous » (sourate 9,124) ou « Dis à ceux qui recouvrent (kouffars, les Juifs au départ, mais les mécréants aujourd’hui) que, s’ils cessent, il leur sera pardonné ce qui s’est passé ; si [au contraire] ils y reviennent, eh bien, la conduite (sunnaʰ, ici déboires, expérience) des anciens est déjà passée. Combattez-les à mort jusqu’à ce que [ils ne représentent] plus de tentation et que le culte entier soit [rendu] à Dieu. » (sourate 8, 38-39) ?
@Xenozoid « les gens ont commencé à se réveiller et de se rendre compte qu’il n’y avait rien de divin »
Un Dieu qui fait peur n’a rien de divin. C’est juste un auxiliaire du pouvoir inventé par ceux qui détiennent le pouvoir.
Si Dieu existe, il doit forcément laisser des signes de son existence. Il ne peut avoir été imaginé par les hommes et on ne peut le reconnaître que parce qu’il nous déconcerte. Laissez-vous déconcerter et n’écoutez pas ceux qui ont des explications faciles. Tout ce que nous observons sans comprendre ne doit pas forcément être rejeté parce que nous ne le comprenons pas.
@Amaury Grandgil « Cela vient sans doute de l’idée de prédestination. »
J’ai discuté du sujet avec un théologien de l’Eglise Réformée de France (avant de devenir l’Eglise Unie) et il m’a envoyé balader en disant que la prédestination n’était plus considérée comme un dogme par l’Eglise Réformée et beaucoup d’autres Eglises protestantes.
Il reste que beaucoup de d’Eglise protestantes n’ont aucunes fêtes religieuses. Je pense qu’il s’agit d’un retour à la foi des premiers chrétiens telle qu’elle est rendu par les écrits de l’époque et justifiée par les abus d’une certaine Eglise Catholique.
L’Eglise Catholique a toujours fais évoluer ses dogmes, pensant que comme un être humain évolue dans sa vie de la naissance à la mort, la pensée de l’Eglise peut s’affiner avec les recherches des docteurs de l’Eglise, l’évolution de la pensée scientifique ou les rencontres avec le Christ ou l’Esprit-Saint. C’est d’ailleurs ce qui a justifié la conversion de l’Anglicanisme au Catholicisme du Cardinal John Newman dont les écrits ont largement inspiré Vatican II. Nous venons de voir au début de ce message que la pensée protestante évolue aussi, mais c’est moins formalisé. L’indépendance des Eglises protestantes y est sans doute pour quelque chose.
Il me semble que les célébrations régulières donnent un côté plus humain à ces célébrations et facilitent l’enseignement. Assister à une Vigile Pascale avec des baptêmes d’adultes reste toujours un grand moment.
@Louve « Je crois qu’il y’a une dimension chrétienne dans le marxisme »
Cette dimension chrétienne est du même niveau que celle que l’on trouve dans l’Islam.
Je dirai plutôt qu’il existe une dimension messianique dans le marxisme et l’Islam, mais curieusement (ou pas) cette dimension est absente du christianisme. Ce qui manque dans le marxisme et l’Islam et qui est présent dans le Christianisme, c’est l’amour de Dieu. Cet amour ne peut se développer que dans l’altérité qu’a fort bien développé « La Baudruche négrière patronale verdie » car s’aimer soi-même, ce n’est pas très sain.
Avec l’amour, il n’est pas besoin de lois, car par amour, on va faire plus que respecter les autres, on va les aider dans toutes les phases de la vie. Malheureusement, tous les Chrétiens n’ont pas compris ce message et nous aurons besoin de lois pendant longtemps encore.
Au lieu de l’amour, les marxistes et les Musulmans ont développé l’idée d’un monde meilleurs à venir sur notre terre et la préparation de ce monde justifie que tout le monde se conforte à un modèle qui doit devenir la norme. Cela justifie aussi la destruction de tout ce qui s’oppose à la venue de ce monde meilleurs, y compris les personnes. Les génocides d’Hindous à l’époque Moghole ou les purges de Staline arrivent à peu près au même nombre de victimes. Le messianisme est finalement une idée très dangereuse.
Pour les Chrétiens, il n’y aura pas de retour du Christ pour y fonder un royaume sur terre, ou plutôt, le Christ est déjà là, présent auprès de ceux qui souffrent et de ceux qui se consacrent à l’amour, mais il n’impose rien à personne. C’est tout le contraire de ce que nous pouvons penser d’un roi. Les Califes avaient tellement peur qu’ils soient obligés de rendre les clés de leur palais qu’ils ont fait murer la porte par où le Christ devait revenir à Jérusalem.
L’idée du partage est effectivement commune au Marxisme et au Christianisme, mais d’un côté il est imposé et de l’autre il s’impose de lui-même. Le Marxisme et l’Islam sont bien des hérésies du Christianisme (en partie seulement, c’est un peu plus compliqué), mais le message d’amour manque complètement et cela change tout.
@Louve « j’attends toujours qu’un musulman me donne l’interprétation à haute teneur spirituelle de la compagnie de 70 jeunes femmes au Paradis... »
Je ne sais pas ce qu’un Musulman peut dire, mais les exégètes scientifiques rectifient la traduction et remplacent « vierge » par « raisins blancs ». Les descriptions du paradis dans le Coran sont typiquement d’origine perse et ne peuvent donc dater au plus tôt que du milieu du 8ème siècle après J.C. lorsque les oulémas de Bagdad (fondée par les califes abbassides en 762) ont commencé à se pencher sur le texte pour en rassembler les feuillets (waraqa). Contrairement au paradis des Chrétiens, le paradis musulman reste centré sur des plaisirs bien terrestres.