@soi même Je suis Catholique pratiquant et je ne me sens pas en opposition avec l’enseignement du Christ. Que savez-vous réellement du Christianisme ?
Je n’ai jamais écrit que tous sont rachetés, j’ai écrit que seront sauvés ceux qui choisissent l’amour. Il n’est même pas question de croire, l’amour offert par le Christ s’adresse à tout individu, baptisé ou non. La foi arrive dans un deuxième temps.
J’accompagne habituellement des adultes qui demandent le baptême catholique et je suis toujours impressionné par leur parcours de foi. Ils viennent pour répondre à un appel du Christ parfois très spectaculaire et ils proviennent de toutes les cultures : Musulmans, Bouddhistes, Athées, sectes... Le problème de ma paroisse aujourd’hui est d’agrandir l’église alors que la population de la commune n’augmente plus depuis des années.
Nous ne pouvons offrir à ces catéchumènes que notre propre témoignage et la connaissance des évangiles. Les signes de l’Amour du Christ sont facile à trouver pour ceux qui les cherchent avec sincérité, mais le Christ s’adresse toujours individuellement à une personne, il n’y a pas d’appel collectif. Ces signes sont toujours différents d’une personne à l’autre et rarement observables par d’autres personnes, mais ceux qui les reçoivent en identifient parfaitement l’origine. Cette discrétion permet à chacun de garder sa liberté. S’il était possible de prouver l’inexplicable, on perdrait sa liberté. Cela peut aussi être considéré comme une marque de respect de la part du Christ.
« pourquoi les êtres humains incarnés offrent un tel panel de degrés de moralité qui va passe de anormal, immorale, à morale, tous sont racheté ? »
Regardez dans les évangiles celui que l’on nomme le bon larron. On ne peut pas dire qu’il ait eu une vie exemplaire de moralité, il n’était pas baptisé mais il a fait le choix de l’amour au denier moment et le salut lui a été promis par le Christ. On voit bien ici l’absolu de la miséricorde du Christ, encore faut-il faire ce choix de l’amour, même au dernier moment. J’imagine difficilement quelqu’un qui a vécu dans la haine toute sa vie faire ce choix, Ce n’est pas le Christ qui le condamne, il se condamne lui-même. Quelqu’un qui se suicide en tuant d’autres personnes peut-il faire le choix de l’amour ?
@soi même « une vie ne suffit pas a atteindre une haute moralité »
ni plusieurs, sinon depuis le temps, on commencerai à en voir. Cette idée est gnostique et ne peut donc pas être chrétienne car pour les Chrétiens, le salut est offert à tous, Chrétiens ou non Chrétiens. La notion de miséricorde est absolue pour les Chrétiens et l’idée d’un jugement ultérieur est contradictoire. On ne peut reprendre ce qui a été donné et nous ne pouvons être condamné à vivre une autre vie. C’est donc notre choix personnel d’accepter ou de refuser l’amour qui nous est offert. Mais pour l’accepter, encore faut-il le connaître.
Dans l’Islam, il revient à Dieu de pardonner à qui il veut selon une rationalité non précisée. Impossible donc de savoir si nous serons sauvé, mais c’est peut-être là le secret d’une bonne soumission.
On peut classer globalement les religions de ce monde en trois catégories :
1) les gnostiques qui prétendent que l’homme fait partit d’un tout qui est Dieu. Donc l’homme peut s’élever lui-même à la divinité par des exercices. On va trouver dans cette catégorie le bouddhisme ou l’hindouisme, mais aussi l’occultisme ou une partie de la Franc-Maçonnerie et tout un assemblage de sectes.
2) les messianistes qui croient en un monde meilleurs sur cette terre. La venue de ce monde est empêché par une ou plusieurs catégories de personnes clairement désignées. L’Islam est messianiste, mais aussi le nazisme, le communisme ou le maoïsme. La tentation messianiste est également importante dans des groupes qui veulent imposer « leur » vérité (zadisme, veganisme, climatologisme...).
3) les Chrétiens qui pensent que Dieu est différent de l’homme, que son royaume n’est pas sur cette terre et que le Christ en est la clé.
De ces catégories, une seule est violente par nature, le messianisme. Cela n’empêche pas les adeptes des autres religions d’être violent, mais dans chacune de ces religions, chacun est responsable du bien ou du mal qu’il peut commettre. Ce n’est pas le cas des messianistes qui inversent clairement les notions de bien et de mal. Il devient licite de tuer pour permettre l’avènement de ces temps meilleurs. On trouvera cela au début de la sourate 47.
L’analyse scientifique des textes religieux et surtout de l’environnement extra-religieux permet de relativiser les choses. Pour les Juifs et les Chrétiens, cela fait un siècle que le contexte est étudié scientifiquement. Le livre « La Bible révélée » d’Israël Finkelstein décrit très bien la constitution de la Bible au 7ème siècle avant notre ère. Beaucoup des événements violents de la Bible perdent toute consistance. Adieu, la conquête d’Israël par Josué, exit, les guerres de David... On sait maintenant que le Juifs sont des Cananéens qui n’avaient pas besoin de conquête pour s’installer, étant déjà sur place, et on sait que la Jérusalem de l’époque davidienne n’était qu’un tout petit village sans les infrastructures nécessaires à un Etat. J’aurai tendance à penser que Dieu en sort largement renforcé, vous devriez le lire, même s’il y a encore beaucoup d’erreurs.
Pour le Coran, la sacralisé du texte interdit toute remise en cause par les Musulmans, mais pas par les Chrétiens. La montée du littéralisme musulman pousse beaucoup de scientifiques Chrétiens a utiliser sur le Coran les méthodes employées sur la Bible. On trouvera ici une synthèse des dernières recherches. La thèse d’Edouard-Marie Gallez mérite également la lecture. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le texte actuel a fait l’objet de beaucoup de manipulations et que c’est explosif pour les Musulmans. Même s’ils ne veulent pas les entendre, les questions posées à l’Islam ne cesseront plus d’être posées.
@franc Les Associateurs ce sont les Chrétiens et personnes d’autres. Ceux qui associent Le Christ et l’Esprit Saint à Dieu (avec humour, l’Esprit Saint est remplacé par la vierge Marie dans la sourate 5, 116). L’ajout des polythéistes est largement ultérieur à la rédaction du Coran, mais il n’y avait déjà plus de polythéistes en Arabie au 7ème siècle.
@Ouam Le site de David Abbasi est intéressant,mais applique un filtre Musulman à tous ses textes. Il part du principe que le Coran est entièrement la parole de Dieu et ne peut être discuté. C’est l’approche de l’Université Al-Azhar au Caire qui est légitime lorsque l’on veut expliquer l’Islam du point de vue de l’Iman mais pas d’un point de vue scientifique.
Le problème, c’est que la science ne fonctionne pas comme à Al-Azahar en Europe. Les seuls point de départ admis sont ceux qui ont déjà fait l’objet d’une démonstration. Le principe est de rassembler le maximum de sources possibles, quelles soient religieuses ou pas. Pour examiner les origines de l’Islam, on va prendre le Coran bien sûr, mais aussi les chroniques des pays voisins, les courriers échangés et l’ensemble des manuscrits et des livres qui peuvent aborder le sujet, même marginalement. A partir de là, on va essayer de relier les différents éléments disponibles pour construire une image. Le raisonnement se fait toujours à partir des sources vers les conclusions et jamais en sens inverse. Par exemple, pour Al Azhar, le Coran se justifie par lui-même, il s’agit d’un raisonnement en boucle qui est interdit par la science occidentale. Nous cherchons les preuves.
La quantité de documents disponibles est astronomique et tout n’a pas encore été examiné.
Parmi les documents disponibles, on trouve par exemple les inscriptions de la mosquée d’Omar à Jérusalem qui est une des plus anciennes encore debout. Ces inscriptions sont riches par ce quelles disent et ce qu’elles ne disent pas. Par exemple, elle ne parlent pas du voyage de Muḥammad de la Mecque à Jérusalem pour aller chercher le Coran alors que cet événement est censé être l’événement le plus important qui se soit passé dans ce lieu. Un scientifique en déduit que cette doctrine n’existait pas encore à la construction de la mosquée.
L’analyse du vocabulaire du Coran montre de nombreux mots d’origine araméenne. A Al-Azhar, on dira que ce sont des mots nouveaux créés pour le Coran, mais la comparaison des vocabulaires arabes et araméens ne laisse aucun doute. Le mot même « Islam » est araméen. On en trouve la source la plus ancienne dans l’évangile de Matthieu, mais avec un sens légèrement différent et plus positif de « s’en remettre à » plutôt que « soumission ». L’écriture utilisée dans le Coran est syrienne et non originaire du sud de l’Arabie où les caractères étaient plus proche des caractères égyptiens. Un scientifique en déduit que Muḥammad n’a jamais vécu à La Mecque, mais dans le nord de la Syrie. Il existe des centaines d’autres pièces qui confirment l’image mise au point par les scientifiques. Cette image contient encore des erreurs, mais l’impression générale semble la bonne.
Les Chrétiens et les Juifs ont déjà passé la Bible sous le regard de la science et on peut dire que la partie historique de la Bible est passé à la dynamite (voir « la Bible dévoilée » d’Israël Finkelstein), mais curieusement, la connaissance de Dieu a progressé dans le même temps. Il ne faut pas avoir peur de ce que la science dévoile. Cela peut paraître déstabilisant d’autant plus que vous être culturellement programmé pour ne rien remettre en cause. Tout le volet politique et social tel qu’il est connu va disparaître, mais la connaissance de Dieu peut aussi progresser et c’est le plus important.
« parce que de nombreux musulmans contrairement aux prejugés ne parlent pas arabe »
Je suis bien au courant. Le problème est surtout que la lecture du Coran, traduit ou pas, demande une explication de texte. La connaissance des racines arabes (ou araméennes) est une aide. Les problèmes dans le rythme du chant permettent aussi de détecter des modifications. Je ne parle pas non plus l’arabe, mais j’utilise la thèse d’Edouard-Marie Gallez (ben oui, un Chrétien) comme support pour comprendre. Il comprends l’arabe, l’araméen, l’hébreu et le Grec.
J’ai beaucoup de tendresse pour les soufis qui cherchent Dieu et je leur souhaite sincèrement de le trouver.
« l’hidjab, la bourka etc... sont bien les apparats culturels et les fers de lance du wahhabisme (salafisme) »
j’habite dans une banlieue avec des citées ou la barbe et le voile sont obligatoires et je vois bien ce qui se passe. C’est encore plus dur pour les Chrétiens d’origine nord-africaine qui subissent sans arrêt les vexations des barbus. Enfin, c’est grâce aux barbus que me suis mis à étudier l’Islam pour le comprendre (pas pour me convertir, le Christ est toujours présent pour moi).